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 Mushrooms & Cars [PV Devlin]

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MessageSujet: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 21 Déc - 17:49





Mushrooms & Cars

J'avais les yeux fixés sur les champignons et j'avais un doute, un terrible doute, un doute qui m'empêchait de franchir le pas et de les manger. Pourtant, j'avais faim. J'avais même très, très, très faim. J'étais pourtant du genre à faire attention à mes provisions mais même en faisant attention, j'avais fini par arriver au bout et il ne me restait strictement plus rien. Les deux derniers petits villages que j'avais visité, j'avais dû vite les quitter car les rôdeurs étaient plus nombreux que jamais et je n'avais donc pas pu trouver de nouvelles provisions. Cela faisait trois jours que je n'avais rien mangé et si le jeûne était une chose à laquelle j'étais habitué, ce n'était pas du tout pareil en ces temps apocalyptiques. Ne rien manger pendant plusieurs jours quand on est au chaud et à l'abri ce n'est pas gênant mais ne rien manger quand il faut être en mouvement constant et quand il faut pouvoir se défendre à chaque instant ce n'est pas la même chose. Donc, n'ayant rien trouvé, j'avais décidé d'aller en forêt histoire de me trouver des fruits ou des champignons et, avec le temps qu'il faisait, les fruits ne couraient malheureusement pas les rues. Il ne restait donc plus que les champignons et j'avais longtemps cherché avant d'en trouver. Avant de trouver ceux qui étaient en train de me faire de l’œil et que je n'osais pas manger car j'hésitais. Oh, je savais qu'ils n'étaient pas toxiques car, heureusement pour moi, cela faisait partie des choses que je savais mais... Un doute subsistait. Ils avaient la forme et la couleur de champignons que j'avais déjà vus et qui étaient comestibles mais il me semblait qu'ils étaient également hallucinogènes.

« C'est pas vrai... » murmurai-je pour moi-même.

Bon, il fallait bien la prendre la décision mais ce n'était pas si simple : les manger ou ne pas les manger ? Prendre le risque de me retrouver complètement « shooté » alors que ce n'était ni le lieu, ni le moment ? Le pire, c'était que je n'avais jamais touché à aucune drogue de toute ma vie, pas même une cigarette. Oui, « le pire » parce que si j'y avais touché j'aurais pu y être un peu habitué et en cet instant, j'en vins à le regretter. Le Seigneur pouvait bien me pardonner ces pensées là parce que si j'avais été habitué, j'aurais pu les manger sans trop avoir d'effets, non ? Ou alors ça ne changeait strictement rien ? N'étant pas expert, je ne pouvais pas le savoir. Bref, j'étais très clairement dans une impasse. J'aurais dû les jeter et ne pas tenter le Diable, j'aurais dû m'en tenir là et supporter la faim jusqu'à ce que je trouve autre chose à manger. Mais si je ne trouvais rien du tout ? Je plissai les yeux en regardant les champignons de plus près : de toutes les façons, je n'avais plus vraiment le choix. Si je ne les mangeais pas et que je ne trouvais rien à manger, j'allais vite m'épuiser et me faire dévorer. Si je les mangeais, je prenais le risque d'être complètement à côté de mes pompes mais au moins, si je me faisais dévorer en étant drogué, ce serait plus supportable. En théorie.

« On verra bien. » finis-je par dire avant de prendre le premier champignon et de le mâcher doucement.

Ce n'était vraiment pas terrible mais c'était ça ou rien. Je finis par avaler entièrement le champignon et finalement, plutôt que d'en manger un second, je décidai de les mettre dans ma poche et d'attendre. Si je ne ressentais aucun effet bizarre, j'allais manger les autres et dans le cas contraire...

------

« Ah mais non, reviens ! Fais pas ta pute !!! » dis-je à l'attention de la pauvre biche qui, en me voyant, s'était mise à courir dans la direction opposée. « Revieeeeeeeeennnnns !!! »

Pourquoi cette saloperie s'enfuyait-elle ? Et mon déjeuner alors ? J'abaissai mon flingue avant de me mettre à lui courir après. Elle était rapide cette saleté. Cela devait bien faire plus d'une heure maintenant que je cherchais à manger dans les bois. Finalement, les champignons c'est bien mignon mais ça ne nourrit pas un homme. En réalité, j'étais clairement trop à l'ouest pour avoir envie d'en manger un autre : j'étais sur une autre planète et je ne m'en rendais même pas compte. Non, tout ce que je faisais était normal. Courir après une biche en la traitant de pute, c'était normal. Envoyer chier les ronces qui s'accrochaient à mon habit de prêtre, c'était normal. Les rôdeurs qui voulaient me bouffer, c'était normal. Alors eux d'ailleurs, qu'est-ce qu'ils pouvaient être cons. Sans rire, en dehors de grogner et de claquer des dents, ils ne savaient pas faire grand chose.

« Allez, viens mon grand ! » dis-je d'ailleurs à l'attention d'une de ces créatures qui se baladait dans les bois.

Sa petite promenade de santé se termina en bain de sang : il fallait dire que les crânes des corps en décomposition étaient facilement fracassés, même si on utilisait juste une grosse pierre. J'aurais pu utiliser mon arme mais je gardais mes munitions pour ma biche. En parlant de ma biche...

« Ah bah non ! C'pas vrai ! Bravo hein, bravo ! » hurlai-je à l'attention du rôdeur.

Je soupirai avant de repartir en direction de... C'était une excellente question ça. Bon, je n'avais plus qu'à marcher, et marcher, et marcher et merde, j'avais faim encore ! Cela me sembla une éternité, j'avais l'impression d'être moi-même un rôdeur qui n'avait pour seule compagnie que les mouches et les fourmis. Oui, les fourmis ! Y'en avait plein par terre, je les sentais presque grouiller sous mes pieds. Bon, allez savoir comment, mais je finis par me retrouver au bord de l'autoroute. Derrière la barrière de sécurité, j'observai les voitures abandonnées. Ah bah voilà, j'allais bien me trouver un truc à bouffer là-dedans. J'enjambai la barrière et me mis à déambuler au milieu des voitures et surtout au milieu de pas mal de cadavres mais pas ambulants ceux-là, heureusement.

« Excusez-moi madame. » dis-je à l'attention du cadavre d'une femme qui était à l'arrière d'un véhicule et par dessus laquelle je me penchai pour attraper le sac à dos qui se trouvait à côté d'elle. J'aurais pu passer par l'autre portière, c'est vrai, mais je n'étais pas en état de réfléchir à ce point-là, pas sur des détails quoi. Une fois le sac à dos attrapé, je l'ouvris et quelle ne fut pas mon agréable surprise en voyant au fond du sac une barre de céréales. Je l'attrapai, envoyai valser le sac et levai la barre de céréales vers le ciel.

« Vous m'avez entendu Seigneur ! Merci ! »

Et hop là, j'avalai mon petit trésor avec plaisir. Enfin, mon plaisir fut écourté quand j'entendis un bruit de voiture un peu plus loin. Je me redressai la bouche pleine et posai mon regard sur la voiture avant de froncer les sourcils : qui pouvais avoir l'idée stupide d'essayer de passer à travers tout ce merdier ? Réajustant mon sac à dos, je m'avançai vers la voiture dont le moteur tournait toujours en continuant à me goinfrer de ma barre de céréales. Je jetai le papier au sol une fois la barre de céréales complètement avalée (écologie mon cul avec les rôdeurs et la fin du monde déjà finie). Je m'arrêtai avant de grimper sur le capot de la voiture juste en face de celle qui essayait de passer et croisai les bras. Ah j'avais l'air malin là pour le coup...

« Et vous allez faire quoi maintenant madame « je suis pas très maligne à m'aventurer sur une autoroute complètement bouchée » ?

J'avais dit « madame » car c'était clairement une femme : à travers la crasse du pare-brise, je pouvais malgré tout clairement voir ses cheveux longs. Ce ne fut que quand elle coupa le moteur et sortit de la voiture en me jetant un regard furibond que je la reconnus. J'avais beau planer, je me souvenais parfaitement d'elle et de sa conduite. Je la pointai du doigt.

« Hey, ça fait deux fois ! Faut vraiment que vous arrêtiez les voitures vous ! »

Même si là, techniquement, elle n'avait pas manqué de me renverser contrairement à la première fois. Je marquai un silence avant de lever les bras en croix.

« Mais Dieu est miséricorde et pardon alors je vous pardonne en Son Nom. On s'embrasse maintenant ? »

Les champignons hallucinogènes, ça fait effet pendant combien de temps ?

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Dim 22 Déc - 16:40


Ce jour-là, tout a commencé par Devlin trouvant une tronçonneuse dans une des vieilles fermes abandonnées pas encore visitée. Une tronçonneuse, le rêve, c’était un peu comme le jour où elle avait trouvé des bombes d’insecticide et des briquets, elle avait drôlement envie de s’en servir. Mais après un examen plus poussé, elle avait vite remarqué que le réservoir d’essence était vide. Or elle aurait beau tirer tant qu’elle le voulait sur la manette pour la faire démarrer, ça ne fonctionnerait pas sans essence. Une chance qu’elle sache où en trouver. Il se trouve que, quelque part sur la route principale de ce patelin, se trouvait des tas et des tas de voitures abandonnées à leur triste sort, elle les avait vues de nombreuses fois en passant par-là. Puis si ça se trouve, elle n’y trouverait pas que du carburant. En clair, c’était le bon plan et la jeune femme prit la tronçonneuse, inutile pour le moment, avec elle jusqu’à cet énorme embouteillage fantôme.
En parlant de fantômes, c’était bien tranquille de son côté aujourd’hui. C’est toujours quand elle a envie d’avoir de la compagnie qu’ils disparaissent, on ne peut vraiment jamais compter sur eux, c’est fou, ça. Enfin bref.

Il ne lui fallut pas trop longtemps pour y arriver. Tout était calme ce jour-là, autant du côté des fantômes que des zombies que des vivants. Et c’était tant mieux parce qu’elle ne savait pas quelle était la pire espèce. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle préférait ne faire aucune rencontre malheureuse, ce serait le mauvais moment pour mourir, maintenant qu’elle avait retrouvé son ex-mari et son fils. Mais Devlin avait vu assez de films pour savoir que c’est toujours quand il ne faut pas que ce genre de choses arrive. Soit, advienne que pourra, comme on dit. Elle jeta un coup d’œil aux voitures qui encombraient la route, pratiquement entassées les unes sur les autres, si ce n’était pas triste. Elle tâcha de repérer son ancienne voiture, celle avec laquelle elle avait fait une bonne partie de la route jusqu’ici, une Range Rover mais en vain. Heureusement d’ailleurs, parce que ça serait vraiment du gâchis et elle espérait que ce connard qui la lui avait piquée s’en servait toujours pour qu’elle ait une belle fin de vie. Mais c’est dingue, quand elle avait entraperçu cet endroit en passant devant à plusieurs reprises, elle s’était attendue à y trouver des ruines. Des vieilles bagnoles dévorées par la rouille, tout juste bonne pour la casse mais ce n’était pas le cas. Du moins, ce n’était pas le cas pour toutes, il y avait de supers voitures dont une Corvette jaune. Wow Devlin avait toujours rêvé d’en conduire une, une fois dans sa vie. D’ailleurs, elle se demandait maintenant ce qui l’avait retenue quand elle le pouvait encore.

Elle aurait dû essayer de siphonner les réservoirs, elle le savait mais, tout d’abord, elle n’avait pas emporté de quoi siphonner le fond d’un réservoir presque vide – c’est bien malin, oui mais bon, elle croyait qu’elle trouverait de quoi faire sur place - et en plus de ça, elle était irrésistiblement attirée par cette voiture en particulier. Comme aimantée. C’était marrant d’ailleurs parce que le jaune la rebutait en général. Peut-être que c’était parce qu’elle était rousse ou dieu sait quoi, honnêtement, elle ne se l’était jamais expliqué mais c’était comme ça. Mais cette fois, c’était différent. Très différent. La jeune femme avait même remarqué que la Corvette se trouvait suffisamment en retrait pour la sortir de ce gros bordel. Oh tant pis, elle pouvait bien se faire plaisir l’espace de cinq secondes. Et peut-être même ramener ce bijou au manoir, juste pour se la péter et faire « eh les mecs, vous voyez la bagnole juste dehors ? Ben c’est la mienne ! ». Eh oui, malgré une apocalypse zombie, Devlin en était toujours à ce stade. Elle ouvrit donc la portière qui n’était miraculeusement pas verrouillée, balança la tronçonneuse sur le siège en cuir du côté passager et s’installa derrière le volant. Mine de rien, elle avait quand même de la chance parce qu’il n’y avait pas de macchabée à l’intérieur, ni à l’avant ni à l’arrière, ce qui n’était apparemment pas le cas des autres voitures, aussi bien celle qui se trouvait devant que celles qui se trouvaient sur les côtés. Celle-là, on s’était peut-être contenté de l’abandonner là en voyant que la voie était bloquée et de continuer à pied. Grand bien leur fasse ! Si tant est que ces gens soient encore vivants à l’heure actuelle, bien évidemment. Sinon, paix à leur âme. Tant qu’ils ne venaient pas la hanter par la suite, ça lui convenait bien.

Devlin manqua de hurler en remarquant qu’elle n’était à présent plus seule dans l’habitacle. En tournant la tête, elle avait quelqu’un assis sur le siège passager, soit juste à côté d’elle. Mais fort heureusement, il ne s’agissait que d’un fantôme et non un walker. Un fantôme qu’elle connaissait bien, c’était le chanteur. Celui qui faisait que même sans électricité et donc sans possibilité de pouvoir écouter de la musique, elle n’était jamais en manque. Oh bon tant mieux, même si c’était difficile de vivre avec au quotidien, quand elle se retrouvait vraiment toute seule, ils lui manquaient, ses petits esprits, elle l’admettait.
Quoi qu’il en soit, c’était le moment de vérité. Elle tourna lentement la clef qui se trouvait toujours sur le contact, craignant qu’elle ne démarre pas, déjà siphonnée parce qu’elle était facile d’accès mais en fait, ce ne fut pas le cas. Le moteur se mit aussitôt à ronronner et le moins que l’on puisse dire, c’est que la rouquine fut ravie que son chanteur ait refait surface pile à ce moment-là parce que le silence émanant de la radio avait quelque chose d’assez déprimant.

Le silence aidant, elle entendit beugler non loin de là et elle commençait à essayer de s’extirper de là quand elle le vit. Un mec avec des fringues de prêtre qui venait de sauter sur le capot de la caisse juste devant.


    « Oh putain, c’est l’exorciste ! »


Mais il s’avéra qu’une fois la surprise passée, non, ce n’était pas l’exorciste. C’était donc juste un type avec des fringues de prêtre monté sur le capot d’une voiture, bras croisés et qui s’adressait à elle. Le pire dans tout ça, c’est qu’elle l’avait déjà vu, ce mec. C’était le prêtre qui lui avait hurlé dessus quand elle avait manqué de l’écrabouiller avec sa Range Rover. Devlin se souvenait très bien de lui parce qu’au final, elle n’avait fait que l’effleurer, pas besoin d’en faire une telle histoire. Puis surtout, elle avait beau ne pas être catholique le moins du monde – allo, y a un ectoplasme assis juste à côté d’elle alors l’enfer et le paradis… - mais elle croyait sincèrement que tous les hommes d’église était censés être sympathiques et doux et tout le bordel. Alors que lui, il l’avait même carrément un peu insultée. Et c’est qu’il était en train de recommencer en insinuant qu’elle n’était pas très maligne… Devlin coupa alors le moteur et descendit de voiture, s’apprêtant à lui balancer une réplique bien cinglante dans les dents quand il sembla la reconnaître.


    « Vous pouvez bien parler, c’est vous qui surgissez toujours de nulle part au moment où je m’y attends le moins ! »


Et là, fait très étrange, du moins pour la jeune femme qui n’avait pas l’habitude de côtoyer des prêtres et tout ce qui va avec, elle le vit lever les bras en croix tout en parlant de la miséricorde de Dieu. Ouais, elle n’avait rien fait là, en l’occurrence donc elle ne voyait ce que Dieu aurait à lui pardonner. Lui en revanche, son porte-parole, oui. Mais bon, elle ne releva pas.


