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 It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]

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MessageSujet: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Jeu 6 Fév - 21:25

Le terrain de golf devait sûrement constituer le point culminant du pays. C'était à ça que pensait Ezio tandis que son regard glissait sur les micros collines et les mini vallées qui s'étalaient devant lui, toutes créées par l'homme évidemment, du temps où il restait encore des hommes dans le coin, et des riches, s'il vous plaît. Bizarrement, la nature n'avait pas tout à fait repris ses droits, ici. L'herbe avait certes poussé au point qu'on se serait cru dans un endroit tout aussi sauvage qu'ailleurs, mais elle était restée disciplinée et beaucoup moins haute qu'ailleurs. Pendant un moment, il s'était imaginé un walker venant tondre la pelouse sur son tracteur une fois par semaine. Mais ça venait probablement du fait que le terrain avait été synthétique, ou recouvert de divers produits chimiques pour le garder ras et vert et parfait pour le golf. En tout cas les trous avaient disparu depuis longtemps évidemment et ne restait que cet aspect vallonné, qui laissait parfois entrapercevoir la mer. Le vent soufflait doucement, tenant le brouillard en retrait, ce qui était plutôt agréable. Et il ne pleuvait pas. Autant dire que ce jour leur offrait ce qui se rapprochait le plus d'un samedi après-midi à Ibiza, version écossaise. A part ça, Ezio aimait bien l'endroit, qui laissait pas mal de vue dégagée et aussi plusieurs voies de fuite en cas d'attaque d'allez-savoir-quoi, et puis il en avait sa claque de errer sur la lande, à la merci de n'importe qui, sans compter que la chasse y était mauvaise et que ce foutu chien les hantait encore, il en était sûr, il entendait ses aboiements des fois la nuit depuis sa planque. Ici, tel un mini-village de hobbits, des lapins avaient creusé leurs terriers, de même que d'autres créatures qu'il n'aurait pas vraiment mangé avec plaisir avant.

Ezio reporta son attention sur Nessy, vautré à plat ventre dans l'herbe, un coude enfoncé dans la terre pour immobiliser son bras au bout duquel il tenait son glock, s'aidant de l'autre main parce que le flingue, s'il n'était pas très gros, l'était pour un gamin comme lui. A part ça, il avait fermé un oeil et tirait la langue, bref, on aurait dut une caricature. Finalement, ses anciens propriétaires lui avaient peut-être appris à monter, démonter et charger un revolver mais ils n'avaient pas eu le temps de lui apprendre à tirer, apparemment. Ezio s'accroupit à côté de lui et le laissa faire. Au bout d'un temps atrocement long, l'enfant pressa enfin la détente. Le coup de feu explosa dans l'air silencieux, résonnant aux quatre coins du pays, a priori. Mais bon, ils s'étaient enfoncés très loin dans le terrain de golfe et il n'y avait aucun walker en vue. Et oui c'était un gâchis de munition, surtout que Nessy, évidemment, manqua sa cible, une canette de coca vide posée sur une pierre à cinquante mètres de lui. Mais bon, il fallait bien qu'il apprenne à tirer alors ce n'était pas vraiment un gâchis en vérité. S'il apprenait à se défendre seul alors ces munitions auraient été bien dépensées. Nessy poussa un cri dépité en s'affala le visage en l'herbe en grognant. Ezio se marra, un peu, et récolta un regard noir en retour.

« Ben allez, recommence. C'est en faisant qu'on apprend. »

Un truc que lui disait tout le temps son propre père et même que ça lui faisait tout drôle de le répéter à son fils, désormais. Mais bon ça avait marché avec Ezio alors Ezio se disait que ça marcherait sûrement avec Nessy. Le gosse grogna et recommença tout son rituel. Ezio se tourna vers Devlin. Une fois, avant l'épidémie, avant leur divorce, ils s'étaient incrustés dans un de ces clubs de golf pour riches, sous de fausses identités, pour de fausses raisons. Ils s'étaient bien éclatés. Comment souvent du temps où ils étaient mariés.

« Il est tellement lent qu'il aura le temps de se faire bouffer dix fois avant de tirer, s'il continue comme ça. Tu voudras essayer ? »

Pas qu'il s'imaginait comme dans Ghost, à apprendre à sa femme à tirer au revolver de façon indécente, mais bon. Ça pouvait toujours servir. Elle maniait le couteau comme une pro et tant qu'elle pouvait s'en servir autant qu'elle s'en serve, mais un jour, peut-être, il y aurait un moment où savoir se servir d'un flingue lui sauverait la vie et autant que ce jour-là, justement, elle sache s'en servir. Il suffisait de peu des fois pour mourir ou survivre. Il s'étira et s'assit dans l'herbe à côté de Nessy, qui en était à vérifier le cran de sûreté auquel il n'avait pas touché mais on savait jamais, il s'imaginait peut-être que le truc se remettait tout seul.

« Comment ça s'est passé de ton côté ? Ta bande a pas trop râlé de voir débarquer un gosse ? Tu leur as dit... ? »

Bon peut-être qu'ils n'en avaient rien eu à faire et qu'ils n'avaient posé aucune question, aussi.
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Ven 7 Fév - 14:09

Pas de doute possible, ça avait dû être un bel endroit autrefois. Encore faut-il qu’on aime le golf, évidemment. Toute l’élite écossaise avait dû un jour fouler ces pelouses trop bien entretenues. Toute l’élite écossaise ou juste quelques retraités ne sachant pas quoi faire de tout leur argent. Des réunions du Rotary avaient dû s’y dérouler aussi et les voiturettes de golf avaient dû aller et venir entre toutes ces allées à longueur de journée, il fut un temps. Aujourd’hui ce n’était plus qu’un endroit laissé à l’abandon comme les autres à quelques exceptions près, c’était quand même toujours relativement propre comparé à tout ce qui se trouvait aux alentours. Et dire que Devlin ne profitait même pas du paysage. Ni même des exploits de leur fils, en réalité. Adossée contre le toit d’une voiturette retournée sur le flanc, tenant son menton à l’aide de sa main, elle somnolait. De toute façon, ce n’était pas la première fois qu’elle mettait les pieds dans un de ces clubs pour petits bourgeois incapables de bien se vêtir et elle devait bien admettre que les fois précédentes, c’était nettement plus amusant. La raison de cet état de fatigue n’était autre que Nessy. Ils n’avaient pas eu le temps de s’en rendre compte la fois où ils n’avaient dormi que quelques heures en sa compagnie mais ce gosse est somnambule et il s’était tellement baladé tout au long de la nuit qu’elle n’avait pas pu fermer l’œil, bien trop occupée à le surveiller avant qu’il ne commette une gaffe. C’est là qu’elle se rendait compte que, quoi qu’elle fasse, elle n’avait plus vingt ans et que passer pratiquement deux nuits blanches d’affilées, ça devenait difficile.

Elle se réveilla en sursaut au coup de feu, toute prête à bondir sur ses pieds et acclamer Nessy s’il avait bien visé. Ce n’était pas le cas et elle resta donc assise, bien que l’endroit qu’elle ait choisi soit un peu spongieux et fit tourner le club rouillé qu’elle avait ramassé un peu plus tôt entre ses doigts. Ca pouvait être utile. Oui, parce que c’était pour ça que toute la petite famille était là et pas pour améliorer leur swing. Parce qu’Ezio devait apprendre à leur fils comment bien visé. Ce n’était pas gagné mais ça viendrait avec le temps. Il ne pouvait pas en être autrement. Et quel meilleur endroit que l’ancien club de golf pour s’entraîner, hein ? Il leur fournissait même de temps à autre une cible capable de se mouvoir, qu’il s’agisse d’un lapin ou d’un zombie, bien que ceux-ci se tiennent à distance pour le moment.

    « Tu vas y arriver, Nessy, ne te décourage pas. »


Autant qu’elle serve à quelque chose, tant qu’à faire. Puis elle releva la tête vers Ezio en plissant les yeux, quelque peu éblouie par le soleil. Oui, du soleil. Parfois il arrivait à percer les nuages, même si c’était très rare. Oh il ne fallait pas s’en faire, pour l’instant il était lent et pour l’instant il risquait de se faire bouffer une dizaine de fois avant de pouvoir tirer mais ça ne durerait pas. Devlin l’espérait en tout cas, mais elle était confiante. Elle sourit mais s’abstint de toute réponse. De toute façon, Ezio devait bien savoir qu’il y parviendrait, il tenait de lui son intérêt prononcé pour les armes à feu, ce n’était qu’une question d’entraînement. Quant à elle…ça c’était une autre histoire. Ce n’était pas qu’elle voulait absolument apprendre, elle s’était toujours très bien débrouillée comme ça sans savoir, mais ça ne serait pas plus mal qu’elle essaye, ça rajouterait une corde à son arc. Ca pouvait même faire toute la différence. Puis elle voyait bien que son mari brûlait d’envie de lui apprendre. Alors qu’elle aurait mieux aimé qu’il lui apprenne à faire de la poterie, à jouer au tennis ou même au golf, tiens, c’était plus sexy. Mais il fallait se rendre à l’évidence, ça n’intéressait plus personne d’être sexy de nos jours, ou en tout cas, c’était relégué au second plan, après la survie. Même pour elle, alors qu’elle faisait des tas d’efforts pour ressembler à quelque chose, peu importe la situation. Bref.

    « Oui, si tu y tiens. »


La prochaine fois, elle tâcherait d’y mettre un peu plus de conviction. Mais eh, ce n’était quand même pas sa faute si elle n’avait pas hérité de la même passion pour les flingues qu’eux. Devlin se recroquevilla encore un peu plus sur elle-même et referma ses bras autour d’elle, essayant de se réchauffer. Il y avait du soleil, oui, mais ce n’était pas pour ça qu’il ne faisait pas froid. En soi, elle ne pouvait pas dire que l’intégration de Nessy aux KFL s’était mal passée. Elle était revenue au manoir avec lui, avait dit qu’elle l’avait trouvé tout seul dans la lande et qu’elle avait préféré le ramener et c’est tout. Bien sûr, il se demandait pourquoi elle ne l’avait pas abandonné à son sort parce que c’était ce qu’ils faisaient, eux, en mode chacun pour soi qui pouvait s’avérer très utile parfois. Mais personne n’avait rien eu à redire sur sa décision et comme il y avait quand même un autre gosse faisant partie de l’autre groupe, au manoir, leurs remarques auraient été malvenues. Elle bailla à s’en décrocher la mâchoire.

    « Non, je leur ai juste dit que je l’avais trouvé dehors mais sinon, oui, ça ne s’est pas trop mal passé. Les avis sont mitigés mais on ne m’a pas demandé de le jeter dehors, donc ils finiront bien par s’y faire. »


Et c’était un choix de ne pas leur dire que c’était son fils. Elle ne pouvait décemment pas partir un matin et revenir avec un gamin qu’elle leur présenterait comme son fils alors qu’elle n’en avait jamais parlé auparavant, ça entraînerait trop de questions auxquelles elle n’avait pas envie de répondre, ça ne leur regardait pas, après tout !

    « Ah il faut quand même que je te dise qu’il est somnambule et qu’il bouge beaucoup. Vraiment beaucoup. »


Mais non, ça ne l’avait pas traumatisée mais il fallait bien qu’il soit au courant, surtout s’ils décidaient pour de bon de mettre les voiles. D’ailleurs, il faudrait peut-être qu’ils en reparlent de tout ça parce que la bande de dingues à qui ils avaient volé Nessy ne les avaient peut-être pas poursuivis mais une chose était sûre : ils n’avaient certainement pas laissé tomber leurs plans, quels qu’ils soient.

    « En parlant de ça, on devrait pas commencer à préparer des trucs pour le voyage ? »


Oui bon, elle n’en avait pas vraiment parlé, juste pensé mais tout était lié de toute façon. Et la voiture les attendait toujours dans son garage. Celle-là, il valait mieux qu’ils la récupèrent avant que tout le monde ne décide de se barrer et ne tombent, comme par hasard, sur sa voiture. Elle gardait toujours les clefs sur elle mais ce n’était pas ça qui les arrêterait.
C’est à ce moment-là que Nessy finit par tirer et bien que la balle n’aille pas se loger dans la canette, elle le frôla quand même assez pour la faire tomber. Devlin applaudit exagérément, ils approchaient du but !

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Ven 7 Fév - 22:49

L'autre truc qui avait changé avec le débarquement de Nessy dans leur vie, c'est que maintenant, ils étaient trois, dont deux bonhommes. Le gosse étant un gosse il devait encore être en mode fils à maman et c'était aussi pour ça que c'était mieux que Devlin l'ait embarqué avec elle. C'était un genre de gros bébé de huit, ou un truc comme ça, selon Ezio, et il avait plus besoin d'une touche féminine, mais voilà, des fois, ils avaient ce truc avec les armes et faire exploser des zombies à cinquante mètres. Et là par exemple, Ezio avait l'impression de proposer une partie de GTA5 à son ex femme, après y avoir joué deux heures avec Nessy en mode guy love ou quelque chose comme ça. Et forcément, il ne pouvait pas s'en empêcher, ça le faisait marrer un tout petit peu. Pauvre Devlin. Cela dit il ne l'avait jamais vu faire un truc qu'elle n'avait pas envie de faire alors il savait qu'il n'allait pas insister avec cette histoire de tir sur canettes vides. C'était assez subtil des fois, même, une vraie résistance passive, même que des fois il oubliait ce qu'il lui avait demandé et elle s'en sortait comme ça. De toute beauté. Enfin bref, en attendant que le gosse se décide enfin à tirer, il s'était tourné vers elle, qui la regardait depuis sa voiturette telle une citadine se tenant les pieds dans la boue à la campagne. Il songea qu'elle détonnait pas mal dans ce pays humide et morne. On aurait dit qu'elle attendait un photographe de Vogue. C'était elle, son sa future ex femme canon qui réussissait à garder la même apparence qu'avant l'épidémie.

Apparemment, l'arrivée de Nessy n'avait causé aucun souci. Peut-être qu'Ezio se faisait des idées fausses sur ce groupe ou en tout cas, accordait trop de crédit aux rumeurs qui circulaient sur eux. Enfin bon, même les sociopathes avaient des côtés sympas, cela dit. Ou alors c'était une couverture, et c'était plutôt malin. Peut-être bien que Devlin vivait en fait dans une communauté de hippies pacifistes mais qui se faisaient passer pour des tueurs de sang froid pour faire fuir les gens. Enfin bref toujours est-il que ça s'était bien passé, et Ezio était tout prêt à le croire, il savait que s'il y avait eu le moindre souci, la moindre menace, Devlin le lui aurait dit et ils auraient cherché une autre solution. Qui n'existait probablement pas, mais bref, heureusement la question ne se posait pas. Les membres de son groupes n'avaient pas posé de questions, donc. Et Nessy ? Il n'avait pas l'air traumatisé par ce changement d'environnement et n'avait pas encore posé la question qu'il avait posé quasiment tous les jours jusque-là, à savoir quand est-ce que "les autres" les rejoignaient. Il y avait du mieux, dans quelques jours il les aurait peut-être oubliés, même. Ce serait vraiment cool, Ezio aimait que ses problèmes se résolvent tout seuls comme ça. Par contre apparemment, le gosse était somnambule. Oh. C'était pas vraiment un truc idéal en temps de zombies et autres dangers à tous les coins de couloir. Il se rapprocha d'elle et la prit par les épaules avant de lui frotter doucement les bras.

« C'est pour ça que t'as l'air si fatiguée ? Mh, on pourrait l'attacher à son lit la nuit, les services sociaux existent plus... huhu... Tu crois qu'il font qu'on joue à "de qui il tient ça" ? »

Ah, il valait mieux pas en fait. C'était un coup à découvrir ses propres défauts chez sa progéniture et c'était pas bon pour l'ego. Surtout qu'en fait ils se fatigueraient pour rien vu qu'ils n'avaient aucun défaut, voilà. Donc tous les ratés qu'ils trouveraient chez Nessy viendraient forcément de sales habitudes prises au contact de ses parents adoptifs. Il pouvait se permettre de les accuser, ils étaient morts et ne viendraient pas se plaindre. Il se retourna pour vérifier où en était Nessy : alléluia il visait et s'apprêtait donc à tirer. Dans cinq ou dix minutes. Il revint vers Devlin et hocha la tête à ses propos. Ah, oui, partir. Il avait eu le temps de réfléchir à ces photos qu'il avait vues dans la planque de cette bande de mégalos, et aussi à leurs plans incompréhensibles mais forcément pénibles. Parce qu'on ne mettait pas autant de moyens en œuvre, en restant aussi discrets ou depuis aussi longtemps, si on ne prévoyait pas un très gros coup. Et peu importait ce que c'était, Ezio savait juste qu'il n'avait pas envie d'être dans le coin quand ils se décideraient à agir. Une balle perdue était si vite arrivée - et peut-être pas si perdue que ça d'ailleurs vu qu'il y avait désormais un truc pas réglés entre eux et Devlin et lui. Trois fois rien, hein, un incendie et un vol d'enfant, mais bon s'ils étaient du genre rancunier...

« On devrait ouais. De mon côté ça sera vite fait, mais on peut pas partir au hasard malgré tout et le Nord, c'est vague comme destination. Et puis si possible, il y a certaines personnes que j'aimerais prévenir. »

Jouer les oiseaux de mauvais augures, c'était pas trop son genre, mais avant de se barrer, il aurait quand même bien voulu prévenir quelques connaissances qu'un truc se tramait dans le coin. Ils feraient bien ce qu'ils voudraient de cette info, Ezio s'en fichait et ne comptait pas monter une communauté façon Seigneur des anneaux. C'était juste histoire de régler ses dettes et de partir sans avoir à se retourner. En ce qui le concernait, il avait avec lui les deux seules personnes qui comptaient pour lui sur cette planète. Soudain un coup de feu retentit et Ezio se retourna de nouveau. Nessy le regardait avec une grimace indéfinissable sur le visage. La canette était tombée et Devlin le félicita avec une excitation inversement proportionnelle au désespoir du gamin et cette fois Ezio ne put s'empêcher d'exploser de son rire qui produisait à peu près autant de décibels que le flingue de Nessy. Tous les deux, ils étaient trop drôles. Il demanda au gosse combien de balles il lui restait, ce à quoi ledit gosse répondit à côté de la plaque.

« T'as pas compté comme je t'avais demandé de le faire, on dirait... »

Nessy lui renvoya un regard lourd et se détourna pour recommencer, armer, cran de sûreté, viser, tirer, tout ça en un quart d'heure au moins. Ezio tapota la tête molle sous on pied puis leva les yeux vers le ciel qui ohmondieu se dégageait par moment. Il allait faire une insolation si ça continuait.

« T'as des trucs à régler de ton côté ? Et maintenant qu'on est trois, il va peut-être falloir qu'on voyage léger. Heureusement que Nessy est plus un bébé sinon t'imagines, les couches, la poussette et tout... »

Puis en plus il aurait fallu les lui changer, ses couches, urgh.

« T'avais pas parlé d'une voiture ? Personne te l'a volée, tu l'as encore ? Le premier truc qu'on devrait faire c'est siphonner de l'essence dès qu'on en trouve s'il en reste, en prévision... »

Bam, un tir. Wow Nessy plus rapide que son ombre. Même s'il avait raté la deuxième canette qu'il visait. Peut-être bien qu'il serait nul toute sa vie en fait. Et qu'Ezio aurait dû se sentir comme un père découvrant que son fils sera toujours un toast au football américain mais par contre en danse classique...
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Sam 8 Fév - 16:07

L’attacher à son lit, c’était une idée à creuser. Il ne devait être les seuls à y avoir pensé, même du temps des services sociaux et même en aimant très fort ses gosses. Tout dépendait du degré de somnambulisme, selon Devlin. Il y avait les petits somnambules de rien du tout, qui ne faisaient que se balader dans les couloirs la nuit puis il y avait les autres, ceux du niveau au-dessus, ceux qui allaient chercher la hache dans la remise ou qui ouvraient la fenêtre du troisième étage pour aller jouer les funambules sur la corniche. Elle soupçonnait que Nessy soit plus de ce genre-là, même si pour l’instant, il s’était juste contenter d’aller faire un tour de temps à autre. Devlin gardait bien à l’esprit qu’il entendait des voix, lui. Mais de toute façon, pour se permettre de pouvoir l’y attacher, il fallait déjà qu’il ait un lit. Pour l’instant, elle n’osait pas trop le laisser tout seul, sauf pour aller faire sa toilette, alors il dormait dans sa chambre. Ca ne posait pas trop de problèmes étant donné qu’elle en avait choisi une avec un grand lit à baldaquin. Il faut dire qu’elle s’imaginait mal lui dire d’aller s’installer dans une des nombreuses chambres du manoir, si grandes et si mal isolées, sans qu’elle sache ce qu’il y faisait. Tant pis si elle le couvait déjà un peu trop, ce n’est que temporaire. C’est du moins ce qu’elle se disait.

Elle acquiesça vite fait avant de secouer la tête. Ah non, elle n’avait pas envie de savoir de qui il tenait quoi. Il y avait bien des choses qu’il ne pouvait tenir que d’elle et d’autres qu’il ne pouvait tenir que d’Ezio et ils n’avaient qu’à s’en tenir à ça. Pour le reste, ils pouvaient se faire leur propre opinion ou oui, tout remettre sur l’éducation de ses parents adoptifs, c’était tellement plus facile.
Et pour ce qui était de partir, si c’était vite fait du côté d’Ezio, alors ça serait vite fait du sien aussi. Elle avait d’abord songé prévenir les autres mais ça entraînait inévitablement des questions très chiantes et comme Devlin n’était pas trop rendre des comptes à qui que ce soit, elle leur avait juste dit qu’ils ne pouvaient quand même pas rester dans ce manoir jusqu’à la fin de leurs jours et qu’il serait peut-être temps de partir. L’idée s’était répandue et peut-être bien qu’ils partiraient tous ou peut-être pas. Quoi qu’il en soit, elle ne serait peut-être plus là pour le voir parce qu’eux, c’était sûr qu’ils ne traîneraient pas dans le coin encore longtemps. Puis c’était bien beau de vouloir à tout prix garder son indépendance et un avantage certain en restant avec les KFL mais depuis qu’ils avaient récupéré leur fils, elle voyait aussi que c’était une situation pour le moins bancale, loin d’être idéale.

