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 You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)

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MessageSujet: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Lun 27 Jan - 21:17



Darren, John & Téo
L’hiver était là. Cette saison autrefois avait été annonciatrice des fêtes de fin d’année, de ces moments où toute sa famille se réunissait. Il faisait froid, certes, mais la neige était quelque chose d’agréable, symbolisant les réunions de famille à venir et une période qu’elle aimait tout particulièrement. Sauf que de réunion de famille il n’y aurait plus, et pour cause : d’autant qu’elle sache, elle était la dernière encore en vie. Elle se retrouvait seule après avoir si souvent souhaité que ses multiples frères et soeurs soient un peu moins envahissants. Quelle ironie du sort... Et alors qu’elle avait trouvé un père de substitution, il avait fini par disparaître lui aussi. Elle s’était finalement résolue à la solitude, se souvenant des paroles de John : à quoi bon se soucier encore des morts ? Autant faire comme s’ils n’avaient jamais existé. Sauf que c’était loin d’être facile, loin de là. Les personnes qu’elle avait aimées avaient laissé une empreinte dans sa chair, une empreinte qui lui semblait indélébile et dont elle ne parvenait pas à se défaire, malgré ses efforts.

Certains avaient trouvé une nouvelle famille parmi les membres du manoir Skyfall. Ca n’avait pas été son cas, loin de là. Plus elle les connaissait, moins elle les appréciait. Quoiqu’elle ne cherchait pas vraiment à les connaître. Ils pouvaient bien tous se faire dévorer, elle s’en moquait. Si elle restait, c’est parce qu’elle savait que c’était ici qu’elle avait le plus de chances de rester en vie. Et peut-être y avait-il une part de sentimentalisme dans tout ça, dans ce désir de demeurer au dernier endroit que John avait connu. Elle ne cherchait pas vraiment à se poser la question à vrai dire. L’essentiel était de survivre, il était inutile de se laisser aller à ses émotions ou ses souvenirs. Ca ne ferait revenir personne.

Depuis l’arrivée d’un nouveau groupe le manoir était particulièrement peuplé, ce qui n’était pas pour lui plaire, bien au contraire. Si elle n’avait pas été persuadée qu’être seule la rendrait plus vulnérable elle aurait quitté le manoir depuis bien longtemps. Mais elle restait, et pour cela elle était bien forcée d’accepter cette invasion, faisant de son mieux pour éviter la majeure partie des gens et s’isoler dès qu’elle le pouvait, que ce soit à l’intérieur de manoir où à l’extérieur, profitant de chaque opportunité pour s’éloigner. En l’occurrence, il s’agissait d’aller du côté de l’A82, à l’endroit où se trouvaient toutes les voitures abandonnées. Elles étaient évidemment hors d’usage, mais en fouillant bien on pouvait parfois récupérer du matériel, des vêtements ou autres qui pouvaient s’avérer très utiles.

C’était une occupation comme une autre, mais qui pouvait s’avérer dangereuse puisque les zombies ne manquaient pas de recoins où se cacher, attendant de se jeter toutes dents dehors sur un malheureux humain égaré qui trainerait dans les parages. Sur ses gardes, elle commença à fouiller les véhicules qui lui semblaient plus vraisemblablement comporter des choses intéressantes. La plupart du temps les gens étaient partis en catastrophe sans prendre le temps de verrouiller leurs portières, ce qui l’arrangeait bien.

Elle parvint à trouver quelques vêtements principalement, mais rien d’extrêmement intéressant en réalité. Alors qu’elle fouillait une autre voiture, elle aperçut non loin de là une silhouette qui ne lui était pas inconnue, puisque c’était celle de Darren, un type qu’elle ne pouvait absolument pas supporter, ce qui d’ailleurs était réciproque. Il la considérait exactement comme elle le détestait : comme une gamine encombrante, qui en plus avait été une pauvre victime. Elle n’avait pas l’intention de filer pour l’éviter. De toute façon c’était trop tard, il l’avait vue. Elle lui lança un regard renfrogné, pressentant bien qu’il s’apprêtait à l’envoyer promener. Elle le connaissait suffisamment bien depuis le temps pour le prévoir. Il détestait les enfants, et allez savoir pourquoi il semblait croire qu’elle en était encore une.

« Me regarde pas comme ça, la route est à tout le monde ! » lui lança-t-elle d’un ton agressif sans même attendre qu’il ait ouvert la bouche. Elle n’avait aucune envie de se montrer aimable avec lui ou de faire mine d’être contente de le voir, ce qui aurait été totalement hypocrite. De toute façon il la prenait déjà pour une sale gamine mal élevée, alors un peu plus ou un peu moins...

 
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Dernière édition par Téo Sinclair le Sam 10 Mai - 19:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Dim 2 Fév - 14:43

Putain de neige ! Putain d'hiver, comme si on avait besoin de ça sérieusement. Même les bêtes sont plus malignes que nous, elles se sont tous barrés dans des trous quelque part pour dormir jusqu'à ce qu'il fasse chaud à nouveau. Plus moyen de mettre la flèche sur un débile d'écureuil. Qu'est-ce que je suis censé rapporter à manger moi avec ça hein ? Des flocons ? Non bien sûr que non, mais on m’envoie quand même à la recherche de nourriture, parce que ce groupe est énorme, parce que nos envahisseurs se servent bonnement dans nos provisions à nous plutôt que d'envoyer leur propre monde pour chercher des denrées. Si ça ce n’est pas de l’abus. Et si j'y vais, ce n'est très certainement pas pour leur faire plaisir ou parce que je me soucie de savoir s'ils vont manger quelque chose ou non, ne tenant qu'à moi, ils pourraient bien tous crever de faim. Non, si j'accepte à chaque fois de prendre mes clics et mes clacs pour partir à la recherche de nourriture c'est pour la simple et bonne raison qu'au moins, quand je suis dehors, personne me fait chier. Appelez ça de l'intolérance maladive si ça vous fait plaisir, mais je suis incapable de supporter leur débilité profonde et quotidienne, tel un drame sans fin. Oui, y'a un apocalypse, oui y'a des zombies, oui t'as autant de chance de mourir demain que de glisser sur plaque de glace en sortant du manoir, ou dans le manoir tout simplement, oui c'est la merde, on a froid, on a faim, on a le dos en compote parce que dormir par terre eh bah...c'est dormir par terre, pas besoin d'épiloguer le sujet. Tout ça, je le sais, tout le monde le sait, tout le monde le vit, alors fermez vos putains de gueules ! Souffrez si vous avez envie de souffrir, mais que diable, faites-le en silence merde ! Est-ce que je passe mon temps à faire chier tout le monde moi? Bon...d'accord, ouais, mais c'est différent, je le fais avec une bonne raison moi! Ou peut-être pas si bonne que ça, mais voilà, j'ai le droit moi, j'ai gagné le droit rien qu'à devoir les supporter jours après jours. Et puis, ils diront bien ce qu'ils veulent, c'est quand même moi qui, le plus souvent, prend des risques pour rapporter des trucs. Et ça c'est sans parler du fait qu'ils se donnent souvent le droit de jouer les duchesses en levant le nez sur la nourriture sous seule prétexte que ça ne se mange pas ça! Ça, étant des écureuils, des chats, des oiseaux, bref, du gibier. Petite nouvelle, si y'a de la viande autour des os, ça se mange d'accord! Bref, passons.