    « Vous embrassez toutes les personnes que vous pardonnez ? C’est intéressant. Bref, vous êtes sûrs que tout va bien, là-haut ? »


C’est qu’elle en était sûre, pour une raison ou pour une autre, il était quand même un peu bizarre, ce type. A moins que ce ne soit son état normal.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Jeu 2 Jan - 16:37





Mushrooms & Cars

« Je vais très bien oui, merci ! En fait, je ne me suis jamais senti aussi bien, c'est le bonheur total, le nivarna ! » répondis-je le plus sincèrement du monde. Bon, d'accord, cet état de nirvana était chimique et temporaire mais c'était quand même super bien.  C'était pas tous les jours qu'on pouvait planer de cette façon et puis alors c'était carrément une première pour moi. Les bras toujours en croix, je me mis à réfléchir à son autre question, tant bien que mal puisque j'étais quand même complètement à côté des mes pompes. Si j'embrassai toutes les personnes à qui j'apportais l'absolution ? Non, pas aux dernières nouvelles mais justement, c'était un truc à creuser ça en fait. Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas donner une marque d'affection après avoir remis les brebis égarées sur le droit chemin ? Bon sang mais c'était clair à présent : il fallait dire adieu à tous les « je vous salue Marie » et dire bonjour aux bisous nom d'un chien ! J'abaissai finalement mes bras avant de joindre mes mains et d'adresser un large -trop large sans doute- sourire à mon interlocutrice qui me regardait avec un drôle d'air mine de rien. Je ne m'en formalisai cependant pas : ça devait tout simplement venir de la lumière divine qui émanait de mon être tout entier (modestie bonjour).

« Justement, non ! Jusqu'à présent, je n'ai jamais embrassé une personne à laquelle j'ai pu pardonner mais il est temps que ça change ! Après tout, dans ce monde, un peu de gentillesse et de tendresse ne peut pas faire de mal ! »

Et hop là, de nouveau les bras en croix.

« Aimons-nous vivants !!! »

Malheureusement, mon discours rempli de joie et d'amour ne semblait pas l'inspirer autant qu'il pouvait m'inspirer moi. Je finis donc par laisser retomber mes bras le long de mon corps en soupirant doucement, mon sourire se fanant progressivement.

« Ce n'est pas très gentil... » dis-je tout bas, affichant à présent une mine boudeuse. On aurait dit un môme qu'on venait de punir. Je me mis à frotter le sol du bout de ma chaussure en baissant le visage. « Je suis là, tout gentil, à vouloir vous embrasser et vous, vous me regardez comme si je sortais d'un asile... »

Car oui, elle m'avait bel et bien regardé comme si j'étais complètement cinglé, il n'y avait aucun doute possible.

« Alors que je ne suis pas fou ! » hurlai-je presque soudainement en relevant mon visage vers elle et en tapant du pied. « Je suis pas fou vous m'entendez ? C'est juste... Ce sont les champignons ! C'est pas de ma faute ! Je me sens bien, y'a pas de mal à ça bordel ! De toute façon, vous ne m'aimez pas ! Vous avez essayé de me tuer une fois et maintenant vous ne voulez pas m'embrasser mais je suis pas votre bouc émissaire moi Madame !!! »

Et sur quoi, je tournai les talons et marchai droit devant, sauf que, dans mon élan, je ne vis pas que la portière passager de la voiture sur laquelle j'avais grimpé était ouverte et je me la pris de plein fouet. En fait, ce fut mon menton qui prit le plus gros du choc. Après le bruit sourd de ma rencontre soudaine avec la portière, je plaquai mes mains contre mon menton avant de donner un grand de pied dans la dite portière.

« SALOPE ! »

Après avoir insulté une biche, voilà que j'insultais une pauvre portière de voiture. J'envoyai  un deuxième coup de pied, un troisième, et un autre, et un autre, et encore un autre. Elle m'avait fait mal cette saloperie ! Après avoir cogné dans la voiture, je me retournai vers la demoiselle tout en me tenant toujours le menton. Je me figeai un instant, les larmes aux yeux tant j'avais mal (d'ordinaire je n'étais pas douillet mais la situation n'avait rien d'une situation ordinaire) puis, je me mis soudain à rire. Il venait de nulle part ce rire, vraiment de nulle part mais c'était plus fort que moi. Je finis par relâcher mon menton qui, sans même que je ne m'en rende compte, se mit à saigner un peu : oui, le choc avait vraiment été rude. Je ne sentais cependant plus rien du tout, trop absorbé par mon rire qui venait de se transformer en un véritable fou rire au milieu duquel je parvins malgré tout à prononcer quelques mots.

« Vous... Avez... Vu... Ça ?! »

Oui, elle l'avait vu William. Difficile à manquer quand même.

« Heureusement... Heureusement que c'était pas un camion sinon... Sinon j'aurais été assommé ah ah ah ! »

Et maintenant, à défaut de pleurer de douleur, c'était de rire que je pleurais. Elle pouvait bien rire avec moi un petit peu, non ? En plus, y'avait des chances pour que cet état là ne dure finalement pas des lustres et ce qui m'attendait après... En fait, je n'en avais pas la moindre idée.

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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Ven 3 Jan - 0:46

Décidément, il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans cette petite tête. Le tout était de savoir quoi mais le prêtre avait l’air drôlement déçu de ne pas avoir de bisou. Ah elle les faisait tous tomber comme des mouches, c’est fou ça ! Enfin bref, il descendit de son perchoir et répondit à toutes ses questions, les unes après les autres. Avec plus ou moins de difficultés selon certaines. Oui, il allait bien, même très bien, à l’en croire puisqu’il mentionnait le nirvana…okay, quoi qu’il ait pris, elle en voulait aussi, parce qu’en ces temps lugubres, elle ne se rappelait plus la dernière fois où elle s’était ne serait-ce qu’approchée du nirvana. Bref, et non, il n’avait jamais embrassé personne après l’avoir pardonné. Et il conclut sur un « aimons-nous vivants » qui la fit discrètement pouffer. Puis c’est là qu’il montra sa réelle déception quant au fait de ne pas recevoir de bisou de sa part. Et enfin, tout pris un sens. C’est-à-dire qu’il avait mangé des champignons. Et Devlin était bien placée pour savoir que certains d’entre eux étaient empoisonnés, d’autres comestibles et d’autres encore vous faisaient littéralement planer. Ca devait être le cas de ceux que ce type venait de consommer.

    « Du calme, Alice au pays des merveilles, je n’ai rien contre vous. Mais je peux pas vous embrasser comme ça, je suis mariée. Enfin divorcée mais c’est une longue histoire. Vous croyez que j’irai en enfer à cause de ça ? »


C’était une question qu’elle s’était toujours posée, légèrement influencée par la dévote fantôme qui la suivait depuis plusieurs années et qui, au moment du divorce, lui avait réciter dieu sait combien de versets de la bible en ajoutant qu’elle prierait pour son âme. C’était effectivement très réconfortant, et pourtant, elle n’avait jamais cru à l’enfer ni au paradis puisqu’elle voyait des gens morts depuis qu’elle était haute comme trois pommes. Enfin bref, elle n’eut pas la réponse à cette question ô combien importante parce que le type qui planait venait de se prendre une portière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il venait de s’amocher. La portière prit cher elle aussi puisqu’il s’amusa a lui shooter dedans en la traitant de tous les noms. Il valait peut-être mieux qu’elle l’arrête avant qu’il ne se blesse davantage, ce serait bien. Devlin s’empara des clefs de la corvette et courut le rejoindre alors qu’il se mettait à rire à gorge déployée. Oui, oui, elle avait vu son exploit. Difficile de le rater, en même temps. Il réussit à la faire rire avec son histoire de camion. A moins que ce soit son hilarité qui soit communicative, allez savoir.

    « Ca c’est sûr que vous ne vous êtes pas loupé ! Mais c’est vrai aussi que ça aurait pu être pire. Laissez-moi voir. »


Elle se plaça juste à côté de lui et n’eut qu’à lever la tête pour voir l’ampleur des dégâts. C’est qu’il était très grand, presque autant que son mari. Il saignait, pas abondamment mais il saignait quand même et il y avait de fortes chances pour qu’il ait un sacré bleu. Tellement large qu’il ne pourrait même pas prétendre qu’il s’agissait d’un suçon. Ce qu’il ne risquait probablement pas de faire, de toute façon.

    « J’ai de quoi vous soigner dans mon sac. Ca serait quand bien bête de choper une infection à cause d’une portière rouillée, pas vrai ? »


D’autant que très peu de gens survivaient encore à une infection, aussi infime soit-elle, de nos jours. C’est ainsi qu’elle s’improvisa infirmière. Ce qui était chouette parce qu’elle venait tout juste d’acquérir une bouteille d’alcool à 90° laissée à l’abandon dans une baraque en ruines pas loin d’ici. Elle allait pouvoir la tester et se rendre compte par elle-même du miracle que ça produisait. Mais vu qu’elle n’était pas tout à fait infirmière, la jeune femme n’avait pas de compresse sur elle, donc elle dû arracher un bout de son t-shirt pas très important pour l’imbiber d’alcool.

    « Attention, ça va peut-être un peu piquer mais si vous vous comportez comme un grand garçon, vous aurez une récompense. »


C’est qu’il fallait bien qu’elle s’entraîne pour son rôle de mère. Soit, elle tapota doucement le bout de tissus mouillé sur la blessure, attendant une réaction exagérée du prêtre. Mais si ça se trouve, il était tellement à l’ouest qu’il ne sentirait pas grand-chose. Quoique non, il avait bien senti le coup, apparemment, alors il y avait de grandes chances pour que ça, il le sente aussi. Mais c’était quand même mieux que d’attendre que ça s’infecte et d’y laisser sa peau, non ? Oui, Devlin avait les meilleures intentions du monde.
Lorsqu’elle eut fini, elle l’attira à elle sans ménagement et lui colla une bise sur la joue, puisqu’il avait l’air d’y tenir. Il faut bien faire ainsi quand on est un minimoy, heureusement qu’elle avait l’habitude des géants !

    « Voilà, vous voyez bien que ça ne servait à rien de ronchonner comme ça ! Au fait, moi c’est Devlin. »


S’ensuivit un silence alors qu’elle attendait qu’il se présente à son tour. Ainsi, elle connaîtrait enfin le nom de l’homme d’église qu’elle avait failli renverser. A moins qu’il ne tienne à ce qu’elle l’appelle « mon père » ou toute autre bondieuserie de ce genre.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 11 Jan - 19:41





Mushrooms & Cars

Je ne parvenais plus à m'arrêter de rire à tel point que j'en pleurais à présent. C'était carrément incontrôlable en fait et puis, en cet instant, je n'avais même pas envie d'essayer de contrôler quoi que ce soit. J'étais en train de surfer sur une immense vague de joie intense et je ne tenais pas à descendre de ma planche de surf tout de suite. Il faut bien avouer que même si tout ça n'était que le résultat de ma rencontre avec des champignons hallucinogènes, cela me faisait un bien fou de tout relâcher et de me laisser aller un peu. Malheureusement, le revers de la médaille n'allait être que plus violent après une pareille félicité. En tout cas, j'étais littéralement mort de rire et quand la demoiselle confirma que je ne m'étais pas loupé, je hochai la tête et repartis d'un nouveau fou rire en bredouillant un « je sais ! », toujours complètement hilare. Elle s'approcha soudain de moi en me demandant de la laisser voir et alors, je fis un effort pour essayer de retrouver mon sérieux mais cela ne fit qu'empirer les choses. A présent, j'étais secoué d'un rire silencieux alors qu'elle observait mon menton. Puis, elle m'annonça qu'elle avait de quoi me soigner dans son sac. Si elle s'était arrêtée là, j'aurais probablement réussi à garder mon fou rire silencieux mais quand elle poursuivit en me disant que ça aurait été bête de choper une infection à cause d'une portière, je ne pus m'empêcher de me remettre à rire parce que oui : crever et se transformer en zombie à cause d'une portière, ça aurait été très con.

« Oui ! Ce serait bête ah ah ! Un zombie portière ah ah ah ! »

Enfin, plus ou moins mais bon, de toute façon, je n'avais vraiment pas les idées claires alors, je pouvais bien sortir les pires conneries possibles que ça me paraissait normal à moi.

« Zombie portière ! » répétai-je en pouffant un peu plus de rire.

La demoiselle finit par se replacer en face de moi avant de me prévenir que ça risquait de piquer mais si je me comportais comme un grand garçon, j'allais avoir une récompense. Aussitôt, je me calmai : eh oui, aussi vite que ça. Je gardai cependant un large sourire accroché à mes lèvres.

« Je serai sage ! » répondis-je, plus que joyeux à l'idée d'avoir une récompense.

Qu'allait-elle m'offrir ? Des bonbons ? Des cookies ? DES CHAMPIGNONS ? Je sautillais presque sur place, comme un gamin, impatient de voir ce qu'elle allait me donner comme récompense. J'étais tellement focalisé là-dessus que je ne sentis qu'à peine l'alcool qu'elle déposa sur ma blessure et puis de toute façon, ce petit bobo n'était rien du tout comparé à ce que je m'infligeai moi-même tous les soirs. D'ailleurs, je désinfectais moi-même mes blessures et ça, ça faisait vraiment mal. Oh oui... Mais là, rien du tout : que dalle ! Tout à coup, alors qu'elle venait de terminer de nettoyer la blessure, elle m'attira à elle avec force avant de me coller un baiser sonore sur la joue. J'écarquillai les yeux sous la surprise avant de poser ma main contre ma joue, là où elle venait de m'embrasser : j'avais l'impression que ma joue chauffait. C'était vraiment une jolie récompense. Elle m'expliqua que ça n'avait servi à rien de ronchonner et se présenta : Devlin.

« Devlin... » murmurai-je tout bas, continuant à frotter doucement ma joue.

Doucement, un large sourire étira mes lèvres et si elle m'avait attiré à elle, ce fut à mon tour de l'attirer à moi avec sans doute un peu trop de brutalité et de la serrer dans mes bras.

« Merci Devlin ! Merci pour ta gentillesse ! Merci pour ton baiser ! Merci pour tout ! Dieu te le rendra ! »

Et hop, à mon tour de l'embrasser sur la joue avant de la relâcher et de me mettre à regarder autour de moi.

« Bon ! » hurlai-je presque en tapant dans mes mains avant de reporter mon attention sur Devlin en lui souriant à pleines dents. « Moi, je m'appelle William et j'ai faim ! On va chasser ? »

Parce que je ne pouvais pas simplement me présenter et lui demander d'où elle venait, où elle allait, non. Moi, j'avais la dalle et je voulais manger quelque chose de consistant donc, je voulais chasser. C'était logique franchement. Je me mis soudain à m'étirer et à m'échauffer : grands gestes et tout le tralala. Mais enfin, c'était normal de s'échauffer de cette façon : nous allions devoir courir après une biche bon sang ! Donc, nous devions nous mettre en condition et être prêts et cela commençait par un bon échauffement. D'accord, c'était surtout mon cerveau qui était échauffé mais c'était indépendant de ma volonté !

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Dim 12 Jan - 16:09

C’est ça, un zombie-portière. Maintenant que Devlin connaissait la raison de ce délire, elle se permit de pouffer à ce qu’il disait. Son passé faisait que ce n’était pas la première fois qu’elle voyait complètement stone sans qu’elle ne le soit et à chaque fois, elle trouvait ça très drôle. C’est-à-dire que jusque-là, elle n’avait encore jamais assisté à ce qui se passait après alors c’était toujours drôle, c’est sûr. De toute façon, il est clair qu’elle n’aurait rien pu faire pour l’aider d’une quelconque. Il lui était arrivé de côtoyer des junkies, certes, mais de loin. Même de très loin. Mais là n’était pas la question, elle était en train de jouer les infirmières et elle ne se débrouillait pas trop mal. Et comme le prêtre ne bronchait pas et était aussi sage qu’il l’avait dit, elle se permit de l’attirer à elle pour lui coller une bise sur la joue. La jeune femme savait bien qu’en général, ça ne laissait personne de marbre, sans vouloir se lancer des fleurs, mais elle ne s’était pas attendue à ce genre de réaction. Il en resta coi pendant un moment en se tenant la joue. Si bien qu’elle se demanda si elle avait bien agi mais ne le montra pas en continuant la conversation comme si de rien n’était.