    « Okay. Moi je te fais confiance parce que je connais absolument pas cette partie du pays. Déjà que je suis arrivée ici plus en me fiant à mon instinct qu’en regardant une carte… »


Parce que c’est comme ça qu’elle fonctionne, tout reposait sur son intuition. La preuve, elle n’a même pas de carte ni de boussole en fait. Ca serait même une bonne chose qu’elle en ait avant qu’ils ne partent, elle pourrait peut-être en piquer une au manoir, au cas où.
Elle tâcha rapidement d’imaginer qui étaient ces gens qu’Ezio voulait prévenir. Il est vrai qu’il avait dû croiser nombre de personnes avant de la retrouver et c’était bien normal qu’il veuille les prévenir qu’un potentiel danger imminent les menaçait. Oh ils avaient bien le temps, de toute façon. Enfin pas tant que ça mais il fallait quand même qu’ils préparent un minimum leur voyage d’abord, avant de se lancer dans l’inconnu.
Puis le gosse tira enfin et manqua sa cible de peu. Bon, pour lui c’était un drame mais pour elle, c’était déjà un net progrès. Ce qui fit rire son ex-mari, évidemment, et Devlin ne put s’empêcher de se dire que c’était un son qu’ils entendaient trop peu souvent depuis qu’on ne pouvait pas faire de bruit sans attirer un de ces bouffeurs de tripes. Pa railleurs c’était bizarre de n’en avoir pas encore vu depuis qu’ils étaient là, elle avait cru comprendre que c’était un de ces endroits où ils aimaient bien se réunir pour on ne sait quelle raison. Ca venait peut-être du fait qu’ils étaient assez loin pour ne pas voir le club. Puis quelle importance, c’était quand même nettement mieux sans eux dans les parages.

Alors Ezio souleva un point important auquel elle n’avait pas encore pensé jusque-là : il fallait voyager léger. Merde oui, ça voulait dire que tout ce qu’elle avait amassé depuis des mois pour se reconstituer un semblant de vie normale devait rester ici et rien que cette idée lui donnait envie de pleurer. Bien sûr, elle pouvait toujours recommencer ailleurs et elle se doutait bien que les boutiques de grands créateurs n’avaient pas été plus pillées ailleurs qu’ici mais quand même, c’était frustrant ! Oh mais elle pouvait quand même stocker quelques trucs dans le coffre de la Corvette, non ? Nessy avait bien ses jouets, lui ! Eh ben, heureusement qu’elle ne disait pas ça tout haut parce qu’elle aurait eu un peu honte.
Un frisson la parcourut à l’évocation de couches. Finalement, ils avaient bien fait de ne le récupérer que maintenant qu’il n’en avait plus besoin, c’est vrai.

    « Maintenant que tu le dis, je vais juste devoir faire le tri mais ça devrait aller. J’espère. Sinon oui, j’ai toujours la voiture, je ne sais pas par quel miracle mais elle est toujours là où je l’avais laissée et on peut aller la chercher quand on veut, même s’il faudrait qu’on ne tarde plus trop. Puis pour les réservoirs à siphonner, y a plein de voitures abandonnées pas très loin, c’est là que je l’ai trouvée. Ca devrait faire l’affaire. »


D’ailleurs, valait-il mieux qu’ils aillent la chercher de jour ou de nuit, cette bagnole ? Devlin n’arrivait même pas à s’expliquer elle-même comment elle était parvenue à la mettre au garage sans que personne ne s’en aperçoive. Ca fait quand même du bruit un moteur, surtout un comme celui-là. Puis c’était devenu un bruit tellement rare, ces deux dernières années. Depuis qu’elle avait perdu sa Range Rover, elle n’avait croisé qu’une seule autre voiture. Et c’était une bonne sœur muette qui était au volant. Véridique !
Bref, Nessy tira pour la troisième fois et, ô miracle, toucha la canette cette fois-ci. C’était à se demander si ce n’était pas juste un coup de chance. Mais même si c’était le cas, il avait l’air content de lui, cette fois, elle applaudit de nouveau et avec un peu plus d’enthousiasme, si c’était possible. Elle releva une fois de plus la tête vers Ezio.

    « C’est à mon tour ? »


Non, elle n’en avait toujours pas envie mais puisqu’il le fallait et qu’elle capable de se montrer raisonnable, parfois, autant que ça se fasse et vite.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Sam 8 Fév - 22:45

Quelque part, Ezio aurait bien voulu voir ça, Devlin s'occupant de Nessy dans cette maison de fous. En fait il aurait fallu qu'il soit comme Aonghas par exemple, à pouvoir les suivre partout - enfin, sauf que Devlin le verrait et que Nessy l'entendrait évidemment, donc non, en fait, c'était pas l'idéal. Mais bref, oui, il aurait bien voulu voir ça. Voir comment ils interagissaient entre eux, et ça le faisait rire intérieurement. Bon okay il se moquait un peu gentiment de son ex femme, mais c'était parce que lui non plus ne savait pas par quel côté prendre Nessy. Même s'il avait la chance que le gosse et lui se retrouvent sur le terrain des armes, mais il ne voulait pas que sa relation avec leur fils ne se réduise qu'à ça. Et il craignait un peu de s'enfermer là-dedans, de n'avoir plus que ça à lui offrir et que sans ça, ce ne serait que longs moments de gêne interminables. En attendant, il avait beau se gausser, Devlin s'en tirait bien apparemment. le gosse était en vie, entier, nourri, lavé, habillé et relativement content de son sort, et elle était seule responsable. Bon évidemment il faudrait peut-être s'occuper de cette histoire de somnambulisme, même si en fait il n'y avait pas grand-chose à faire, mais s'il était du genre à prendre la voiture et se barrer en dormant, ça n'allait pas le faire. Et puis qui savait quel rôle Aonghas jouait là-dedans, aussi ? Est-ce qu'ils avaient vécu dans leur ancien monde tous les deux, s'ils étaient restés ensemble, s'ils avaient gardé Nessy, s'ils avaient eu huit ans pour devenir de vrais parents ou tout du moins ce qui s'en rapproche le plus, ils auraient emmené le gosse chez un médecin ou un psy ? Bon, il serait toujours temps de voir comment les choses se passaient plus tard. Même si la situation n'en était du coup que plus compliquée pour Devlin.

Et donc, les voilà qui après huit ans se remettaient à faire des projets d'envergure, à savoir, partir. Partir était un bien grand mot, ça signifiait qu'on allait d'un point A au point B et Ezio étant arrivé ici un peu au petit bonheur la chance, ça n'en faisait pas un vrai point A, et quant à savoir où ils allaient... La confiance de son ex femme l'honorait mais il n'était pas allé plus au nord lui non plus. Cela dit il ne comptait pas partir sans faire ses devoirs. Il allait aller dans la ville la plus proche et trouver des cartes, des bouquins s'il fallait, se renseigner sur tout, relief, paysages, réseau routier, démographie pré-zombies, etc. Ah pour ça c'est sûr qu'ils étaient différents tous les deux. Mais en l'occurrence ça tombait bien, il y avait toujours des moments où il se passait un truc que personne n'avait anticipé et alors c'était là qu'il fallait prendre des décisions à l'instinct et aussi, oui oui, à la chance. Et jusqu'à présent ils avaient eu pas mal de chance. On aurait pu penser qu'ils avaient épuisé leur stock mais en bon optimiste, Ezio se disait lui qu'il n'y avait aucune raison pour que ça ne continue pas.

Il se demanda quand même bien ce qu'elle possédait pour devoir "faire le tri". Il l'imaginait dans un intérieur hors du temps, façon Matrice, comme si en se réveillant le matin dans sa chambre elle pouvait imaginer pendant deux secondes que l'apocalypse n'avait jamais eu lieu. Des grosses armoires remplies de belles fringues. Une énorme coiffeuse et des tonnes de produits de beauté. Un dressing rempli de chaussures. Un peu comme chez eux avant, quoi. Il hochait la tête en écoutant ses explications, notant mentalement tout ce qu'elle disait, aller cherche la voiture, siphonner les réservoirs. Une voiture, ça voulait dire prendre les routes et non plus couper à travers champs, ça aussi il allait falloir le prendre en considération. Raison de plus pour mettre la main sur une carte IGN. Il avait même peut-être déjà ça chez lui. Il n'avait jamais eu l'intention de rester dans le coin, après tout, puisqu'il cherchait Devlin, et il était resté justement parce qu'il l'avait trouvée. Et puis une voiture, ça faisait du bruit. Il savait bidouiller un moteur, mais comme toute personne ayant l'habitude de voyager, pas comme un pro, donc pas moyen de trifouiller le moteur pour qu'il soit plus discret. Enfin on savait jamais, elle avait peut-être mis la main sur une trois portes essences à 6 chevaux totalement silencieuse. Ou même une voiture électrique. Mais connaissant les goûts de son ex femme, il en doutait sérieusement.

Nessy tira encore une fois et fit sauter la canette de son promontoire. Comme Devlin, Ezio applaudit, donnant son assentiment silencieux à leur fils, qui les regardait tous les deux tour à tour comme si c'était exactement ce qu'il attendait d'eux. Eh ben... Peut-être bien que Nessy aussi commençait à s'attacher à eux. Ce qui lui fit une impression bizarre parce que contrairement à eux, il n'avait pas de bonne raison de les aimer, lui. Ils n'étaient rien, pour lui, enfin pas grand-chose. Ezio se tourna vers Devlin, qui s'était résignée à tenter sa chance, avec l'air de devoir monter sur la potence. Il dissimula un sourire.

« Hey Nessy, laisse essayer ta m... Devlin. »

Le gosse haussa les épaules et tendit le Glock à sa mère, donc, et Ezio la gratifia d'un sourire figé. Un jour, il allait l'apprendre exactement de la pire façon qui soit et ils regretteraient bien d'avoir tardé à lui expliquer. Il lui montra la base, comment charger le flingue, l'armer, où était la sécurité, puis la laissa viser, debout évidemment parce qu'il n'était pas question qu'elle se vautre dans l'herbe humide, elle, et de toute façon en cas d'attaque de zombies, personne ne serait assez con pour s'allonger par terre pour assurer son tir, enfin il espérait, il faudrait qu'il en parle sérieusement à Nessy. Peut-être que le gosse était très sérieux, lui. Ezio entoura Devlin d'un bras et posa sa main sur la sienne.

« Tu peux viser d'un œil si tu le sens mieux comme ça mais c'est pas une obligation. De toute façon en cas d'urgence t'auras pas vraiment le temps de viser, il faut surtout que tu sentes comment le flingue tir, s'il part sur un côté ou pas, s'il a beaucoup de recul ou pas, tout ce qui pourrait vraiment faire foirer le coup. Parce que sinon, c'est pas difficile de tirer sur quelqu'un de la taille d'un homme. »

Même si évidemment, dans le cas précis des zombies, il fallait quand même leur tirer dans la tête, sinon ça ne servait pas à grand-chose. Mais bon, ça venait avec la pratique, il n'y avait pas de secret, de sorte qu'au bout d'un compte tout était familier, la prise en main, le recul, la fréquence de tir, et qu'on savait exactement où la balle allait atterrir. Ce qui expliquait aussi qu'Ezio gardait les mêmes armes le plus longtemps possible, et pas parce qu'il y était attaché émotionnellement ou un truc comme ça.

« Tu le tiens mal ! » s'exclama Nessy, en bon premier de la classe.

Wow, heureusement qu'il n'avait pas eu le temps d'aller au collège et au lycée, celui-là, il en aurait bavé. Ezio lui fit signe de se taire et recula pour laisser Devlin tirer, s'accroupissant au niveau du gosse.

« C'est pas parce qu'elle le tient pas comme toi qu'elle le tient mal. T'es pas d'accord ? »

Il était d'accord. Great.

« Tu sais qu'elle a une voiture ? On va aller la récupérer après ça. Je suis sûr que tu sais pas conduire. »

Bon okay c'était un peu facile, pour le coup. Il lui tapota le bras pour lui montrer qu'il plaisantait et Devlin tira à ce moment-là. Bon de toute façon elle ne pouvait pas faire pire que leur gamin, elle pouvait juste être à son niveau.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Dim 9 Fév - 16:27

La sensation de l’arme contre sa paume était particulière mais pas désagréable non plus. De toute façon, Devlin n’avait jamais fait partie de ces femmes qui ne veulent absolument pas que leur homme ait une arme à la maison parce qu’on ne sait jamais, un accident est si vite arrivé et autres bonnes raisons de ce genre. Déjà, elle aurait des difficultés à être comme ça avec Ezio qui avait, pour ainsi dire, grandit avec un flingue entre les mains et qui n’aurait certainement rien voulu entendre. C’est juste qu’elle n’avait pas d’affinités avec ces trucs et puis voilà. Mais puisqu’il fallait bien, il fallait bien. Bref, étant une vraie novice en la matière, elle tâcha de se remémorer tout ce qu’elle avait appris à ce sujet en regardant la télé. Il parait que, pour une question de précision, c’était mieux de tenir ce machin à deux mains, ce qu’elle fit, regrettant un peu de ne pas avoir le casque et les lunettes en plastique qu’on vous filait avant. Juste pour faire genre. Puis elle écarta un peu les pieds aussi, pour s’assurer une meilleure stabilité. Enfin, c’était bien beau de faire tout ça parce que pour le moment, elle avait le temps d’y penser, ce qui ne serait forcément pas le cas s’il fallait qu’elle tire en urgence mais bon.
Un petit rire s’échappa d’entre ses lèvres. D’abord parce qu’elle pensait qu’elle devait avoir l’air ridicule et aussi parce qu’elle s’était dit qu’elle serait bien restée dans cette position un moment, rien que pour sentir la main d’Ezio sur la sienne et que ça aussi, c’était vraiment idiot.

Ensuite elle écouta très attentivement les instructions. Elle comprit la première phrase sans problème, en gros c’était à elle de savoir si elle préférait viser avec un œil ou avec les deux. Mais ensuite, Ezio aurait tout aussi bien pu lui parler en chinois que ça n’aurait pas été très différent. Pourquoi, elle ne savait pas. Pourtant c’était clair, aussi clair que possible, mais c’est elle qui avait complètement décroché, un peu comme quand il lui avait montré comment armer, vérifier la sécurité, etc. Oui bon, elle n’avait qu’à tirer et après, elle verrait bien ce qui arriverait. Devlin réprima son envie de crier « pull ! », c’était l’endroit où ils se trouvaient qui faisait ça, et fut coupée dans son élan par un Nessy qui croyait tout savoir mieux que tout le monde et qui lui disait qu’elle s’y prenait. Eh ! Elle aurait pu le tenir d’une main et de profil façon Calamity Jane ou n’importe quelle pétasse – généralement blonde en talons aiguilles et décolleté plongeant – dans n’importe quelle série policière qu’elle l’aurait encore bien tenu, non mais.
Ce n’était pas une compétition mais si elle ne faisait pas mieux que le gosse, elle lui donnerait raison et ça, elle avait quand même un peu de mal à l’accepter, aussi se concentra-t-elle.

Premier test, elle ne ferma aucun de ses yeux et tira. Manquant sa cible évidemment parce que ça n’était qu’un test, justement. Soit ça venait du recul qui était quand même nettement moins prononcé qu’avec le fusil de l’autre fois, soit ça venait du fait qu’elle n’avait pas fermé un œil. Elle le savait bien pourtant que ça pouvait tout foirer, elle avait déjà eu le coup quand elle apprenait à jouer aux fléchettes.

    « Merde, je recommence. »


Et là elle se surprit elle-même en reproduisant les gestes de son ex-mari, un peu plus tôt, elle qui croyait ne pas avoir compris…puis au moins, elle était plus rapide que leur fils, elle ! Soit, elle perdit quelques secondes à viser avec plus de précision et elle fut moins déstabilisé par le recule puisqu’elle savait à quoi s’en tenir, cette fois-ci. Et là ça marcha, en plein dans le mille. Enfin, un examen plus approfondi leur aurait peut-être appris que la balle avait vaguement touché un coin arrondi de la canette mais elle s’en fichait bien. Ce qui comptait c’est qu’elle l’avait fait en deux coups et pas trois. C’était même super important, hors de question qu’elle renforce son image de faible femme aux yeux de Nessy. Là-dessus elle se retourna vers les deux garçons en attendant elle aussi les applaudissements. Quoi de plus normal. Puis elle rendit le flingue à Nessy avec l’air d’avoir envie de s’en débarrasser rapidement, ce qui était un peu le cas.

    « Tiens, tu pourras reprendre ton entraînement plus tard. »


Ben quoi, Devlin s’y était essayée, c’était une réussite – ou c’est ce qu’on dirait en tout cas – et puis voilà, pas besoin de s’y attarder pendant des heures, si elle avait pu le faire une fois, elle pourrait le refaire. D’autant qu’elle les avait entendu parler de la voiture et qu’il était grand temps d’aller la chercher. Elle avait hâte de voir leur tête quand ils verraient cette super voiture de sport jaune flamboyant. C’est vrai que niveau discrétion, ils repasseraient avec ça mais elle écraserait des tas de zombies avec efficacité, il fallait voir le bon côté des choses. En revanche, elle n’avait pas vraiment fait attention à s’il y avait assez de place pour leur fils sur la banquette arrière. Oh mais oui sûrement, s’il se tassait un peu.
Elle attrapa le club qu’elle avait laissé tomber un peu plus tôt, ça pouvait toujours être utile.

    « Tu crois qu’on peut la laisser derrière ta planque ? Ou alors on peut toujours essayer de trouver d’autres hangars, pas ceux qu’on a visités l’autre jour, ça peut le faire aussi. »


Devlin ou sa façon subtile de changer de sujet alors qu’ils avaient trouvé une brèche pour parler sérieusement avec leur fils, maintenant qu’il les connaissait un peu mieux et qu’il avait un peu plus l’habitude de traîner avec eux. Mais elle n’avait quand même pas l’impression que c’était le bon moment. Et la question c’était « est-ce qu’elle aurait jamais l’impression que c’était le bon moment ? » sans doute que non mais elle ne semblait pas être la seule dans ce cas-là, alors bon.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Lun 10 Fév - 20:24

Il ne voulait pas être pervers, mais Ezio trouvait Devlin vachement sexy, comme ça, les jambes solidement plantées au sol, les deux bras tendus, un flingue entre les mains. Bon il la trouvait sexy dans n’importe quelle situation mais cette situation-là en particulier était totalement inédite. Pour un peu il l’aurait déshabillée des yeux, aussi, histoire de pousser un peu plus loin la perversité, parce que bon, il n’était qu’un homme, un homme faible et très accro à son ex femme, aussi bizarre que soit cette formulation évidemment. Certes les zombies n’en auraient rien à faire qu’elle soit canon comme ça, donc cette pensée était un peu déplacée - très déplacée, en fait, dans tous les sens du terme. Surtout avec un gosse juste à côté, et le leur, d’ailleurs, qui plus est. Si Nessy n’avait pas été là, peut-être bien qu’Ezio aurait sauté sur la jeune femme. Pour faire quoi ? à suivre. Bref, la question ne se posait pas et ils attendirent que Devlin appuie sur la détente. La canette ne trembla pas et Nessy parut rassuré. Ce petit macho de huit ans devait se dire que ça aurait été la honte de faire moins bien qu’une femme, peut-être ? Déjà qu’il la pensait incapable de se battre et de le défendre... Ezio encourageait mentalement son ex femme, lui. Ça aurait pu être un de ces moments pénibles où il se serait retrouvé à devoir choisir entre femme et enfant mais en fait, oui, il avait choisi, sans hésiter et sans culpabilité aucune : team Devlin ftw. Ca le faisait marrer de voir Nessy se faire clouer le bec, et puis ça l’aiderait aussi à avoir confiance en Devlin et surtout, ça lui donnerait un objectif à dépasser, une bonne motivation pour continuer à s’entraîner. Il regarda donc Devlin recharger le flingue avec des gestes précis et tirer à nouveau. Ah c’est sûr qu’elle ne prenait pas le temps d’admirer le paysage, elle. Et bim, la canette sauta dans les airs. En plein dans le mille. Le visage de Nessy s’allongea tandis qu’Ezio félicitait son ex femme. Un tir aussi précis, même à cinquante mètres, c’était franchement pas mal. Peut-être même qu’elle avait un don pour le tir sans le savoir. Même s’ils ne le sauraient effectivement jamais. Elle tendit le flingue à Nessy qui le prit d’un air choqué.

C’était mal de se moquer d’un gamin mais bon Nessy ne pouvait pas le savoir, et ce qu’il ignorait ne pouvait pas lui faire de mal. Enfin, sauf ce petit détail sur le fait qu’ils étaient ses parents biologiques mais bon. Déjà ils auraient pu commencer par lui dire qu’il avait été adopté. Oui, juste ça, y aller par paliers, ça serait pas mal, non ? Quoiqu’en fait non, ça serait horrible d’attendre six mois avant de finir leur phrase du genre « … mais réjouis-toi, on est tes vrais parents ! ». Non, il allait falloir tout lui balancer dans la figure. Mais est-ce que les gens n’attendaient pas des années avant d’annoncer à leurs enfants qu’ils avaient été adoptés ? A huit ans, Nessy n’était qu’un enfant qui avait déjà beaucoup de choses à gérer dans ce monde de zombies et de flingues et peut-être que quand il aurait seize ou dix-sept ans, il serait plus à même d’encaisser la nouvelle. Ou même quand il aurait vingt ans ? Quarante ? Cinquante c’était un bon chiffre. Mais bon Ezio se mettait à sa place, plus longtemps ils attendraient pour lui dire la vérité et plus il aurait l’impression qu’ils s’étaient foutus de sa gueule. Et puis en plus, peut-être que Devlin et lui se faisaient des films, peut-être qu’il accepterait très bien la nouvelle, peut-être même qu’il n’en aurait rien à faire. Il pensait avoir perdu ses parents, ses vrais parents, et il n’y avait aucune raison pour qu’il soit tout choqué et traumatisé d’en retrouver des nouveaux vu qu’il ne devait pas être tant que ça attaché à eux. Ou pas ? Roh, ça aurait été bien qu’au lieu de voir les esprits, Devlin puissent lire dans les pensées. Même si ses pensées à lui n’étaient pas très tout public quelques minutes plus tôt.