C'est donc faute de ce dit gibier que j'ai claqué la forêt pour l'autoroute. Me voilà restreint à jouer les charognards en allant pillé chez les morts. Non pas que j'y vois un quelconque scrupule, ils sont mort, ils s'en fichent, mais c'est tout de même moins glorieux d'être le vautour qui se repaie des restants des autres que d'être le lion qui se tape le banquet. Sauf que voilà, quand bien même, ce n'est pas non plus la première fois que je me livre à ce sport qu'est celui du brocantage dans les voitures. Des voitures qui à mon avis ont déjà tous été pillées, mais on ne perd rien à essayer comme on dit. C'est donc avec mon arbalète au poing, prêt à tirer au moindre mouvement que j'avance prudemment entre les carcasses rouillées du cimetière de voiture. Doublement prudent parce qu'avec cette neige c'est devenu encore plus corsé de repérer les bouffeurs de chair, surtout ceux en mode rebootage qui ne bougeront que s'ils entendent un bruit, aka votre jambe sur laquelle ils se feront un plaisir de se jeter. Eh oui, c'est à croire que même ces machins débiles ont développé des techniques de chasse. Ils font semblant d'être mort, enfin vraiment mort et au dernier moment, ils se jettent sur vous comme des camés en manque, ce qu'ils sont probablement en fait. Si ça se trouve, tout ce merdier c'est à cause d'une mauvaise drogue qui a passé sur le marché, on ne sait pas hein, ils mélangent vraiment n'importe quoi parfois. Bref, n'empêche que c'est silencieux, tranquille. Je suis pénard. Ou du moins jusqu'à ce que j’aperçoive cette silhouette rachitique chapeauté d'une tignasse blonde en train de fouiller un véhicule. Les grands esprits se rencontrent. Si seulement...Je suis aussitôt tenté de simplement virer les talons et d'aller me faire voir ailleurs, mais je ne sais trop pourquoi, probablement mon esprit de chieur, je décide plutôt de continuer d'avancer dans sa direction. Pas avec le sourire, ni les yeux pétillants de joie de la voir en vie. Non, autant qu'on soit sur la même longueur d'onde, je n'aime pas cette gamine, pas si gamine que ça certes, mais de mon de vue tout ce qui a en bas de vingt-cinq ans est un gamin, et encore parfois j'élève le seuil à trente ans histoire d'être bien certain d'englober tous ceux qui le méritent. Je ne voudrais surtout pas faire des jaloux.

Bref, et comme si ça ne lui suffisait pas d'être une gamine, il faut en plus qu'elle ait un sale caractère d’hyène. Je n'aime pas les gens qui ont mauvais caractère, je préfère avoir l'exclusivité sur le rôle. « Me regarde pas comme ça, la route est à tout le monde ! » Je plisse le nez, relève mon arbalète devant moi en franchissant encore quelques pas, juste assez pour pouvoir lui répondre sans être obligé de crier. «Hey! Tu m'parle pas comme ça sale gosse, ou c'est la dernière fois que tu vas la voir c'te route. On t’a jamais appris le respect ou quoi?» Si elle n’est pas fichue de respecter les plus vieux qu'elle, elle pourrait au moins respecter les plus armés qu'elle, ce serait la moindre des choses. «Qu'est ce tu fous là d'abord? Tu d'vrais pas être au manoir ?» Oh bien bravo Darren, c'est très malin ça. C'est la pire chose à faire, faut jamais leur donner d'attention à ces gamins, après ils s'imaginent avoir le droit d'abuser. «Oh et puis, qu'est-ce que j'en ai à foutre d'toute façon.» Petite bâtarde, on se demande pas c'est la gamine de qui hein ! «Tu fais c'que tu veux, mais si tu crèves, crois-moi que j'l'aurai pas sur la conscience!» On ne peut pas sauver tout le monde de toute façon. Que Dieu fasse son job! Mais quel couillon celui-là...
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Johnathan Rayne
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Mer 5 Fév - 16:58