C’est alors qu’il réagit, un peu comme à retardement, en la prenant dans ses bras – Devlin aimait bien ça, ça lui donnait le sentiment d’être grande, ce qui n’arrivait pas tous les jours – et en l’embrassant à son tour. Eh ben dis donc, elle qui s’inquiétait de savoir si elle avait bien fait ou non, la voilà rassurée. Elle aurait juste mieux apprécié la chose s’il ne l’avait pas serrée aussi fort contre lui, c’est ainsi qu’elle comprit qu’il n’était effectivement pas coutumier de ce genre de gestes. C’était dommage quand même, et c’était précisément pour cette raison qu’elle ne comprenait pas qu’on puisse vouloir devenir ecclésiaste. A moins d’avoir été élevé comme ça dès le départ évidemment, mais c’était quand même un peu triste, non ?
Quoi qu’il en soit, la rouquine se serait bien passé des mots qui suivirent. Les bondieuseries, vous l’aurez certainement compris, ce n’était pas sa tasse de thé. Mais eh, une minute ! Si dieu le lui rendait vraiment, ça voulait dire qu’elle n’irait pas en enfer, même après avoir divorcé haha ! C’était obligé ! Ah voilà qui la galvanisait et elle se contenta de secouer un peu la main suite aux remerciements du prêtre pour lui signifier que ce n’était rien, enfin.

Puis le prêtre passa du coq à l’âne en criant – oui, oui, il existait encore des gens pour crier de nos jours alors que tout le monde savait pertinemment que c’était le meilleur moyen de ramener des gens, morts ou vifs – que bon, ce n’était pas tout ça mais il s’appelait William, lui, et qu’il voulait aller chasser. Comme si ces deux choses avaient un rapport quelconque entre elles ou comme s’il faisait partie d’un cercle de chasseurs shootés anonymes, ça marchait aussi. Là-dessus, il commença à faire des étirements tandis qu’elle jetait des coups d’œil circulaires pour s’assurer que ces cris n’avaient rameuté personne. S’il y avait des walkers dans le coin, comme la légende le racontait, ils ne se manifestèrent pas en tout cas. C’était déjà ça.

    « Oui okay, mais je ne sais pas chasser, moi. »


Autant le faire savoir tout de suite. Pour une raison qui lui échappait totalement, Devlin était toute légère et toute minuscule, et avait la capacité de se faire très discrète et de courir rapidement quand il le fallait mais une fois qu’il était question de chasser, c’était une tout autre histoire. Principalement parce qu’elle devenait alors super bruyante et aussi vite pouvait-elle courir, n’importe quel animal la distançait aisément. En outre, elle était, et avait toujours été, contre la chasse. Peut-être bien qu’elle était encore un peu trop sentimentale, oui, mais elle avait toujours pensé que les animaux ne demandaient pas qu’on les traque pour les bouffer ou pour récupérer leur fourrure ou autre, ils ne faisaient rien pour non plus. Alors oui, c’était de pauvres créatures innocentes à qui on ne laissait pas le choix et ça la rendait un peu malade.

Mais d’un autre côté, il y avait ce William. C’est vrai, elle ne le connaissait pas, si ce n’est qu’elle avait failli lui rouler dessus avec une Range Rover par le passé et, s’il avait été dans son état normal, elle n’aurait pas eu le moindre scrupule à le laisser là, le laisser se débrouiller tout seul. Or c’est là que réside tout le problème : il n’était pas dans son état normal. Et Devlin s’en voudrait sûrement s’il lui arrivait quelque chose. Je vous jure, sa gentillesse la perdra un jour. Alors elle finit par hausser les épaules et sortir ses poignards de son sac pour les glisser à sa ceinture afin qu’ils soient plus faciles d’accès. Oh elle n’avait pas l’intention de s’en servir contre une biche, un chien ou tout autre animal qui aurait la décence de se montrer, non, mais ça pouvait toujours servir au cas où ils ne seraient pas les seuls à envie eu des envies de chasse, ce jour-là.

    « Je veux bien qu’on y aille mais à une condition : on ne s’aventure pas trop loin dans la forêt, d’accord ? »


D’abord parce que ce serait vraiment idiot d’aller s’y perdre et ensuite parce que la jeune femme comptait bien récupérer cette voiture le plus rapidement possible.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Mar 28 Jan - 21:59





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J'étais chaud là. J'étais même chaud bouillant ! On allait se la faire cette biche ! Bon sang, on allait se la faire et après, on allait faire un immense feu et on allait la faire cuire et la bouffer jusqu'à ce que nos estomacs nous demande d'arrêter ! Ouais ! C'était ça que je voulais ! Voilà pourquoi je m'échauffais : l'échauffement, c'était important avant de faire un effort sinon on risquait un claquage, tout ça, et alors, avec les rôdeurs et tout ce qui pouvait traîner de pas très, très clair dans le coin, mieux valait éviter de se faire un claquage hein. Que Devlin ne sache pas chasser n'était pas un problème en soi : moi, je savais chasser pour deux, alors, elle, elle allait pouvoir faire diversion, ou servir d'appât, un truc du genre. Quoique, les biches, ça bouffait pas de l'herbe ? Si, et des champignons peut-être aussi, comme moi. Mais enfin du coup, Devlin ne pourrait pas servir d'appât. Au pire, elle pourrait faire peur à la biche quand on l'aurait trouvée pour qu'elle vienne vers moi et la PAF ! Je lui ferais sa fête. Oui, ce petit plan qui prenait forme dans mon esprit était un excellent plan. C'était même un plan parfaitement parfait ! Soudain, alors que j'étais toujours en train de préparer ce plan machiavélique dans ma tête, Devlin m'annonça qu'elle voulait bien aller chasser mais à condition que nous ne nous enfoncions pas trop dans la forêt. J'arrêtai mes étirements et me retournai vers elle en affichant un sourire franc et rassurant. Ou peut-être pas très rassurant, ça dépend de quel point de vue on se place.

« Faut pas t'en faire mon enfant ! On n'ira pas très loin ! De toute façon, la biche elle a pas dû partir bien loin. Je veux dire, c'est pas très mâlin ces bêtes là hein... A part courir ça sait pas faire grand chose si ? Ça mange de l'herbe et DES CHAMPIGNONS AUSSI ! » hurlai-je finalement en sautant presque sur place. « Du coup, quand on va la manger, comme elle aura mangé des champignons, ça va être drôle hein ? Oui ça va être drôle ! Bon, on y va ! »

Et hop : ni une, ni deux, j'enjambais la barrière de sécurité de l'autoroute avant de me diriger vers la forêt en fredonnant un vieil air appris quand j'étais militaire. Un truc un peu salace mais bon, c'était drôle alors... A plusieurs reprises, je lançai un regard en arrière pour m'assurer que Devlin me suivait toujours et à un moment donné, alors que nous nous avancions déjà au milieu de la forêt, je me stoppai net en ouvrant les bras en croix. Devlin s'arrêta à côté de moi et je lui fis signe de se taire.

« Elle est là... » murmurai-je avec un air de conspirateur sur le visage. Oui, elle était là. Enfin, elle ou une autre mais elle était là. « Alors à trois, on fonce. »

Ah ? Et le plan parfait ? Envolé le plan.

« Un... »

Je plantai mon regard dans celui de Devlin.

« Deux... »

Je fronçai les sourcils et esquissai un large sourire.

« TROIS AH AH AH ! »

Et je me mis à courir comme un dératé en direction de la biche qui prit rapidement ses pattes à son cou. En courant après elle sans faire attention, je me pris les pieds dans la racine d'un arbre et m'étalait dans l'herbe de tout mon long. Je me redressai juste assez pour pouvoir voir la biche s'éclipser au détour d'une clairière et levai la main dans sa direction.

« MAIS NON REVIEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEENS !!! »

Et là, si je n'attirais pas quelques rôdeurs, nous aurions beaucoup de chance. En fait, la chance avait déjà été de notre côté sur l'autoroute et bien sûr, au bout d'un moment, la chance finit toujours par faire défaut. J'enfonçai mon visage dans l'herbe, étouffant un juron pas très catholique quand j'entendis des bruits bizarres. Je relevai mon visage et aperçus euh... Un... Deux... Ah bah trois rôdeurs là.

« Oups ! » pouffai-je en ne pouvant m'empêcher de rire.

Je me redressai et essuyai mon habit de prêtre avant de me tourner vers Devlin. Oui, je me mettais clairement de dos aux rôdeurs.

« On tire à pile ou face pour savoir qui fait quoi ? »

Ou alors, je pouvais aussi me retourner et me défendre face au rôdeur qui s'était dangereusement rapproché de moi. Oui, je pouvais tout aussi bien faire ça. Hop hop hop William : on arrête les conneries et on se laisse pas bouffer. Ce serait quand même con d'en arriver là maintenant...




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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Jeu 30 Jan - 19:12

Pas s’en faire. Il ne fallait pas s’en faire, qu’il disait. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, ça. Puis c’était vite dit de dire qu’une biche ce n’est pas très malin, Devlin n’en était pas si sûre quant à elle. Elle en avait vu plus d’une se faire la malle alors qu’elles étaient poursuivie par des walkers et s’en sortir alors que ce n’est pas forcément toujours le cas des êtres humains. Mais bon, si William continuait sur sa lancée, il était clair que la biche qu’ils traqueraient serait une fois de plus plus maligne que les humains et qu’elle leur échapperait. Ben oui évidemment, il faisait trop de bruit et il n’était pas en état de penser à en faire moins. Ainsi, la brave bête les entendrait arriver de loin et prendrait la fuite aussi sec. Tiens c’était marrant le point qu’il soulevait, il avait tout à fait raison quand il disait que les biches mangeaient des champignons, elles aussi. Est-ce que ça voulait dire qu’il leur arrivait d’être stone ? Un peu comme les koalas qui sont constamment bourrés à cause de l’effet que l’eucalyptus a sur eux ? C’était très intéressant, mais malheureusement, elle n’aurait sans doute jamais la réponse à cette question parce qu’elle ne se rappelait pas avoir jamais lu que quelqu’un faisait une étude sur ce sujet précis. Et que plus personne n’en ferait, de toute évidence. A moins que ce monde merdique et à présent dépourvu de toute culture ne redevienne un monde normal.
On peut toujours rêver !

Elle avait répondu d’un haussement d’épaule et avait suivi William qui ne se rendait manifestement pas compte que pour ses petites jambes à elle, il cavalait littéralement et qu’elle avait beaucoup de peine à le suivre. Certes, c’était très bon pour la cardio et tout ce qui s’ensuit, elle ne dirait pas le contraire mais en attendant, c’était drôlement crevant. Puis il se stoppa sans crier gare, ce qui lui valut de se prendre une Devlin de plein fouet mais ça n’avait pas l’air de l’ennuyer outre mesure, et une fois de plus, ouvrit les bras en croix. Sans déconner, il faisait souvent ou bien ? C’était une sorte d’ode à Jésus ou elle ne savait quoi ? Bref, il lui fit aussi signe de se taire alors qu’elle ne parlait pas et lui désigna un endroit du doigt en précisant qu’elle était là. La rouquine eut beau regarder et même plisser les yeux dans la direction indiquée – on ne sait jamais qu’il s’agisse d’une biche qui maîtrise le camouflage – mais elle ne voyait rien, elle, pas même dans d’autres directions. Elle en conclut donc que ça devait être une hallucination. Après tout, quoi de plus normal après avoir dégusté des champignons hallucinogènes, hein ?

    « Je vois rien, moi… »


Mais le jeune homme ne fit même attention à sa remarque et commença le décompte avant d’arriver finalement à trois et de s’élancer à toute vitesse en direction de la biche imaginaire.

    « Eh attends ! »


C’était bien beau de courir comme ça mais il fallait qu’elle suive, elle. Puis heureusement, la biche imaginaire lui fila entre les doigts. Et tout le désespoir du prêtre transperça dans son cri. Qui allait forcément faire rappliquer des zombies ou pire, d’autres humains. Oui, c’était pire, bien pire. Les walkers, on pouvait encore en venir à bout s’ils n’étaient pas beaucoup parce qu’après les avoir observé pendant un peu plus de deux ans, elle savait bien que leurs réactions n’étaient pas très variées et donc très prévisibles, ce qui n’était pas le cas des humains, malheureusement.

En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, trois zombies traînaient leurs carcasses putréfiées vers eux, le tout accompagné de leurs grognements caractéristiques. William prit le risque de leur tourner le dos pour lui donner comment elle souhaitait qu’ils s’y prennent. Ben oui, non mais ils n’avaient qu’à prendre le temps d’en discuter, tant qu’ils y étaient. Et puis, est-ce qu’il était seulement capable d’en abattre un seul ? C’était ça le grande question. Devlin n’était pas à l’abri qu’il la confonde avec l’un d’entre eux et elle n’avait pas trop envie de savoir ce que ça pourrait donner si tel était le cas.

    « On fait comme ça : tu restes en retrait pendant que je leur règle leur compte, ça vaut mieux pour nous deux, crois-moi. »


Là-dessus, Devlin sortit ses deux poignards de leur cachette, c’est-à-dire qu’ils étaient en permanence glissés à sa ceinture, pour être plus facile d’accès et elle en lança puis le deuxième avec sa précision habituelle. Elle fit mouche les deux fois, mais il en restait un troisième et il lui barrait la route pour qu’elle aille rechercher ne serait-ce qu’une de ses armes. C’est bien ballot, tiens, elle qui venait tout juste de dire qu’elle s’occupait de tout, force était de constater qu’elle ne gérait pas vraiment.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Lun 10 Fév - 15:56





Mushrooms & Cars

C'était tout aussi bien de demander ce qu'elle souhaitait faire. Après tout, c'était très gentleman de lui laisser le choix, non ? Ne me départant pas de mon sourire, je hochai la tête quand elle m'expliqua qu'elle allait s'occuper des rôdeurs parce que ça valait mieux pour nous deux. Ah mais si elle voulait prendre les choses en mains, moi, j'étais d'accord. Alors, je croisai les bras et la regardai faire. Ouh mais c'est qu'elle était douée, même très douée ! Elle lança les poignards avec une telle précision qu'elle ne rata aucune des deux cibles. J'applaudis en la félicitant à haute voix pour ce travail impeccable : franchement, elle pouvait être fière d'elle. J'avais hâte de la voir faire mouche avec le troisième rôdeur. Faut dire que je n'avais jamais vu quelqu'un lancer des couteaux de cette façon, c'était assez fascinant. Cependant, au lieu de poursuivre, elle s'arrêta. Je fronçai les sourcils et me penchai assez pour me rendre compte qu'elle n'avait plus de couteaux, ses seules armes étant parfaitement bien nichées dans le crâne des deux rôdeurs qu'elle avait abattus.

« Mince alors. » murmurai-je tout bas. Et dire que je me faisais une joie de la voir relancer un couteau. « Tant pis. » ajoutai-je en m'approchant d'elle et donc, du dernier rôdeur qui raccourcissait dangereusement la distance entre lui et nous.

Je dépassai finalement Devlin et m'approchai du rôdeur tout en sortant mon couteau. Quand il fut arrivé à ma hauteur, je repoussai ses bras avant de bondir sur lui et de planter mon couteau dans son crâne dans un bruit peu ragoûtant. Je retirai ensuite la lame et laissai tomber le rôdeur à mes pieds avant de me retourner vers Devlin tout en essuyant la lame sur mon pantalon.

« C'est spectaculaire que ce que tu as fait ! » J'enjambai le rôdeur, un sourire aux lèvres avant de m'avancer vers les autres avec la ferme intention de récupérer les couteaux de Devlin et de les lui rendre. « J'avais jamais vu quelqu'un lancer des couteaux avec une telle précision. » dis-je en retirant le premier couteau, mon sourire commençant déjà à disparaître doucement, bien malgré moi.

Je me redressai et m'approchai du dernier rôdeur et me penchai pour récupérer le couteau avant de m'arrêter dans mon geste. Je penchai la tête sur le côté et cette fois-ci, mon sourire disparut complètement. Je fronçai les sourcils.

« Je n'ai pas prié... » murmurai-je tout bas avant de me redresser et de porter mon attention sur Devlin. La panique commençait à germer doucement mais sûrement. « Je n'ai pas prié ! » répétai-je avant de me reculer, mon dos se cognant contre un arbre juste derrière. « Non, non, non, non ! » répétai-je en secouant la tête.