Bref, voiture. Il soupesa les propositions de son ex femme et songea qu’il aurait du mal à laisser cette voiture loin d’eux dans un hangar à disposition de tout le monde. Bien sûr, là, tout de suite, la voiture était loin d’eux, mais jusqu’à présent il n’était pas au courant de son existence. Maintenant qu’il l’était, il pensait beaucoup à elle et à ce que d’autres personnes pourraient lui faire si elles mettaient la main dessus.

« Derrière chez moi, ça me semble pas mal, non ? Personne ne vient jamais, sauf les deux ou trois dingues qui veulent la peau de Cecil. On se débrouillera pour la planquer avec des bâches. »

Il pensait aussi à la barbouiller de terre, de boue, ou même à gratter la peinture, mais il doutait d’être bien accueilli par Devlin avec ce genre de proposition. Il y avait des limites à ne pas franchir et il avait eu le temps de connaître ces limites et de prudemment éviter de s’en approcher. Il se tourna vers Nessy qui s’était de lui-même remis en position pour tirer. Les deux index sur la détente comme s’il s’agissait d’un pistolet à eau. C’était pas comme ça qu’il allait réussir, mais à sa décharge, il avait encore de trop petite main pour tirer avec une seule d’entre elle, surtout que le Glock était assez vieux et pas très sensible. Une bonne nouvelle soit dit en passant, ce serait plus dur pour lui de se tirer une balle dans le caisson sans faire exprès. Une fois qu’il eu tiré – et donc manqué sa cible –, il se releva et tendit le flingue à Ezio.

« Garde-le, c’est le tiens. Remets la sécurité, même si le chargeur est vide. Et à partir de maintenant, ouvre l’œil partout où on ira, et trouve-toi des munitions. »

Il interrogea Devlin du regard pour voir si elle était prête à y aller. Dommage que la voiturette était morte, il se serait bien vu dedans, avec elle à côté et le gosse à l’arrière, traversant fièrement la lande cheveux au vent – enfin pour Nessy et elle, pas pour lui. Et puisqu’il fallait bien qu’il pose la question parce qu’il fallait qu’il la pose parce qu’il le fallait, oui oui, il ajouta :

« Tu sauras retrouver l’endroit ? »

Et tiens, pourquoi pas ne pas balancer la vérité à Nessy quand ils seraient dans la voiture ? Comme ça ils n’auraient pas à le lui dire en face, juste en jetant de temps en temps des coups d’œil dans le rétro. Non ? Il trouvait ça pas mal, lui, dans le genre. Mais bref, le temps passait et un de ces quatre, le miracle allait cesser d’avoir lieu, les nuages engloutirait de nouveau le soleil pour un mois et il ferait nuit vingt heures par jour, alors autant se bouger.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Mar 11 Fév - 19:16


Avoir réussi à impressionner tout le monde lui suffisait amplement. Enfin surtout en ce qui concernait Nessy, évidemment. C’était toujours un bon point pour elle d’arriver à impressionner Ezio mais il la connaissait bien, lui, il savait ce qu’elle valait à peu près à tous les niveaux alors que le gamin pensait juste qu’elle ne savait rien faire. Ou peut-être qu’il pensait qu’elle savait bien faire la cuisine et qu’elle avait un véritable don pour le ménage, ce genre de choses. Devlin n’aurait pas dit que c’était tout le contraire, elle était très capable de faire décongeler une pizza et même de faire des pâtes, c’est juste qu’elle préférait faire n’importe quoi d’autre, voilà tout. Ce qui signifiait qu’elle devait être l’inverse d’Engarhad mais c’était bien pour ça qu’elle l’avait choisie…ou pas ! Sinon ça voudrait dire que c’était en partie de sa faute si leur fils était un petit macho. Bref, mieux valait qu’elle ne pense pas à ça, c’était la faute à ceux qui étaient morts et puis c’est tout. Puis ils avaient d’autres chats à fouetter, ils devaient récupérer la voiture. Voiture qu’ils pouvaient donc cacher derrière la maison où son ex-mari avait trouvé refuge le temps que tout soit prêt. Et pendant ce temps-là, Nessy était devenu l’heureux propriétaire de son Glock.

Avec des bâches, oui, de toute façon elle ne voyait pas pourquoi on leur piquerait la Corvette maintenant alors que ça devait bien faire des moins qu’elle traînait sur la route où elle l’avait récupérée sans que personne ne s’en soucie. Puis qui voudrait d’une voiture de sport en plus ? Les gens voulaient plutôt des 4x4, des Hummers même ou peut-être carrément de ces gros camping-cars que personne n’aurait pu éviter et dans lesquels on pouvait bien vivre. C’est peut-être ça qu’elle aurait dû choisir elle aussi. Mais non, jamais de la vie, ça consommait trop ces trucs et puis la sienne était nettement plus cool un point c’est tout.
Ah tiens en parlant d’endroit à retrouver, Devlin venait tout juste de se souvenir qu’elle n’avait pas spécifié que la voiture se trouvait sous le manoir, littéralement, elle était même restée assez évasive en disant juste qu’elle était au garage. Ce qui aurait pu être n’importe quel garage en fait…mais il était malin, elle était sûre qu’il avait déjà fait le rapprochement.


    « Ah oui au fait, j’ai un peu omis de te dire qu’elle se trouve actuellement sous le manoir. Mais on va passer sous la lande, personne ne nous verra. »


Peut-être bien qu’on l’aurait supprimée pour avoir révélé qu’il y avait des passages souterrains mais elle n’était même pas sûre que les autres les connaissaient alors bon. Puis s’ils étaient assez malins pour suivre son conseil, il n’y aurait bientôt plus personne dans cette baraque, ce ne serait donc pas si dramatique. Ah tout aurait été tellement plus simple si elle avait averti qu’elle avait retrouvé son ex-mari et son fils mais non, pour une raison stupide, elle préférait faire des mystères et ils étaient maintenant obligés de prendre mille et une précautions pour sortir la voiture de là.

Pour atteindre le manoir, il fallait entièrement sortir de l’ancien Fort William et de ses alentours, longer une partie de l’A82 bordant la forêt et puis enfin s’enfoncer sur un petit chemin en terre battue menant à l’entrée de la bâtisse. Ce qu’ils ne firent pas, c’était toujours un peu dangereux de s’aventurer jusque-là. On ne savait jamais que quelqu’un ait décidé de monter la garde pile à ce moment-là et s’amuse à leur tirer dessus juste parce que des gens potentiellement dangereux approchaient. Alors juste après avoir passé le portail dont les grilles pendaient de leurs gonds depuis bien longtemps, sûrement même avant l’épidémie. Elle fit bifurquer tout le monde un peu sur la droite et les fit passer par une porte toute rouillée qui grinçait comme ce n’était pas permis mais peu importait, à cette distance, personne ne pouvait les entendre. Après, il suffisait d’aller toujours tout droit étant donné que le chemin se résumait à un très long couloir menant à ce que Devlin appelait le garage et qui devait aussi très certainement faire office de cave. Ce qui était bien malin en revanche, c’est qu’il faisait super sombre et qu’elle n’avait pas songé à emporter de lampe-torche ou même de briquet avec elle, quand elle était partie.

Alors évidemment, Nessy chouinait et on se demandait bien pourquoi ! Il n’avait quand même pas peur du noir, si ? Ca serait le comble pour un gosse qui entend en permanence des voix en provenance d’outre-tombe. Et Devlin ne cessait de buter contre les murs et probablement contre Ezio à plusieurs reprises aussi. Toujours en s’excusant même si elle se doutait bien qu’elle ne devait pas lui causer beaucoup de dégâts. Et puis finalement l’air devint plus respirable et puis un peu de lumière passait à travers le soupirail. Ils étaient enfin arrivés.


    « Et voilà ! Le cœur de la maison comme dirait le comte Dracula. »


Haha oui bon, ça ne devait faire rire qu’elle et si ça se trouve, Nessy ne savait même pas qui était ce comte Dracula, ses parents adoptifs qui se traînaient des fantômes dans leur propre manoir était sans doute du genre à lui interdire de voir ou de lire quoi que ce soit qui soit un peu violent. Mais tant pis, ça la fit rire, elle. Elle se retourna vers son ex-mari.


    « J’en aurais bien profité pour te faire visiter ma chambre mais bon… »


Ils n’avaient pas que ça à faire, malheureusement. Même si plus ça allait et moins Devlin voyait comment et surtout quand ils pourraient être un peu plus intime et ça, ça la déprimait quand même un tout petit peu. Bref, elle leur montra son petit bijou, étant donné qu’ils étaient juste venus là pour ça.


    « Tadaaa, vous en pensez quoi ? »



    « Elle est jaune moche ! » répondit Nessy sans prendre de gants.


Ouais bon, c’était quoi le problème de ce gosse, tout ce qu’elle ferait ne serait jamais assez bien pour lui, c’est ça ? Elle fit la moue mais releva néanmoins les yeux vers Ezio. Peut-être bien qu’elle lui plairait à lui.
Et puis Devlin eut alors l’impression d’avoir l’idée du siècle ! Pourquoi ne pas se servir de Nessy pour faire diversion et sortir le véhicule de là en douce.


    « Eh Nessy, tu veux pas aller chercher des chewing-gums dans la cuisine, s’il te plait ? »


Elle avait vu quelqu’un les mettre en hauteur l’autre fois alors peut-être qu’il ferait assez de bruit pour que tout le monde ne se contente que sur ça pendant un temps.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Mer 12 Fév - 21:12

Une voiture, c'était une nouveauté pour Ezio, enfin pas dans sa vie évidemment, mais depuis le début de l'épidémie. Les tout premiers jours il avait bien circulé en voiture, mais les routes avaient rapidement été encombrées et puis c'était un temps où il y avait encore énormément de gens partout qui tentaient de fuir les villes et qui ne se différenciaient pas beaucoup des zombies en cela qu'ils se jetaient en masse sur toutes les voitures qui passaient. Il avait eu plusieurs fois affaire à ce genre de hordes terrifiées, comme s'il avait pu prendre en stop soixante personnes dans une seule jeep, sans parler des mères qui lui tendaient trois bébés par mains en le suppliant de les emmener - ouais, cool, et où, exactement ? Et puis du coup, plutôt que de choisir un élu et faire des jaloux, il avait abandonné l'idée de se déplacer en voiture. C'est qu'en plus, à l'époque, on se fait tuer pour pas grand-chose, et posséder un véhicule en état de marche était un vrai challenge. Mais voilà donc qu'ils allaient pouvoir rouler à nouveau, et ça changeait beaucoup de choses dans sa façon de voyager. Ils pouvaient se charger plus, mine de rien, du coup. Même si c'était une Porschette, ils pouvaient envisager de dormir dedans, ce qui signifiait qu'ils ne seraient plus dépendants d'un abri à trouver coûte que coûte avant la nuit. Encore qu'en fait il n'était pas sûr de pouvoir rentrer dans une Porschette, même en rentrant la tête dans les épaules. Et puis évidemment, c'était une arme de destruction massive de zombies si tant est qu'ils ne s'y mettaient pas à cinquante pour les encercler. Le désavantage principal étant que ça attirait l'attention, visuellement et au niveau du boucan, aussi. C'est que le monde était devenu vachement silencieux, depuis deux ans, alors un bruit de moteur, ça se repérait à plusieurs bornes. Et puis évidemment, il y aurait le problème de l'essence, mais enfin s'ils allaient vers le nord, ils pouvaient imaginer que l'endroit n'avait pas encore été visité et surfréquenté.

Sous le manoir, sous la lande. Pendant une seconde, Ezio essaya d'imaginer ce qu'elle voulait dire par là. Sous le manoir ? C'était quoi en fait, cet endroit, une Batcave ? Un truc gothique à l'écossaise ? Et ils pouvaient voyager sous la lande ? Ca c'était une info nouvelle pour lui. Il imaginait des kilomètres et des kilomètres de tunnels qu'il espérait rocheux, parce que si près de la mer, le sol devait être sacrément mou et humide et que lui, il était un homme du grand air, du Texas, des endroits où l'horizon étaient dégagé et où seul le ciel pesait sur sa tête et pas des tunnels claustrophobiques où il n'entrerait même pas une épaule. Et puis d'ailleurs, ça voulait dire que le groupe de Devlin utilisait ces voies de communication ? Comme des petites fourmis ou des tortues ninjas dans leurs égouts ? Oh non franchement il fallait qu'il mette un frein à son imagination, là. En tout cas ça aussi c'était une nouveauté et l'un dans l'autre il était assez impatient de voir ça. Il avait passé les deux dernières années à sérieusement se faire chier mais depuis qu'il avait retrouvé Devlin, sa vie lui réservait toujours des tas de surprises - du genre Nessy, pour ne citer que lui. Toujours est-il qu'il se retrouva pour une fois totalement dépendant de son ex femme et de son soon to be légendaire sens de l'orientation. Et en fait elle avait tout à fait l'air de savoir où elle allait, les guidant en dehors de Fort William, le long de routes et forêt, et même que Nessy la suivait d'un air tout à fait blasé. Ezio, pour sa part, attendait de voir de ses yeux ce que ça voulait dire, voyager sous la lande. Il était à deux doigts de s'imaginer une porte façon Moria, un passage secret dans la pierre ou même une bouche d'égout. En fait ils s'engagèrent sur un chemin visiblement privé, mais au lieu d'aller jusqu'à la maison, Devlin les fit passer par ce qui ressemblait fort à un chemin caché jusqu'à une salle sombre et humide effectivement en dessous du niveau du sol.

Du coup, le gosse commença à se plaindre, tout de suite c'était moins marrant pour lui. Bon, Ezio aurait râlé aussi si des morts qu'il ne pouvait pas voir lui avait susurré des menaces de mort dans les oreilles dans le noir complet, ce qui pouvait ou ne pouvait pas être en train d'arriver à Nessy, allez savoir. Oui, Ezio avait décidé de lui trouver des excuses parce que sinon il allait devenir un genre de père dur et exigent et Nessy deviendrait une danseuse étoile pour se venger. S'il voulait devenir une danseuse étoile, pas de problème, mais autant que ce soit de son plein gré et pas en réponse à une crise d'ado identitaire. Pendant ce temps, Devlin galérait un peu et rentrait dans tous les obstacles, lui compris, comme une boule de flipper qui roule. Mais au final, ils y arrivèrent. Restait à savoir où. Pour une Batcave, c'était pas très impressionnant, mais il savait bien que le plus impressionnant dans cette baraque, ce serait les gens qui la squattaient. Il était enfin rentré dans le lieu interdit et évidemment, ça le démangeait de partir en exploration, et aussi de rencontrer les gens qui avaient fait partie de la vie de Devlin et son quotidien ces derniers temps. Mais bon il se doutait qu'il serait mal accueilli. A la limite, oui, il se serait bien contenté d'une "visite" de la chambre de son ex femme - et particulièrement de son lit. Mais non, ils n'avaient pas le temps pour ça, surtout que si des gens les chopaient, et lui en particulier, la faute retomberait sur Devlin. C'était un peu comme s'ils étaient deux ados dans la maison des parents de la fille, à devoir se retenir de faire quoi que ce soit parce que le père rôdait dans le couloir. Et donc, focus. La voiture. Tadaaa, c'était exactement le mot qu'il fallait pour décrire la voiture de sport que leur présenta fièrement Devlin.

Nessy y alla de son commentaire grincheux, et en ce qui concernait Ezio, il s'était juste arrêté à "jaune". C'est à dire, super voyant. Il était partagé entre les ennuis qu'ils allaient forcément s'attirer en roulant là-dedans et l'envie de se la péter sur les routes d'une monde post-apocalyptique au volant de cette caisse digne d'un Fast and Furious. Il poussa Nessy vers le capot.

« On s'en fiche de sa couleur au final, elle risque de pas rester jaune vif très longtemps. »

Il jeta un coup d’œil désolé à Devlin en disant ça. Oui, ça faisait un peu mauvais augure mais bon, l’Écosse, sa boue, sa terre, sa pluie, ses zombies et sa végétation sauvage et luxuriante... Il doutait que la voiture ne se couvre pas rapidement de rayures, de chocs divers, sans parler de la couleur qui allait forcément en baver. Il était désolé pour Devlin et en même temps elle devait s'en douter. Et en fait, il était sûr qu'elle était capable de réussir à conserver la voiture dans cet état quasi neuf même après des semaines d'utilisation. Avec une sorte de magie qui lui était toute personnelle.

« Regarde le bas de caisse, Nessy. Il arrive pile aux genoux d'un homme de taille moyenne. Tu imagines comme on va pouvoir en faire voler, des zombies, avec cette voiture ? On va faire des carnages ! »

Peut-être qu'il s'excitait un peu trop à imaginer cette voiture comme une arme, alors que peut-être son ex femme la voyait comme un accessoire de luxe. Mais bon, hey, ils étaient ce qu'ils étaient tous les deux ! Et en fait s'ils devaient se disputer sur un sujet pour commencer, Ezio était sûr que ce serait pour un truc aussi superficiel que cette voiture. Ne serait-ce pour savoir qui allait conduire. Et aussi au premier "tu t'es perdu" ou "fallait tourner à droite" que l'un dirait à l'autre. En attendant, il fallait la sortir de là. Si Ezio avait tout suivi, la bande de Devlin elle-même ne savait pas que sa Batcave abritait ce bijou en son sein. Nessy fut donc envoyé chercher des chewing-gums et Ezio laissa Devlin mener les opérations vu qu'il n'avait aucune idée de comment sortir, lui.

« On se barre sans lui pendant qu'il fait diversion, on éloigne la voiture et tu retournes le chercher plus tard ? »

Franchement, ils auraient dû avoir honte. Mais en fait, non, ça allait. Ezio se plia en douze côté passager et commença à tout tripoter sur le tableau de bord. En ouvrant la boîte à gants, il trouva divers trucs inutiles, puisque la boîte à gants était l'équivalent du pot en terre cuite que les gens gardaient dans l'entrée de leur appartement et qu'elle servait à tout sauf à y ranger ses gants. Paquet de chewing-gums - hey, reviens Nessy ! -, compil sur CD, woaaaah ! Des bougies de rechange ce qui était une bonne nouvelle, et puis un paquet de clopes vide et un vieux magazine people. Il alluma la radio, qui ne lui renvoya que des crachottis, mais cela dit ils étaient dans une cave.

« T'as déjà essayé de capter quelque chose ? Ça serait drôle si des gens émettaient des messages depuis va savoir où... »

Hey, les ondes courtes couvraient sûrement l'Europe jusqu'en Italie, après tout.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Jeu 13 Fév - 15:05


Subitement, Devlin prenait conscience qu’Ezio disait vrai. Cette voiture, aussi jolie soit-elle n’allait pas le rester bien longtemps. Elle aurait dû y penser avant et prendre une vieille poubelle roulante à la place mais elle avait toujours eu envie d’avoir une voiture de sport et celle-là marchait très bien, alors…oh et puis au fond elle le savait bien, même qu’elle s’imaginait tout à fait écraser des walkers comme on écrase un chien dans une ruelle au volant de cet engin, alors forcément, elle devait bien se douter qu’elle ne resterait pas étincelante ni toute lisse. Mais quand même, elle était un peu déçue. Des carnages…ah c’est bon, elle essayerait quand même d’en prendre soin le plus longtemps possible. Pourquoi elle n'avait pas choisi Christine, hein ? Elle se serait réparée toute seule ! Bref, ce n’est que quand elle envoya Nessy chercher des chewing-gums et qu’il entendit son plan énoncé à voix haute qu’elle comprit qu’il comportait pas mal de failles. D’abord, elle aurait dû lui dire de faire attention à ce qu’on ne le voit pas sortir de la cave, ni y retourner parce que c’était évident que, bien éduqué comme il l’était, il redescendrait aussi sec rapporter lesdits chewing-gums et ainsi de suite. Puis oui, elle aurait peut-être dû en avoir honte, de ce plan, mais pas du tout, au contraire, elle trouvait toujours qu’il était excellent. C’était fou de se dire que, pour le moment, elle était plus attachée à cette voiture qu’à son propre fils, c’était plutôt de ça qu’elle avait honte. Oh ça viendrait avec le temps, c’est ce qu’elle ne cessait de se répéter pour se donner bonne conscience.


    « Ouais…oh j’irai le rechercher juste après. Lui et une partie de mes affaires. »


Au moins, elle n’avait pas l’intention de le laisser entre les mains de ces gens pendant trop longtemps. Et c’était pareil pour se affaires parce qu’elle connaissait des blondes qui seraient ravies de pouvoir mettre la main dessus et ça c’était juste hors de question. Heureusement qu’elle avait pris l’initiative de planquer quelques-unes de ses fringues dans le coffre à l’avance. Elle s’en félicitait, maintenant, même s’il s’agissait principalement de sous-vêtements. Ben oui, elle pouvait encore plus ou moins imaginer partager certains de ses autres vêtements avec les autres mais ça, non.
Soit, il était temps qu’elle se bouge, histoire que Nessy ne se soit pas sacrifié pour rien. La suite était assez simple, il suffisait d’ouvrir la grande et surtout lourde porte de garage et de foncer très, très vite sur la route en terre battue pour que, même si on les voyait, on ne les reconnaisse pas à l’intérieur. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, surtout pour la première partie, Devlin avait déjà eu un peu de mal à la faire entrer…et en fait, ça s’avéra nettement plus facile de l’intérieur, le seul petit problème c’est qu’elle resta suspendue à la poignée l’espace de quelques secondes, ce qui devait être drôle à voir, même que ça la fit rire.