« J’ai froid. »
Je grommelle en me pelotonnant sous mon manteau, mes paupières s’écrasant l’une contre l’autre.
« J’ai dit : j’ai froid ! 
— Moi aussi j’te signale ! C’est le principe ! »
Je me redresse en baillant. La nuit a été courte, trop courte, le blizzard hurlant et le froid mordant s’engouffrant par les interstices de la camionnette où j’ai la veille trouvé refuge m’ayant empêché de sombrer dans le sommeil plus de quelques minutes, en pointillés.
« Je veux rentrer ! »
Je pousse un soupir exaspéré. Depuis hier, Donnie me tanne pour que je rebrousse chemin en direction du port de Fort William. Mais je n’ai pas fini de fouiller la zone, et tourner les talons maintenant reviendrait à faire preuve d’abandon.
« Tu devrais déjà être rentré ! Anna doit se faire un sang d’encre ! »
Je ricane sombrement.
« Depuis quand tu te soucies de ce qu’elle peut penser ? Et dois-je te rappeler que tu m’as chanté ou plutôt braillé Freedom pendant une heure après que j’aie quitté le bateau ? Dis plutôt que tu veux retrouver ton petit confort.
— Et alors ? T’avais dit pas plus de trois jours, et aujourd’hui, ça fait quatre ! Je suis fragile, moi ! J’ai besoin d’une bonne nuit de sommeil au chaud, et toi aussi ! »
Je me passe une main sur le visage en étouffant un grognement de frustration. Je sais qu’il a raison, qu’à l’heure qu’il est, je devrais déjà être en train de récupérer de mes éternellement infructueuses recherches au fond de mon lit, en sécurité sur le ferry. Je rage après le blizzard qui m’a fait perdre vingt-quatre heures sur le temps qui m’était alloué, vingt-quatre heures qui peuvent faire toute la différence : vingt-quatre heures pendant lesquelles Téo aurait mille fois eu l’occasion de croiser mon chemin.
« Mille fois, oui bien sûr. Sous forme de walker, peut-être, et encore ! À quoi ça sert de t’accrocher à tes chimères alors que t’as une fille, une vraie, en chair et en os — et pas pourris en prime — qui t’att…
— Chut ! »
Je dresse l’oreille ; une voix, j’ai entendu une voix.
« Oui, elle s’appelle Donnie. »
J’ai dit : silence.
Silence. N’était-ce que le vent ? Pourtant, il ne semble plus souffler. L’atmosphère est plate, feutrée, typique du calme après la tempête. Je me laisse aller contre la paroi de l’arrière de la camionnette en levant les yeux au ciel, mais me redresse aussitôt, aux aguets : cette fois, j’ai clairement entendu un bruit, un claquement, une portière que l’on referme. Je ne suis pas seul, j’en suis certain, et aux dernières nouvelles, les zombies ne ferment ni n’ouvrent les portes des voitures.
« Bon, si ça peut te décider à te faire sortir d’ici… Mais t’excite pas, Johnathan. Y’a plus de chances que ce soit la mort qui t’attende au tournant. »
Rapidement, j’enfile mon manteau puis tire sur la poignée de la portière arrière que je pousse : un grincement, mais elle résiste, figée par le gel. Je me lève, me campe fermement sur mes pieds et, plaquant tout mon poids contre la paroi, réitère. Une fois, deux fois, trois fois. Toujours rien. Je n’ai plus le choix : il va falloir que je fasse du bruit.
« Une petite prière pour la route ? »
Je serre les dents et dégaine mon pistolet. Le tenant fermement, mais prenant garde à ne pas laisser mon doigt sur la queue de détente, je prends alors mon élan et fonce épaule en avant dans la portière. Elle cède, s’ouvrant à la volée dans un grincement sec ; je rate la marche, perds l’équilibre, et m’étale dans la neige qui heureusement amortit ma chute. Je me redresse sur mes bras, essayant maladroitement de m’extirper de l’épaisse couche gelée qui m’arrive jusqu’aux coudes. Enfin sur mes pieds, je secoue la tête et chasse les flocons accrochés à mon visage pour dégager ma vue, me tenant prêt à étudier rapidement mon environnement, quand un crissement retentit au-dessus de ma tête. J’ai à peine le temps de relever les yeux qu’un rideau de neige glisse du toit de la camionnette et atterrit lourdement sur ma tronche, m’ensevelissant jusqu’à mi-cuisse. Ignorant la crise d’hilarité qui s’ensuit chez Donnie, et marmonnant moult blasphèmes, je mouline des guiboles pour me tirer de là et pose enfin le pied sur une zone relativement stable ; je brandis aussitôt mon Beretta en tournant sur moi-même pour assurer mes alentours : pas un mouvement. Mais je dresse soudain l’oreille, le cœur battant, en percevant un crissement dans la neige provenant de l’avant de la camionnette derrière laquelle je suis toujours à couvert. Je le savais : je ne suis pas seul.
Conscient que je n’ai que quelques secondes pour me décider sur mon approche, je choisis la prudence et lance :
« Au nom du Ciel, ne tirez pas ! »
Je rengaine mon arme et, après m’être assuré que mon col romain soit parfaitement visible entre les pans de mon manteau beige, sors précautionneusement de ma cachette pour me trouver nez-à-nez avec le carreau d’une arbalète. Mon regard remonte sur l’arme pour venir se poser sur le visage de son propriétaire. Je fronce les sourcils.
« Darren ?
— Oh putain, le putois ! »
Je lève lentement les mains à hauteur de mes épaules dans un signe d’apaisement et me fends d’un sourire légèrement crispé.
« C’est moi… Père John. 
— Il a pas l’air très content de te voir… »
Je déglutis et, jouant la carte de l’innocence, prends un air contrit :
« Toutes mes excuses d’être parti aussi vite, et sans dire au revoir… Je me sentais de trop, et le devoir m’appelait. J’ai conscience de ne pas avoir fait honneur à ton hospitalité et j’ai longuement prié le Seigneur pour votre pardon, à toi et tes camarades. C’est sans doute lui qui m’a mis sur ta route, pour que je puisse enfin te remercier de ta générosité et être absout de mon péché… »
J’en rirais presque si je n’avais pas ce putain de carreau toujours pointé entre mes deux yeux. J’ose faire un pas vers Darren, mon sourire faussement plaidant revenant sur mes lèvres.
« Hé bien, je suis heureux de te retrouver toujours en vie, mais je ne vais pas m’attarder, je suis attendu quelque part. Alors, si tu voulais bien baisser cette arbalète... mon fils. »





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soldier of fortune

Many times I've been a traveller, I looked for something new. Now I feel I'm growing older. And the songs that I have sung echo in the distance like the sound of a windmill goin' 'round. I guess I'll always be a soldier of fortune.



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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Ven 14 Fév - 21:38

Comme si j'avais du temps à perdre avec cette gamine à la langue bien pendue. Qu'elle fasse donc ce qui lui plait! Si elle meurt, ce ne sera pas une grosse perte à l'humanité. Une de plus, une de moins. Bon d'accord, les plus optimistes diront surement que la jeunesse est importante, que c'est eux qui rebâtiront le monde un jour. Oui, peut-être, mais attendant, ils me font chier. Et puis, ce n'est pas de ma faute moi s'ils en font qu'à leur tête. Oh et puis, pour commencer, qu'est-ce que ça peut bien me faire déjà? Si cette emmerdeuse a envie de sortir se balader à faire je ne sais quoi, grand bien lui fasse. Je ne suis pas son chef, encore moins son père. On est dans un pays libre, ou ce qu'il en reste, c'est le principe non? Avoir le droit de décider de ce qu'on va faire ou de la façon dont on va crever, faut voir. Et puis si ça se trouve, elle n'est pas aussi incompétente qu'elle m'en donne l'air, avant d’atterrir dans le groupe, elle devait bien se démerder toute seule. Cela dit, ce n'est pas moi qui vais lui demander, encore mieux crever que de me taper la discute avec cette demi-portion ingrate et malpolie. Je rouspète un coup, fidèle à moi-même, mais je n'ai pas l'intention de m'éterniser. Je ne suis pas venu pour ça, j'ai mieux à faire. Je n'y peux rien si elle n'a pas toute sa tête. Et dire qu'elle cherchait son abominable de soi-disant père, c'est dégueulasse oui! C'est Dylann qui avait raison, cette gamine se paie un syndrome de Stockholm et un bon. Qu'importe, je tourne les talons et elle en fait autant. Fin de la discussion. Elle n'a qu'à aller se faire voir ailleurs, je vais en faire autant. Je ne lui accorde donc guère plus d'attention, m'appliquant plutôt à marcher dans la direction contraire, mais sans pour autant déserter les lieux. Ce n'est pas cette petite enflure qui va me mener par le bout du nez, je suis ici, j'y reste. Et puis je suis venu pour fouiller des voitures, je ne repartirai pas bredouille. Pas question!