C'était la première fois, depuis que tout ceci était arrivé, depuis le début de la fin du monde, que je n'avais pas prié pour un rôdeur dont j'avais pris la vie. Certes, il n'était pas trop tard pour le faire et d'ordinaire, cela ne m'aurait pas autant affecté seulement voilà : j'étais tellement sur un nuage que j'avais tué sans me poser de questions, sans m'excuser, sans prier, sans humanité et, parce que tout était amplifié, savoir que je m'étais à ce point perdu dans le mal me donna l'impression de brûler de l'intérieur. J'avais imaginé qu'après l'euphorie la chute allait être rude, je n'avais pas imaginé que ça allait être aussi violent et douloureux. Je lâchai le couteau de Devlin que j'avais récupéré ainsi que le mien avant de m'accroupir au sol et de me mettre à cogner mon front de mes poings. Je me faisais mal mais ça m'était égal. Et encore, heureusement qu'en cet instant, je fus incapable de penser au fouet de barbelé qui m'attendait bien sagement dans mon sac car sinon, nul doute que je l'aurais sorti pour m'en servir et ce, même devant Devlin. J'arrêtai finalement de me frapper et me mis à observer mes mains qui se mirent à trembler.

« Qu'est-ce que j'ai ?... QU'EST-CE-QUE J'AI ?! » hurlai-je finalement en relevant mon regard vers Devlin.

A présent, j'étais véritablement paniqué. Il était en train de se passer quelque chose en moi, une chose que je ne contrôlais pas mais dont j'étais à présent conscient alors que jusque là, je n'avais pas vraiment été conscient du manque de contrôle, je m'étais juste laissé porter par la vague d'euphorie et d'hallucinations. Là, tout prenait un caractère plus réel, plus violent, plus incontrôlable et j'étais carrément pétrifié. De plus, des images me revenaient, des images auxquelles je n'avais plus pensé depuis que j'avais avalé les champignons. C'était comme si, petit à petit, j'étais en train de replonger dans l'abysse qu'était mon existence en ces temps troublés et ça, laissez-moi vous dire que c'était véritablement effrayant et déstabilisant.



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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Mar 11 Fév - 16:16

A l’entendre et à le voir, on aurait dit que William assistait à un spectacle de grande qualité. Il l’applaudit même une fois qu’elle en eut fini avec ses deux walkers et, à son grand soulagement, se chargea du dernier tout seul comme un grand. Ah c’était chouette de voir que ses compétences en la matière ne s’en trouvaient pas altérées et elle lui devait donc une fière chandelle. Enfin, pas dans le sens où c’était lui qui les avait attirés. Mais évidemment que oui, c’était lui qui faisait le bruit qui les avait inexorablement ramenés jusqu’à eux. Bref, tout ça pour dire que Devlin n’était pas particulièrement fière d’elle. C’est vrai qu’elle les maniait bien, ses poignards et qu’en d’autres temps, ça aurait pu être quelque chose de tout à fait remarquable mais dorénavant, c’était son seul moyen de survivre alors ça perdait un peu de sa superbe, évidemment. Mais elle sourit tout de même et fit sa timide, ce qui arrivait tellement peu souvent, en ce qui concernait Devlin que ça vaalit la peine d’être souligné. Haussant les épaules, elle secoua un peu la main devant elle en un geste qui voulait clairement dire « n’en jetez plus ».

    « Oh merci, ce n’est rien du tout, vraiment. »


Et ça c’était sans le moindre doute la plus grosse connerie qu’elle eut jamais dit. Rien du tout, comment pouvait-elle dire pareille idiotie quand ça représentait en réalité des années d’entraînement pour en arriver à ce résultat. Des années passées à jouer aux fléchettes, oui, parce que c’est comme ça qu’elle avait commencé, les poignards n’entrant en jeu qu’après l’apocalypse. Mais fléchettes, poignards, il n’y avait pas grande différence en fin de compte, juste une différence de poids à laquelle on se faisait sans trop de problème. Soit, la jeune femme fut coupée dans l’historique mental de son ancien passe-temps quand William annonça soudain qu’il n’avait pas prié. Hum, comment ça ? A quel moment aurait-il fallu qu’il prie ? Avant d’achever le dernier zombie qui avait attenté à sa vie ? On ne se moque pas s’il vous plait, Devlin n’y connaissait rien en religion, elle et elle trouvait cette manie de prier à tout bout de champ vraiment stupide. Elle était même persuadée que les walkers n’avaient plus vraiment d’âme une fois à l’état de zombie, bien qu’elle ne sache pas exactement où celle-ci se tirait.

    « Mais prier quand et pourquoi ? Tu sais, je ne pense pas que ça soit vraiment utile dans un cas comme celui-ci, je doute fort que son âme aille au paradis ou je ne sais quoi. Peut-être avant qu’ils ne se transforment, mais maintenant… »


Cela dit, il s’agissait là de sa théorie personnelle et elle ne pouvait l’imposer surtout à un homme d’église, elle le savait bien. Mais elle essayait juste de le rassurer parce qu’il avait l’air sérieusement paniqué et que sa panique était pas mal contagieuse en plus de ça. Puis elle s’était permis de laisser définitivement tomber le vouvoiement parce que, hey, ils venaient quand même de chasser la biche invisible ensemble, c’était le genre de trucs qui rapprochaient, ça !
Puis il se produisit quelque chose de vraiment louche, elle vit William tomber au sol, fut heureuse qu’il lâche les armes, sinon dieu sait ce qu’il aurait été capable de s’infliger avec ça, puis elle le vit aussi se frapper. Ca ressemblait à une sorte de punition pour n’avoir pas prié et Devlin en était tellement médusée qu’elle ne songea pas tout de suite à se ruer sur lui pour l’en empêcher. Elle avait actuellement la sensation de se retrouver plongée en plein DaVinci Code et elle n’aimait pas du tout ça. C’est alors qu’elle retrouva enfin la parole.

    « Mais arrête ça, enfin, puisque je te dis que ce n’est pas si grave que ça ! »


Et il s’arrêta, mais Devlin savait d’emblée que ce n’était pas parce qu’elle le lui avait demandé, il était plutôt plongé dans la contemplation de ses mains qui s’étaient mises à trembler comme celles d’un type atteint de la maladie de Parkinson. Holà, ça commençait tout doucement à la faire flipper et probablement à cause de la fonction première de William. Et si jamais il se mettait à léviter, les bras en croix comme il avait si bien l’habitude de le faire, hein ? Qu’est-ce qu’elle ferait à ce moment-là ? Mais il fallait rester lucide, elle ne pouvait pas non plus prendre ses jambes à son cou et l’abandonner en forêt comme on balance une basket par la fenêtre de sa voiture sur l’autoroute. Pas au plus mauvais moment, ça allait à l’encontre de tous ses principes. Pourtant, elle n’avait pas non plus envie d’assister à ça. Mais si elle les faisait, eh, peut-être qu’elle pourrait revenir vers William le moment venu pour…célébrer un mariage, à tout hasard. Enfin, ça pouvait être super pratique.

    « Je pense que ce sont les effets secondaires des champignons. Ca va être moche mais je vais rester avec toi le temps que ça passe, d’accord. Viens, on va se mettre à l’abri au cas où y en aurait d’autres. »


La rouquine récupéra toutes les armes qu’elle rangea dans son sac, elle rendrait la sienne à William quand il irait mieux. Puis elle le prit par la main et l’entraîna dans un coin un peu en retrait du chemin principal. Il ne restait plus qu’à croiser les doigts pour que personne ne passe par-là jusqu’à ce que ça aille mieux.

    « Tu devrais peut-être t’asseoir. On peut parler aussi si tu veux, j’imagine que je peux te changer les idées si c’est ce dont tu as besoin. »


Ca l’ennuyait drôlement de ne pas savoir ce qu’il ressentait exactement parce que du coup, elle ne savait pas non plus de quoi il avait besoin.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Mer 19 Fév - 20:03





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Il ne m'était que peu de fois arrivé de paniquer dans mon existence. Quand je m'étais rendu chez Kate, après le début de l'épidémie et que je ne l'avais pas trouvée, pendant un instant, j'avais paniqué oui, avant de comprendre qu'elle était partie et j'avais été rassuré. Mais oui, à ce moment-là, j'avais paniqué. Ce que je ressentais en cet instant était bien pire que cette panique que j'avais ressentie à ce moment-là. Ce que je ressentais, là, tout de suite, qui me clouait au sol, et qui me pétrifiait était pire que tout. Quand je n'avais pas eu le contrôle de mon corps mais que ça avait été drôle, cela ne m'avait pas dérangé. A présent, cela me dérangeait, cela me faisait même peur. La façon dont mes mains tremblaient... On aurait dit un type en état de manque. Pourtant, je n'avais mangé que quelques champignons, je n'étais ni un drogué, ni un alcoolique. Je n'étais rien de tout ça mais mon corps lui criait tout le contraire. Je serrai les poings et la mâchoire, tentant de contrôler les tremblements mais rien n'y faisait : c'était tout simplement incontrôlable. Autant incontrôlable que les frissons qui ne tardèrent à faire leur apparition. Doucement, Devlin m'expliqua qu'il s'agissait des effets secondaires des champignons et, le plus gentiment du monde, me proposa de rester avec moi jusqu'à ce que ça passe. A travers les tremblements et les frissons, j'acceptai en hochant presque imperceptiblement la tête : je préférais autant ne pas être seul oui car j'avais peur de la suite.

Devlin s'occupa ensuite de ramasser les armes et je la regardai faire de plus en plus paniqué, de plus  en plus mal, de plus en plus honteux aussi car si moi je me mettais en danger c'était mon problème mais la mettre en danger elle était impardonnable. Elle revint vers moi et prit ma main : j'eus l'impression que sa peau était glacée, sans doute parce que la mienne devait être brûlante. Elle m'entraîna un peu en retrait du chemin principal et quand elle estima que nous étions suffisamment à l'abri elle s'arrêta avant de me proposer de m'asseoir. J'obéis sans attendre et posai mes fesses au sol avant de ramener mes genoux contre moi, tentant de contrôler les tremblements, en vain pour le moment. J'observai autour de moi avant de reporter mon attention sur Devlin quand elle proposa de parler pour me changer les idées. Parler ? Mais de quoi ?

« Je ne sais pas... » répondis-je la voix tremblante.

Je sursautai en entendant un bruit sur ma gauche et me raidis en me poussant, craignant que quelqu'un ou quelque chose n'apparaisse mais il ne se passa rien et, quand je reportai mon regard sur Devlin et croisai son regard qui en disait long je fermai les yeux : tout ça était dans ma tête. D'ailleurs, il n'y avait pas eu que ça dans ma tête. La biche avait sans doute elle aussi fait partie de mon imagination mais je préférais mille fois la biche imaginaire aux bruits menaçant imaginaires.

« Je veux bien que tu me parles oui. » finis-je par dire à Devlin en rouvrant mes yeux avant de les plonger dans les siens tout en essayant de me focaliser sur ma respiration qui semblait être décidée à se la jouer saccadée et rapide. « Est-ce que.... Est-ce que tu voyages toute seule ? Est-ce que tu as des gens qui t'attendent ? »

Est-ce que les bruits de feuilles qui bougeaient et les grognement que j'entendais étaient dans ma tête ? Oui, sans doute puisque Devlin ne bougea pas d'un poil. Si danger il y avait eu, elle aurait fait quelque chose. C'était absolument terrible de savoir que c'était dans ma tête mais d'avoir peur quand même peur.

« Est-ce que... » La sueur qui perlait sur mon front descendit jusque sur mes paupières et j'eus l'impression de sentir mes yeux me brûler. « Est-ce que tu sais si ça va durer longtemps ?... »

Parce qu'en plus du reste, je sentais autre chose m'envahir, une chose dont je me serais bien passée : la douleur. Pas une douleur physique mais une douleur mentale. Une douleur psychologique, une horrible douleur...

« Kate... »

Le prénom s'échappa de mes lèvres sans que je puisse le contrôler et bientôt, je plaquai mes mains tremblantes contre mes tempes avant de fermer les yeux, mon corps se crispant pour n'être plus qu'un bloc de nerfs. Tout un tas d'images étaient en train de m'assaillir et ces images n'avaient beau qu'être le fruit de mon imagination, elles n'en étaient pas moins terribles : Kate en danger, Kate entourée de rôdeurs, Kate se faisant attaquer, Kate se faisant dévorer.

Que ça s'arrête... Pitié, que ça s'arrête.




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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Dim 23 Fév - 15:21

Le plus ennuyeux dans tout ça, c’est qu’il pleuvait très souvent dans ce foutu pays, ce n’était pas qu’une légende ou un cliché, il y pleuvait plus qu’ailleurs, elle en aurait mis sa main au feu. Surtout en cette période. Et allez vous asseoir quelque part dans la forêt quand il a plu à verse les deux derniers jours. C’était le plus ennuyeux pour Devlin, parce qu’elle avait gardé ce côté princesse même après l’apocalypse mais elle se doutait bien que c’était présentement le cadet des soucis de William. Qui ne fit pas la fine bouche et s’assit pile là où elle lui disait de le faire. Quant à elle, elle chercha une souche tout près afin d’éviter de s’asseoir dans la boue et les feuilles et de ruiner par la même occasion ses fringues qu’elle avait déjà tant de mal à trouver parce qu’ils se trouvaient dans le trou du cul du monde, pour clairement le dire et qu’il n’y avait pas des boutiques Chanel à tous les coins de rue. Fort heureusement, elle en trouva une juste en face et s’y assit. Elle observa longuement le prêtre qui non seulement tremblait comme une feuille mais dégoulinait littéralement en plus de ça. La rouquine trouvait ça drôlement flippant mais le fait est qu’elle savait bien qu’elle ne pouvait rien faire pour lui venir en aide si ce n’est lui changer les idées. Ou essayer tout du moins.

    « J’ai commencé par voyager seule, oui, mais j’ai vite laissé tomber ça, ça ne me convient pas du tout. Dès qu’on m’a volé ma voiture en fait, tu te souviens ? Celle avec laquelle j’ai manqué de te renverser…maintenant je fais partie d’un groupe. C’est tout de suite beaucoup plus cool, je peux dormir sur mes deux oreilles depuis. »


Franchement, c’était le gros avantage de rejoindre un groupe parce qu’à côté de ça, il y a des tas d’inconvénients. Comme de devoir rendre des comptes, devoir partager ce qu’on trouve en terme de nourriture et munitions mais l’autre gros avantage d’avoir choisi ce groupe en particulier, c’était qu’ils étaient un groupe, oui, mais que les membres ne s’intéressaient pour ainsi dire pas du tout les uns aux autres. Ce qui évitait de nouer trop de liens et de voir les autres tomber sans pouvoir rien y faire. Non pour être honnête, Devlin était plutôt satisfaite de sa situation.

    « Il y a bien des gens qui m’attendent oui, mais pas eux. J’ai retrouvé de la famille. »


Ca devait sembler marrant la façon dont elle disait ça. Un peu comme si elle avait retrouvé de lointains cousins sans grande importance alors que c’était tout le contraire, elle avait retrouvé sa famille la plus proche, les deux seules personnes qui comptaient réellement pour elle. Ou presque. Disons qu’il y en avait une ou deux de plus mais ce n’était jamais que des amies, pas sa chair et son sang ni son autre moitié. Ca n’est donc pas pareil en terme d’affection. Soit, de toute façon William ne ferait pas la différence dans l’état dans lequel il se trouvait. La jeune femme parlait en se disant que ça ne l’intéressait probablement pas des masses mais elle le voyait bien sursauter toutes les dix secondes alors qu’il n’y avait pas un chat à l’horizon. Elle parlait c’est vrai, mais elle y faisait attention, tout de même.

En revanche, Devlin devait bien admettre qu’elle n’avait aucune idée de combien de temps ça pouvait durer et ça lui faisait de la peine de devoir réduire à néant tous ses espoirs mais elle n’allait quand même pas lui mentir, d’autant qu’il lui faisait confiance. Il n’avait pas trop le choix mais bon, elle préférait voir les choses ainsi.