Trêve de plaisanterie, elle se laissa tomber au sol et sauta littéralement à la place du conducteur, serrant le volant entre ses mains. Ca pouvait paraître stupide et peut-être même que ça l’était mais elle trouvait ce contact fort rassurant.


    « Hum non, je me disais que ça serait pas vraiment cool d’écouter zombie radio. Puis il y avait très peu de chance qu’ils passent du Chris Isaak alors je voyais pas l’intérêt. Mais tu peux la laisser, on verra bien si on capte un truc. »


En espérant que ce ne soit pas des aliens, qu’ils captent, parce que franchement, Devlin en avait sa claque de tous ces trucs paranormaux.
C’était le grand moment de vérité, elle démarra la voiture et enfonça la pédale d’accélérateur. C’était ça le gros avantage de cette apocalypse zombies, ils pourraient rouler comme ça partout sans qu’on leur demande de se ranger sur le bas-côté pour vérifier leurs papiers ou de mettre leur ceinture de sécurité ou ce genre de trucs qui étaient devenus totalement idiots de nos jours, puisqu’ils devaient d’être les seuls dans le coin à posséder un véhicule. Enfin, les seuls avec cette bonne sœur, mais elle devait déjà être loin à l’heure qu’il est.

Et donc direction la planque de son ex-mari. Devlin essaya de se diriger approximativement en suivant la route, ce qui n’était pas des plus faciles parce qu’elle ne passait jamais par-là quand elle y allait à pieds. Logique, ça lui aurait fait faire un trop long détour, mais elle se doutait qu’Ezio pourrait rectifier le tir si jamais elle s’éloignait trop du chemin. Oh et puis il fallait aussi qu’elle pense à ne pas passer par l’endroit où elle  avait trouvé cette voiture, la route était vraiment toute bouchée de ce côté-là. Et pour ce qui était de la radio, pas de musique malheureusement, en revanche après avoir changé de stations un bon nombre de fois, ils finirent par tomber sur des voix humaines. Oui, apparemment quelqu’un avait bien réussi à s’emparer des ondes, peut-être même que lui aussi avait un générateur et donc de l’électricité, tout ça pour juste réciter des chapitres de la bible. Pff n’importe quoi, Devlin voulut éteindre mais renonça, il y en avait peut-être d’autres comme lui qui avait des trucs intéressants à raconter. Même si elle ne voyait pas trop à quoi ça pouvait servir d’autre qu’à lancer des S.O.S auxquels ils ne pourraient pas répondre de toute façon.


    « J’y avais pas pensé mais c’est pas trop marécageux près de chez toi ? Enfin, on risque pas de s’embourber, tu crois ? »


C’est sûr que ça serait bien bête et puis dans le fond, on risquait très certainement de s’embourber n’importe où en Angleterre tellement cette terre était constamment gorgée d’eau.


    « Oh et puis on n’a pas pris de récipients pour siphonner les réservoirs des autres, tu sais où on peut en trouver ? »


Par contre, ils iraient peut-être rechercher Nessy avant de faire ça. Ou peut-être pas, c’était infesté de zombies là-bas. Mais d’un autre côté, ça lui ferait une bonne occasion de s’exercer au tir sur cible mouvante. Quoique c’était peut-être un peu prématuré aussi, il avait déjà un peu de mal sur cible fixe…

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Ven 14 Fév - 22:54

Bon, franchement, à bien y réfléchir, Ezio ne voyait pas vraiment d'inconvénient à se servir de Nessy comme d'une diversion. Il avait beau y penser et admettre en lui-même et de façon très objective que c'était pas très joli, il n'arrivait pas à se sentir coupable ou inquiet et même, c'était le meilleur plan possible vu que lui-même ne pouvait certainement pas débarquer dans le manoir et que Devlin ne pouvait pas aller occuper les gens là-bas parce qu'il n'y avait qu'elle qui savait comment sortir d'ici, à pieds ou en voiture. Donc, Nessy c'était. Et puis il était un peu chez lui ici. Personne ne trouverait sa présence louche et quand Nessy reviendrait ici et ne trouverait personne et pas non plus de voiture et croirait très probablement qu'il avait été abandonné, il ne serait pas non plus livré à lui-même, les autres gens ici s'occuperait de lui un minimum et lui dirait même sûrement que Devlin reviendrait bien à un moment ou à un autre vu que c'était ce qu'elle faisait, ce qu'ils faisaient tous, ici, ils allaient et venaient et ne se posaient pas de questions les uns aux autres. Donc, non, Ezio ne se sentait pas vraiment coupable. Et puis Devlin disait qu'elle retournerait le chercher avec quelques affaires alors tout allait bien - et il pourrait enfin voir de quoi il s'agissait, comme "affaires" auxquelles elle semblait tant tenir. En voiture, donc.

Ezio regarda son ex femme s'escrimer sur la porte du garage en se demandant s'il devait sortir pour aller l'aider. Enfin, il aurait dû aller l'aider, c'était totalement un job pour lui, mais c'était comme se lever dans le métro pour laisser sa place à une vieille, on passait plus de temps à s'imaginer le faire qu'à le faire et au final, après une petite cascade, Devlin réussit toute seule à ouvrir la porte et il la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle s'installe au volant mais sans faire de commentaires, au cas où. Même si c'était drôle. Ezio baissa le son de la radio histoire de ne pas se taper les crachotis en dolby surround, et juste comme ça, vroum, ils étaient partis. Et Devlin ne conduisait pas comme une petite vieille, c'était sûr. Voyager par la route plutôt que par les champs, ça changeait du quotidien, mais Ezio avait bien assez en tête ses cartes routières pour guider Devlin aux moments requis, et sinon il tripotait gentiment le bouton de la radio pour passer toute la bande fm jusqu'à tomber sur des voix d'outre-tombe parlant de bondieuseries. La gerbe ! Il se redressa pour regarder le paysage défiler.

« Non ça ira, il y a un chemin pour accéder à la maison, il est recouvert d'herbe mais dessous, c'est des caillasses, les anciens proprios avaient bien fait les choses. »

Bien sûr ça ne serait pas le cas de partout où ils iraient. Mais bon, hey ! Comme ils disaient, ils verraient plus tard. La voiture, Nessy, même combat.

« T'en fais pas pour ça, y a tout ce qu'il faut chez moi, des tuyaux et des jerricans. »

Ah, un bon petit siphonage à l'ancienne, le plaisir de fourrer un tuyau dégueulasse dans sa bouche et de s'offrir un bain de bouche à l'essence. Enfin bon, ça en valait la peine. En revanche ils avaient intérêt à faire de sacrées réserves. Ca vaudrait peut-être même le coup de remplir le coffre jusqu’à la gueule de jerricans. Et de toujours se garder une réserve à laquelle ils ne toucheraient pas, juste en cas d’urgence. En attendant, où est-ce qu’ils pouvaient aller chercher de l’essence dans les parages ? Les villages étaient pleins de voitures abandonnées mais il y avait de grandes chances que les gens soient déjà passés pour vider les réservoirs. Les voitures abandonnées aléatoirement dans la campagne avaient peut-être été épargnées, mais il fallait les chercher et les trouver. Aux alentours de Fort William c’était même pas la peine d’y penser. Peut-être plus au nord, au bord de la mer. Il y avait des petites villes balnéaires – enfin ce que les Ecossais considéraient comme balnéaires évidemment, ce qui voulait dire qu’il y avait sûrement des parkings. Ou alors, ils pouvaient retourner au terrain de golf, là aussi il y avait des voitures de luxe abandonnées, ou même des voiturettes de golf – quoique c’était électrique ces machins-là.

En attendant, ils étaient arrivés chez lui. Ezio indiqua la petit chemin de pierre qui partait de la route déjà pas terrible sur laquelle ils roulaient, et un petit quart d’heure plus tard, au détour d’une colline, ils tombèrent sur la maison. En fait, c’était comme ça que Cecil et lui l’avaient trouvée, en remarquant le chemin sous l’herbe folle. Ezio fit signe à Devlin de ne pas bouger et alla récupérer tous les bidons, bouteilles vides et jerricans disponibles ainsi que des morceaux de tuyau d’arrosage longs comme ses bras. Il balança le tout dans le coffre et retourna s’asseoir à côté de Devlin.

« C’est terrible à dire mais récupérer de l’essence urge plus que récupérer Nessy. Et allons-y en voiture, on pourra pas revenir avec plus de trois bidons chacun, ça serait dommage. »

Enfin en ce qui le concernait, mais ça il le garda pour lui. Hey, son ex femme était un mini gabarit, elle le savait mieux que les autres, de toute façon. Bref, ils n’en auraient pas pour plus d’une heure, c’était comme ça qu’il voyait les choses, lui. Il déplia sa carte pour chercher des endroits susceptibles d’avoir rassemblé des voitures mais assez excentrés par rapport aux routes et aux villages pour que les siphoneurs du coin n’y soient pas déjà passés. Il lui en montra quelques uns sur la carte.

« Et tant qu’à faire, on essaiera de trouver de quoi faire un peu de mécanique en cas de besoin, des bougies, de l’huile de moteur aussi, du liquide de refroidissement… Ce serait bien qu’on trouve une autre caisse comme ça, on pourrait aussi récupérer les pneus. Mais je doute qu’il y ait deux voitures comme ça dans toute l’Ecosse ! »

Déjà qu’il ne voyait pas trop qui avait pu conduire ça ici. A part une star américaine en tournée, peut-être.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Dim 16 Fév - 1:53

Ca alors, il y avait vraiment de tout dans la planque d’Ezio. De tout, sauf des meubles, logique. Devlin se voyait déjà devoir dévaliser au magasin de jardinage ou un truc de ce genre mais en fait non, même pas besoin. Tant mieux, ça ne leur ferait pas faire d’autres détours. Puis ils ne risquaient pas de s’embourber, que demander de plus ? C’était pour ça que c’était lui l’élu de son cœur, non seulement il était beau gosse mais en plus il avait l’esprit pratique, sans oublier toutes les autres petites choses qui faisaient que…Bref, Devlin roula donc en suivant les instructions de son ex-mari jusqu’à arriver à la maison sans encombres. C’était comme le vélo en fait, ce sont des choses qui ne se perdent jamais. Elle répondit par un hochement de tête et resta sagement à l’intérieur de l’habitacle en attendant qu’il revienne avec tout ce qu’il fallait. Elle appuya encore un peu sur les boutons de la radio mais en vain, il n’y avait que le prêcheur qui revenait de temps en temps et mieux valait être sourd que d’entendre ce qu’il débitait. Résignée, elle décida de l’éteindre, elle la rallumerait plus tard et peut-être qu’avec de la chance et selon l’endroit, ils parviendraient à capter quelque chose de plus intéressant.

Devlin ne put réprimer un sourire en entendant Ezio dire tout haut ce qu’elle pensait tout bas à savoir que le plus urgent n’était pas leur fils, ils pouvaient encore rester quelques temps tout seul au manoir à les attendre. Enfin tout seul, façon de parler parce qu’ils étaient beaucoup entre ses murs, mine de rien. Mais ce qui l’amusait surtout, c’était cette façon qu’ils avaient tous les deux de s’en vouloir sans vraiment pousser le bouchon trop loin non plus. Non ça c’est clair qu’ils ne seraient pas élus parents de l’année mais bon, ça ne faisait pas partie de leurs intentions non plus. Allons-y en voiture, okay, elle n’avait rien contre, elle avait même plutôt envie de rester là-dedans pour toujours. Mais trois bidons, il avait de l’espoir, Ezio, ça serait déjà bien si elle arrivait à en porter un rempli, elle. Oh ça non, Devlin ne se faisait pas d’illusions, elle savait ce dont elle était capable et ce dont elle n’était pas capable. C’était quand même le genre de femmes à batailler sévère avec une porte de garage, alors bon…

    « Ah ouais alors si je comprends bien, au lieu de dévaliser un magasin de jardinage, on va dévaliser un garage ou quoi que ce soit d’approchant…ça se trouve dans le coin, ça ? Je me rappelle pas en avoir vu mais c’est peut-être parce que j’en cherchais pas, à ce moment-là. »


C’est qu’après la liste qu’il venait de lui énumérer, ils n’avaient pas tellement d’autres choix que de faire demi-tour et de mettre le cap vers un endroit un peu plus peuplé. Il y avait peut-être tout ça dans la partie infestée de Fort William. Sinon, il y avait quelques autres petits villages dans les environs et s’il y avait bien une chose que la Maison de Cire lui avait apprise, c’est que même dans le trou du cul du monde, il y a moyen de trouver un garage avec une boutique qui propose ne serait-ce que des courroies. Le garage sera peut-être tenu par un fou furieux qui cherche à tout prix à remplir son musée des horreurs mais peu importe, ils vivaient un véritable film d’horreur au quotidien depuis deux ans, rien ne pouvait être pire.

Demi-tour donc et quand Devlin remarqua qu’elle roulait bien au-dessus de la limitation de vitesse, elle ralentit quand même un peu. Pas qu’elle se souciât d’entrer en collision avec qui que ce fut mais ils n’étaient pas si pressés que ça non plus, ils pouvaient y aller à la cool. Pas version grand-mère au volant non plus, mais relax, quoi. Un état bien connu de Frankie qui goes to Hollywood. Puis sinon, c’était forcé qu’ils trouvent des pneus identiques à ceux qu’ils avaient pour le moment ? Devlin en voulait des bicolores, elle, ça c’était vraiment la classe même si le blanc ne le resterait sans doute pas très longtemps, ça durerait le temps que ça durerait mais comme ça, plus tard, elle pourrait raconter « un jour j’ai eu une Corvette jaune et elle avait des pneus bicolores et c’était super » même si après elle finissait toute cabossée et recouverte de saletés, elle l’aurait eue, c’est tout.

    « On fait quoi ? On se balade un peu en tâchant de trouver un endroit anciennement fréquenté mais pas trop non plus ou alors on va toujours voir où j’ai trouvé celle-ci ? Y a plein d’autres voitures là-bas et comme y a aussi plein de zombies, je doute que tous les réservoirs aient été vidés. Après pour les bougies, l’huile et le liquide de refroidissement, je sais pas. »


Sinon, il suffisait de trouver une station-service paumée quelque part, non ? Mais oui, c’était ça la solution ! Puis s’ils arrivaient à mettre la main sur une pelleteuse, ils pourraient même creuser le sol sous la station et mettre la main sur le plus énorme réservoir qu’on peut trouver. Ca s’était certain que personne n’aurait pensé à le siphonner avant eux, celui-là. Mais encore fallait-il trouver une pelleteuse, bien sûr. Bon, peut-être que c’était mieux de laisser tomber cette idée, tout compte fait. Ou bien il y avait un lac pas loin, quelques hôtels mais elle les avait déjà visités et elle n’avait pas souvenir d’y avoir vu des voitures sur le parking mais encore une fois, ça venait peut-être du fait qu’en ce temps-là, elle n’y prêtait pas attention. Oh s’ils continuaient à tourner en rond comme ça, ils n’en auraient bientôt plus une goutte d’essence et ils seraient dans de beaux draps. Devlin prit donc la décision d’emprunter la première sortie qui se présentait à elle, celle de Lochyside et ils aviseraient sur place. C’était un village, il devait bien y avoir d’autres voitures et puis des magasins. Ils allaient bien y trouver quelque chose.

Et effectivement, il y avait bien un garage. Avec une jolie petite station-service juste devant. Comme quoi, elle avait été bien inspirée ! Ou alors ils étaient dans un jour de chance. Dans un cas comme dans l’autre, il fallait profiter de cette aubaine.

    « On devrait trouver ce qu’il faut là-dedans, tu crois pas ? »


A moins que ça ne soit trop banal justement mais vraiment, vu l’état du village dans sa globalité, Devlin doutait fort que les gens qui étaient passés par-là se soient tous rués en masse sur les courroies, quand même.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Dim 16 Fév - 15:33

Franchement, la radio catho, ça foutait la trouille. Les gens avaient une façon de s’y exprimer tellement louche, en parlant lentement, tout bas et d’un ton morbide, que les rares fois où Ezio était tombé dessus la nuit dans le noir complet, il avait toujours eu l’impression de subir des EVP. Franchement, ça se faisait pas, des choses-là. Et apparemment tous les présentateurs radio cathos n’étaient pas morts et on pouvait toujours compter sur eux pour se remettre à prêcher dès que possible. Non seulement c’était pas intéressant mais Ezio hallucinait de voir qu’il existait encore des gens qui croyaient en dieu. C’était déjà complètement débile avant les zombies mais alors maintenant… Enfin bon, soit, il fut ravi d’entendre le silence en revenant dans la voiture. Devlin n’était pas plus patiente que lui sur ce sujet là, après tout. Il jeta un coup d’œil au ciel, bon ça irait, ils avaient encore du temps avant la tombée de la nuit. Non parce qu’il n’avait pas envie de se retrouver dehors en pleine nuit, la dernière fois que ça leur était arrivé lui suffisait pour un moment. Cette fameuse nuit où ils avaient kidnappé Nessy. Aujourd’hui, à la limite, ils auraient la voiture, mais ça avait aussi le désavantage ultime de se voir à des kilomètres à la ronde, la nuit, une voiture, parce qu’il n’était pas question de rouler sans phares évidemment. Avec la perte de l’électricité et des lampadaires, on avait redécouvert à quel point la nuit était noire, sur cette planète.

[color=steelblue]« Je pense pas qu’on ait besoin de chercher un magasin, on risque de perdre notre temps. On fouillera plutôt les voitures qu’on siphonnera, des tas de gens avaient de quoi bidouiller leur caisse dans leur coffre. »[ /color]

Rien que les bougies et l’huile de refroidissement, il leur suffirait de se servir directement sous le capot de n’importe quelle voiture qu’ils croiseraient, et ça, Ezio était sûr qu’il en restait, les gens se focalisaient beaucoup sur l’essence parce que même avant l’apocalypse c’était rare et cher, mais une voiture sans liquide de refroidissement, en deux mois, ça mourait tout bêtement sur un bas-côté et il n’y avait rien à faire pour la réparer. Et donc ils roulaient vite et bien et c’était dommage que la voiture ne soit pas décapotable, il ne manquait plus que le vent dans la figure et un cd des Beach Boys. Et le Pacifique et le soleil par quarante degrés évidemment. Ouais, non, ils auraient juste eu l’air idiot, même s’il n’y avait personne pour les voir en l’occurrence, un peu comme ces gens qui s’achetaient des grosses glaces en plein hiver sous la pluie et qui passaient pour des cons dans la rue même si y’a pas de saison pour manger des glaces, merde à la fin. En attendant, il pesait le pour et le contre concernant l’idée de retourner là où Devlin avait trouvé la voiture. S’il y avait beaucoup de zombies, c’était peut-être déconseillé. Ezio s’était toujours dit dès le départ qu’il ne serait pas du genre à mourir connement, par rapport à toute cette histoire d’apocalypse. Ouais, s’il crevait, ce serait les armes à la main, entouré de centaines de zombies, jusqu’à son dernier souffle, et pas croqué par un zombie à la con parce qu’il avait voulu s’acheter des clopes ou joué les trompe-la-mort en cherchant de l’essence, en l’occurrence. Okay, c’était important, mais le plus important dans l’histoire c’étaient leurs vies, point.

Devlin prit alors une sortie et Ezio scruta le paysage à la recherche d’un truc intéressant. Un gros village, des rues, quelques voitures sûrement déjà siphonnées, des magasins, et soudain, juste comme ça, une station-essence. Oh, bien joué ! Il n’était pas sûr qu’ils y trouveraient ce pour quoi la station existait, à savoir de l’essence – dans les premiers jours de l’épidémie, les gens avaient tenté de fuir vers eux-mêmes ne savaient pas où et on avait eu droit aux images classiques du JT montrant les files de voitures faisant la queue sur des kilomètres aux pompes à essence jusqu’à ce que celles-ci soient à sec. Mais à l’intérieur du petit magasin, il resterait peut-être des trucs intéressants, plus que dans un supermarché classique. Ils s’y arrêtèrent donc, garés le plus près possible de la porte évidemment, et Ezio ne savait pas ce qui était le mieux, arrêter le moteur et prendre la clé avec eux pour ne pas risquer que quelqu’un parte avec pendant qu’ils fouillaient le magasin ou bien laisser le moteur tourner avec les clés sur le contact pour pouvoir partir plus vite en cas d’agression de toute nature et en fait il laissa Devlin choisir puisque c’était elle qui conduisait.

Dans le magasin, il faisait sombre, tout était en bordel, les rayonnages renversés, les tourniquets à bouffe près de la caisse dépouillés évidemment. Ils auraient été aux États-Unis, Ezio aurait vérifié sous le tiroir-caisse s’il n’y avait pas un fusil, mais ici en Europe, les gens avaient tendance à avoir vachement moins d’armes. Quoique ça restait l’Écosse, ça commençait à être très éloigné du grand monde et de la civilisation, surtout au nord comme ils étaient, les autochtones étaient l’équivalent anglais des red-necks américains, Ezio avait pu le constater en trouvant des armes quasiment dans chaque ferme isolée qu’il avait visitée. Bon, il vérifia par acquit de conscience, mais non, pas de fusil planqué sous la caisse. Caisse qui avait été éventrée et vidée de ses billets. Il y avait toujours « ces gens-là », décidément. Qui cassait les vitrines et volaient les écrans plats et les machines à laver alors que l’électricité n’était déjà plus qu’un lointain souvenir. Un vrai réflexe de pavlov. Ezio se balada rapidement entre les allées en jetant de temps en temps des coups d’œil à l’extérieur pour vérifier que la voiture était toujours là. C’était un vrai fil à la patte ce truc, un peu comme s’ils avaient attaché leur chien dehors. Ou leur gosse. D’ailleurs à partir de maintenant et pendant les années à venir, le rôle de Nessy serait ça : faire le guet pour eux. Vu qu’il tirait comme une huître, autant qu’il serve à quelque chose.