Je m'approche de l'une des carcasses, frottant la glace sur la vitre d'un revers de manche pour pouvoir regarder à l'intérieur. De la merde! Pas que ce soit étonnant, mais à y repenser, j'aurais surement eu plus de succès à aller fouiller des maisons que des voitures. Ou du moins, je ne me les serais pas gelé autant. Je tire lâchement sur le collet de mon poncho, le replace correctement sur mes épaules avant de laisser mon pied cogner contre un débris au sol. L'objet qui, figé dans la glace, ne bouge évidemment pas d'un poil, au contraire de ce que je m'attendais. «Putain.», que je crache mauvaisement en baissant les yeux vers le débris de tôle. Il me nargue ce bout de ferraille ou je rêve! Je le fixe quelques instants comme s'il était le responsable de tous mes malheurs et je me serais surement acharné à essayer de lui casser sa révolte si un bruit n'avait pas attiré mon attention. Je relève aussitôt la tête, ressert ma poigne sur mon arbalète, tout en plissant le nez d'un air dédaigneux. Qu'est ce qui va encore me tomber dessus cette fois ? Si c'est encore cette petite blonde, je vais lui trouer la cervelle. Tout ce boucan ! Elle se croit où bordel ? Au Nunavut ? Elle n’a pas compris que faire du bruit, ça attire les puants ? Je vais lui expliquer moi, une bonne fois pour toute ! Enfin, au détail près que si je n'ai pas la berlue, elle est partie dans la direction contraire du bruit que je viens d'entendre. Elle n'aura quand même pas fait le détour pour venir me rejoindre dans l'autre sens. Faudrait être une saleté d'emmerdeuse, et même si c'en est déjà une belle, j'ose croire qu'elle n'a pas autant de culot.

Je m'avance dans cette direction, convaincu que la source du bruit ne peut être qu'humaine. Les morts vivants ne sont pas du genre à taper dans la tôle sans raison. Si ça se trouve, ils sont plus malins que nous. Bon, où peut bien être ce rat ? Ou cette rate, ne versons pas dans la discrimination. Je m'approche le plus silencieusement possible d'une camionnette, tendant l'oreille, pour n'être finalement qu'agacé par le propre crissement de mes pas dans la neige. Je hais l'hiver. « Au nom du Ciel, ne tirez pas ! » Je me fige illico. Ramenant mon arme plus près de mon visage, prêt à tirer au moindre geste, au contraire de ce que cette voix me suggère. Une voix d'homme d'ailleurs. J'en conclu donc qu'il ne s'agit pas de Téo, à moins que sa voix ait soudainement muée, ce qui serait assez perturbant pour tout dire. Et pour être bien franc, j'aurais préféré cette option. « Darren ?» Son visage, ce visage. Ce crapaud, ce serpent, ce malotru, ce vaurien, ce cafard, ce...Nom de Dieu ! Je me crispe, me fais violence pour ne pas juste presser la détente. Je fulmine, je tente de respirer à travers ma mâchoire serrée au point où je m'en casserais les dents. « C’est moi… Père John.» Je vais lui en foutre dans le cul des pères moi ! Je vous jure que quand j'en aurai fini, il aura plus en commun avec Marie la bonne mère, qu'avec le bon Père. Je vais le diminuer de son vil morceau ! « Toutes mes excuses d’être parti aussi vite, et sans dire au revoir… Je me sentais de trop, et le devoir m’appelait. J’ai conscience de ne pas avoir fait honneur à ton hospitalité et j’ai longuement prié le Seigneur pour votre pardon, à toi et tes camarades. C’est sans doute lui qui m’a mis sur ta route, pour que je puisse enfin te remercier de ta générosité et être absout de mon péché… » Il fait un pas en avant, j'appuie d'avantage ma prise sur mon arbalète. Il se trouve drôle peut-être ? Le fils, il ne va pas baisser son arbalète, non. Le fils il n’est pas assez con pour avaler ses âneries.

«Putain mais qu'est-ce que tu crois que j'en ai à foutre d'ton Dieu! Ferme ta gueule ou j'te passe une flèche à travers!» Quel connard! «L'voilà mon pardon trouduc!» Et ne jugeant pas nécessairement d'élaborer avec d'avantage d'adjectifs, j’envoie cogner l'arc de mon arbalète directement sur l'arête de son nez. Évidemment, aussi grotesque qu'il soit comme prêtre, je m'attendais à une réaction de prêtre qui vient de se prendre une tige d'acier en travers de la gueule. Soit le voir s'écrouler au sol en miaulant pour ma miséricorde. Au lieu de ça, c'est deux solides poignes qui s'accrochent à mon arbalète d'un coup pour me l'arracher des mains et l'envoyer valsé plus loin dans le cadrage. Je mets quelques secondes pour me remettre de ce retournement de situation, quelques secondes de trop parce qu'évidemment c'est au tour de son poing de venir rencontrer ma figure. Et pour un prêtre, je dois admettre qu'il tape plutôt fort. «Sale merdeux!», que je l’injure avant de lui rentrer dedans comme un bélier rentrerait dans un chien. De tout mon poids, les points devants pour lui en refoutre une à mon tour. Et dans la tirade, on se retrouve rapidement contre le sol à se partager des coups, roulant dans les quelques traces rougeâtres qu'on laisse dans la neige au passage. Je ne lâche pas pour autant, enragé, au point que je ne sens même pas le froid de la neige contre ma peau. Je veux juste lui dévisser la tête et la lui foutre dans le cul après, voilà! Qu'il retouche à mon arbalète ce clébard de fumier! À mon arbalète et à tout le reste de ce qui m'appartient. «J'vais t'éclater ta sale gueule de prêtre! T'as pas oublié tes prières, t'vas en avoir d'besoin!!» Et en guise de réponse je me prends un autre de ses crochets en travers de la mâchoire, malgré lequel, je reste solidement accroché à son satané col, avec l'envie de lui arracher, comme tout le reste.
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Sam 22 Fév - 19:48



Darren, John & Téo
D’accord, le manoir lui offrait une protection certaine contre les walkers, en plus d’un toit au-dessus de la tête et de nourriture. Et il fallait admettre que l’hiver, ce n’était pas de refus. Elle se serait mal vue dormir dehors, dans la neige, surtout avec la saleté de grippe qui faisait son chemin. Néanmoins, depuis tout ce temps, elle avait pu dire adieu à sa tranquillité, en particulier depuis que l’autre groupe avait soudainement décidé de les rejoindre. Bon, si elle était tout à fait honnête avec elle-même, elle devait bien avouer que tout le monde ne la dérangeait pas. Surtout un en particulier. Mais ça, pas question de le lui faire savoir. Et il y avait surtout ceux qu’elle détestait, et qui le lui rendaient bien. Dont Darren. Tomber sur lui était un véritable coup de malchance. D’habitude, elle faisait de son mieux pour l’éviter et voilà qu’elle le retrouvait hors du manoir, dans ce coin qu’elle avait cru désert. Et bien évidemment il crut bon de lui faire son numéro. D’accord, elle l’avait peut-être un peu provoqué au départ, mais ce n’était pas comme s’il aurait pu remporter un prix question charme et amabilité. Voilà qu’il la menaçait de son arbalète. Typique. Elle lui lança un regard railleur.