    « J’en ai aucune idée et j’espère pour toi que ça ne va pas durer encore trop longtemps. Ca n’a pas l’air drôle du tout. »


Haha Captain Obvious ! Ce qui ne l’empêchait pas de compatir très, très fort même si elle savait bien qu’elle ne pouvait tout simplement pas se mettre à sa place à moins d’avaler à son tour des champignons. Ce qu’elle ne ferait pas. Jamais, à moins d’y être contrainte.
A ce moment-là, William se mit à appeler un nom. Ah oui, il y avait ça aussi.

    « C’est qui, Kate ? Ta fille ? Ta sœur ? Ta copine ? Je sais bien que normalement, vous n’avez pas le droit d’avoir de copine dans ta branche, mais t’en fais pas, je dirai rien ! En tout cas ne t’en fais surtout pas pour elle, elle va bien. »


En vérité, elle n’en savait rien mais puisqu’elle n’était pas ici en train de se faire déchiqueter par un zombie, Devlin présumait qu’elle allait bien.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 8 Mar - 18:35





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Effectivement, ce qui était en train de m'arriver n'était pas drôle du tout. Je voulais que ça s'arrête mais apparemment, c'était mal parti pour. Les quelques mots qu'elle avait prononcés sur les gens avec lesquels elle avait pu voyager, sur sa famille qu'elle avait pu retrouver ne m'avait aidé en rien. Peut-être qu'après la crise passée cela allait m'aider mais là, sur le moment, finalement, ça ne changeait strictement rien. Rien à mes tremblements, rien aux frissons, rien à la nausée, rien aux terribles images qui me hantaient et qui semblaient plus réelles encore que Devlin elle-même. J'avais toujours les mains plaquées contre mes tempes et bientôt, à travers mes paupières fermées, des larmes me brûlèrent les yeux car assister à la mort de Kate, même dans ma tête, était une véritable supplice. La voir se faire dévorer était une torture. La voir disparaître m'était insupportable. Cela m'était tellement insupportable que, pendant un instant, j'eus envie de rouvrir les yeux, de me redresser et d'aller me fracasser le crâne contre l'arbre derrière moi, juste pour ne plus rien voir, pour ne plus rien ressentir.

Je voulais mourir.

La voix de Devlin sembla me parvenir de loin quand elle me demanda qui était Kate. Elle voulait savoir si elle était ma fille, ma sœur, ma copine. La remarque de Devlin sur le fait qu'elle savait que nous, prêtres, n'avions pas le droit d'avoir de relation amoureuse mais qu'elle pouvait garder le secret aurait pu me faire sourire si je n'avais pas été dans un tel état de nerfs et de détresse. Selon elle, en tout cas, je ne devais pas m'inquiéter car Kate allait bien. Kate allait bien ? Peut-être que dans la réalité elle était en parfaite santé et je l'espérais, j'y croyais. Enfin, d'ordinaire j'y croyais mais là, les images étaient trop vives pour que je ne parvienne à les laisser de côté, pour que je parvienne à faire comme si elles n'existaient pas. Je finis par lâcher mes tempes et par définitivement recroqueviller mes jambes contre moi-même, allant cacher ma tête entre mes genoux, mes bras venant entourer mes tibias. J'étais littéralement plié en deux, tellement plié que j'en avais mal au dos mais ça m'était égal.

« Elle va bien... » murmurai-je, faisant écho aux paroles que Devlin avait prononcées quelques instants auparavant. « Elle va bien. Elle va bien. » me répétai-je encore et encore, malgré les terribles images qui me hantaient toujours.

J'entendis Devlin aller dans mon sens, murmurant quelques mots pour continuer à me rassurer et je me raccrochai à sa voix, essayant de me focaliser dessus, essayant aussi de me focaliser sur les bons souvenirs que j'avais avec Kate et non pas sur ces images qui me torturaient un peu plus à chaque seconde. Finalement, même si cela me sembla durer une éternité, les images se modifièrent. Ce ne fut plus l'ombre qui entoura Kate mais de la lumière. Ce ne fut plus son corps déchiqueté qui se montra à moi mais ses courbes gracieuses et son sourire rayonnant quand elle me regardait lorsque nous étions encore ensemble. Je m'y accrochai comme un fou : son sourire, ses yeux, sa bouche. Tout, je me cramponnai à tout ça si bien que finalement, tout le reste termina par disparaître et heureusement car je n'aurais probablement pas tenu plus longtemps. Sur mon visage toujours enfoui contre mes jambes, un petit sourire naquit sur mes lèvres mais il disparut rapidement car je fus soudain envahi d'une terrible tristesse.

« Kate... » dis-je une nouvelle fois mais cette fois-ci, ça n'avait rien à voir avec le danger qu'elle pouvait courir dans mon esprit auquel les champignons avaient joué d'horribles tours. Cette fois-ci, c'était la douleur qui parlait, la tristesse, le manque... Le manque d'elle dans ma vie. C'était peut-être encore une fois dû aux champignons mais la réalité de son absence depuis tout ce temps s'imposa à moi. Elle me manquait tellement, horriblement... J'avais fait un choix et je pensais avoir fait le bon choix mais je n'en étais pas moins déchiré parce qu'elle n'était pas avec moi. Parce que je ne pouvais l'aimer comme je souhaitais l'aimer. Je finis par rouvrir mes yeux remplis de larmes et relever mon regard vers Devlin qui me fixait d'un air intrigué, craignant sans doute une nouvelle réaction complètement déjantée de ma part. Je savais et sentais cependant que tout ceci était passé. Je m'adossai finalement contre l'arbre derrière sans pour autant déplier mes jambes, mes bras y restant cramponnés.

« C'est la femme que j'aime. » avouai-je de but en blanc à Devlin. Un sourire triste étira mes lèvres à travers mes larmes. « La seule que j'ai aimée et la seule que j'aimerai même si c'est interdit. » ajoutai-je, en repensant à ce que Devlin avait dit quelques minutes auparavant.

Je soupirai et fermai les yeux, essayant de me focaliser sur les bons souvenirs, de chasser cette détresse qui m'étreignait horriblement le cœur mais même en faisant cela, je fus incapable de vaincre cette douleur car justement, les bons souvenirs n'étaient que des souvenirs. Je ne pourrais jamais en reconstruire de nouveaux, jamais. Je rouvris les yeux et essuyai mes joues avant de plonger mon regard dans celui de Devlin.

« Je ne l'ai pas revue depuis... Depuis le début de tout ça. Nous nous étions quittés avant parce que... » Je haussai les épaules. « Parce que sans Dieu je n'étais pas complètement heureux. Tu dois trouver ça stupide... » finis-je par dire, étant habitué à ce genre de réaction, surtout à notre époque. Préférer Dieu à l'amour d'une femme pouvait semblait stupide à qui ne pouvait pas le comprendre mais même Kate l'avait compris. C'était d'ailleurs elle qui m'avait poussé à partir, préférant me savoir heureux auprès de Dieu. A cette pensée, un nouveau sourire étira mes lèvres. « Elle était... Non, elle est exceptionnelle. Attends... »

Je dépliai finalement mes jambes, mon cœur se calmant peu à peu avant de fouiller à l'intérieur de ma veste. Quand je trouvai la photo plastifiée, je la tendis à Devlin.

« C'est elle. »

C'était la seule chose qui me restait d'elle : cette photo, et mes souvenirs. Des souvenirs que, pour la première fois de mon existence, j'étais en train de partager avec quelqu'un. Avec une parfaite étrangère en réalité mais en fait, cela rendait justement ma confession plus facile.

Allez savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Lun 10 Mar - 22:53

Il faut dire ce qui est : voir quelqu’un dans cet état, c’est moche. Même quand on y assiste de loin comme c’était présentement le cas de Devlin. La jeune femme voyait bien la détresse de William, dans ses paroles, dans ses gestes, ce qui la mettait dans une position pour le moins délicate. Toutes les fibres de son corps voulaient répondre à cet appel désespéré mais sa tête l’en empêchait. Elle aurait pu aller le prendre dans ses bras, le bercer comme on berce un enfant qui a fait un cauchemar ou qui a peur de l’orage, et lui répéter inlassablement que tout allait bien, que tout ça ne se passait que dans sa tête et pas dans la réalité. Bien qu’elle n’en sache rien, donc. Mais la grande question était : comment serait-elle reçue si elle faisait ça ? Les réactions du prêtre étaient totalement imprévisibles. Il pourrait s’accrocher à elle comme à une bouée, ou il pourrait tout aussi bien la repousser violemment, dans un accès de rage ou quelque chose de ce genre et Devlin ne tenait pas à prendre le risque. Aussi resta-t-elle à sa place, légèrement figée, lui parlant néanmoins en espérant que ça le rassurerait ou que ça lui changerait les idées, au pire.

Evidemment, elle croisait les doigts pour que ça passe tout seule et sinon…oh Devlin ne voulait pas y penser mais qu’est-ce qu’elle ferait si ça ne passait pas ? Elle s’en irait en abandonnant William là jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Ou bien irait-elle chercher de l’aide ? Encore fallait-il en trouver car elle n’avait croisé sur la route en venant. Personne de vivant en tout cas. Donc elle ne pouvait que prier – façon de parler – pour que ça se tasse. Et il sembla que ses prières furent bel et bien entendues, par Shiva, peut-être. William passa toutefois par une phase tristesse intense et puis parut se calmer quelque peu. Ah la rouquine n’était pas à l’abri qu’il lui fasse une rechute soudaine, sait-on jamais, mais elle était bien soulagée. Des plus, il pouvait de nouveau parler et ça, c’était drôlement rassurant parce que c’était quand même un peu flippant d’avoir l’impression de parler à un mur tellement son interlocuteur avait eu l’air de souffrir.
Il parla de la fameuse Kate. La femme de sa vie, en résumé. Touchant, vraiment. Il y a de ça quelques semaines, Devlin lui aurait très certainement répondu que tout ça, c’étaient des conneries, toute persuadée qu’elle était que son ex-mari avait refait sa vie avec une blonde plantureuse qu’elle n’avait jamais été et qu’elle ne serait jamais – oui même appris une crise de ce genre – mais aujourd’hui, elle voulait bien le croire.

La jeune femme attrapa la photo qu’il lui tendait, visiblement tout fier de pouvoir la lui montrer telle qu’elle était deux années auparavant. Exceptionnelle, elle n’en doutait pas mais il avait totalement raison quand il disait qu’elle trouverait certainement ça stupide qu’il l’ait, en quelques sortes, plaquée pour Dieu. Stupide, non, ce n’était pas le mot, c’était carrément con, plutôt ! Plaquer l’amour de sa vie pour une espèce d’entité spirituelle qui avait bon dos, ça la dépassait complètement et elle était pratiquement sûre que ça serait le cas même si elle était croyante. Peut-être que c’était parce qu’elle était une femme et, de ce fait, était plus romantique ? Elle n’était même pas sûre d’être romantique. Enfin soit, William venait tout juste de passer par une phase difficile et il fallait le ménager, elle s’en rendait parfaitement compte. Elle lui rendit la photo, souriant de toutes ses dents.

    « C’est un beau brin de fille. »


Le fait est qu’elle eut beau luter autant que possible, il fallait quand même qu’elle fasse part de son opinion au prêtre.

    « Et en effet, je trouve ça « stupide », pour rester polie. Mais j’imagine que je ne peux pas comprendre, n’étant pas croyante. »


Cela étant dit, elle ne demandait pas mieux que d’essayer de comprendre. Attention, il lui faudrait des explications valables, elle aurait bien voulu savoir ce qui pouvait pousser quelqu’un à renoncer à son grand amour pour juste la certitude que quelqu’un, là-haut, veillait sur eux et les attendait au paradis. Mais elle voyait bien aussi que le prêtre n’était pas encore en état de lui donner des explications, alors elle laissa tomber l’affaire, préférant un autre sujet.

    « Tu sais si elle était en Angleterre quand ça a commencé ? Qui sait, tu pourrais peut-être la retrouver un jour ou l’autre. Regarde, j’ai bien retrouvé quelqu’un que je croyais reparti pour les Etats-Unis, et je devais moi-même me trouver à Dublin il y a deux ans. C’est juste que, parfois, le hasard fait bien les choses. »


Ou Dieu, elle ne savait pas quelle théorie il préférerait mais elle la respecterait de toute façon. Qui était-elle pour juger les convictions des autres ? Mais pour sa part, elle préférait croire au destin. C’était moins épuisant, qui plus est.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 22 Mar - 19:07





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Devlin attrapa la photo de Kate et l'observa attentivement. Je restai silencieux, patientant le temps que Devlin regarde la photo et quand un sourire étira ses lèvres, il en fut de même pour moi. Elle me tendit la photo que je récupérai et gardai dans mes mains précieusement : je n'avais pas envie de la ranger tout de suite. Devlin dit finalement que Kate était un beau brin de fille et mon sourire se fit plus large encore : elle était tellement plus que ça... Mais c'était un très joli compliment. Elle enchaîna cependant rapidement en m'annonçant qu'elle trouvait effectivement ça stupide d'avoir choisi Dieu plutôt qu'une vie avec Kate. Cela dit, elle ajouta qu'elle ne pouvait sans doute pas comprendre puisqu'elle n'était pas croyante. Mon sourire se fana légèrement sans pour autant disparaître : ainsi donc, elle ne croyait pas en Notre Seigneur. Je ne pouvais pas l'en blâmer car après tout, le plus important était d'être à fidèle à ses propres convictions et peu importait celles des autres. Si elle ne pouvait pas me comprendre moi je pouvais comprendre qu'elle ne soit pas croyante. Et puis, même si elle l'avait été, elle aurait très bien pu cesser de l'être après l'arrivée de l'épidémie. Après tout, Dieu avait abandonné l'humanité à son sort et qui plus est, Il nous avait envoyé un fléau pour nous punir : il y avait de quoi refroidir même les plus pratiquants d'entre nous. J'avais gardé la foi mais elle avait toujours été inébranlable, alors...

Finalement, Devlin reprit la parole en me demandant si Kate avait été en Angleterre quand ça avait commencé. Selon elle, je pouvais très bien la retrouver un jour. C'est là qu'elle m'annonça qu'elle avait elle-même retrouvé quelqu'un qu'elle avait cru reparti pour les U.S.A. D'ailleurs, elle aussi aurait dû se trouver à Dublin mais parfois, selon elle, le hasard faisait bien les choses. Le hasard... Mon sourire se fit de nouveau plus large et je détournai mon regard pour le reporter sur la photo. S'il y avait bien une chose à laquelle je ne croyais pas, c'était justement le hasard. Dieu avait un plan pour chacun d'entre nous et chaque événement de notre existence faisait partie de ce plan.

« Je ne crois pas au hasard. » finis-je par dire à Devlin sans quitter mon regard de la photo. « Puisque  tu ne crois pas en Dieu, ce que je vais dire va sans doute te paraître complètement dingue mais je crois qu'Il a un plan pour chacun d'entre nous et quoi qu'il puisse se passer, ce n'est pas le fruit du hasard. » Je marquai un silence avant de relever mon regard vers Devlin tout en prenant soin de ranger la photo. « Notre rencontre n'est pas un hasard. C'est aujourd'hui que j'ai mangé les champignons, aujourd'hui que tu t'es retrouvée sur cette route. Comment tout ceci pourrait être dû au hasard ? »

Oui, comment ? Je gardai mon regard planté dans celui de Devlin.

« Cette personne dont tu parles qui n'est pas repartie, l'endroit où toi-même tu t'es trouvée quand tout ceci est arrivé. Rien de tout ça n'est dû au hasard. En tout cas, c'est ce que je crois mais comme tu l'as dit, je suis un peu stupide. » ajoutai-je avec un sourire entendu et complice.

Je n'avais pas du tout mal pris les mots qu'elle avait prononcés, au contraire.

« J'espère la retrouver. Je l'espère sincèrement mais même si je ne dois jamais la revoir, je ne regrette rien. J'ai vécu des moments magnifiques avec elle et c'est déjà merveilleux. J'espère juste... J'espère juste qu'elle va bien. »

Mon sourire se fit moins large et je soupirai, ne pouvant m'empêcher de craindre pour la vie de Kate. Je me rendis tout à coup compte que je ne tremblais plus. Je ne me sentais pas encore parfaitement bien -et en plus j'avais toujours très faim- mais c'était déjà beaucoup mieux. Je pris alors pleinement conscience de ce qu'il s'était passé et mon sourire disparut complètement.