« Je vais voir derrière ! »

Et on était bien d’accord que quand c’était lui qui le disait, ça ne sonnait pas du tout comme une réplique de figurant de film d’horreur, merci. « Derrière », c’était le petit local utilisé par les employés pour ranger leurs affaires, se changer, prendre leur café et y foutre diverses affaires, et pour commencer, il y avait un zombie empalé au mur par une barre en fer. Et vu son état de décomposition avancé, ça faisait peut-être bien deux ans qu’il était là. Et comme la barre en faire était enfoncé dans son sternum puis dans le mur en placo, le truc était toujours vivant et releva difficilement la tête quand Ezio entra dans la pièce. Wah, il aurait eu sa place dans un musée, ce walker. Il n’avait même plus la force de faire ses bruits dégueux. Hey, peut-être bien que la solution viendrait de là, peut-être bien qu’à force, si personne ne se laissait bouffer, ces trucs-là crèveraient de faim tout seuls. Il sortit son couteau et le lui enfonça dans le front et le zombie eu la délicatesse de ne pas lui exploser dessus en diverses substances gluantes comme tous les autres tellement il était desséché. Une fois cette bonne chose de faite, Ezio ouvrit chaque casier – de force, quand il fallait – ne trouvant pas grand-chose d’intéressant, puis tomba sur un carton contenant quelques petits bidons couverts de substance noire et grasse ainsi qu’une petite caisse à outils à moitié vide. C’était sûrement destiné à l’entretien des pompes mais Ezio n’allait pas faire la fine bouche. Il aurait bien crié à Devlin qu’il avait trouvé un truc et où elle en était mais crier d’une pièce à l’autre, ça ne se faisait plus trop – sauf quand vous vous faisiez grignoter par un walker, là à la limite, personne ne vous en voudrait de brailler et d’attirer encore plus l’attention.

Il ramassa le carton et le cala sous son bras et récupéra aussi un bidon vide et une contrefaçon de sac à main Dior qui contenait un peu de maquillage, un téléphone portable, un miroir et tout un tas d’autres trucs de nana. Visiblement celle-ci était partie vraiment en catastrophe.

« Tu trouves ton bonheur ? J’ai de quoi faire reluire ta corvette dedans et dehors, c’en est indécent. Ça sert à rien mais l’esthétique, ça compte aussi, hein ? »

Enfin, surtout que Devlin était attachée à cette caisse. Marrant comme ils allaient sûrement s’en occuper et veiller sur elle et la protéger et faire en sorte qu’elle reste le plus longtemps intacte, bref, comme ils avaient l’air d’être partis pour en prendre soin de façon beaucoup plus impliquée et efficace qu’avec Nessy.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Lun 17 Fév - 10:51

Le premier réflexe de Devlin depuis qu’elle avait mis la main sur cette voiture, c’était de prendre les clefs où qu’elle aille. Ce n’était peut-être pas un très bon réflexe de survie mais elle avait bien trop peur qu’on la lui vole. Une fois de plus. C’est qu’elle avait très mal vécu le vol de sa Range Rover, trois ou quatre mois après le début de l’épidémie. Tout d’un coup, elle s’était retrouvée vulnérable à devoir bouger lentement et sans la moindre protection. Certes ça avait aussi ses avantages et elle s’y était vite fait mais il n’empêche qu’elle n’avait pas envie qu’on lui vole celle-ci. Alors oui, évidemment qu’elle prenait les clefs.
L’intérieur du magasin de la station-service était exactement comme l’intérieur de tous les autres magasins qu’elle avait visité jusque-là – enfin, presque tous, ceux susceptibles de vendre de la nourriture en tout cas -, c’est-à-dire vidé. Et pas de la façon la plus propre qui soit. En clair, c’était un gros bordel et Devlin pouvait facilement imaginer comment ça s’était passé. Les gens avaient probablement pété un câble, comme c’est toujours le cas en situation de crise, ils s’étaient jetés sur tout ce qu’ils pouvaient prendre, même des trucs inutiles, comme l’argent. Oui bon, elle aussi avait gardé le réflexe de vouloir prendre le fric à tout prix même si plus rien ne s’achetait avec ça, désormais, mais enfin, elle savait quand même faire la part des choses : la bouffe, les piles, les briquets et tout ce qui peut servir avant, le fric après, en tout dernier sur la liste. Juste comme ça.

Ezio annonça alors qu’il allait voir derrière et elle avait beau savoir qu’il survivrait quoi qu’il advienne parce que c’était dans sa nature et que c’était comme ça, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter ne serait-ce qu’un peu. Mais bon, elle n’allait pas le coller sans arrêt non plus et puis de toute façon, elle n’était pas la mieux placée pour le sauver de quoi que ce soit. Elle acquiesça et décida de son côté de fouiller un peu ce bordel. On ne sait jamais, il y avait peu de chance que ça soit le cas mais les gens avaient peut-être oublié d’emporter un truc digne d’intérêt.
Mais bien sûr que non, elle eut beau passer l’endroit au peigne, chercher dans les crasses répandues au sol, dans les frigos tous plus vides les uns que les autres, même pas une bouteille de coca, derrière le comptoir, toutes les paquets de chewing-gums et toutes les sucettes s’étaient volatilisées. Mais c’était normal, tout le monde s’était rué sur tous ces trucs, aussi insignifiants pouvaient-ils paraître à l’époque. Et c’était du gâchis quand on pense que plus de la moitié des gens qui avaient englouti ces trucs étaient morts ou à l’état de zombie à présent.

Devlin s’était fait une raison et s’apprêtait à rejoindre son ex-mari derrière, puisque c’était là qu’il était parti et qu’elle n’entendait rien venant de cette direction, quand elle entendit un bruit venant d’une autre. Il y avait une porte de ce côté-là, peut-être même celle qui menait au garage et même si c’était presque imperceptible, ça suffisait à lui mettre la pression. Dans les films, c’est toujours à ce moment-là que les gens se prennent pour des héros et se disent qu’ils vont aller voir ce que c’est. Et Devlin avait toujours trouvé ça d’un pathétique, franchement, qui était assez bête pour ne pas prendre la fuite alors qu’on sait pertinemment que rien de bon ne se produira. Mais d’un autre côté, ça faisait quelques secondes qu’elle fixait la porte, plutôt que de se barrer pour prévenir Ezio. C’était la curiosité qui faisait ça et elle était en train de se dire que quelqu’un aurait dû avoir la gentillesse d’écrire un message sur cette porte s’il y avait un danger derrière. Même aussi stupide que « don’t dead, open inside. ». C’est Ezio qui la sortit de ses pensées. Et qui la fit rire par la même occasion. Heureusement qu’il était là parce que sinon, il n’y avait pas assez de raisons de se marrer dans ce monde.

    « Tu l’as dit. Qu’est-ce que je ferais sans toi… »


Ce qui était idiot comme formulation quand on y pense parce qu’elle aurait sans doute trouvé toute seule sinon, comme elle l’avait fait au cours des huit dernières années. Mais quand même, même l’apocalypse était super cool avec lui. Elle se rapprocha et embrassa vite fait, du bout des lèvres ce qui se trouvait à sa hauteur avant de poursuivre :

    « J’ai rien trouvé du tout, c’est plus vide qu’un centre commercial après le black Friday. Par contre, écoute. T’entends ça ? Ca vient de derrière cette porte et je parie qu’elle mène à l’espèce de mini-garage qu’on voit de dehors. Ca me dit trop rien d’aller voir ce que c’est qui provoque ce bruit mais doit forcément y avoir des trucs intéressants là-dedans. »


Puis si ça se trouve, elle se faisait des idées et elle était peut-être la seule à l’entendre, d’ailleurs. Ca ne serait pas la première fois qu’elle entendait des trucs que les autres n’entendaient pas. Du coup, ça valait peut-être la peine d’aller y jeter un coup d’œil. Oh bon, ils ne le sauraient jamais s’ils n’y allaient pas. Devlin poussa alors la porte qui émit un grincement, c’était bien gentil de les annoncer à leur place, saloperie de porte ! Et effectivement, elle conduisait bien à un minuscule garage tout crasseux et lugubre, des pneus entassés dans tous les coins. Des pneus ! Mais y avait très peu de chance pour qu’il y en ait des bicolores. Elle s’avança prudemment en vérifiant qu’il n’y avait pas de zombies terrés quelque part. Mais il ne fallait pas abuser non plus, le jour où les zombies seraient assez malins pour faire ça, là ils pourraient tous trembler, ça ferait aussi peur que les requins intelligents de Peur Bleue. Et ce bruit, en fait c’était juste le vent qui faisait claquer un machin et Devlin ne s’y connaissait pas suffisamment en mécanique pour savoir ce dont il s’agissait exactement.

    « Oh regarde de l’huile, et y en a plein ! »


De la vraie et même de l’huile de luxe, ce qui voudrait dire que des riches étaient passé par-là. Cela dit, ils ne pouvaient non plus trop se charger, deux ou trois feraient l’affaire, non ? Puis eh, des courroies ! Devlin les prit toutes, ce n’était pas pour la place que ça prenait et comme ça ils étaient sûrs d’avoir la bonne. Elle prit aussi un bidon d’huile et ressortit par la grande porte pour aller tout ranger dans le coffre.

    « Faut qu’on les mette bien droit dans le coffre pour pas que ça se renverse sur mes…trucs. »


Elle allait dire « petites culottes » mais ça sonnait vraiment trop absurde. Et puis sans crier gare, un zombie tomba du ciel. Ce n’était pas une métaphore, il tomba à leurs pieds, produisant un bruit immonde en s’écrasant. Elle leva la tête et se dit qu’il avait dû rester accroché à la porte relevée un bon bout de temps. Où allait-on s’il se mettait à pleuvoir des zombies, sérieusement ?

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Mar 18 Fév - 20:20

Ces magasins dévalisés, c'était quand même super frustrant. C'est sûr que c'était vachement plus la fiesta au début de l'épidémie, quand ils pouvaient péter une porte et se servir comme au supermarché, mais sans payer. Il y avait de tout, pour tout le monde, au moins pendant deux jours, surtout parce qu'on était encore dans le flou par rapport à cette histoire de gens qui mangeaient d'autres gens. On se disait que ça allait sûrement pas durer plus d'un mois le temps que l'armée arrive avec leurs armes et leurs vaccins secrets et arrange les choses. Et puis ensuite, si les rayons étaient vides, aucun souci, on trouverait un autre magasin pas encore trop pillé. Alors que maintenant, c'était toujours la même chose, rayonnages vides et renversés, absolument plus rien de consommable, et à la limite trois bricoles, un fond de flacon de ci ou de ça et les inévitables bidules qui n'avaient intéressé personne jusqu'à ce que la bonne personne trouve lesdits bidules. C'était prodigieusement énervant, c'était comme se faire passer devant dans une fille d'attente, mais il n'y avait pas grand-chose à y faire. Sauf à aller dans des endroits absolument pas fréquentés et à la démographie négative, alors là oui, peut-être que quelques magasins se vidaient de façon plus raisonnable. N'empêche qu'Ezio continuait de rentrer dans ces trucs avec espoir et en ressortait super frustré et avec l'envie de puncher quelqu'un. Ceux qui étaient passés avant eux, pour être précis. Comme s'il pouvait leur reprocher ça alors qu'il avait fait la même chose et qu'il le referait sans hésiter évidemment s'il tombait sur un magasin plein à craquer de bouffe. Surtout maintenant qu'ils avaient une voiture, même. Et donc Devlin n'avait rien trouvé d'intéressant, sans surprise, et oui même si c'était sans surprise ça le frustrait quand même. Il lâcha son barda sur le comptoir et se tourna vers la porte qu'elle lui désignait en tendant l'oreille. Effectivement, il y avait un bruit. Assez indéfinissable, d'ailleurs. Comme quelque chose qui cognait contre autre chose, pas très fort, et de façon régulière.

« Ouais, ça serait dommage de faire l'impasse. Enfin peut-être que le dernier type qui a refusé de faire l'impasse est là derrière à pourrir sur place en tapant sur un mur. Y avait un walker punaisé au mur dans les vestiaires, j'en avais jamais vu un aussi vieux. A croire que tout le monde est venu, l'a trouvé là et est reparti sans l'achever. »

Ce qui était cruel. Mais les gens étaient cruels, maintenant, c'était même devenu la norme vu que les notions de civisme et de charité s'étaient vachement déplacées sur le spectre. Et il y avait des gens comme ça qui avaient besoin d'en vouloir aux zombies, de se venger sur eux etc pour se remettre de la mort de proches ou de cette vie en général. Cela dit Ezio n'avait pas achevé son copain zombie par charité mais simplement parce que pour lui, un bon walker et un walker mort. Deux fois. Parce qu'un jour, à force de les tuer, peut-être bien qu'il n'y en aurait plus. Oui oui. Un zombie, c'était un grain de sable sur la plage, mais il fallait bien commencer par quelque part. Mais il pouvait comprendre que des gens aient tiré un certain apaisement à regarder le walker s'agiter contre son mur à crever la dalle. En attendant ,porte, garage, bruit. Ezio suivit Devlin qui ouvrit la porte, laquelle fut assez urbaine pour annoncer leur visite par un grincement bruyant. Mais dans le garage, personne, pas même un petit zombie. Par contre, des pneus partout, et Ezio pouvait tout à fait comprendre pourquoi personne n'était parti avec : parce que quasiment personne n'avait de voiture, et que c'était débile, de s'encombrer de pneus pour rien. Parce que c'était encombrant, beaucoup. Le claquement venait d'une arrivée d'air dans le garage, traversée par le vent. Même en le voyant de ses yeux, Ezio trouva ce bruit terriblement stressant. Mais pas walkers à l'horizon. Il s'avança pour détailler les pneus du regard, en trouvant au moins une dizaine qui pouvaient convenir à la corvette. Enfin, pour être plus précis : qu'il pourrait installer sur la voiture en cas de crevaison qui lui permettraient de rouler à nouveau. Parce que sinon, esthétiquement, ce serait terrible, forcément - surtout qu'aucun des pneus n'avait de jantes, pour commencer. Il s'agissait là de pneus destinés à des voitures de fermiers de la région, pas des pneus de voitures de sport. Du coup la corvette aurait sûrement l'air d'être posée sur des roues de dragster, en une parodie pitoyable des voitures de Pimp my ride, qui étaient pourtant déjà elles-mêmes des parodies de voiture. Mais tout ça, eh bien, c'était inévitable. Et il n'était pas forcé de le dire tout de suite à Devlin, si elle ne le savait pas déjà. Comme ça à vue de nez, ils n'avaient pas l'air dégueu, ces pneus, après tout. Il en choisit trois, n'étant pas sûr de pouvoir en mettre plus dans le coffre de la corvette, et au pire il en laisserait un ou deux à sa planque en partant vers le Nord et ils se contenteraient d'un ou deux roues de secours. Mais pour l'heure, mieux valait prendre trop que pas assez. Il les empila près de la porte et se tourna vers Devlin, qui avait trouvé de l'huile. Et un tas d'autres trucs utiles. Parfait, ça ! Cette corvette ne pourrait jamais leur reprocher de ne pas avoir tout fait pour prendre soin d'elle.

Tout ça faisait beaucoup d'objets très salissants. Il pensait ça, debout à côté de Devlin devant le coffre ouvert. Si ça n'avait tenu qu'à lui il aurait tout balancé dans le coffre tel quel et aussi sur la banquette arrière, même. Mais il ne fallait pas que tout se renverse sur les trucs de Devlin, quels que soient ces trucs. Peut-être un truc pervers. Dans ce cas oui, ça serait gênant, surtout l'huile de moteur. Au moins l'emplacement habituel de la roue de secours, sous le matelas du coffre, était vide, ils pourraient déjà en ranger une là. Le reste, eh bien... Il avait un carton qui contenait déjà les bricoles trouvées dans le vestiaire, ils pouvaient tout jeter en vrac dedans, non ? Oh bon, ils s'occuperaient de ça plus tard, parce que telle la pomme d'Archimède, un walker tomba soudain du ciel et explosa devant eux, étalant ses viscères sur au moins dix mètres de diamètre. Et leurs chaussures, accessoirement. Ezio leva la tête, juste à temps pour voir un autre zombie basculer du toit de la station-service, droit sur eux. Il s'écarta d'un pas en embarquant Devlin avec lui, ce qui était facile vu sa taille et son poids. Il la reposa à côté de lui et leva de nouveau les yeux, repérant d'autres silhouettes s’agglutinant au bord du toit comme des fans de One Direction. Avec Devlin et lui dans le rôle de deux One Direction. Zayn et Harry parce qu'il ne connaissait que ces deux-là.

« Wouah, ça pullule on dirait. Heureusement qu'ils sont trop cons pour descendre par l'escalier. Mais s'ils continuent de se jeter du toit comme ça... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un troisième walker faisait le grand saut - fallait quand même avoir vachement faim pour en arriver là - et s'écrasa pile sur le capot de la corvette, qui tressaillit sous le choc. La "chance" c'était qu'ils étaient apparemment assez pourris pour être tout mous, ce qui fait que la tôle ne serait sûrement pas trop froissée. Par contre, il ne savait pas trop comment Devlin allait rattraper la peinture du capot après avoir frotté le métal pour le débarrasser de tout ce jus et ces morceaux. Et encore, "frotté", c'était encore trop doux. De l'avis d'Ezio, il allait falloir racler, même. Du coup c'était dommage qu'ils n'aient pas trouvé du savon industriel, aussi, tiens. Il tapota l'épaule de Devlin et compatit très fort à sa douleur.

« Tu devrais la déplacer parce qu'ils vont continuer à se jeter dessus sinon. Tu veux que je le fasse ? »

Spectacle surréaliste en approche, parce qu'ils allaient devoir slalomer entre les walkers suicidaires, tout de même. Mais autant se grouiller, parce qu'il y en aurait peut-être qui étaient encore en assez bon état et qui finiraient par tomber mais par se relever au lieu d'exploser comme des fruits trop mûrs.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Sam 22 Fév - 15:53

Un à un, les walkers tombaient du toit de la station pour venir s’éclater au sol dans d’horribles bruits qui la hanteraient encore longtemps après. Devlin ne les avait jamais vu faire ça et ça ébranlait quelque peu ses convictions en matière de zombies, à savoir qu’ils ne pouvaient pas grimper. Elle avait toujours trouvé ça réconfortant, il suffisait de se réfugier en hauteur pour être hors d’atteinte mais il suffisait de les voir faire le saut de l’ange pour se rendre compte que cette théorie était fausse de A à Z, la question étant : comment étaient-ils arrivés là ? Elle ne le saurait sans doute jamais parce qu’il ne se trouvait personne de vivant pour le lui expliquer dans les parages. Du moins c’est ce qu’elle croyait étant donné qu’ils n’avaient croisé personne à part des morts vivants. Au deuxième walker qui leur atterrit pratiquement dessus, elle se retrouva soulevée de terre sans même avoir le temps de protester ou quoi que ce soit. Et pourquoi l’aurait-elle fait ? C’était tellement mieux de ne pas avoir à enlever les taches qui en auraient forcément résulté. C’est bien simple, quand vous fréquentiez ces créatures depuis un moment, vous n’essayiez même plus de laver vos fringues, vous les jetiez tout simplement. Ca serait drôle à voir le jour où on tomberait à court de vêtements, tiens.

Le troisième n’eut pas la délicatesse de leur tomber dessus mais plutôt sur le capot de la Corvette. Devlin vit la scène au ralentit. Elle n’avait qu’une seule envie : se jeter dessus pour amortir le choc. Le tout ponctué d’un « noooooooooooon » dramatique. Ce qui était peut-être un peu exagéré comme réaction, ce n’était jamais qu’une voiture et même pas une tout droit sortie de la tête de Stephen King. Puis on n’avait plus le droit de crier sans avoir une bonne raison de le faire depuis deux ans. Alors les cris intérieurs étaient devenus très à la mode et étaient aussi très utiles. Ce qui fait qu’elle n’en fit rien mais elle était quand même mortifiée de voir sa voiture traitée de la sorte. Relevant tristement la tête vers Ezio, elle haussa les épaules. Puis décida de s’occuper elle-même de tout bien disposer dans le coffre pour ne pas ruiner ses affaires en plus de sa voiture. Et lorsqu’elle se remit au volant, elle ne se priva pas de rouler sur ces tas de chairs putréfiées. Ce n’était que justice après avoir cabossé le capot de sa Corvette adorée.

    « Je la gare plus loin et on fait le tour des voitures abandonnées pour voir s’il leur reste une goutte d’essence ? »


Voilà qui n’allait pas leur prendre trop de temps vu qu’il n’y avait pas énormément de voitures abandonnées dans les rues du village, justement. En toute logique, les gens possédant un véhicule avait dû se ruer dessus pour essayer d’échapper au chaos quand ça avait commencé. C’est ce qu’ils avaient tous fait. Pour finir dans des embouteillages s’étendant sur des kilomètres ou par se faire piquer leur bagnole. Ce qui n’empêchait pas qu’il en reste quelques-unes tout de même. Probablement celles des gens qui avaient été contaminés avant même de pouvoir prendre la voiture ou alors celles des gens qui avaient été plus intelligents et qui avaient décidé de partir à pieds dès le départ. Plus intelligents ou pas, d’ailleurs, ça restait à voir.

Devlin stationna la Corvette dans une ruelle qui lui semblait prometteuse, c’est-à-dire qu’il y avait des voitures des deux côtés à intervalles plus ou moins réguliers. Bon, la première chose à faire, c’était de voir ce que cet engin prenait comme carburant. Ca serait vraiment trop bête de foutre en l’air le moteur si elle ne prenait pas d’essence et juste du diesel et inversement. Ca leur ferait perdre un de ces temps en plus de ça. Elle jeta un rapide coup d’œil aux papiers et en fait oui, c’était bien normal qu’un modèle aussi récent ne prenne que du diesel. Heureusement que ce n’était un hybride, cela dit. Il allait donc falloir qu’ils ne siphonnent pas les réservoirs des vieilles bagnoles toutes déglinguées. Et il y en avait un paquet dans cette rue.