« Quoi, qu’est-ce que tu vas faire, me tirer dessus ? » Elle ne croyait pas un instant qu’il joindrait le geste à la parole, même si elle ne voulait pas prendre de risque inutile en s’avançant ou en le provoquant davantage. Décidément, ce type était absolument imbuvable et elle se demandait bien pourquoi personne n’avait encore été pris par l’envie de lui régler son compte. Elle détestait être traitée en gamine. Elle pensait avoir pu prouver à plusieurs reprises qu’elle ne l’était pas. Il parlait de respect mais était le premier à jeter ce concept par la fenêtre. « Je pourrais te poser la même question ! Ca t’regarde pas que je sache ! » lui rétorqua-t-elle avec mauvaise humeur. Elle doutait fortement qu’il s’intéresse à l’endroit où elle se trouvait. Il voulait simplement la provoquer, lui montrer qu’elle était indésirable. Elle avait l’habitude et il aurait fallu bien plus que ça pour heurter ses sentiments. Elle le détestait. Pour ça, mais surtout pour ce qu’il disait, et pensait de John. Elle ignorait comment, mais elle était persuadée que c’était lui qui avait fait en sorte que tout le monde pense la même chose. Et rien que pour ça, elle n’aurait pu lui pardonner. Quel sale con. Il aurait mieux fait de se faire dévorer, ça aurait fait des vacances à tout le monde !

Il n’aurait pas sa mort sur la conscience, et bien elle non plus. D’eux deux, c’était sans doute lui qui avait le plus de chances d’y passer dans le cas où ils en viendraient à croiser des zombies et il était peu probable qu’elle lève le petit doigt pour le sauver. Qu’il crève, elle s’en moquait éperdument ! Elle haussa les épaules avec mauvaise humeur et après lui avoir lancé un regard noir elle tourna les talons et partit dans une autre direction. Ce con avait réussi à la mettre en colère en un rien de temps. Elle marcha rageusement dans la neige pendant quelques minutes avant de se remettre à fouiller pour se calmer. Elle était tellement préoccupée par ce qui venait de se passer et sa volonté de tempérer sa colère, de l’oublier, qu’elle n’entendit pas immédiatement le remue-ménage qui se déroulait dans la direction où était parti Darren. Néanmoins, dans un lieu si tranquille, il ne put lui échapper indéfiniment.

Il avait dû tomber sur des zombies. S’il se faisait bouffer, tant pis pour lui. Pourtant, le son qu’elle entendait n’avait rien du gémissement angoissant des morts, mais plutôt d’éclats de voix humaines bien vivantes. D’un coup, sans savoir pourquoi, elle sentit son coeur se serrer et le besoin irrépressible de s’approcher pour voir ce qui était en train de se passer. Lentement, plus silencieuse qu’un petit chat. Elle était à une certaine distance, mais suffisamment proche pour avoir un aperçu de ce qui était en train de se passer : Darren luttait contre un homme. Une silhouette que, même si loin, elle aurait pu reconnaître entre mille. Elle n’eut pas le temps de réaliser ce qu’elle voyait, ce que cela impliquait, ou même de se dire que c’était absolument impossible. Le cri sortit spontanément de sa gorge. « JOHN ! »

Son sang ne fit qu’un tour. Elle se mit à courir, le plus rapidement possible. Elle voyait Darren en train de tenir le col du prêtre. Contre lui, elle doutait qu’il l’emporte, néanmoins elle agissait sous le coup d’une complète impulsion. Sans réfléchir surtout. Si elle s’était arrêtée, ne serait-ce qu’un instant, elle aurait compris ce qu’elle était en train de voir. Elle aurait su que ce qu’elle avait cru pendant tout ce temps n’était pas réel. Elle se serait effondrée. Mais au lieu de ça, elle sauta avec agilité sur le dos de Darren et avait qu’il ait eu le temps de réagir s’agrippa à lui, passant son bras autour de sa gorge qu’elle se mit à serrer, peut-être inconsciemment, un peu plus fort que voulu. « Lâche le ! Lâche le ! »