« Je suis vraiment désolé pour tout ça. Tu t'es mise en danger à cause de moi. » Un silence. « Merci de ne pas m'avoir abandonné là. »

A une époque, j'aurais poussé les remerciements jusqu'à dire que Dieu n'oublierait pas ce qu'elle avait fait pour moi mais Dieu avait déjà oublié toutes les bonnes actions que les hommes avaient pu accomplir. Dieu avait oublié qu'Il nous avait aimés à une époque. Il nous avait abandonnés à juste titre. Alors non, hors de question de dire un truc pareil.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Dim 23 Mar - 23:35

Quand vous voyez des spectres en permanence, ça n’aide pas franchement à croire et ça ébranle complètement toutes vos convictions en ce qui concerne l’enfer et le paradis. Si bien que Devlin, native d’une famille catholique, pourtant, n’avait jamais cru en toutes ces histoires, elle n’avait pas attendu l’épidémie pour se détourner de Dieu, comme disent les croyants, elle n’avait tout simplement jamais été une des leurs. Mais c’était difficile d’expliquer ça sans avoir à parler de son « don » qui était plus souvent une malédiction qu’un véritable don, en réalité. Et là, il n’y avait jamais de demi-mesure, il y avait soit les gens qui y croyaient à fond : les esprits existent bel et bien et tant pis pour ceux qui ne sont pas foutus d’y croire, ou alors il y avait les gens totalement réfractaires à tout ça et pour eux, elle n’était qu’une dingue de plus bourrée d’hallucinations visuelles et auditives. Comme dans les deux cas c’était généralement assez violent, la jeune femme avait appris à ne pas en parler à n’importe qui. Ou plutôt, à ne pas en parler au premier venu, dans son propre intérêt. Après, lorsqu’elle estimait pouvoir faire confiance à quelqu’un, dans ce cas-là ça sortait plus facilement mais seulement dans ce cas-là.

Toujours est-il que c’est précisément la raison pour laquelle elle fit la grimace en entendant la théorie de William. Donc d’après lui, le Destin c’était Dieu, c’était lui qui créait la vie et qui s’amusait à placer des obstacles plus ou moins chiants et plus ou moins insurmontables juste comme ça, pour se marrer ou comme à la loterie, c’était difficile de savoir, évidemment. Ce n’était pas seulement dingue, dans sa tête c’était tout simplement impossible, mais elle n’en fit pas part au prêtre parce que justement il était prêtre que toute sa vie se résumait à ça en quelque sorte et que ça devait très certainement faire partie intégrante de son éducation. De plus, qui était-elle pour dire aux gens en quoi ils devaient croire ? Non, elle ne voulait pas avoir ce rôle mais le fait est que plein de choses faisaient qu’elle non plus ne pouvait pas croire en toutes ces balivernes. Par contre, elle n’était pas sûre que ce soit Dieu qui les ait poussé l’un vers l’autre. Après tout, c’était une route encore pas mal fréquentée et il serait bien tombé sur quelqu’un d’autre s’il n’était pas tombé sur elle.

    « Peut-être. Je t’avouerai que je ne m’explique pas pourquoi il est toujours ici au lieu d’être retourné chez lui ni pourquoi moi-même je me trouve ici mais c’est quand même un peu difficile à croire, avec tout ça. »


Ce n’était pas tout à fait vrai, ça, son âme de romantique la poussait à croire que son ex-mari et elle étaient faits l’un pour l’autre et qu’ils n’auraient jamais dû se séparer en fin de compte, un peu comme des aimants mais c’est elle qui aurait eu l’air stupide de dire ça. Bien qu’elle ne trouve pas William stupide pour tout dire, c’était plutôt toute la religion, tous ces trucs qu’on forçait les gens à gober, qu’elle trouvait idiot. Mais c’était un débat qu’il ne valait mieux pas commencer. Ca avait déjà déclenché des guerres par le passé pour ne rien faire avancer de toute façon. A la place elle lui sourit et tâcha de trouver la formule toute faite qui pourrait éventuellement lui remonter le moral.

    « C’est évident qu’elle va bien, ça se voit que c’est une battante ! »


Devlin était contente de voir que la crise semblait passer. William ne délirait plus et ne tremblait presque plus non plus, il avait l’air tiré d’affaires. Elle n’avait peut-être pas été des plus utiles mais au moins ne l’avait-elle pas laissé tout seul et il l’en remercia. Se mettre en danger en revanche, c’est un bien grand mot, elle aurait pu se défendre et même lui venir en aide mais l’heure n’était peut-être pas à la fausse modestie.

    « Oh ce n’est rien, voyons ! Quel genre d’humain serai-je si je n’aidais pas mon prochain, hein ? Non en fait, je me sentais coupable d’avoir manqué de t’écraser l’autre fois, il fallait bien que je me rattrape ! »


La rouquine lui sourit de toutes ses dents, se releva et lui tendit la main au cas où il aurait eu besoin d’aide pour se relever à son tour.

    « Tu vas de quel côté ? Je peux t’escorter si tu ne te sens pas encore d’attaque. »


Ce qu’elle était mignonne quand elle s’y mettait.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 5 Avr - 10:33





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Même si elle ne croyait pas à la théorie du « non hasard », elle était quand même bien incapable d'expliquer certains faits qu'elle devait sans doute appeler coïncidences. Un doute était bien mieux qu'une certitude : ce qu'elle ne pouvait pas expliquer, peut-être le verrait-elle un jour comme le destin et non comme une simple coïncidence. Peut-être pas. Était-ce finalement si important que cela ? Sans doute pas non. Avoir la foi dépendait de chacun et il était normal d'avoir des doutes avec tout ce qu'il s'était passé et tout ce qui continuait de se passer. Sauf pour moi : je n'avais aucun doute sur l'existence de Notre Seigneur mais au fond, n'était-ce pas plus facile de croire en Lui plutôt qu'en la race humaine ? Bien sûr que si. C'était tellement plus simple... Je n'étais cependant pas en état de me poser de nouveau ces questions, d'aller chercher des réponses : pas aujourd'hui. Peut-être demain. Ou après-demain. Ou un autre jour encore.

Devlin me dit ensuite avec un sourire rassurant qu'il était évident que Kate allait bien car on voyait bien sur la photo que c'était une battante. Oh oui, ça, pour être une battante elle en était une. Est-ce que c'était cependant suffisant pour survivre à notre époque ? Je l'espérais sincèrement. J'ignorais de quoi le futur était fait mais j'aurais tout donné pour la revoir rien qu'une seule fois, m'assurer qu'elle allait bien : juste ça. Peut-être que Le Ciel allait se montrer clément et m'offrir cette délivrance avant que la mort ne m'emporte auprès de Mon Créateur. Cette demande ne me paraissait pas excessive mais plutôt raisonnable. Encore fallait-il que je mérite pareil cadeau.

Après que je l'eusse remerciée, Devlin s'empressa de me dire que ce n'était rien. Quel genre d'humain serait-elle si elle n'aidait pas son prochain ? Eh bien, elle serait tout simplement comme beaucoup d'êtres humains qui foulaient encore cette terre, ces monstres d'égoïsme et de cruauté qui sillonnaient les routes en ne pensant qu'à eux et étant prêts à tout pour survivre. Ces personnes existaient et j'en avais malheureusement rencontrées. Heureusement, Devlin n'était pas de ceux-là, Le Ciel en soit loué. Quand elle mentionna finalement l'épisode de la voiture, de ce moment où elle avait bien failli m'écraser, un sourire étira mes lèvres : il était sans doute étrange que ce souvenir me semble tout à coup drôle mais il en était ainsi. Après tout ce que je venais de traverser, après tout ce que Devlin avait fait pour moi, oui, cette première rencontre me paraissait inhabituelle et drôle. Devlin me rendit très largement mon sourire avant de se redresser et de me tendre la main. J'acceptai une nouvelle fois son aide bien volontiers et attrapai donc sa main avant de me relever. L'espace de quelques instants, je fus pris de vertiges mais ils passèrent assez vite ce dont je fus reconnaissant : le pire semblait être passé et c'était très bien ainsi. Je réajustai mon sac à dos quand Devlin me demanda de quel côté j'allais. Elle proposa de m'escorter si je ne me sentais pas encore d'attaque, ce à quoi je répondis par un franc sourire avant de récupérer mes armes.

« Je me sens beaucoup mieux, ça devrait aller. » répondis-je en rangeant mon arme à feu avant de planter mon regard dans celui de Devlin. « Mais je pense qu'il serait plus prudent de regagner l'autoroute ensemble : je refuse de te laisser repartir toute seule même si tu sembles parfaitement bien te débrouiller sans aucune aide. » dis-je finalement en jetant un coup d’œil en biais aux rôdeurs qu'elle avait abattus.

Finalement, ce fut sur le rôdeur que j'avais moi-même abattu que mon regard se posa et mon sourire disparut rapidement.

« Juste... Avant de partir... » murmurai-je avant de m'approcher du dit rôdeur.

Je m'agenouillai à ses côtés, me signai avant de poser ma main sur son front aux chairs apparentes et sanguinolentes. Ce fut en silence que je priai, mes lèvres se mouvant sans qu'aucun son ne soit entendu. La prière fut relativement rapide et je finis par me relever avant de reporter mon attention sur Devlin. Je savais qu'elle risquait de me prendre pour un fou d'agir de cette façon mais j'étais ainsi fait.

« Allons-y. » dis-je avant de prendre le chemin par lequel nous étions venus.

Parce qu'il était plus que temps de sortir de cette forêt où le danger était sans aucun doute partout. Nous avions été tranquilles un moment et rien ne nous disait que la situation n'allait pas s'inverser, comme c'était souvent le cas.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 12 Avr - 17:45

William allait mieux, ça se voyait rien qu’à son teint et Devlin était drôlement rassurée, ça voulait dire qu’il n’allait pas lui claquer entre les doigts d’une overdose. Mouais bon, peut-être bien qu’elle exagérait un tout petit peu, là, ce n’était peut-être pas possible de faire une overdose de champignons hallucinogènes, et encore, la nature réserve bien des surprises, m’enfin bon, autant se préparer à toute éventualité, ce que la jeune femme avait fait. Soit, il était prêt à repartir et il préférait la raccompagner jusque l’autoroute…la raccompagner, dans le but de veiller sur elle ? C’était assez drôle ça, quand on savait que c’était elle qui avait veillé sur lui alors qu’il était vulnérable. Mais bon, si ça pouvait lui faire plaisir, elle ne relèverait pas et se contenterait de sourire. Et de hausser les épaules, sa marque de fabrique. La jeune femme l’aida donc à se relever et lui tendit le bras au cas où il ne serait pas encore très stable, ça pouvait arriver. C’est ainsi qu’ils repassèrent devant les carcasses de zombies qu’ils avaient abattus un peu plus tôt dans la journée. Ca serait mentir de dire que Devlin ne s’était pas interrogée sur la santé mentale du prêtre en le voyant s’agenouiller aux côtés de celui qu’il avait achevé tout seul comme un grand mais dans le fond, c’était un geste tout à fait altruiste.

Et Devlin en vint à se dire qu’ils devraient peut-être tous agir ainsi, croyants ou croyants, c’était une façon de rendre hommage aux gens qui étaient tombés. Il était fort possible que leur âme avait quitté leur corps longtemps leur mise à mort définitive, Devlin le savait au plus profond de sa chair, mais c’était ça qui différenciait les êtres humains des zombies, non ? Ca et un cerveau, bien sûr. Alors dans le fond, elle comprenait bien la démarche. C’est bien la raison pour laquelle elle ne commenta pas le geste, elle ne grimaça même pas au moment où la peau de William entra en contact avec les chairs putréfiées de son walker. Par contre, elle ne poussa pas le vice à faire la même chose au-dessus des deux cadavres qu’elle avait tué pour leur donner l’extrême onction ou dieu sait comment ce machin s’appelait. Elle lui emboîta le pas dès qu’il eut terminé. C’est en l’ayant vu faire ça qu’une idée lui était venue. Malgré l’apocalypse, William était toujours très croyant, donc peut-être qu’il accepterait, ça ne coûtait rien de demander.

    « Dis, tu comptes rester dans les parages ? Ca t’arrive encore de pratiquer des…euh cérémonies ? Parce que si oui, ça pourrait éventuellement m’intéresser, à un moment ou à un autre. »


Ca pouvait totalement paraître idiot, elle en avait bien conscience, mais ça faisait quand même un moment qu’elle y pensait. D’accord, elle avait retrouvé son ex-mari et y voyant un signe – de peu importe quoi, donc -, ils avaient décidé de se remettre ensemble mais ça ne changeait rien au fait qu’ils étaient toujours divorcés et que ça serait drôlement bête de mourir divorcés, non ? Bien sûr, ils n’étaient pas obligés de mourir non plus et peut-être que d’ici quelques années, les choses auraient repris leur cours normal mais bon, on ne sait jamais.

Enfin bref, à force de marcher d’un bon pas, ils arrivèrent à la lisière de la forêt et pouvaient déjà voir l’asphalte ainsi que les carrosseries brillantes des voitures abandonnées là, elles n’avaient pas bougé de place. La rouquine porta la main à sa poche et y sentit les clefs qu’elle avait récupérées avant de croiser la route de William. Ah une bonne nouvelle, elle n’avait pas perdu la possibilité de ravoir une voiture d’ici peu de temps. Mais pas tout de suite, apparemment, puisqu’il y avait bien une chose qui avait changé depuis leur départ et c’était les walkers qui se traînaient sur la route. Il y en avait facilement le double de ceux qu’elle avait croisé en venant et ils obstruaient le chemin qu’elle devait prendre pour récupérer sa voiture.

    « Et merde, bien tombé. Tu devais aller dans cette direction aussi ? »


Ce n’était pas un problème insolvable non plus dans le sens où ils pouvaient tout simplement faire un détour et repartir dans l’autre sens avant que les zombies ne slaloment jusqu’à eux, mais bon, c’était chiant et puis c’est tout.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 26 Avr - 16:29





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Je me mis rapidement en route et lorsque Devlin fut à mes côtés, elle me demanda soudain si je comptais rester dans les parages et s'il m'arrivait encore de pratiquer des cérémonies. Je me tournai alors vers elle, surpris d'une telle demande et elle poursuivit rapidement en m'expliquant que si c'était le cas, elle serait éventuellement intéressée à un moment ou à un autre. Si j'allais rester dans les parages ? C'était une excellente question en fait et pour être honnête, je n'en avais à ce moment-là absolument aucune idée. C'était la faim qui m'avait conduit à me rapprocher de l'autoroute et j'allais devoir encore fouiller pour essayer de trouver à manger de façon à avoir de côté de quoi tenir quelques temps, au moins jusqu'à ce que j'arrive dans une ville ou un village, là où je pourrais fouiller pour retrouver de la nourriture. Et pour ce qui était des cérémonies... En fait, Devlin était la première personne, depuis que le fléau était tombé sur nous, à me demander si je pratiquais encore des cérémonies. Pouvais-je le faire ? Oui. En avais-je envie ? Oui. Bien sûr que j'en avais envie, être prêtre était toute ma vie alors, je ne pouvais pas tourner le dos à ce que je faisais avant le fléau. J'esquissai un petit sourire à Devlin.

« Oui, je peux pratiquer des cérémonies même si jusqu'à aujourd'hui, personne ne me l'avait demandé en fait. » expliquai-je à Devlin tandis que les arbres se faisaient moins nombreux à mesure que nous nous approchions de la lisière de la forêt.

Lorsque nous fûmes enfin arrivés près de la rambarde de sécurité de l'autoroute, nous nous stoppâmes, ne pouvant guère faire autrement car si la voiture n'avaient pas bougé, les rôdeurs, eux, s'étaient rassemblés durant notre absence. Ils étaient plutôt nombreux et je soupirai, réalisant que ma recherche de nourriture allait s'avérer beaucoup plus compliquée que prévu. Devlin jura avant de me demander si je devais aller dans cette direction également. Je me tournai vers elle et haussai les épaules : on en revenait à sa première question à laquelle je n'avais toujours pas de réponse. Je ne savais tout simplement pas dans quelle direction je voulais aller.