Elle descendit de voiture et se dirigea vers une autre qui avait l’air assez récent. Et au moment où elle s’apprêtait à s’accroupir au niveau du réservoir pour le siphonner en bonnes et dues formes – en supposant qu’il y ait quoi que ce soit à siphonner -, les walkers débarquèrent au coin de la rue. Pas un ni deux ni trois mais une bonne vingtaine. Ca faisait longtemps que Devlin n’en avait pas vu autant à la fois. On aurait carrément dit qu’ils avaient senti leur présence, qu’ils s’étaient tous réunis et avaient décidé de les attaquer ensemble pour avoir l’avantage du nombre. Impossible. Mais c’était bel et bien à ça que ça ressemblait, d’autant qu’ils marchaient tous de front, comme si le village leur appartenait.

    « Remonte, tant pis pour l’essence on verra plus tard ! »


Il valait mieux s’ils ne voulaient pas y laisser leur peau. Devlin courut reprendre sa place et comme elle n’avait pas vraiment d’autres solutions que de leur foncer dessus avec la voiture – l’autre option étant de faire demi-tour pour sortir du village, ce qui leur aurait pris deux fois plus de temps – elle fonça dans le tas en ayant l’impression de jouer au bowling avec eux dans le rôle de la boule et les zombies dans ceux des quilles. Elle avait toujours été nulle au bowling, aussi, pas de strike.

    « Eh ben je croyais que c’était qu’une légende. Je comprends mieux pourquoi les gens fuient les villes et les villages comme la peste. »


C’est vrai que ces deux dernières années, elle n’avait vécu que sur les grands axes pour ne jamais s’approcher de tout ça avant de s’être greffée à un groupe, alors elle ne l’avait encore jamais vu de ses yeux. Il n’empêche qu’elle trouvait que ça commençait à faire beaucoup de zombies dans le coin. Ils avaient raison de vouloir bouger. Le fait est que parfois, on n’a juste pas le choix. Puis il fallait voir les choses du bon côté, ils avaient quand même mis la main sur plein de trucs qui leur seraient certainement très utiles.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Sam 22 Fév - 21:26

Une pluie de walkers. Dit comme ça, ça faisait très poétique. C'était un truc qu'Ezio n'avait encore jamais vu, mais il fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre, et il faut croire que ce jour était arrivé. Dommage qu'il n'ait pas un téléphone portable sur lui pour filmer la scène. Ça avait un petit côté surréaliste et il en parlerait à tous les gens qu'il croiserait plus tard, et il n'était pas sûr qu'on le croit. Mais bon c'était ça, l'apocalypse, il se passait toujours des trucs de dingue que personne n'aurait imaginé avant ça, même pas dans les séries télés. Parce que ce truc dépassait l'entendement humain, tout simplement. Ezio ne pouvait pas s'empêcher de sourire, et même qu'il sentait un rire irrépressible monter, mais c'était juste un genre de réflexe d'auto-défense bizarre, il ne fallait pas chercher plus loin, parce que ça n'était pas si drôle que ça. Un petit peu, mais pas tant que ça, ouais. Surtout après que l'un de ces trucs tomba pile sur le capot de la corvette. Ouch, donc. Bon okay, ils n'allaient pas rester là la bouche ouverte à admirer cette énième bizarrerie de la nature - même si les zombies n'étaient pas vraiment une création de la nature, mais bref. Du coup Devlin se retrouva à arranger leurs affaires en vitesse dans le coffre pendant que lui gardait le nez levé vers le toit pour prévenir toute chute de walker, et même que s'il avait eu une batte de baseball, ça aurait été encore mieux, il aurait pu tenter des homeruns. Quoi que les zombies lui auraient éclatés dessus en fait, mauvaise idée. Sinon il aurait pu prendre son fusil et faire du tir mais c'était pas très discret.

Finalement ils remontèrent en voiture et, comme le proposait Devlin, ils s'éloignèrent de ce lieu étrange où il pleuvait des zombies pour aller se garer dans une ruelle apparemment vide au dans laquelle trônaient des tas de voitures abandonnées depuis très longtemps. Bon, il n'y avait pas tant de personnes que ça qui circulaient en voiture, en camion ou en moto, donc statistiquement, il devait bien rester de l'essence dans plusieurs de ces réservoirs. Apparemment la corvette prenait du diesel. Ah, c'était plutôt une bonne nouvelle niveau consommation, un peu moins pour la planète, mais bon, hein, rien à foutre de la planète. Ezio sortit de la voiture à la suite de son ex-femme, récupérant un bidon et un morceau de tuyau, puis se figea à deux mètres de la voiture visée par Devlin, elle-même s'étant stoppée en pleine action. Un espèce de gang de zombies se dirigeait vers eux. Quand on arrive en viiiiiille, les gens changent de trottoooiiiiiir. Sérieusement, on se serait cru dans une banlieue de Chicago, c'était quoi cette bande walkers alignés comme des vautours tout prêts à leur tomber dessus ? C'était pas du tout flippant, tiens, ça aussi. Décidément ce village était carrément louche, ils avaient bien choisi, encore, tiens.

Retour express à la voiture, et arriva ce qui devait arriver depuis la toute première seconde où Devlin lui avait dit qu'elle avait une voiture : une partie de bowling grandeur nature. En même temps, les conditions parfaites étaient réunies. Ezio espérait qu'au moins, elle s'amusait. Mieux valait ne pas penser aux dégâts causés à la voiture. C'était quand même injuste de penser que c'était là sa première sortie et qu'elle allait déjà être toute dégueulasse et vaguement cabossée. Le bas de caisse fauchait efficacement les zombies, l'inconvénient étant qu'elle était vraiment basse, cette voiture. C'est sûr qu'avec un hummer ou même un dragster, owiiiiiiii, ils auraient eu moins de mal à leur passer dessus. Devlin et lui avaient des préférences assez personnelles, niveau voiture, mais qui en fait leur convenaient bien à chacun. Enfin bref, il ne désespérait pas d'un jour trouver un hummer ici, en Écosse. Quand ils se furent enfin sorti du merdier, la voiture repartit gentiment en laissant les morts survivants derrière.

« Ouais, les grandes villes ressemblent à ça, sauf que c'est pas trente walkers qui t'encerclent, c'est trois cents. J'ai vu des gens se faire bouffer alors qu'ils se croyaient bien à l'abri dans leur voiture. Doit y avoir que la papamobile qui peut résister. »

En attendant, ça n'arrangeait pas leurs affaires. Ezio était bien d'accord pour foutre le camp, mais ils n'avaient pas trouvé d'essence. Ça serait un peu trop forcer la chance que d'en piquer chez la bande de Devlin, hein ? Et puis si ça se trouve ils n'en avaient même pas, il ne se souvenait pas avoir vu d'autres véhicules dans la Batcave, même s'il se doutait qu'il n'avait vu qu'un centième de l'endroit.

« On pourra retenter notre chance plus tard, ouais, faudra juste pas trop traîner. Tu veux aller retrouver Nessy ? »

Le gosse était peut-être debout dans la cave, dans le noir, ses chewing-gums à la main, à les attendre, comme un labrador. Ou alors il les avait complètement oubliés et s'éclatait avec les potes de Devlin, avec des tas de jouets, parce que l'endroit devait être super kids-friendly avec des petits trains à vapeur et tout ça. Ah !

« Je pense à un truc, on pourra tenter notre chance avec les bateaux, pour l'essence. On est pas loin de la mer, et y'a énormément de petits bateaux équipés avec des moteurs de voiture ou de camion. Je suis pas sûr que les gens aient pensé à ça, on aura peut-être plus de chance. »

Et puis la mer, c'était sympa, non ? Ils emmèneraient Nessy, et le gosse ferait des pâtés de sable pendant qu'eux iraient de bateau en bateau, cool... Il n'aurait plus manqué qu'un grand soleil et un petit trente degrés à l'ombre mais bon fallait pas trop en demander. Et puis, peut-être qu'il y avait moins de walkers près de la mer. Ou peut-être pas. Qui savait, après tout ? Il se passait quoi si on trempait un zombie dans l'eau salée ? C'était un expérience à tenter, peut-être.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Dim 23 Fév - 23:58

Dans ce cas, Devlin ne mettrait plus jamais les pieds dans une grande ville que contrainte et forcée. Ca se trouvait des boutiques Dior et Gucci en province, non ? Elle était sûre que oui. De toute façon, elle s’était bien débrouillée pour en trouver jusque-là, alors il n’y avait pas de raison qu’il y ait pénurie de boutiques de créateurs plus au nord. Parce qu’il faut bien se l’avouer, deux ans après l’épidémie c’est le seul intérêt à se rendre dans une grande ville. Bien sûr que c’était les endroits qu’on avait vidé en premier. Que ce soit une question d’essence ou de nourriture Elle sortit du village vite fait, bien fait en tâchant de ne pas penser aux nombres de bosse et d’égratignures sur le capot de la Corvette. Du coup, le coup de tout à l’heure provoqué par le zombie volant passerait sans doute inaperçu, ce qui n’était pas plus mal en fin de compte. Oui bon, on relativise comme on peut. Devlin écouta son ex-mari et mit le cap vers le manoir. C’était sans doute mieux d’aller récupérer Nessy avant de repartir à l’aventure, oui, avant qu’il ne pense avoir été abandonné une fois de plus. Ca ferait quand même beaucoup et le but n’était pas de lui créer plus de traumatismes qu’il n’en avait déjà.

Sinon c’est vrai qu’elle n’avait pas vraiment pensé aux bateaux elle non plus. C’était une bonne idée, soit dit en passant puis elle était déjà allé de ce côté-là et c’était vrai qu’il y avait pas mal de walkers mais pour une raison qui lui échappait complètement, à chaque fois qu’elle les y avait vu, ils se comportaient bizarrement dans le sens où à chaque fois qu’elle était allée par là-bas, elle avait eu l’impression d’assister à une rave party de zombies. C’était toujours un peu surprenant mais assez drôle à voir, c’était peut-être l’effet que l’air marin avait sur eux, allez savoir. Et c’était toujours plus rassurant d’avoir la mer à proximité parce que si les walkers savent voler – ou tout du moins tomber avec panache -, ils ne pouvaient pas nager et se noyaient telle la petite Amanda dans la Famille Addams qui ne s’est pas noyée mais ça sera quand même une victime toute sa vie.

    « Okay on va faire ça, ça sera sûrement plus tranquille. »


A condition qu’ils les zombies qui dansaient là-bas n’étaient pas détraqués comme ceux qu’ils avaient vu au village tout à l’heure, évidemment. Il ne valait mieux pas, avec Nessy qui n’avait pas encore l’adresse de son père au tir. C’était même loin d’être le cas. Puis d’un autre côté, il allait bien falloir qu’ils l’emmènent partout avec eux, que ça soit dangereux ou pas parce qu’ils ne pouvaient pas toujours emprunter des routes sans danger.

Et par souci de discrétion, elle se gara loin, bien loin du manoir. Ca serait quand même vraiment stupide s’ils étaient parvenus à sortir la voiture de là pour se faire choper une heure plus tard en revenant bêtement sur les lieux du crime.

    « T’as qu’à rester là pendant que je vais le chercher, okay ? T’as même le droit de te mettre au volant au cas où quelqu’un passerait par-là. »


Quand même, si ce n’était pas sympa de sa part, ça ! Devlin évita soigneusement de tourner la tête vers l’endroit de l’impact et continua sa route à pied jusqu’au manoir. Si jamais on lui posait la question, elle dirait qu’elle n’avait pas entendu de voiture, jamais, qu’elle était loin en mission mais qu’elle était rentrée bredouille parce qu’elle s’était fait attaquer par des zombies sur la route. Ce qui n’était pas tout à fait faux, du reste. Là où ça coincerait, c’est s’ils interrogeaient Nessy, elle aurait mieux fait de le briefer avant. Oh elle aviserait à ce moment-là.
Et bien entendu, c’est la première question qu’on lui posa : « t’as pas vu la voiture qui est partie d’ici tout à l’heure ? », ce à quoi elle répondit que non, elle n’avait rien vu, rien entendu et se retint tout juste d’ajouter qu’on la laisse tranquille en mode diva.

Dans la cuisine elle retrouva Nessy apparemment très occupé à se fourrer tous les chewing-gums du paquet dans la bouche pour faire la plus grosse bulle possible. Ah vraiment, les gosses. Quand il la vit, il fondit sur elle en lui demandant, de sa petite voix aigüe que les autres ne pouvaient pas louper, où ils étaient passé, qu’il était redescendu à la cave avec le paquet et qu’il n’avait trouvé personne. Devlin lui fit gentiment signe de se taire et pour s’assurer qu’il la boucle bien, déclara :

    « On a cru voir les autres au loin mais en fait c’était pas eux. Je suis pas sûre qu’on les reverra un jour, tu sais. »


Autant le préparer à cette possibilité qui n’en était pas vraiment une dès maintenant. Nessy avait alors haussé les épaules, l’air de dire que c’était la vie et qu’on n’y pouvait rien, ce qui était quand même drôlement adulte comme réaction, elle ne s’y attendait pas parce qu’à bien des égards, leur fils était encore pas mal bébé.

    « Ils sont sûrement morts, comme mes parents. »


C’est vrai qu’ils ne lui avaient encore dit…en tout cas, il n’avait pas l’air plus chagriné que ça et Devlin continuait à se demander si c’était une bonne chose. Oui probablement que l’essentiel était qu’il continuait à parler de ces gens qu’il croyait être ses parents assez souvent. Ca prouvait qu’il y avait été attaché et qu’il ne les oubliait. Par contre pour ce qui était des autres, ce n’était pas la même chose, mais tant mieux.
Il lui proposa ensuite le dernier chewing-gum du paquet et, voyant qu’elle déclinait l’offre, lui prit aussi. Tant pis pour Ezio, donc, s’il avait envie de chewing-gum, il devrait se contenter de ceux qui se trouvaient dans la voiture. Ah tiens maintenant qu’elle y pensait, elle espérait qu’il n’avait pas eu la bonne idée d’aller fouiner dans ses affaires dans le coffre. Encore que, il les verrait bien un jour ou l’autre de toute façon.
Elle hésita à dire à Nessy d’aller chercher certains de ses jouets pour être sûr de ne pas les oublier juste au cas où mais elle se ravisa en songeant que la Corvette était déjà bien assez chargée et puis ils avaient le temps, ils feraient ça plus tard.
Là-dessus ils partirent retrouver Ezio tandis que Nessy se plaignait un peu en demandant où était la voiture…zen, zen, elle était zen.

    « Ils n’y ont vu que du feu… »


C’était bien la preuve qu’ils n’étaient pas si doués que ça, tout KFL qu’ils soient, ce qui était une bonne chose pour eux. Elle fit grimper leur fils à l’arrière et là il se plaignit qu’il n’avait pas assez de place. Oui mais bon, c’était une Corvette, pas un monospace…

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Lun 24 Fév - 22:32

Direction le manoir, donc, enfin Ezio n'en savait rien si c'était un manoir ou pas vu qu'il n'y était entré qu'une fois et par un chemin secret et souterrain, il n'avait jamais pu voir la baraque même de loin. Et il ne la verrait à nouveau pas, parce que Devlin finit par se garer au bord d'une route envahie de mauvaises herbes, comme toutes les routes de la création depuis deux ans, en fait, et annonça qu'elle faisait le reste du chemin à pieds. Ce qui convenait très bien à Ezio, il préférait ça que se prendre une balle de sniper dans le front parce qu'ils s'étaient trop approchés, surtout que le but c'était de rester discret et aussi de garder cette voiture et pas de se la faire réquisitionner bêtement. Il salua Devlin et fit tout comme elle a dit, c'est à dire qu'il s'assit au volant, enfin il essaya, mais il dut d'abord se pencher à l'intérieur pour reculer le siège au maximum. Vu que son ex femme l'avait avancé au maximum. Et déjà que Corvette n'était pas bien grande... Enfin bref, une fois au volant il remit le contact et fit mumuse quelques minutes, appuyant à fond sur l'accélérateur au point mort pour faire gronder le moteur, avant de se résigner à tout éteindre. C'était pas très discret, donc bon, et puis ils devaient économiser l'essence. Il tapota donc sur le volant, faisant le bilan de leur journée. Ils n'avaient pas trouvé d'essence, mais ils avaient trouvé d'autres trucs intéressants, et surtout, ils avançaient petit à petit dans leurs projets de s'en aller d'ici. Il revit la bande de zombies de tout à l'heure et secoua la tête. C'était pas quelque chose qu'on voyait tous les jours et c'était pas quelque chose qu'il avait envie de revoir, mais il avait dans l'idée que ça allait se reproduire. C'était un peu pour éviter ce genre de trucs qu'il avait très vite décidé d'éviter les villes et l'idée que ces cons-là étaient en train de remonter vers le nord l'énervait énormément. Parce qu'il ne fallait pas se voiler la face, à un moment, à part en allant au Pôle nord, ils ne pourraient plus fuir.

Mais bon, comme d'habitude, ils n'allaient pas trop réfléchir à un avenir lointain et penser au jour le jour, c'était ça aussi la clef de la survie, maintenant. Et ça faisait beaucoup à penser, aller au nord, donc voyager, donc la voiture, donc l'essence, et dans tout ça il leur faudrait embarquer Nessy et le garder en vie et puis aussi, à un moment donné, entre deux éclatages de crânes de zombie, lui dire qu'il était leur fils. Piece of cake. Ezio ralluma la radio, tomba aussitôt sur les voix désincarnées parlant de la bible, et c'est fou ça de capter ces cons-là aussi bien où qu'ils se trouvent ! Il tripota la bouton un bon moment, crut entendre des voix, mais elles disparurent. Bon. Il allait falloir qu'il pense à chourer des CD dans la prochaine maison qu'ils visiteraient. En espérant que c'était pas comme pour la bouffe et que toute la bonne musique n'avait pas déjà été piquée, ne laissant derrière que des malheureux CD de Justin Bieber et 50 cents. Ou cent. Il ne savait jamais. Bref, il finit par renverser le siège en arrière et dormir avec un oeil ouvert, au sens figuré du terme évidemment sinon il aurait l'air un peu bizarre. Le bruit de pas raclant le bitume abîmé le fit revenir à la réalité et il se redressa. Des pas légers, deux personnes, dont une qui traînait salement des pieds, tout ça, c'était forcément Devlin et Nessy. Il sortit de la voiture et s'appuya dessus du bras droit.

« Hello again, Nessy. Tu respires la joie de vivre dis donc ! »

Le gosse avait l'air un peu boudeur et lui répondit par un haussement d'épaules maussade. Il s'était passé un truc, ou bien il en avait simplement marre d'être balloté dans tous les sens ? D'après Devlin, tout s'était bien passé, en tout cas. Tout le monde remonta donc en voiture, Ezio laissant à Devlin le soin de re-régler le fauteuil conducteur vu qu'il avait oublié d'effacer les preuves de son passage au volant. Il se retourna vers Nessy qui grognait à l'arrière, coincé entre la vitre et un carton. C'est sûr que dans pas longtemps, il grandirait d'un coup, surtout s'il avait hérité des gênes paternels, et alors ça serait encore plus chiant pour lui, mais bon, autant qu'il s'y habitue tout de suite, du coup. N'empêche, tout ça ressemblait à un très bizarre voyage en famille, comme s'ils partaient en vacances. A la mer, qui plus est. Non vraiment, il ne manquait plus que la musique et un peu de soleil et on s'y serait cru. Enfin en quelque sorte.

« On passe chez moi déposer toutes les affaires ? Enfin, tu pourras laisser les tiennes dans le coffre si tu préfères les avoir partout avec toi ! Honnêtement je sais pas ce qui est le plus sûr, ma planque ou la corvette... »

A son avis, en fait, les deux se valaient, et les deux n'étaient pas terribles, mais bon. En attendant, il la laissa repartir, on savait jamais, elle se souvenait peut-être de comment aller à sa planque par la route et ce serait bien en fait, qu'elle puisse le retrouver n'importe quand sans qu'ils aient besoin de se donner rendez-vous à une heure et un lieu bien précis. Second arrête chez Ezio et Cecil, donc - Cecil qui n'était toujours pas là. Il était peut-être morts. D'après leur code, quiconque ne laissait pas une trace de son passage dans la maison pendant trois jours devait être considéré comme mort, donc bon. Mais en arrivant devant la bâtisse, il vit qu'un caleçon flottait fièrement au vent sur une corde à linge. Bon, il était en vit et il était même passé ici pour faire sa lessive, how cute.

« T'en dis quoi Nessy ? C'est chez moi ! Tu pourras peut-être venir y vivre un petit moment avant qu'on parte. »

Oups. Est-ce qu'ils lui avaient dit qu'ils devaient partir ? Ezio n'était pas vraiment sûr et il croisa le regard de Devlin tandis que Nessy faisait une tête bizarre. Avant de lancer, accusateur :

« Mais vous vivez pas ensemble ? Vous arrêtez pas de vous embrasser mais vous vivez pas ensemble. »

Oh, ça. Oh bah alors si c'était ça qui attirait son attention, okay. Un peu dix-neuvième siècle mais okay. Bon cela dit, pour un gosse de huit ans, des gens qui "passent leur temps à se rouler des pelles" doivent être des parents mariés depuis l'éternité, point. Ezio répondit que oui, bon, c'était comme ça, ils lui expliqueraient plus tard peut-être, ou peut-être pas, en même temps le gosse n'avait pas l'air particulièrement intéressé. Ezio sortit les pneus et les quelques affaires récupérées dans la boutique de la station service, louchant sur celles de Devlin mais la laissant gérer l'affaire. Et comme ça, presque à vide, avec plein de place, ils pouvaient repartir, vers le premier port venu, même, autant ne pas aller trop loin. Et en entrant dans le village, Nessy intervint à nouveau.