 
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Ven 7 Mar - 17:58




« Putain mais qu'est-ce que tu crois que j'en ai à foutre d'ton Dieu ! Ferme ta gueule ou j'te passe une flèche à travers ! »
À cette réponse sèche et nette, mon sourire s’efface, ma mâchoire se crispe et, déjà, mes mains commencent à lentement s’abaisser tandis que mes muscles se tendent, mais Darren est plus rapide ; j’ai juste le temps d’intégrer l’aboiement qu’il me postillonne à la tronche et d’esquisser un geste pour tenter de dévier le trajet de son arbalète mais trop tard : le cadre de son arme s’abat sur l’arête de mon nez dans un craquement sourd. Je porte aussitôt les mains à mon visage en étouffant un grognement de douleur, et vois le sang s’écoulant entre mes doigts, doigts qui s’élancent aussitôt en avant, saisissant l’arbalète pour la déloger de l’empoigne de son propriétaire avant de l’envoyer voler dans les airs. Le bruit mat de l’arme tombant dans la neige a à peine le temps de résonner à nos oreilles que j’envoie s’écraser mon poing dans la mâchoire de Darren, qui vacille tandis que je secoue ma main, ma bouche se tordant dans un rictus de souffrance. Un partout, la balle au centre, mais le match est loin d’être terminé : avec un aboiement de colère, Darren me fonce dessus, ses deux poings venant rencontrer mes côtes pour me couper le souffle.
« Fils de pute !!! » rugis-je en me jetant à mon tour sur lui.
Je ne sais qui de nous perd en premier l’équilibre mais nous voilà bientôt à rouler dans la neige, les coups pleuvant d’un côté comme de l’autre. Je riposte avec toujours plus de hargne, mais Darren n’est pas en reste.
« J'vais t'éclater ta sale gueule de prêtre ! me beugle-t-il dans les oreilles. T'as pas oublié tes prières, t'vas en avoir d'besoin !!
— C’est pour ton âme que j’vais prier, arseface ! » répliqué-je en envoyant mon poing en plein dans sa carotide.
Je profite de cette attaque traîtresse pour décocher un puissant coup de talon dans l’estomac de Darren. Il vacille en arrière et s’étale dos dans la neige. Rapide et synchrone, je me redresse aussitôt sur les genoux tout en passant la main sous ma veste pour attraper mon Beretta quand, soudain, je me fige en entendant une voix — sa voix — appeler mon prénom. Mes doigts glissent sur la crosse de mon arme. Je sens la couleur quitter mon visage, relève les yeux, la cherchant du regard sans pourtant y croire, et enfin je la vois. Là-bas, un peu plus loin sur la route, elle court vers moi. Je crois que mon cœur s’arrête tandis que, de mes lèvres tremblantes, j’articule silencieusement son prénom. Moment d’oubli fatal, puisque je suis brusquement rappelé à la réalité quand deux puissantes mains viennent enserrer mon cou. Je les attrape aussitôt, tentant de faire lâcher prise à Darren, sans succès. J’essaye de dégager mes jambes afin de le repousser à coup de pied mais je glisse dans la neige et m’étale sur le côté, Darren en profitant pour me plaquer sur le sol alors que ses doigts appuient de plus en plus fort sur ma trachée. C’est comme dans le lointain que j’entends la voix de Téo qui s’accroche au dos de Darren dont je perçois l’agitation alors qu’il essaye de la dégager sans pour autant lâcher prise sur ma gorge. Ma vision se brouille, ma bouche s’ouvre grand, cherchant de l’air, et mes yeux roulent dans leurs orbites quand j’entends Téo pousser un gémissement de douleur et soudain, une poussée d’adrénaline me fait reprendre momentanément mes esprits, juste assez pour que je puisse saisir mon Beretta et en écraser la crosse dans la joue de Darren dont les doigts glissent enfin de mon cou. Dans un hoquet, je prends une grande inspiration, sentant ma tête tourner alors que mon cerveau se repaît enfin de cette bouffée d’oxygène. Je n’attends pas que le vertige me passe : rassemblant mes forces, je décoche un nouveau coup de crosse cette fois dans la mâchoire de Darren avant de bondir sur mes pieds. J’envoie mon talon dans l’estomac de Darren afin de le plaquer au sol et braque aussitôt à deux mains mon arme dans la direction de son front.
« Bouge pas, la touche pas, ou je te jure que… » sifflé-je d’une voix chancelante entre mes dents serrées.
Je ne quitte pas Darren du regard, me tenant prêt à réagir au moindre geste. Mais mes doigts tremblent, ma visée est imprécise. Mon souffle trémule sans que je ne puisse le calmer, et le sang cogne sourdement à mes tempes. Je suis mort, je crois que je suis mort, ou bien je suis en train de vivre mes dernières minutes pendant que les mains de Darren m’ôtent mon dernier souffle de vie ; ce ne peut être que la seule explication derrière l’hallucination dont je viens d’être victime, peut-être même est-ce le dernier tour que me joue Donnie avant que je ne m’éteigne.
Alors pourquoi me sens-je aussi vivant ?
Le souffle court, j’ose enfin, lentement, relever les yeux, et mon cœur s’arrête lorsqu’ils se posent sur le visage de Téo. Ma vision se trouble, mais cette fois pas à cause du manque d’air. Je déglutis, puis renifle, en reportant mon attention sur Darren que je tiens toujours en joue de mes mains tremblantes.
« Barre-toi… »
Ces mots, je les prononce dans un souffle, non un ordre, mais presque une supplication.
Je cherche brièvement le regard de Téo, me battant pour ne pas baisser ma garde vis-à-vis de Darren que je m’efforce de garder en joue de ma main droite tandis que je tends la gauche à Téo.
« Baby girl… » prié-je dans un murmure.





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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Dim 9 Mar - 14:18

Pour tout dire, je ne suis pas un grand bagarreur, je n'ai pas de technique particulière et si je parviens à me débrouiller c'est surtout que je suis entêté comme trois et que j'encaisse bien. Je n’ai pas choisis l'arbalète comme arme par pur hasard, je préfère attaquer de loin, sans avoir besoin de me mettre dans l'équation, mais là. Là, c'est différent. J'attendais ce moment depuis un bail déjà et je m'étais juré de lui faire sa fête. Je m'acharne donc plus que nécessaire, ignorant la douleur de ses coups pour continuer de lui en mettre à chaque ouverture que j’aperçois, un poil scandalisé devant la possibilité qu'un putain de prêtre sache se défendre aussi bien. Ça ne fait qu'enforcir mon hypothèse, qu'il n'est qu'un vil charlatan en collet. Je n'y ai jamais cru à son numéro du prêtre moi. Bon d'accord, j'y ai cru, la première fois quand j'ai fait la bêtise de le ramener dans le groupe. J'y ai cru jusqu'à ce qu'il se fasse Max et qu'il file comme un lâche. Quel prêtre ferait ça hein? Tout le monde sait que les prêtres, ils préfèrent les garçons t'façon! 'Fin, je crois. Oh et puis j'en ai rien à foutre au final, du moment que je lui casse la gueule. Et je continue d'y croire malgré que la tendance soit inversé, quand après un coup en traitre et un pied dans l'estomac, je me retrouve sur le dos, à batailler pour reprendre mon air. Après s'il s'imagine que je vais lâcher s'y facilement, j'y crèverai s'il le faut! Et ce n’est pas peu dire quand je vois sa main glisser vers sa ceinture, je commence à avoir assez d'expérience dans le domaine pour visualiser ce qu'il veut aller attraper. Son arme. Je glisse mon regard autour de moi, espérant mon arbalète, mais elle est trop loin pour que je puisse m'en saisir. Putain de merde. Je ne vais quand même pas le laisser m'abattre comme ça, comme une vulgaire bête. Je dois trouver quelque chose, il doit bien y avoir quelque chose.

« JOHN ! » Alléluia! La gamine. Y'a pas à dire elle tombe à pic. Je me doute bien que ses inquiétudes ne me seront pas destinées, mais je n'en veux pas non plus. Ce que je veux, c'est exactement ce qui se produit. Monsieur le serviteur de Dieu baisse sa garde, déconcentré par l'appel de sa soubrette. Mon jour de chance. D'un bond rapide, je me remets sur pied, mes mains s'abattant durement contre la gorge de ce dernier qui n'a pas le temps de m'opposer la moindre réaction. Ça lui apprendra à se laisser submerger par les émotions, quel poltron quand même! Ça fait les durs en se bagarrant, mais ça se décompose devant une petite garce chiante comme le cul. À peine croyable! Je sers ma poigne, me débrouille pour l'écraser contre le sol malgré ses tentatives pour se défaire. Pas question que je le lâche avant qu'il ne soit mauve, bleu et finalement blanc. Et je sens bien que je vais y parvenir, au détail près que je sens aussi un poids atterrir durement contre mon dos. « Lâche le ! Lâche le ! » Putain c'est pas vrai, mais elle fait chier celle-là! Je m’obstine néanmoins à ne pas lâcher avant que le travail ne soit terminé, tout en me tortillant pour essayer de la décrocher, ce qui n'aurait été en soit pas une tâche énorme si je n'étais pas moi-même gêné par ses bras autour de me cou qu'elle enserre. Je rêve où elle essaie de m'étrangler aussi? «Dégage de là petite pétasse d'mes deux!» Que je gueule à son intention en parvenant à lui mettre un bon coup de coude dans les cotes au passage. Je l'entends couiner, me confirmant que je n'ai pas rate ma cible, mais entre elle et l'autre, ça commence à faire beaucoup. Je ne calcule donc pas que le prête à réussit à mettre la main sur son arme. Retournement de situation. Il m’envoie la crosse du revolver en travers de la gueule, m'obligeant à lâcher ma prise sur son cou. Connard! Puis, un deuxième coup, doublé de son pied dans mon estomac, une fois de plus. Épuisé par cette lutte sauvage et la douleur battant contre mes tempes, je ne trouve pas la force de rebondir sur mes pieds à nouveau, ce qui aurait été stupide de toute façon puisque j'ai maintenant la bouche de son arme pointée sur moi. Je reste donc sur le sol, soufflant. Qu'il tire alors! Au moins je pourrai profiter de la vue de son visage amoché par les coups avant de crever.