« Je ne sais pas. J'avais prévu de fouiller les voitures pour essayer de trouver de la nourriture avant de reprendre la route. » lui avouai-je avant de marquer un silence, réfléchissant à ce qu'elle m'avait demandé.

En réalité, je n'allais pas reprendre la route seul, pas tout de suite en tout cas : j'allais rester avec elle, et j'allais l'accompagner pour pratiquer la cérémonie. Voilà, en l'espace de quelques secondes, ce que j'avais décidé. Pourquoi ? Mais tout simplement parce qu'il était probable qu'après aujourd'hui, nous ne nous revoyons plus jamais et puisqu'elle était demandeuse, je me devais de lui apporter mon aide. Mieux valait donc que je reste avec elle, que je pratique la cérémonie et qu'ensuite je reprenne la route. J'esquissai un petit sourire à l'attention de Devlin.

« Je vais t'accompagner comme ça, je pourrai pratiquer la cérémonie et je reprendrai la route ensuite. » lui dis-je, mon sourire se faisant très amical. « Puisque je suis là, autant qu'on ne se perde pas de vue et que je le fasse parce qu'après ça, quand on sera séparés, on ignore si on se reverra. C'est vrai, tout change tellement vite... » ajoutai-je en reportant mon attention sur les rôdeurs au loin.

Mon sourire s'effaça progressivement parce que je savais ce qui nous attendait, ce qui m'attendait et j'en étais profondément meurtri à l'avance mais nous n'avions pas le choix. Je glissai ma main sur mon Desert Eagle et m'en saisit avant de vérifier les munitions : le chargeur était plein et pour cause, je ne l'avais pas utilisé depuis un moment. Quant à des munitions supplémentaires, j'en avais dans mon sac à dos. J'avais également le fusil si besoin, donc... Je reportai mon attention sur Devlin.

« Il faut qu'on prenne la voiture alors, il faut qu'on passe au travers. » Inutile de préciser de quoi je parlais, elle avait parfaitement compris, je le savais. « Est-ce que tu sais utiliser une arme à feu ? Je ne te demande pas si tu sais viser car j'ai vu que tu en étais parfaitement capable mais là, ils sont nombreux et si on s'en tient aux armes blanches on n'y arrivera pas. Donc, si tu utiliser une arme à feu, je peux te le prêter. » lui dis-je lui montrant le Desert Eagle. « Il a pas mal de recul mais si tu le tiens correctement à deux mains ça devrait aller. » lui expliquai-je puisque cette arme était malgré tout puissante. « Je peux utiliser le fusil. » ajoutai-je. « Si tu ne veux pas de l'arme à feu, je préférerais que tu restes derrière moi. » finis-je par dire.

Peut-être qu'elle risquait de ne pas très bien le prendre mais je ne cherchais pas à la vexer, juste à la protéger. Les rôdeurs étaient nombreux et l'avantage de l'arme à feu était de nous permettre de nous débarrasser d'eux à distance et je refusais de prendre le moindre risque : hors de question qu'elle utilise ses couteaux parce qu'en plus, elle n'allait pas pouvoir les récupérer puisque l'idée était d'éliminer les rôdeurs tout en nous faufilant pour pouvoir atteindre la voiture et mettre les voiles. C'était donc un choix qui n'en était pas vraiment un : soit elle savait utiliser une arme à feu et allait le faire pour m'aider à libérer l'accès à la voiture, elle ne savait pas s'en servir et elle allait devoir rester derrière moi.




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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Dim 27 Avr - 21:48

Si elle s’attendait à ce que William lui propose de venir avec elle pour la remarier à son ex-mari, non pas du tout, mais ça lui faisait drôlement plaisir ! A tel point qu’elle en aurait sautillé sur place avant de sauter au coup du prêtre, s’il n’y avait pas eu tous ces walkers à proximité. Ils ne les avaient apparemment pas encore repérés, alors autant garder cet avantage mais ce n’était pas l’envie qui manquait. La jeune femme lui renvoya donc un grand sourire étincelant et un regard brillant en espérant qu’il comprendrait. Outre la joie que ça lui procurait, il faudrait peut-être qu’elle songe qu’elle n’en avait même pas parlé avec Ezio et qu’elle s’apprêtait tout simplement à ramener un étranger dans sa planque, puisque c’était évidemment là qu’elle le trouverait à coup sûr. Mais bon, c’était aussi ce qu’il voulait, n’est-ce pas ? Et puis il ne lui en voudrait pas parce que Devlin avait confiance en William alors lui aussi aurait confiance, il ne pouvait en être autrement. Dans le fond, ça lui rappelait beaucoup le jour où elle rentrée à l’appart avec les papiers du divorce, sans crier gare. En plus joyeux, évidemment. Puis il fallait voir les choses du bon côté, son ex-mari ne serait pas dépaysé.

Tout ça pour dire qu’elle était fin prête ! Il n’y avait plus qu’un tout petit problème à régler : celui des zombies qui traînaient leurs carcasses entre les voitures. Il fallait qu’ils passent de l’autre côté et ce serait plus facile de se tirer de là avec la voiture. Celle dans laquelle elle se trouvait tout à l’heure, la belle Corvette flamboyante. Par contre, il y avait un tout petit hic, la sortir de là ne serait pas bien difficile, elle était placée de telle sorte qu’aucune autre voiture ne la bloquait à l’arrière, mais à l’avant, c’était une autre histoire ! C’était même sans doute pour ça que personne ne l’avait prise, bien qu’il y ait encore du carburant dans le réservoir. Les gens qui passaient par-là ne devaient pas suffisamment connaître le coin pour savoir s’il y avait de plus petites routes longeant l’A82 à emprunter, et les gens du coin ne devaient pas avoir l’intention de partir et ne voyaient que les inconvénients que pouvaient avoir une voiture. Surtout une voiture telle que celle-là. Ca c’est clair qu’on ne pouvait la louper tellement elle était voyante.

Enfin bref, tant mieux pour elle, donc ! La rouquine, qui n’avait pas lâché le prêtre des yeux depuis qu’il lui avait annoncé qu’il l’accompagnerait jusqu’à ce qu’il ait pu pratiquer la cérémonie, le regarda tandis qu’il lui demandait si elle savait se servir d’une arme à feu. Ah merde, disons que c’était au programme, Ezio avait dit qu’il lui apprendrait, suite à la honte qu’elle s’était payée au poste de police de la zone infestée de Fort William. C’est-à-dire qu’il lui avait passé son fusil, en lui expliquant bien que si elle ne le sentait pas, elle pouvait toujours se servir de la crosse pour assommer quelques squatteurs qui avaient décidé de ne pas les laisser partir avec leurs armes. Elle écoutait William lui expliquer son plan, mais elle se disait qu’il valait mieux qu’elle ne prenne pas son flingue, sinon elle serait tout à fait capable de lui tirer dessus par inadvertance et ça serait vraiment stupide. Oui, oui, même s’il se trouvait derrière, elle savait bien qu’elle en était capable. Au fond, c’était une chance qu’elle sache manier les couteaux, sinon elle se serait retrouvée sans défense et ce n’est jamais bon en temps d’apocalypse. Donc, autant être franche dès le départ, et ne pas vouloir jouer les Calamity Jane.

    « Je le regrette bien, mais non, je ne sais pas encore bien me servir d’une arme à feu. C’est prévu mais bon… »


Puis elle eut une idée et Devlin fouilla quelques secondes à l’intérieur de son sac à dos. Maquillage, soins, baies en tout genre, briquet, il y avait de tout là-dedans, ce qui ne rendait pas la chose facile, mais elle finit tout de même par mettre la main sur ce qu’elle cherchait. Et attrapa le briquet au passage, parce que l’un n’allait bien sûr pas sans l’autre. Ensuite, elle les montra fièrement au prêtre.

    « Par contre j’ai ça ! »


Une bombe insecticide. Et le briquet, par conséquent. Il fallait le voir pour le croire, mais ces deux trucs combinés faisaient carrément des ravages, se transformant en mini-lance-flammes très utile.

    « Je propose que je passe devant, histoire de ne pas te cramer les sourcils par mégarde. J’imagine que tu y tiens, tout le monde devrait tenir à ses sourcils, c’est crucial. Puis ensuite, quand la bombe sera vide, tu prendras le relais avec ton flingue, jusqu’à la voiture. »


Comme souvent avec Devlin, c’était un plan improvisé mais ce n’était pas pour ça qu’il était forcément foireux. Puis ce n’était pas comme s’ils en avaient des dizaines non plus, et tant qu’elle n’y était pas obligée, la jeune femme refusait de rester derrière, totalement inutile. Elle attendit néanmoins l’accord de William pour se lancer dans la mêlée, prête à tout faire flamber. A l’exception des réservoirs d’essence, évidemment. Tiens, ça pourrait éventuellement poser problème, ça, maintenant qu’elle y pensait. Mais trop tard, elle était lancée.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Lun 28 Avr - 16:23

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La réponse ne tarda pas à tomber et elle fut claire et sans détour : Devlin ne savait pas se servir d’une arme. Au moins elle était honnête et c’était préférable car mieux valait éviter un accident. Nous courrions assez de risques comme ça, il était inutile d’en rajouter. A l’instant où elle m’annonça qu’elle ne savait pas se servir d’une arme à feu, je me préparai à enjamber la barrière de sécurité puisque le plan était clair : je voulais qu’elle soit derrière moi, je voulais la protéger. Sauf qu’au moment où j’allais le faire, Devlin se mit à farfouiller dans son sac et je la regardai faire, ne comprenant pas ce qu’elle pouvait bien se mettre à chercher qui ne pouvait pas attendre : nous devions nous presser pour aller jusqu’à la voiture avant que le nombre de rôdeurs n’augmente encore. Au bout de quelques instants, Devlin sortit une… Bombe insecticide et un briquet ? Elle avait vraiment pensé à ce que je croyais qu’elle avait pensé ? Eh bien oui car elle ne tarda pas à me présenter son plan : elle voulait utiliser la bombe comme une sorte de lance-flammes pour brûler les rôdeurs et ainsi dégager au maximum le passage. L’idée était brillante, absolument brillante et je ne pensais pas cela juste parce que j’avais moi-même un jour agi de manière similaire. A la différence de Devlin, j’avais usé d’une pompe à essence qui à ce moment-là était encore pleine et j’avais tiré une balle à la base de la pompe et du coup, la dite pompe à essence s’était transformée en lance-flammes. Cela s’était effectivement avéré efficace et je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire, intérieurement ravi que l’on puisse avoir le même genre d’idées Devlin et moi.

Malheureusement, le plan de Devlin comportait un point qui me déplaisait fortement : elle devait passer la première. Je perdis mon sourire, n’aimant pas du tout l’idée de devoir m’avancer derrière elle-même si elle allait avoir une sacrée protection avec son lance-flammes improvisé. Je ne tenais pas à mes sourcils au point de la laisser courir le moindre risque mais je devais bien admettre qu’elle avait raison et qu’il valait mieux agir ainsi : elle allait nettoyer le passage au maximum et j’allais prendre la relève ensuite pour éliminer les rôdeurs restants jusqu’à ce que nous soyons en sécurité dans la voiture. Je finis donc par hocher la tête, acceptant ainsi le plan proposé par Devlin.

« Ne sois pas trop… »

Elle enjamba la barrière de sécurité avant que je n’ai le temps de terminer ma phrase pour la mettre en garde contre les actes un peu trop courageux et téméraires. J’enjambai à mon tour la barrière de sécurité et me faufilait à la suite de Devlin au milieu des voitures. Il ne fallut pas longtemps aux rôdeurs pour nous repérer et s’avancer vers nous, sans aucun doute ravis que leur dîner potentiel se jette entre leurs mâchoires. Les rôdeurs approchaient et Devlin n’avait toujours mis son plan à exécution. Je levai mon arme, visai, attendant cependant pour tirer.

« Devlin ? » demandai-je en jetant un bref coup d’œil à ma compagne de route du jour et vis que le briquet semblait capricieux. « Si ça doit fonctionner c’est maintenant ! » ajoutai-je, mon arme se pointant vers le rôdeur le plus proche. Oui, si ça devait fonctionner, ça devait fonctionner là, tout de suite, et pas dans cinq minutes.



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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Mer 30 Avr - 19:32

Pour pouvoir se permettre d’envisager ce genre de plans, il fallait une once de courage, il est vrai, mais aussi – et surtout – un grain de folie. Pour ce qui était du courage, Devlin n’était pas sûre d’en avoir à revendre, honnêtement ça s’apparentait plus à de l’inconscience. Par contre, le grain de folie elle l’avait, c’était sûr et certain. C’est bien la raison pour laquelle elle n’attendit pas une seconde de plus avant d’enjamber la barrière de sécurité, bombe insecticide et briquet en main, toute prête à faire griller du walker. C’était idiot cela dit, parce qu’elle ne saurait jamais ce qu’elle ne devait pas être trop. Pourtant, elle savait à présent que, quand il n’était pas complètement halluciné, William disait des trucs pleins de bon sens. Enfin bref, elle foulait l’asphalte, et maintenant qu’ils étaient dans leur champ de vision, les zombies ne pouvaient pas faire autrement que de se tourner dans leur direction. Pas tous en même temps, ce qui ne donnait pas l’impression de se retrouver plongé dans le Village des Damnés version morts vivants mais ça ressemblait quand même pas mal à Thriller de Michael Jackson, là. A tel point qu’elle avait envie de faire volte-face et de s’enfuir en courant.

Mais non, elle ne pouvait pas faire ça, son futur mariage en dépendait ! Galvanisée par cette idée, la rouquine ne ralentit pas et tenta de faire marcher le briquet. Un briquet récalcitrant, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’elle essaya une fois, deux fois, trois fois. Sans succès. Derrière elle, le prêtre commençait à s’impatienter. Et elle donc, elle voyait les walkers se rapprocher de plus en plus et c’était peut-être juste dans sa tête, mais elle avait l’impression qu’ils se déplaçaient au ralenti. On aurait pu croire qu’elle en aurait été contente, mais pas du tout, ça la terrifiait, en réalité. Cette fois encore, Devlin dut serrer les dents pour ne pas faire demi-tour. Ca ne lui ressemblait tellement pas, et elle avait une réputation à entretenir ! Ceci dit, c’était quand même beaucoup plus facile de foncer dans le tas quand on faisait face à une bande d’humains. Ou même à deux ou trois zombies qu’il était facile d’anéantir.

    « Ca va fonctionner, ça va fonctionner, ça va fonctionner ! »


La jeune femme répétait inlassablement ces quelques mots comme un mantra. On pouvait même pousser la comparaison plus loin : comme si elle appelait Beetlejuice. Et il fallait bien admettre une chose, c’est que Beetlejuice venait toujours lorsqu’on prenait la peine de l’appeler trois fois. Donc, il ne pouvait pas en être autrement pour ce briquet non plus, et il allait marcher. Oui ! Ah d’ailleurs, elle venait tout juste de voir une petite étincelle, en faisant une nouvelle tentative. Et c’est bien connu, là où il y a une étincelle, il y a de l’espoir. Soit, nouvel essai, parce que les morts vivants étaient pratiquement sur eux, à présent, et voilà, ah ! Devlin aurait bien pris deux secondes pour s’émerveiller devant la flamme qui venait de jaillir du petit objet mais elle n’en avait pas le temps. Sans plus attendre, la rouquine appuya donc sur le petit machin, ce qui pulvérisa de l’insecticide sur la flamme qui, à son tour, sauta à la gorge des walkers.

Au départ, une délicieuse odeur de barbecue en résulta mais ça ne dura pas longtemps, ça sentit très rapidement la chair en putréfaction carbonisée et, on peut le dire, c’est tout de suite moins alléchant, comme odeur. Devlin avait encore en mémoire l’odeur que dégageait la chair brûlée, mais une putréfiée brûlée, ce n’était même pas comparable. Enfin bref, le chemin se dégageait petit à petit et, bien qu’ils n’aient pas de cerveaux, les zombies qui se trouvaient dans le coin avaient bien compris qu’il ne valait mieux pas s’approcher trop près de la grande flamme orangée qui réduisait leurs congénères à l’état de charbon géant. Qu’à cela ne tienne, s’ils ne venaient pas à la flamme, c’est la flamme qui irait à eux. Ca ou une des balles de William, peu importait.