« Oh, je connais. Papa a son bateau ici. On allait pêcher l'été. »

Finalement, c'était peut-être dur pour Nessy, aussi, cette chute dans l'échelle sociale, passer d'une vie de petit bourgeois à ça. Il ne le montrait pas trop, c'était déjà ça. Bon, ils s'en fichaient de quel bateau ils allaient siphonner, en même temps, et en fait, moins Ezio voyait de trucs ayant appartenu à l'ancienne de vie de Nessy, une vie où Devlin et lui n'avaient pas leur place, mieux il se portait.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Mer 26 Fév - 22:04

La première chose qui lui sauta aux yeux quand elle se glissa de nouveau au volant, c’est qu’elle pouvait tendre les jambes autant qu’elle le voulait, pas moyen que ses pieds touchent les pédales. Rien d’étonnant à cela puisque c’était Ezio qui l’avait précédée, c’est juste que ça faisait bien des années que ça n’était plus arrivé parce que c’était hors de question que qui que ce soit en dehors de lui ne conduise sa voiture à l’époque. Ce qui fait qu’il fallait le temps de s’y réhabituer. Devlin régla ce petit problème en espérant que ça libérerait de la place pour Nessy et qu’il arrêterait enfin de soupirer à tout bout de champ. Ben dis donc, elle n’avait pas hâte qu’il soit ado celui-là. Peut-être que tous les enfants sont comme ça et qu’il n’est pas plus difficile qu’un autre en partant du principe que tout le monde n’arrêtait pas de le balloter d’un côté à l’autre depuis la mort de ceux qui étaient pour lui ses vrais parents mais elle trouvait que ça devenait un peu pénible. Ce qui ne l’empêcha pas d’approuver le plan de son ex-mari, parce qu’il fallait bien aller de l’avant, de mettre le contact et de prendre la direction de sa planque. Pas vraiment le sens de l’orientation mais une bonne mémoire, ça aide, il n’y a pas à dire.

L’idéal serait de pouvoir tout laisser dans le coffre en permanence, afin de pouvoir parer à toute éventualité mais il fallait aussi être réaliste parfois et s’ils voulaient avoir du carburant en suffisance, il fallait faire de la place dans le coffre et donc tout laisser chez Ezio le temps de trouver quoi faire avec tout ça parce que bon, s’ils ne savaient tout faire entrer maintenant, c’est sûr qu’ils ne sauraient pas non plus le faire au moment du départ. Toujours est-il que c’est ce qu’ils firent car leur plan ne pouvait pas toujours être parfait, c’est ce qui faisait d’eux des humains et non des êtres supérieurs même s’ils l’étaient quand même un peu juste parce que. Puis de son avis, le plus sûr c’était de tout laisser dans la voiture mais c’était peut-être uniquement parce qu’elle était à deux doigts de l’idolâtrer, cette caisse. C’est tout juste si elle ne la voyait pas entourée d’un halo avec des petits anges invisibles qui chantaient dans sa tête. Et ça n’aurait probablement rien eu de choquant qu’elle le dise à voix haute, vu ce qu’elle était habituellement la seule à entendre - mais plus depuis la rencontre avec Nessy ! – et à voir mais tout de même, elle ne tendrait jamais le bâton pour se faire battre.

En attendant, ils étaient arrivé à bon port et quand son ex-mari présenta sa planque à leur fils, visiblement très fier de lui – en laissant échapper qu’ils n’y resteraient pas des années non plus étant donné qu’ils avaient prévu de partir mais il devait bien s’en douter quand même, il les voyait faire des préparatifs. S’il n’avait pas compris, c’est qu’il avait un sérieux problème. De toute façon, ce n’était pas ce qui l’intéressait. Ce qui l’intéressait présentement, c’était de savoir pourquoi ils s’embrassaient sans vivre ensemble. Oh mais s’il s’y mettait lui aussi…puis il exagérait, ils ne s’embrassaient pas si souvent. Pas autant qu’elle en avait envie et sûrement pas autant que s’il n’avait pas été dans leurs pattes. Bien que ce ne soit pas vraiment une époque pour rester ventousé l’un à l’autre à longueur de journée, Devlin était bien d’accord.
Bref, sa question resta sans réponse concrète parce que c’était bien trop prise de tête et qu’ils avaient totalement la bonne excuse pour se permettre de ne pas y répondre : ils étaient adultes et lui un simple gamin. Ce n’était pas plus compliqué que ça. Quand vint le moment de décharger, elle remarqua bien qu’Ezio regardait son carton avec insistance et ça la rassurait sur le fait qu’il ne savait toujours pas ce qu’il y avait dedans. Bien.

    « Oui, oui, ça reste là. Je suis certaine de ne pas l’oublier comme ça. »


C’était un peu la boîte de Pandore de la Corvette, si, si. Là-dessus ils se remirent en route pour le premier port qu’ils trouveraient. Une jolie petite station balnéaire pour snobinards, si bien que Devlin ne fut pas étonnée le moins du monde quand Nessy leur apprit qu’il connaissait le coin parce que son père l’emmenait pêcher l’été. Voilà qui la confortait dans sa décision prises par le passé : elle avait bien choisi même si c’était pas mal évident que la chute n’en était que plus dure pour ce gosse. Cela dit, elle ne pouvait pas prévoir que ça se passerait comme ça aussi n’éprouvait-elle pas trop de culpabilité à ce sujet-là.

    « Ah ouais, et c’est lequel le bateau de Bailey, alors ? »


Toujours bien de le savoir parce qu’ils éviteraient de le siphonner, au cas où ils auraient un jour besoin d’un bateau, hein. Pour retourner à Dublin par exemple. Ou pour aller visiter les Etats-Unis quand ils seraient arrivés au nord du nord de l’Ecosse. Ezio pouvait même prendre la voiture pendant qu’elle « suivrait » avec le bateau. Ca ne pouvait pas être bien difficile de naviguer et puis il devait sûrement y avoir un mode d’emploi, au pire.
Nessy la dirigea alors « tourne à droite, à gauche, tout droit, encore tout droit » et puis les voilà devant le bateau de son défunt père adoptif. L’emplacement juste devant le parking, ah quelle classe. Puis il fallait le voir ce navire, ce n’était pas une barque de pêcheurs, non, non, c’était autrement plus chic que ça. Quel dommage qu’ils ne puissent pas prendre le temps de se la péter quelques instants sur ce truc et qu’il ne soit pas amarré quelque part en Floride où il faisait beau et chaud, aussi. Mais la vie est ainsi faite. Après s’être garée, elle descendit de l’affaire et rebelote, elle attrapa tout le matériel pour siphonner et choisit le bateau à la droite de celui de Bailey. Mais juste avant, elle se tourna vers son ex-mari.

    « Tu crois que les gens ont pensé à rafler tout ce qui pouvait se trouver à l’intérieur aussi ? »


Sait-on jamais, c’était une sorte de maison flottante avec des vivres à l’intérieur des placards bien souvent mais les gens n’y avaient pas obligatoirement pensé à ça. Devlin avait bien envie d’aller y jeter un coup d’œil en tout cas. Sans perdre plus de temps, elle monta à bord et il se trouve que quelques zombies avaient fait pareil et traînaient sur le pont. Son premier réflexe fut d’en pousser un premier à l’eau et de le regarder se noyer. Ah ça, c’était bien plus amusant que de leur enfoncer quoi que ce fut dans la tête.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Jeu 27 Fév - 20:46

Un de ces quatre quand même, Ezio devrait demander à Devlin ce qu'elle trimballait dans cette boîte qui ne pouvait souffrir d'être abandonnée quelque part et qu'elle voulait toujours avec au plus près d'elle. Vu qu'il ne se permettrait jamais de l'ouvrir lui-même pour voir ce qu'elle contenait, même pas il ne ferait semblant de trébucher avec et de la laisser tomber pour en répandre le contenu par terre - surtout que c'était peut-être de la porcelaine de Chine alors bon. Il imaginait des tas de trucs sans aller dans l'extrême non plus, parce qu'il ne voyait pas son ex femme se balader avec la tête coupée d'un ex dans son carton ou bien tout un attirail de taxidermie ou même un costume de superhéros. Non il lui demanderait directement et si elle ne voulait pas lui dire il attendrait patiemment parce que de toute façon elle n'avait pas le choix, un jour il saurait ce qu'il y avait dans la boîte. Ça faisait un super scénario de film d'horreur n'empêche, une petite famille normale et tranquille, une boite mystérieuse et une heure trente plus tard, le père devenu fou courant après son fils avec une hache, enjambant le cadavre ensanglanté de la mère. Enfin un super scénario selon les critères d'Hollywood évidemment. Wah, Ezio aurait bien aimé voir à quoi ressemblait Hollywood en cette seconde. Est-ce que les rues étaient envahies de stars zombifiées ? Et comment reconnaître Joan Rivers ou Michael Douglas vivants au milieu de walkers ? Enfin bref, il était temps de se reconcentrer, ils arrivait dans une petite station balnéaire. Aaaah, la mer... Ezio n'y était pas attaché plus que ça, ayant grandi dans les grandes plaines désertiques du Texas, mais il appréciait quand même mes lieux, surtout depuis qu'il avait décidé de vivre dans une île - enfin un royaume d'îles. Mais, typiquement, il n'aurait pas été du genre à emmener son fils pêcher. Bon, il n'allait pas commencer maintenant à se comparer au père adoptif de Nessy et à complexer ou quelque chose comme ça. Lui, il apprenait à Nessy à tuer des zombies. Prends ça, père adoptif. Ezio suivit Devlin et Nessy à la recherche dudit bateau en espérant que c'était une sale petite barque pourrie et pas un yacht de millionnaire. Ce en quoi il fut à moitié soulagé seulement. C'était pas un petit bateau de pêche façon Tiers-Monde, ça c'est sûr, mais pas non plus un méga-yacht. Ça restait quand même un bateau assez luxueux, plus fait pour les balades en mer toute la journée que la simple pêche près des côtes. La belle vie, Nessy ! Lequel affichait pour l'heure une expression indéfinissable. Il devait inévitablement penser à sa vie d'avant, ce qui n'était pas très positif, évidemment, vu qu'avant il était le fils unique d'un couple riche l'emmenant en balade sur la mer et que maintenant il était un orphelin en haillon kidnappé par des inconnus l'emmenant en balade dans des landes brumeuses, remplies de zombies et by night, s'il vous plaît. C'est sûr qu'il avait un peu perdu au change.

Bon, il était temps de siphonner un peu. Drôle d'ambiance que ce port, n'empêche, parce que pour commencer, ici, contrairement à l'intérieur des terres, il n'y avait pas de silence, il y avait le bruit de la mer, les mouettes qui gueulaient et les bateaux qui grinçaient, s'entrechoquaient, et ça fait un vrai boucan. Pas cool pour capter les zombies en cas de besoin, mais bon. Devlin allait s'attaquer au bateau voisin, mais avant, pourquoi ne pas fouiner un peu ? Un bateau, c'était comme une maison, sauf que c'était moins évident, comme idée. Alors peut-être bien que les gens avaient moins pensé à fouiner ici. Surtout qu'un port, finalement, ça faisait un peu cul de sac. Le premier réflexe des gens avaient été de fuir, et fuir par la mer, à l'époque, ça avait dû paraître comme une mauvaise idée, parce que c'était fuir vers nulle part après tout. Alors qu'au début de l'épidémie, on se disait encore que c'était sûrement mieux ailleurs, que la situation ne pouvait pas être la même dans le monde entier. Avec le recul, maintenant, la mer semblait être une sacrée bonne idée. Ezio songea soudain que c'était peut-être ça la solution, faire comme les elfes dans le LOTR et se barrer sur une île pour avoir la paix parce que fuck off. Il devait bien y en avoir une, parmi les trois millions d'îles de la planète, qui avait été épargnée par l'épidémie. Une vraie petite île, pas une île façon Grande-Bretagne, évidemment. Et quand bien même il n'y en avait pas, alors pourquoi ne pas vivre sur un bateau tout simplement ? Revenir à terre de temps en temps pour se réapprovisionner, et encore, sinon, Waterworlds-style, manger du poisson et collecter l'eau de pluie, et voilà, la tranquillité absolue, pas un walker pour vous bouffer. A ceci près que ça devait être ennuyeux à en crever, encore plus que rester sur terre, mais bon. Si vraiment les choses devenaient incontrôlables ici, c'était une idée à creuser. Et sachant cela, ça serait bien de pouvoir le garder, ce bateau. Oula, c'est qu'ils commençaient à devenir de riches proprios, Devlin et lui, la corvette, le yacht, que faire de tout cela ?

« Ça vaudra le coup de retourner chez eux récupérer les clés de ce bateau, juste au cas où. Si on s'installe au bord de la mer, plus au nord, on pourra peut-être le garder... »

C'était tout à fait réalisable. Ils avaient réussi à récupérer Nessy, ils pouvaient surmonter tous les problèmes logistiques possibles et imaginables, donc. Ezio poussa Nessy devant lui pour qu'il suive Devlin, parce que pas question ne pas suivre Devlin sur ce bateau et pas question de laisser Nessy tout seul sur le port. Presque aussitôt, des zombies apparurent sur le pont. Sûrement les proprios, pas contents par delà la mort qu'on s'incruste dans leur propriété. C'est là que Devlin apporta la preuve définitive que les zombies ne pouvaient pas nager, en envoyant un par le fond. Mmmh, sale destin quand même, parce que le walker allait rester au fond, toujours en vie - enfin en vie selon les critères zombies -, à se déliter petit à petit et probablement à se faire bouffer par des poissons. Karma's a bitch. Ezio vit Nessy courir vers la proue du bateau du coin de l’œil, puis donna un coup de la crosse de son fusil à une walker qui lui sauta dessus avant de l'envoyer par-dessus bord d'un coup de pied en pleine poitrine, enfin, c'était ce qu'il avait prévu, sauf qu'au lieu de la projeter, son pied traversa la cage thoracique pourrie comme du papier. La nouvelle tendance pour 2017, l'accessoire "walker" ? Il se retrouvait avec une zombie autour de la cheville. Aaaah, cette vie avait encore tellement de scène surréalistes à offrir... Un autre walker lui venait déjà dessus, et en même temps il voyait bien que Nessy était allé se réfugier pile à l'endroit où il ne fallait pas, parce qu'une fois que vous étiez bloqué à la proue d'un navire, vous ne pouviez plus aller nulle part, et dans tout ça Ezio n'avait même pas le temps de vérifier comme s'en sortait Devlin. Les mathématiques étaient rudes, sur ce coup, c'était plus simple quand ils n'étaient que deux. Bref, il sentit deux mains lui agripper le mollet. C'était la zombie empalée autour de sa jambe. Mais en fait elle avait beau s’agripper tant qu'elle pouvait, elle ne pouvait pas le mordre, de quelque façon que ce soit. Bon eh bien elle attendrait, même si c'était tout à fait désagréable comme sensation, et un peu perturbant. Ezio arracha la mâchoire de son deuxième zombie d'un coup de crosse, et l'agrippa par le col pour le balancer par-dessus bord, histoire de ne pas refaire la même erreur.

En reportant son attention sur Nessy, Ezio vit qu'un petit zombie l'avait coincé contre la rambarde, et par petit, il pensait "enfant". Apparemment, c'était toute la famille qui s'était réfugiée dans le bateau, mais ça n'avait pas suffi à les sauver. Un zombie, c'était déjà pas beau à voir, un enfant zombie, c'était franchement cruel. Même si ça faisait longtemps qu'il n'avait plus ce genre de réflexion stupides du genre "non, pas les gosses, quand même, ni les handicapés, la nature serait pas su cruelle". Donc en fait si, cruel c'était. Ezio épaula son fusil, mais le zombie avait la même taille que Nessy, ce qui compliquait la visée, sans parler de la houle qui faisait tanguer le bateau. S'il explosait la tête de leur fils, est-ce que Devlin serait okay pour adopter le gosse-zombie à la place ? Là-dessus il vit Nessy dégainer son flingue et vider le chargeur déjà bien entamé à cause de leur séance de tir de tout à l'heure de façon paniquée, ce qu'à la limite on pouvait lui pardonner. Cinq balles de 9 mm dans le torse du mini-walker, donc, ce qui le ralentit bien une seconde et demie, au moins - et fit presque sauter le bras du zombie de son épaule, aussi. Pas suffisant. N'empêche qu'Ezio était déjà bien content que ni lui ni Devlin ne s'était pris de balle perdue. Il allait falloir qu'il diversifie l'entraînement de Nessy, qui faisait un peu n'importe quoi sous la pression. Oh, et puis merde, c'était qu'un gosse, et accessoirement c'était le sien, aussi. Ezio visa la tête du walker en train de se battre à mains nues avec un Nessy hurlant et lui fit exploser le caisson. Bon il aurait peut-être d'abord dû dire à Nessy de fermer la bouche ? Oh, ben trop tard. Le walker sans tête bascula par-dessus bord, et Nessy aussi, d'ailleurs, le col de son tee-shirt toujours coincé entre les doigts de son petit agresseur. Ezio se tourna vers Devlin et vit qu'elle avait vu. Oups ? Bon, à son âge, et s'il allait pêcher avec l'autre, il devait savoir nager, non ?

« Y'a son bras accroché à moooooooiiiiiiiiiiiii ! » fusa la voix de Nessy.

Oui, mais le proprio du bras était mort, c'était important de préciser. Bon il ne pouvait pas aller s'occuper de Nessy avec une zombie toujours gentiment empalée sur sa jambe, qui avait d'ailleurs réussi, malgré son absence d'ongles, à déchiré son trellis et en était a essayer vainement de bouloter ses bottes de militaires. Ce monde était fou. Il restait encore deux zombies sur le pont et il fit signe à son ex femme qu'il s'en occupait. C'était pas juste pour elle qui allait devoir se mouiller alors que lui n'avait pas de brushing à protéger, mais bon, c'était Nessy, quoi !
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Ven 28 Fév - 21:51

De prime abord, l’intérieur du bateau n’avait pas été dévasté comme tous les magasins et autres maisons dans lesquels elle était entrée. Ce qui ne signifiait pas pour autant qu’ils allaient trouver quoi que ce soit d’intéressant, les bateaux n’étant pas vraiment considérés comme des maisons flottantes mais plutôt comme des résidences secondaires, on ne les remplissait pas comme une maison, donc. Devlin en était arrivée à cette conclusion tout du moins parce qu’elle n’avait jamais eu de bateau, elle. Automatiquement, elle s’était dirigée vers le coin cuisine et supposant qu’Ezio et Nessy la suivraient ou au pire, que Nessy était en sécurité avec son père et que, qu’elle soit là ou non, ça n’y changeait pas grand-chose finalement, aussi démoralisant que ça puisse être. Puis si elle trouvait quelque chose, à ce moment-là elle serait utile. Tandis qu’elle fouillait les placards et toutes les cachettes possibles et imaginables, elle entendait bien du bruit provenant de dehors mais c’était très certainement son ex-mari qui s’amusait un peu avant de faire passer les walkers un à un par-dessus bord tel un pirate mais sans planche, décidément, ce n’est plus ce que c’était. Et puis, fait très étrange, un de ses potes fantomatiques bravait les interdits en venant lui taper la causette alors qu’il y avait des morts tout près.

Il était en train de lui parler de comment ça serait cool si les asticots qui festoyaient dans les placards de ce bateau étaient devenus des zombies. Le but étant de lui faire peur, de toute évidence mais ça n’avait pas grand effet parce qu’aussi bizarre que ça puisse paraître, il n’existait pas d’animaux zombies. Pourquoi les humains étaient touchés et pas les animaux ? Ca c’était une énigme qui resterait sans doute à jamais non-résolue, comme beaucoup d’autres. Quoi qu’il en soit, elle venait de mettre la main sur quelques paquets de fruits secs et quelques barres de céréales et ça suffisait à faire son bonheur. Triste vie. Des coups de feu retentirent alors à l’extérieur et Devlin se précipita à l’extérieur pour voir de quoi il retournait. En général, il n’y avait pas besoin de plus d’un coup de feu par zombie, donc ça n’augurait rien de bon. En effet, une fois dehors, elle vit leur fils aux prises avec un mini-walker alors qu’Ezio, immobilisé par la cage thoracique de ce qui avait dû être la mère de ce gosse mort-vivant, ew, essayait de viser mais hésitait parce que premièrement, ils avaient tous deux la même taille et ensuite, ils n’arrêtaient pas de gesticuler en tous sens. Ce qui l’empêchait d’agir sur le champ ? D’autres zombies en approche. Dans le genre famille nombreuse, ils se posaient là.

Ce n’est que quand elle vit Nessy basculer à l’eau avec son walker qu’elle sut exactement quoi faire. Même pas besoin qu’Ezio lui fasse signe ni quoi que soit, elle avait déjà balancé son sac par terre, ôté sa veste pour avoir quelque chose de sec quand elle remonterait et traversait le pont en courant. Pas au ralenti parce que ça n’avait rien à voir avec un épisode d’alerte à Malibu. Il manquait le soleil et les maillots de bains rouges. Ce dont Devlin se passait très bien étant donné que c’est une couleur qui ne lui sied guère sauf après une séance d’UV peut-être. Bref, arrivée en bout de course, il ne lui restait qu’à plonger comme une pro. Et c’est bien tout ce qu’elle fit comme une pro parce que l’eau était tellement glaciale en cette période de l’année que c’était un vrai supplice. Elle s’était d’abord retrouvée avec la respiration coupée par le froid avant de songer que si Jack Dawson avait nagé, il aurait probablement survécu, alors c’est ce qu’elle fit, avec des gestes saccadés, certes mais elle parvint tout de même à récupérer Nessy. Il remuait tellement qu’il était en train de se couler lui-même, c’était bien malin. D’abord elle lui sortit la tête hors de l’eau, le débarrassa du bras et puis pensa enfin à comment remonter à bord, maintenant ?