« Bouge pas, la touche pas, ou je te jure que… » Je souffle entre mes dents. S'il croit que je vais avaler son numéro du père protecteur en plus du reste. Qu'il aille se faire mettre! Et puis ça va, elle n’est pas morte sa gamine, y'a pas de quoi se hérisser les poils. Je renifle, glissant une main contre mon visage pour en essuyer une coulée de sang, non pas sans garder mon regard de la scène devant moi. Ça pourrait presque être émouvant, si ça ne me filait pas autant la gerbe. Il ne va pas pleurer quand même? Manquerait plus que ça. J'aurais presque envie d'appuyer moi-même sur la gâchette pour en finir avec cette opérette de mauvais goût. « Barre-toi… » C'est pas l'envie qui manque, mais je me suis bien juré de lui en faire baver quand je le reverrais. Si je pars maintenant et que je leur fous la paix pendant leur mélodie du bonheur, il va s'en tirer à trop bon compte. Cela dit, je ne tiens pas à mourir non plus. Je veux bien partir, mais pas sans en ajouter une dernière couche avant. Je me remets lentement sur mes pieds, me tordant un peu sous la douleur qui reprend ses droits à mesure que l'adrénaline retombe. Et tout en faisant, je les regarde. Lui. Elle. Je grimace. «C'est dégueulasse! J'me tire t'inquiète!» Et je me décale, faisant bien mine d'avoir l'intention de partir et de leur laisser leur moment. Je vais récupérer mon arbalète, prend le temps de vérifier qu'elle est toujours en état, en glissant un léger coup d’œil dans leur direction. Ahurissant comme les émotions peuvent rendre les gens bêtes à ce point. Ils s'imaginent probablement que le gentil Darren va juste se casser sans demander son reste. J'en ai peut-être l'air mais je suis pas si con quand même. «Vous avez qu'à baiser un coup partie! J'pari que c'est son truc à c'pervers.» Soyons de mauvaise foi. Ce n’est pas Disney Land ici, les moments magiques sont des moments à saboter. «La prochaine fois l'prêtre, je te bute. Et j'me contenterai d'le faire avec une flèche, t'auras pas le temps d'le voir venir. Oh et je butterai ta gamine aussi, histoire que vous soyez plus séparé.» C'est légitime. Je baisse les yeux sur Téo. «J'espère que t'as pigé que ça veut dire que t'as pas intérêt à remettre les pieds dans le groupe. Si je te vois t'approcher, j'pose même pas de question, j'te descend à vue.» Ça fera toujours qu'une emmerdeuse de moins et puis c'est devenu tellement facile de justifier un meurtre de nos jours. À tout hasard, je conserve quand même mon arbalète devant moi, prêt à tirer au cas où ce putain de prêtre aimerait pas mes menaces.
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Sam 15 Mar - 19:44



Darren, John & Téo
Elle n’avait pas réfléchi un seul instant. A partir de l’instant où elle avait entendu la voix de John, c’était comme si elle avait perdu toute capacité à raisonner, n’obéissant qu’à son instinct. Ce qui était sans doute une bonne chose, car sa raison lui aurait très certainement soufflé que c’était impossible, que ça n’avait pas le moindre sens. John était mort. On le lui avait dit, tout le monde l’avait confirmé. Elle avait dû renoncer à le chercher, faire son deuil et tenter d’accepter de vivre avec sa douleur, de continuer sans lui. Il était la seule famille qu’elle avait pu reconstruire et elle l’avait perdu, cette fois-ci définitivement. Elle était peut-être jeune, mais elle n’était pas du genre à se bercer d’illusions. Elle avait couru. Et elle l’avait vu, à terre tandis que Darren resserrait visiblement ses mains autour de sa gorge. Là encore elle avait agi spontanément. Elle aurait été prête à tuer celui avec qui elle vivait pourtant depuis des mois. Oui, elle l’aurait tué et elle avait été préparée à le faire, grimpant sur son dos et passant son bras autour de sa gorge, serrant autant que possible, espérant parvenir à lui faire lâcher prise. Mais cela semblait peine perdue. Elle sentait le désespoir l’envahir tandis qu’elle voyait John perdre peu à peu conscience de manière visible. Ca ne pouvait pas se passer comme ça, non, pas maintenant. Sans s’en rendre compte, elle commença à pleurer de rage et de désespoir, tout en continuant à s’acharner.

« Laisse-le, laisse le ! Je vais te tuer, je te jure que je vais te tuer ! »

Lorsque Darren lui lança un violent coup dans les côtes, elle ne put s’empêcher de laisser échapper un gémissement, et tint bon encore un peu, avant qu’il parvienne à la forcer à le lâcher et tomba dans la neige. Soudain, John réagit et sembla animé de forces nouvelles. Il parvint à se défaire de l’emprise autour de sa gorge et en un rien de temps reprit le dessus, rendant les coups qu’il avait reçus, jusqu’à ce qu’il se retrouve à terre, menacé d’un revolver. Entre temps, elle s’était levée et précipitée vers celui qui lui semblait revenir d’entre les morts. Elle s’arrêta près de lui et le regarda, craignant presque que tout ça ne soit qu’un rêve, un défaut de son imagination, une hallucination. C’était impossible. Et pourtant, il était là, lui donnant le même surnom qu’avant. Elle sanglotait et ne s’en rendait même pas compte. Lentement, elle avança vers lui une main tremblante qui alla rencontrer la sienne et la serra.