Le fait est que sa bombe n’était pas bien grosse, et qu’à force de maintenir son doigt enfoncé sur le pulvérisateur, elle fut bien vite vide. Bien, c’était le bon moment pour passer le relai au gentil prêtre marieur. Devlin se tourna vers lui, lui fit comprendre d’un haussement d’épaule qu’elle ne pouvait plus rien faire, même s’ils n’avaient pas vraiment beaucoup avancé et se glissa vite fait derrière lui. A son tour de leur faire voir de quel bois il se chauffait !

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Ven 2 Mai - 19:06





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Telle une prière, une supplique, Devlin répéta à plusieurs reprises « ça va fonctionner » et il fallait espérer que sa détermination soit suffisante pour nous porter assez chance car les rôdeurs se rapprochaient dangereusement de nous. Mon arme à feu toujours en l’air, prête à être utilisée, je laissai échapper une petite exclamation quand, enfin, la flamme apparût à l’extrémité du briquet et que le lance-flammes entra en action. J’abaissai à peine mon arme à feu, préférant bien rester sur mes gardes et rapidement, nous pûmes commencer à nous tracer un chemin au milieu de rôdeurs qui ressemblaient à présent à des torches mortes vivantes. L’odeur me brûla très rapidement les narines car si j’avais été habitué à des horreurs, cette odeur-là, en terme d’horreur et de dégoût s’entend, dépassait tout ce que j’avais peu jamais sentir jusque-là. Pour le coup, ma faim disparut très subitement : au moins une bonne chose de faite. Les autres rôdeurs s’éloignèrent et je les observai du coin de l’œil, craignant qu’ils n’essayent de contourner le lance-flammes improvisé mais à la place, ils reculèrent ce qui était plutôt bon pour nous. Malheureusement, la bombe insecticide de Devlin termina par s’épuiser et ça allait donc être à mon tour de dégager le passage. Devlin se retourna vers moi et me jeta un bref regard avant de venir se placer derrière moi.

Il était temps d’en finir et j’allais devoir être rapide et précis si je voulais nous permettre d’arriver à la voiture en un seul morceau.

Les premières balles allèrent se loger dans le crâne des rôdeurs qui se trouvaient au plus loin de nous mais donc au plus près de la voiture. Je dus m’y reprendre à deux fois pour en abattre un qui semblait avoir envie d’éviter les balles. Ainsi, nous pûmes nous avancer prudemment mais c’était sans compter sur les rôdeurs en flammes qui traînaient toujours autour de nous. Même s’ils étaient gênés et ne nous voyaient plus aussi bien, puisqu’ils ne ressentaient rien, les flammes ne pouvaient pas les retenir très longtemps et finalement, lorsque nous n’étions plus qu’à quelques mètres de la voiture, nous nous retrouvâmes encerclés. Certes, nous avions encore une marge de manœuvre mais ça commençait vraiment à sentir le roussi, si vous me permettez l’expression. Il fallait prendre une décision et le principal était de mettre Devlin à l’abri.

« Fonce ! » lui dis-je tout en me retournant pour abattre encore un rôdeur qui traînait près de la portière du conducteur. Puis un second qui se trouvait à peine à deux/trois mètres de l’arrière de la voiture. « Maintenant ! » ajoutai-je avant de me détourner d’elle.

Je glissai ensuite mon arme dans son holster puisqu’elle était à présent vide et j’eus à peine le temps de me saisir de mon fusil qu’un rôdeur était déjà sur moi. J’envoyai un sévère coup de crosse dans sa tempe par trois fois ce qui eut le mérite de lui exploser le crâne et de le faire s’effondrer au sol ensuite. J’envoyai ensuite une balle se loger dans le crâne d’un rôdeur dont les flammes étaient en train de se faire moins grandes avant de continuer à me reculer vers la voiture. Quand j’entendis le moteur rugir derrière moi je soupirai de soulagement : au moins, j’étais sûr que Devlin était à l’abri, quoi qu’il puisse se passer ensuite. Un grognement derrière moi sur ma droite et je me retournai : ils étaient trois. Trois rôdeurs qui me séparaient de la portière côté passager. Je jetai un regard à Devlin et vit qu’elle avait les mains sur le volant, prête à partir mais elle semblait crispée, tendue : avec moi ça en faisait deux de tendus. Je reportai rapidement mon attention sur les rôdeurs qui étaient finalement arrivés à ma hauteur et je réfléchis l’espace d’une seconde : je pouvais utiliser le fusil mais cela allait me demander du temps que je n’avais pas car les autres s’agglutinaient déjà derrière moi : à défaut de les voir je les entendais. Je n’avais donc pas d’autre choix que de foncer tans le tas et ce fut ce que je fis. J’attrapai mon fusil à deux mains et me jetai sur le premier rôdeur à ma portée et frappai en dessous de son menton pour comprimer sa gorge à l’aide du canon de mon fusil tout en prenant bien appui sur mes jambes avec force en m’avançant pour ainsi le forcer à reculer, lui et ses acolytes. Ce petit stratagème fonctionna sur à peine deux mètres et je finis par envoyer valser sur le côté le premier rôdeur en utilisant de nouveau la crosse de mon fusil. Les grognements s’intensifièrent autour de moi et mon cœur commença à s’emballer : j’avais peur de ne pas y arriver. Fort heureusement, je n’étais pas seul et alors que je venais de me jeter sur le second rôdeur pour lui fracasser à lui aussi le crâne, j’entendis un bruit sourd et ce ne fut que quand le rôdeur dont je venais de m’occuper fut à terre que je me rendis compte que la portière passager avait été ouverte et avait donc envoyé le troisième rôdeur au sol. C’était maintenant ou jamais. J’enjambai le rôdeur et contournai la portière avant de me glisser à l’intérieur du véhicule et de refermer la portière.

« Merci. » soufflai-je hors d’haleine avant de me tourner vers Devlin. « Je serais d’avis à ce qu’on s’en aille très vite. » finis-je par dire, ayant véritablement envie de mettre les voiles.

Le repenti d’avoir envoyé tant de rôdeurs dans l’autre monde ne viendrait que plus tard cette fois. Beaucoup plus tard.



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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Sam 3 Mai - 17:35

Il fallait le vivre pour comprendre. Devlin avait l’impression de se retrouver plongée dans un James Bond – et elle les avait tous vus, donc elle savait bien de quoi il retournait. Elle suivait William comme son ombre, de peur de se faire choper par l’un de ces démons en flammes. Pas qu’elle ne soit pas capable de lui régler son compte pour de bon, d’une manière ou d’une autre, mais bon, ça n’en était pas moins impressionnant de voir ces morts-vivants continuer à vous poursuivre alors qu’ils étaient littéralement en train de fondre. Un peu comme si Satan leur avait assigné quelque mission et que s’ils ne parvenaient pas à la mener à bien, ils ne pourraient jamais rentrer en enfer. Condamnés à errer sur terre pour toujours. Mais la terre qu’ils connaissaient tous en ce moment avait déjà un petit goût d’enfer, non ? Effectivement, c’était une vision bien biblique de la chose, pour quelqu’un qui déclarait ne pas croire en Dieu et donc, son contraire, par la force des choses. Mais que voulez-vous, c’était la faute à tous ces films qui ne cessaient de vous rabâcher les oreilles à longueur de journée. Du moins, c’était le cas avant ce merdier.

La rouquine avait tout de même mis la main sur l’une de ses lames, on n’est jamais trop prudent, mais pour le moment, elle n’avait pas eu besoin de s’en servir, elle se contentait donc de regarder le prêtre les dégommer les uns après les autres et c’était drôlement impressionnant. Elle nota aussi au passage qu’il ne prenait pas le temps d’envoyer toutes ces pauvres âmes au ciel comme il l’avait fait un peu plus tôt dans les bois. Ils étaient trop nombreux, ça aurait été du suicide et ma foi, William n’avait pas l’air suicidaire, sinon elle l’aurait laissé crever quand il était réduit à l’état de larve il n’y avait pas de ça deux heures, pour le dire crument. Devlin n’hésita pas une seule seconde lorsqu’il lui ordonna de partir vers la voiture en premier. Et ce n’était pas un geste égoïste, non pas du tout, mais voyez-vous, une voiture c’est joli, c’est rapide, très utile et tout ce qu’on veut, mais c’est avant tout une arme de destruction massive. La jeune femme s’élança donc vers sa nouvelle acquisition, ne perdant pas un instant pour se glisser derrière le volant, insérer le clef dans le contact et faire démarrer le moteur.

Pendant ce temps-là, William était dans la merde, on ne pouvait pas le dire différemment. Encerclé de toute part et Devlin aurait bien voulu l’aider en écrabouillant quelques-uns de ces walkers comme on écrase un chien dans la rue, mais c’était difficile. La façon dont les autres voitures étaient placées tout autour de sa Corvette l’empêchait de se déplacer comme elle l’entendait. En revanche, il y avait bien quelque-chose qu’elle pouvait faire. Il lui suffisait juste d’attendre le moment opportun pour ça. Ce n’était en aucun cas un accident, non, elle avait ouvert la portière du côté passager pour faire tomber ce zombie comme une quille mais aussi pour que William n’ait plus qu’à sauter à l’intérieur de l’habitacle. C’est ce qu’il fit, et ce plan au moins fonctionna comme sur des roulettes. Aller très vite ? il n’y avait qu’à demander, haha ! La rouquine se fit un plaisir de montrer à William qu’elle assurait carrément au volant. Manœuvrer dans ce bordel n’était pas des plus simples, mais bizarrement, ça la détendait. Quoique ça n’avait rien de bizarre, en réalité, ça avait toujours eu cet effet sur la demoiselle, et elle était vraiment ravie de pouvoir vivre ça à nouveau.

Si bien qu’elle venait tout juste de décider que plus jamais elle ne serait simple piétonne. Et même si cette caisse venait à mourir à cause de trop grand nombre de kilomètres parcourus, d’un manque d’huile ou ce genre de trucs, elle serait bien contente de lui trouver une remplaçante. Elle parvint à les sortir de cet énorme embouteillage en deux temps trois mouvements et emprunta une route secondaire, comme si elle savait exactement où elle allait. Enfin, elle savait où elle allait, par contre, elle ne savait pas du tout comment y accéder. Et ça, elle redoutait un peu de le dire à William qui venait quand même de risquer sa vie pour exaucer son souhait le plus cher. Puis finalement, elle rassembla son courage.

    « Euh en fait, je sais pas du tout quel chemin je dois prendre pour aller là où on doit aller… »


Devlin serrait le volant de ses mains jusqu’à ce qu’ils croisent la seule autre voiture roulante qu’elle eut jamais vue dans le coin : celle de la bonne sœur un peu louche qui lui avait un jour proposé de la déposer au manoir. Enfin, elle et Anna. Peut-être qu’elle était une fan de l’actrice. Enfin bref, dévisageant William, assis sur le siège à côté du sien un moment, elle se rappela soudain que ce type était prêtre et que la nana dans l’autre voiture était une bonne sœur. Ca voulait donc dire qu’ils étaient de la même famille, non ?

    « Eh regarde, une copine à toi ! Je la croise souvent sur la route, elle sait peut-être comment on y va, elle ! »


Honnêtement, la seule raison pour laquelle elle ne lui avait jamais parlé, c’était parce qu’elle avait toujours cru que cette nonne était une véritable psychopathe sous ses airs de servante de Dieu. Puis elle n’était pas très bavarde non plus, accessoirement.

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MessageSujet: Re: Mushrooms & Cars [PV Devlin]   Lun 5 Mai - 17:53





Mushrooms & Cars


Très vite, Devlin démarra et nous nous mîmes donc en route pour… Eh bien, une destination qui m’était tout simplement inconnue puisque c’était la destination choisie par Devlin et non pas la mienne. Certains auraient pu me trouver complètement inconscient de prendre la route comme ça avec une jeune femme que je n’avais en tout et pour tout vue que deux fois, le première rencontre ayant été assez particulière puisqu’elle avait failli me coûter la vie, mais franchement, après tout ce que nous venions de traverser, je ne pouvais pas de ne pas lui faire confiance : ça aurait été tout bonnement stupide de ma part de me montrer méfiant. Donc, j’étais assis sur le siège passager et je me laissais porter sans me poser de questions, pour une fois. Cela faisait un moment que je n’étais pas monté en voiture si bien que je me surpris à observer le paysage et à apprécier cette balade qui n’en était pas vraiment une mais quand même. Ce n’était pas désagréable et c’était, dans un sens, plutôt reposant. Tellement reposant que je me laissai véritablement bercer par le défilé des paysages, sans trop penser à tous les rôdeurs que j’avais abattus ce qui était une première. Certes, quand leur bon souvenir allait s’imposer de nouveau à moi j’allais le sentir passer mais en attendant…. En attendant, je profitais de ce moment de répit, tout simplement.

Devlin resta silencieuse, concentrée sur la route et je fus plutôt agréablement surpris de voir qu’elle conduisait en réalité très bien, preuve que lorsqu’elle avait manqué de m’écraser ça n’avait bien été qu’un simple accident et rien d’autre. Ce fut Devlin qui brisa ce silence que j’avais commencé à apprécier car apaisant en m’annonçant qu’en fait, elle ne savait pas du tout quel chemin elle devait prendre pour aller là où on devait aller. Je tournai mon visage vers elle et l’observai, surpris : donc, là, on roulait à l’aveuglette. Non, pire, on perdait de l’essence. Pourquoi ne me l’avait-elle pas dit plus tôt ? Peut-être tout simplement parce qu’elle ne s’en était pas rendue compte mais bon, ça ne servait à rien de s’éterniser sur le pourquoi, mieux valait se focaliser sur la suite et la suite allait être simple : j’allais sortir ma carte de mon sac, j’allais demander à Devlin où elle nous emmenait et nous allions nous faire un petit itinéraire, voilà tout.

« Ce n’est pas grave. » répondis-je donc à Devlin en esquissant un geste pour aller ouvrir mon sac. « On va… »

Et hop, elle me coupa la parole pour me dire qu’il y avait une copine à moi. Pardon ? Je me redressai et suivis le regard de Devlin porté sur une voiture apparemment en état de marche.  J’observai la personne derrière le volant et fronçai les sourcils en apercevant une femme d’église, une sœur. Devlin m’expliqua qu’elle la croisait souvent sur la route et qu’elle savait peut-être comment on pouvait aller là où Devlin essayait de nous emmener. Je me crispai, méfiant et surtout soudain très nerveux. Pourtant, Devlin avait raison : d’après les apparences, nous partagions l’amour de Notre Seigneur, notre dévotion pour Lui. En apparences oui, mais dans la réalité...

« Je préférerais que l’on continue et que l’on se débrouille seuls. » dis-je soudain à Devlin, d’une voix plus sombre qu’à l’accoutumée. Je reportai finalement mon attention sur elle. « La dernière fois que j’ai croisé un « copain » à moi, » dis-je en mimant des guillemets au moment où je prononçai le mot copain, « je me suis finalement retrouvé face à un homme qui n’était pas du tout un prêtre mais qui se servait de l’habit comme une sorte de couverture au milieu de l’apocalypse. En gros, il essayait d’éviter les ennuis grâce à ça mais c’était clairement un homme auquel on ne pouvait pas faire confiance. J’ai bien failli y rester. » expliquai-je à Devlin, ayant encore aujourd’hui un souvenir très vif de ma rencontre avec ce John et cette Teo. Je soupirai. « J’ai une carte. » finis-je par dire en me repenchant vers mon sac et en sortant la dite carte. « Tu me dis où tu veux nous emmener et je nous fais l’itinéraire. J’ai un très bon sens de l’orientation. »

Et franchement, on ne pouvait vraiment pas se perdre. Au pire, nous mettrions un peu de temps pour nous rendre à notre destination mais ce n’était pas grave : mieux valait mettre plus de temps si cela pouvait nous permettre d’éviter des ennuis car, cette nonne, elle pouvait être tout à fait fréquentable comme l’inverse. Cela dit, ce n’était que mon point de vue en raison de cette expérience très refroidissante que j’avais vécue alors…

« Mais si tu tiens à aller la voir… » finis-je par dire à Devlin en haussant les épaules.

Si elle y tenait, on allait s’arrêter et demander notre chemin oui mais à ce moment-là, j’allais clairement avoir mon fusil en main prêt à être utilisé : on m’aurait une fois, pas deux.


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