    « Merde, calme-toi, je t’assure que tu n’as pas envie de savoir ce qui se trouve sous l’eau alors tâche de rester à la surface. »


Oh quoique, lui ne voyait strictement rien alors ce ne serait pas un réel problème pour lui mais elle préférait se passer de cette vision d’horreur pour sa part. Soit, réfléchissons peu mais bien. C’était un bateau de plaisance, il devait bien y avoir une échelle quelque part. Ce qui serait ennuyeux, c’est que ce quelque part se trouve du côté d’un walker tombé à la flotte peu de temps avant. Ca le serait parce qu’à tous les coups, ces saloperies auraient envie de se la jouer sirène en les attirant vers le fond. Elle ne pouvait pas vraiment se permettre de demander à Ezio de vérifier pour eux de surcroit, il devait avoir du mal à se mouvoir avec son boulet perso à la cheville. Du coup elle nagea un peu à l’aveuglette, entraînant Nessy avec elle sans lui demander son avis, prudemment mais vite, sentant la menace de la créature du lac peser sur eux un peu plus à chaque seconde.

Et puis enfin ! Tel le Graal, l’échelle semblait scintiller au soleil. En bonne mère responsable, Devlin fit passer le gosse avant, en le pressant quand même un minimum parce que plus vite ils seraient hors de l’eau et mieux se serait, même s’ils pouvaient aussi craindre le comité d’accueil. Nessy gravissait doucement les échelons –bien trop lentement à son goût, soit dit en passant – quand ce fut le drame. Comme elle l’avait redouté, elle sentit des doigts se refermer sur sa cheville pour l’immerger totalement, lui faisant boire la tasse au passage. Là elle ne sut pas ce qui était le pire : le zombie qui n’avait pas l’air décidé à la lâcher ou les âmes des noyés qui ne remontaient jamais à la surface. Spectacle absolument terrifiant. Cela étant dit, ça serait une mort originale par les temps qui couraient.
Coups de pied, coups de poing, elle ne lui épargna rien à cette saleté mais elle refusait obstinément de lâcher prise. La seule solution fut de lui planter un de ses couteaux dans l’oreille et enfin l’emprise se relâcha. Malheureusement pour elle, Devlin dut abandonner son arme là sous peine de se noyer à son tour. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour remonter sur le bateau, chancelante et hors d’haleine. Plus jamais ça ! Nessy se tenait debout à côté d’elle et l’observait, l’air pas très rassuré. Ou peut-être même inquiet. Wow ça serait un de ces pas en avant, si c’était le cas. Mais soit, il serait peut-être sage d’aller voir où Ezio en était avec son boulet. Au pire, elle pourrait toujours l’aider à le mettre en pièces pour s’en débarrasser s’il n’y était parvenu.

    « Bon ben je crois qu’on va se contenter des fruits secs et barres de céréales que j’ai trouvé, on fouillera pas tous les bateaux si c’est comme ça sur chacun d’eux. »


C’est clair que ce genre de mésaventures donnait juste envie de se barricader quelque part pour ne plus jamais sortir. Et ça serait tellement simple s’ils pouvaient faire ça.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Sam 1 Mar - 21:31

Vraiment, c'était pas qu'il laissait le sale boulot à Devlin, Ezio y serait vraiment allé lui-même s'il avait pu, mais il ne pouvait pas, enfin pas trop. Okay, il aurait pu, dans l'absolu. En plus, peut-être bien que les walkers flottaient et que celle qu'il avait autour du mollet lui aurait servi de flotteur. Enfin bref la question ne se posait plus parce que Devlin n'avait pas tergiversé une seule seconde avant de larguer ses affaires sur place, de traverser le bateau en courant et de sauter à l'eau juste comme ça. En espérant qu'il n'y avait pas une bouée ou un truc solide juste en dessous, mais non, Ezio entendit distinctement le bruit d'un corps qui tombe à l'eau et décida de se concentrer sur ses propres problèmes, puisqu'il faisait totalement confiance en son ex femme. Et donc, il rechargea son fusil, faisant sauter la cartouche vide, et tira en pleine tête dans le zombie qui tentait de l'agresser, non mais. Il rechargea à nouveau son fusil et une fois cela fait, décida enfin de s'occuper de cette walker gênante, même s'il se demandait un peu comment s'en débarrasser, en fait. Bon. Il dégaina son couteau et l'enfonça dans le front de la chose, qui finit enfin par s'immobiliser et par arrêter de grogner. Wouah, ça faisait du bien quand ça s'arrêtait. Bon, et maintenant ? Il réussit à dégager sa jambe, à mains nues puis en poussant sur la fin avec son fusil, rah c'était vraiment dégoutant. Il jeta le corps par-dessus bord et courut jusqu'à l'échelle du bateau, à temps pour voir Nessy tout seul cramponné aux barreaux. Ezio le saisit par le dos de sa veste, le souleva et le reposa sur le pont.

« Hey, où est ta mère ? »

Il ne se rendit même pas compte de son lapsus, cette fois, et de toute façon Nessy tremblotait comme de la gelée et lui répondit par un regard assassin avant de hurler que sa mère était morte, morte, morte ! Bon, okay, un petit choc post-traumatique à venir, peut-être ? Ils dealeraient avec ça plus tard. Ezio ôta sa veste, puis sa chemise, et entortilla Nessy dans cette dernière avant de se précipiter à nouveau vers l'échelle, mais un nouveau gargouillis retentit dans son dos. Non mais ils étaient combien à s'être planqués ici, ces gens-là ?? Il se retourna et vit... un enfant. Mais vraiment, un tout petit, petit enfant. Du genre trois ou quatre ans. Il entendit Nessy pousser une exclamation étouffée dans son dos et lui-même regarda le gosse - le bébé ! - s'approcher de lui d'un pas hésitant. Merde alors. Avec un soupir, Ezio souleva le micro-walker de la même façon qu'il l'avait fait avec son fils vingt secondes plus tôt et traversa le bateau, ordonnant à Nessy de rester là. Une fois à l'abri des regard, il reposa le walker, qui s'agitait et faisait les mêmes bruits que les grands, et lui fit subir le même sort qu'à sa mère, une lame de couteau entre les deux yeux. Mieux valait ne pas réfléchir. Vraiment. C'était un jour à classer dans les jours pourris, c'est tout. Pourquoi est-ce qu'on ne voyait pas plus de bébés et d'enfants walkers ? Ezio n'aurait pas su dire, à part peut-être que les adultes protégeaient les enfants et qu'ils se faisaient peut-être moins facilement bouffer. Mais parfois, on avait beau vouloir les protéger, ça ne fonctionnait pas, comme cette fois-là. Il hésita quelques secondes, debout au-dessus du minuscule cadavre, puis le poussa doucement du pied pour l'envoyer par le fond lui aussi. Journée de merde.

Ezio repartit vers la proue, d'où Nessy n'avait pas bougé, même si Devlin l'avait rejoint et il était bien content de la voir. Il la rejoignit aussitôt, posant ses armes et son sac, et lui tourna autour en la tripotant un peu de partout pour vérifier qu'elle n'avait pas été griffée ou mordue ou un truc comme ça, mais apparemment pas. Il l'embrassa sur le front. Il était quand même content qu'elle n'ait rien, ah, et puis en fait il aurait peut-être dû aussi checker Nessy, voir s'il ne s'était pas fait mordre ou griffer. Il n'y avait pas pensé du tout, pauvre Nessy. Il tendit sa veste à Devlin, encore, puisqu'elle était mouillée encore, puis posa un genou à terre devant Nessy.

« Laisse-moi vérifier que ton pote de tout à l'heure ne t'as pas fait de mal... »

De toute façon, Nessy n'avait pas l'air d'être en état de protester et se laissa observer sous tous les angles sans rien dire ni râler ni même pleurnicher, ce qui venant de lui était un peu inquiétant.

« Bon. C'était intéressant. On va récupérer de l'essence et rentrer, hein, je crois qu'on a besoin de repos. Tu veux attendre dans la voiture, Nessy ? »

Comme il ne dit ni oui ni non ni même peut-être, c'était dur de savoir ce qu'il voulait. Bon, autant le garder avec eux, hein. Il leur suffisait de trouver la machinerie, ouvrir le moteur et récupérer l'essence, et ils reviendraient plus tard s'ils voulaient récupérer le bateau de Bailey, oui voilà, ils n'avaient qu'à faire comme ça.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Dim 2 Mar - 23:06

Devlin se laissa inspecter sous toutes les coutures sans broncher. L’espace d’un instant, elle se demanda quand même ce qu’il se passerait si jamais elle était blessée, si jamais Ezio lui trouvait des traces de morsures ou des griffures, mais elle chassa bien vite cette pensée de son esprit parce qu’elle ne voulait pas le savoir, en fait. Ni ce qu’il adviendrait si les rôles étaient inversés. Elle n’y avait encore jamais songé jusque-là parce que dans son esprit, c’était très clair : impossible que son ex-mari se trouve dans ce genre de situations alors qu’elle non. Quoi qu’il en soit, elle était intimement convaincue qu’elle n’aurait jamais le cran de…enfin bref, elle n’aurait jamais le cran, point. Mais pourquoi s’en faire puisqu’elle n’avait rien et Nessy non plus, semblait-il. Enfin, il avait l’air aussi secoué qu’une bouteille d’orangina, mais en dehors de ça, il avait l’air de se porter comme un charme. Bon, Devlin sentait venir ce moment où il allait éclater tandis qu’eux ne sauraient pas ce qu’il fallait faire ou dire et ça serait vraiment chouette qu’ils ne soient plus dans les parages quand ça arriverait. Aussi hocha-t-elle vivement la tête aux propos d’Ezio. Oh ça oui, ils avaient indéniablement besoin de repos et même si la vie n’était plus aussi facile qu’ils l’avaient connue par le passé, elle espérait bien qu’ils ne connaîtraient plus trop de journées aussi merdiques que celle-ci.

    « C’est le meilleur plan qu’on ait eu aujourd’hui. T’en fais pas Nessy, tout va bien se passer, maintenant, y a probablement plus de walkers à bord. »


Qu’est-ce qu’elle en savait ? Rien. Rien du tout, si ça se trouve il y en avait une bonne dizaine tapie dans la cale du bateau, attendant le bon moment pour se manifester ou ce genre de trucs mais son rôle de mère, c’était aussi de rassurer son fils. Et de retarder autant que possible sa potentielle crise de nerf. Elle savait que celle-ci viendrait, elle en était intimement convaincue, elle croisait juste les doigts pour qu’elle ne survienne pas trop tôt.
Puisqu’il n’avait apparemment pas envie d’aller les attendre dans la voiture, là où il aurait pourtant été plus en sécurité que sur ce bateau de l’enfer, elle le prit par la main et chercha la trappe menant à la machinerie. C’était toujours une trappe, non ? Peut-être bien qu’elle se fourvoyait et que ses connaissances en matière de bateau étaient vraiment lamentables. Mais non, Devlin fut ravie de constater qu’elle n’était pas désespérante à ce point, il y avait bel et bien une trappe et en l’empruntant, on accédait vraiment à la salle des machines, comme on l’aurait appelée sur le Titanic. Cela dit, ce n’était pas pour la rassurer, ça lui rappelait étrangement –et très désagréablement, soit dit en passant – le grand final de Souviens-toi l’été dernier. Un frisson la parcourut mais elle l’ouvrit tout de même, et bien qu’il y fasse aussi noir que possible, elle lâcha la main de Nessy et se tourna vers les garçons avant de s’exclamer :

    « Je…enfin, je pars devant, quoi. »


Elle savait bien que ça ne lui réussissait pas de jouer les supers héroïnes, la preuve en est qu’elle venait tout juste de manquer d’y laisser sa peau. D’ailleurs, maintenant qu’elle y pensait, elle n’avait jamais autant risqué sa peau que depuis qu’ils avaient récupéré Nessy. Mais elle avait raflé une boîte d’allumettes dans la cuisine tout à l’heure, alors c’était tout indiqué. C’est tout de même à pas feutrés qu’elle descendit prudemment les marches. Il ne manquerait plus qu’elle trébuche, rate une marche ou autre joyeuseté dans le genre et ne s’étale de tout son long au beau milieu d’une tripotée de zombies. Voilà qui ne risquait pas d’arriver puisqu’elle prenait tout son temps et c’est donc sans encombre qu’elle parvint au bas des marches. Ce n’est que là qu’elle jugea utile de craquer une allumette. C’est qu’elle avait tenu un jerrycan, qu’elle avait récupéré en même temps que ses affaires, jusque-là et que bien qu’il soit vide, il n’en était pas moins encombrant. Mais pas de râles terrifiants, pas de bruissement d’air, rien de tout ça et ça, c’était pas mal encourageant, déjà. Elle éclaira aussi loin que possible et fit un tour sur elle-même pour s’assurer que personne ne se planquait dans les ténèbres, ce qui n’avait pas l’air d’être le cas, puis elle les interpella.

    « La voie est libre, vous pouvez descendre. »


En même temps, ça serait vraiment le bateau de l’enfer si en plus de tous les walkers qui se trouvaient sur le pont, il y en avait enfermés dans la machinerie. Pour la suite, elle laissa son ex-mari prendre les choses en mains. Principalement parce que c’était son idée et qu’il savait peut-être mieux qu’elle où pouvait bien se trouver le réservoir d’essence. Avancer là-dedans, c’était un peu comme d’avancer dans la cale d’un mini-Titanic. Il y avait des manivelles de-ci de-là et c’est à peu près tout ce que Devlin pouvait distinguer dans la pénombre. Pénombre qui terrifiait Nessy, de toute évidence. Pourtant, elle savait maintenant qu’il n’avait pas peur du noir et il n’y avait personne qui lui soufflait quoi que ce soit dans les oreilles cette fois-ci. C’était peut-être tout simplement le contrecoup du choc de tout à l’heure. En tout cas, il les collait tous les deux, ce qui n’était pas trop compliqué puisque c’était assez exigu comme endroit.

    « On a intérêt à se magner, je pense. Puis on pourra s’estimer heureux s’il accepte de remettre un pied dehors après ça. »


L’avantage c’est qu’il était encore trop petit pour qu’ils ne puissent pas l’y obliger mais elle était persuadée qu’un traumatisme venait de se créer. Pour sa part, elle trouvait que c’était assez rassurant comme endroit et elle serait bien restée là, bercée par la mer, pendant quelques temps, si elle avait pu. Mais le fait est qu’elle ne pouvait pas parce que Nessy commença soudain à piquer sa crise comme elle l’avait prévu depuis quelques minutes. Ben oui, c’était le bon moment pour ça, tiens. Il se mit soudain à crier qu’il voulait sa maman et tout ce qui s’ensuit. Oui tiens, ils lui manquaient à elle aussi, là tout de suite.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Mar 4 Mar - 19:12

Ezio en avait vu des attaques de zombies, autant que n'importe qui d'autre, d'ailleurs, et il savait que tout le monde réagissait à sa manière, même si dans l'ensemble les gens s'étaient quand même plutôt endurcis. C'est à dire qu'avant, gérer des morts qui essayaient de vous bouffer, ça mettait forcément en état de choc, ne serait-ce que parce que le concept en lui-même était juste inimaginable. Maintenant, les gens avaient intégré la donne. Ouais, les morts se relevaient et ne voulaient qu'une chose, vous arracher la gorge. Et leur enfoncer un objets contendant dans le crâne était devenu un quasi-réflexe, c'était la seule action possible dans ce cas de figure, il n'y avait même plus à réfléchir, à hésiter et à s'en horrifier. En revanche, on ne pouvait pas se débarrasser si facilement de ce petit moment" putain cette fois c'est pas passé loin" qui envahit Ezio une fois que les choses se furent calmées sur le bateau. Ouais, les zombies, tout ça, c'était devenu banal, mais à chaque fois qu'il s'en colletait personnellement, il avait ensuite cette sensation paradoxalement négative d'avoir survécu. Ca vous secouait son homme, alors évidemment il ne pouvait pas imaginer quel genre de pensées ça déclenchait chez Nessy. Pour l'heure, le gosse était bien gentil pour être tétanisé la bouche vaguement ouverte et les yeux dans le vide, mais ils commençaient à le connaître un peu, à force, et ils voyaient venir la crise de loin, de sorte que Devlin entreprit très tôt de le ramener sur terre et de le rassurer. Peu importait ce qu'elle lui disait tant qu'elle lui disait un truc qui lui montre que les adultes répondaient présents. Même si au fond de lui, Ezio était sûrement tout aussi secoué que le gosse, mais bon, il n'allait pas le lui dire et encore moins le lui montrer. Hey, c'était le grand secret de tous les adultes, hein. Les gosses pensaient qu'ils savaient tout, avaient réponse à tout et étaient indestructible, et les adultes étaient des gosses qui faisaient semblant de tout savoir, d'avoir réponse à tout et d'être indestructible, le degré de respect déclenché chez le gosse variant selon le talent de l'adulte à faire semblant. Certains étaient plus efficaces que d'autres. Ezio en conclut qu'un bon parent était un parent qui mentait bien, et en l'occurrence, Devlin et lui s'en sortaient plutôt bien pour l'heure. Mais oui, aucun souci ! Plus de walkers, tout allait bien, ils n'avaient plus qu'à rentrer se mettre au chaud !

Mais d'abord, en fait, il fallait bien récupérer de l'essence, qu'ils n'aient pas fait tout ça pour rien. Ils s'enfoncèrent donc dans les entrailles du bateau, même si c'était un tout petit bateau, et donc de toutes petites entrailles. N'empêche qu'il pouvait très bien rester des zombies là-dessous - genre le tout dernier de la famille, zombifié à deux mois et condamné à crever de faim dans son berceau en faisant d'affreux bruits de bébé remixés façon zombie. Une trape, donc. La joie de s'enfoncer dans le noir les jambes d'abord, dans un escalier bien assez raide pour se faire agriper les jambes sans prévenir par le premier walker venu. Devlin annonça qu'elle passait devant et Ezio faillit protester, mais finalement, devant ou derrière, c'était tout aussi dangereux, tant que Nessy était au milieu, ça allait le faire. Il vit une petite lueur apparaître, une allumette. Contrairement à ce qu'on voyait dans les films, ça n'éclaira pas l'espace autour de Devlin dans un rayon de vingt mètres. Il pouvait à peine distinguer la courbe de son visage. Ezio poussa Nessy devant lui quand son ex femme annonça que c'était bon, le tenant à moitié par le col pour éviter qu'il ne se casse la figure - il était le fils de sa mère, après tout. Ezio le lâcha une fois qu'ils eurent rejoint Devlin et son allumette. Est-ce que ça n'était pas encore pire d'éclairer juste une toute petite partie du noir comme ça ? Ce qu'on ne voyait pas ne pouvait pas faire peur, alors que si un visage de walker apparaissait soudain dans le halo de lumière produit par l'allumette, même Ezio n'était pas sûr de ne pas pousser un cri de fillette. Il tâtonna un moment dans la salle exiguë, laissant ses yeux s'habituer à la pénombre et distinguant la machinerie grâce à la petite lueur. Puis il récupéra le jerrycan et ouvrit une trape en métal bien crade. Le clapotis et l'odeur de l'essence lui parvinrent assez nettement. Le ravitaillement était fait par l'extérieur, mais il fallait bien aussi pouvoir accéder au moteur par l'intérieur en cas de réparations à faire. Ezio enfonça son bout de tuyau dans le conduit, aspira quelques secondes jusqu'à ce qu'une délicieuse gorgée d'essence ne vienne lui rincer les gencives et cracha par terre comme un gros vieux dégueulasse avant de laisser l'essence couler du tuyau jusque dans le jerrycan. Hey, il aurait pu se la péter et dire si c'était de l'essence ou du diesel, comme les maffieux qui goutent leur coke. S'il avait su. Enfin bref, une bonne chose de faite.

« Tu crois qu'on devrait essayer de récupérer le bateau familial ? J'y pensais tout à l'heure, ça serait peut-être moins dangereux de voyager par la mer. »

Enfin ou pas. Parce que pour commencer, lui, il ne savait pas naviguer - fils du Texas, tout ça. Et déjà qu'il avait entendu dire que la mer était dangereuse de base, alors pour quelqu'un qui n'y connaissait rien...

« Tu sais naviguer, toi ? »

Tiens donc, un truc qu'il ne savait pas sur elle. C'était déstabilisant et en même temps tout à fait amusant. Il entendit plus qu'il ne vit Nessy remuer et marmonner que lui, il ne savait pas en tout cas. Heureusement qu'il était là, celui-là, qu'auraient-ils fait sans lui... Ezio sentit l'essence déborder du jerrycan et sut que c'était bon pour cette fois. Il referma solidement le bouchon. Il était aussi pressé que Devlin de décamper d'ici parce que personne de sain d'esprit ne pouvait se sentir en sécurité dans un espace clos et sombre sans autre sortie que celle à laquelle ils offraient rpésentement leur dos, l'embuscade parfaite. Mais ils remontèrent à l'air libre sans rencontrer d'autres membres de la petite famille, peut-être parce qu'à force, Devlin et lui l'avaient décimée en entier. Une fois sur le pont, il jeta un coup d'oeil à la flotte et eut la réponse à une des questions qu'il se posait depuis qu'ils étaient arrivés ici : oui, les zombies flottaient. Ce qui en fait n'était pas bien étonnant. C'était en aspirant de l'eau et en en remplissant ses poumons qu'on alourdissait son corps et qu'on coulait à pic, quand on se noyait. Mais les walkers ne respirant pas, ils étaient comme n'importe quel cadavre jeté à l'eau post-mortem : de vraies bouées. Et donc plusieurs macchabées pourrissants flottaient tout autour du bateau en un spectacle macabre et pitoyable que ne manqua bien sûr pas de noter Nessy, qui écarquilla les yeux à un point qu'Ezio n'aurait pas cru physiologiquement possible. Pourtant c'était pas faute de voir des horreurs tous les jours, mais apparemment, ce monde en avait toujours de nouvelles à leur jeter à la figure. Et que dire, ou que faire pour le protéger de ça ? Il n'y avait rien qu'ils puissent dire ou faire, justement. Ezio le poussa donc devant lui pour descendre du bateau.

« La nuit ne va pas tarder, dépêchons-nous de retrouver la voiture. Et le chauffage. Si quelqu'un se souvient d'où est-ce qu'on l'a garée. »

Parce que mine de rien, après que Nessy leur eut annoncé que le bateau de son faux père se trouvait dans le port, ils en avaient fait du chemin pour le trouver.
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It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]

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