« John... je croyais que tu... »

Les mots restèrent suspendus sur ses lèvres. Elle le regardait, mais bientôt son attention fut de nouveau attirée par Darren et ses paroles haineuses. Il était désormais inoffensif, mais n’avait visiblement pas l’intention de se laisser faire et de s’effacer si facilement. Il ne se contenta pas seulement de faire des sous-entendus immondes sur ce qu’il pensait et avait toujours pensé de leur relation. Non, il les menaça par la suite, et alors Téo sentit la colère de nouveau monter en elle. Dans sa tête défilèrent tout ce qu’il lui avait dit sur la mort de John, la manière dont il le lui avait annoncé, la façon dont il l’avait toujours considérée, comme une sale gamine encombrante victime en plus d’un pervers et souffrant du syndrome de Stockholm. D’un coup, son regard changea, ses traits se crispèrent, elle lâcha la main de John et elle sortit son revolver de sa ceinture à l’arrière de son jean et dissimulé par son manteau. Elle le pointa vers lui et s’avança, sans se soucier du danger qu’elle courait et de l’arbalète qu’il tenait à la main.

« Sale connard ! Tu crois que j’ai peur de toi ou de tes menaces minables ? Tu m’as menti depuis le début, tu savais qu’il était vivant pas vrai ? »

Elle voulait l’entendre de sa bouche. Entendre qu’il lui avait menti dès son arrivée au manoir. Elle voulait l’entendre l’admettre avant qu’elle lui tire dessus. Elle voulait le démolir, le tuer pour lui avoir fait endurer tout ça sans la moindre raison. Que cherchait-il ? Faire payer à John quelque chose ? A vrai dire elle s’en moquait éperdument. Elle s’arrêta un instant.

« Mais dis-moi, comment t’as réussi à convaincre les autres ? Tu les as menacés eux aussi ? »

Sa voix était plus calme, mais son regard ne trompait pas sur ce qu’elle avait l’intention de faire, de même que ses larmes qui ne cessaient plus de couler. S’il n’avait pas tenu cette arme à la main, elle se serait volontiers jetée sur lui pour le frapper jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Elle était de nature impulsive, mais habituellement elle savait ne pas attaquer quelqu’un qui aurait potentiellement pu avoir le dessus. Elle ne s’était jamais vraiment servie d’une arbalète mais elle savait que l’arme n’était pas inoffensive, en particulier entre les mains de quelqu’un qui savait l’utiliser comme Darren. Mais en cet instant, elle s’en fichait. Elle ne l’avait jamais supporté, l’avait toujours méprisé, mais là, c’était allé beaucoup trop loin. Pour ce qu’il avait fait, il devait payer.

 
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Mer 19 Mar - 15:15




Sa main dans la mienne : c’est seulement là que mes pieds touchent le sol, que je sens la douleur dans mes côtes, sur mon visage, que je goûte le sang chaud qui coule de mon nez et s’insinue entre mes lèvres. Nous sommes vrais, nous sommes vivants, et nous sommes enfin ensemble. Mes doigts se referment sans trembler sur ceux de Téo et je l’attire près de moi. Mon bras soutenant mon arme commence déjà à lentement s’abaisser quand Darren se rappelle à ma conscience par des paroles fielleuses que je ne comprends d’abord pas mais qui sont suffisamment agressives pour que je lâche Téo et reprenne mon arme à deux mains, la redirigeant assurément vers le front de Darren. Ses accusations abjectes m’arrachent un début de sourire désabusé : il peut cracher son venin tant qu’il veut, je me sais intouchable, mais quand sa diatribe se mue en menace, je sens tout mon corps se crisper, brûlant. Qu’il veuille ma mort, je m’en fous, en revanche…
Je fais un pas en avant, me plaçant entre Téo et Darren.
« Menace encore une fois la vie de ma fille, grincé-je, une seule fois… »
Je n’ai pas le temps de terminer : Téo bondit devant moi, brandissant son pistolet en direction de Darren et déversant toute sa colère contre lui. Mon premier réflexe est de vouloir à nouveau m’interposer entre eux, lorgnant l’arbalète de Darren qu’il tient résolument contre lui dans la promesse de la lever d’une seconde à l’autre mais aux paroles de Téo, je me fige, les mots faisant leur chemin jusqu’à mon cerveau et la réalité me frappant enfin. Mes doigts se remettent à trembler sur mon arme dont je m’efforce de raffermir la prise tandis qu’un nerf s’agite furieusement sur ma tempe en feu. Mort, elle me croyait mort. À cause de lui. Un mensonge gratuit, pour la blesser, pour l’éloigner, pour qu’elle m’oublie. Une balle dans le bide et une agonie lente et douloureuse, voilà tout ce que ce fils de pute mériterait pour avoir fait du mal à ma Téo.
« Pourquoi ? sifflé-je. Pourquoi elle alors que… 
— Alors que c’est toi le responsable. »
Je ne peux retenir le sursaut qui me soulève et qui fait flancher ma visée à la voix de Donnie. Cette fois, ce n’est plus la colère qui me vrille les tripes, fait perler la sueur sur mon front et dans mon dos et agite mon corps de violents tremblements que je ne parviens à réprimer. Les larmes de Téo, le sourire goguenard et haineux de Darren…
« C’est toi le responsable, Johnathan. »
Le temps et l’espace ralentissent jusqu’à presque se figer et dans le néant qui se dresse, noir et béant autour de nous, une silhouette émerge : maigre, décrépie, les bras mouchetés d’hématomes et luisant de plaies. Dans son visage émacié, Donnie me sourit.
« C’est bête, hein ? »
Il s’avance vers Darren, lui tourne autour en l’observant attentivement.
« Jake, Darren… Et même Sophie, et plein d’autres encore, sûrement. Leur colère, leur haine, leur vengeance, tu les as méritées, non ? Pourtant, vous auriez pu en rester là, tous les deux : merci et bon vent, on s’appelle, on s’fait une bouffe. Mais non, il a fallu que tu joues au con avec Maxim. Et pas une seule fois t’as pensé que Téo aurait pu débarquer et ramasser la merde que t’as laissée derrière toi. »
Donnie plante son regard dans le mien et son sourire s’élargit.
« De toute façon, tu penses qu’à toi, Johnathan. T’as jamais pensé qu’à toi. Te cache pas derrière tes airs de père éploré : si tu voulais la retrouver, c’était uniquement pour toi, pour faire taire ta douleur, pas ta conscience. »
En une fraction de seconde, il est devant moi, ses traits aussi nets que ceux qu’avait renvoyés le miroir presque vingt ans plus tôt. Il s’approche. Je reste figé, tremblant, mes vêtements collant à ma peau et mes cheveux à mon front.
« Tu détruis tout ce que tu touches, Johnathan. »
Donnie fait un dernier pas et je le vois comme je le sens se fondre en moi et soudain, le néant se tord ; devant moi, aux pieds de Téo, émerge un immense escalier au sommet duquel nous nous tenons, surplombant la silhouette de Darren, à peine visible tout en bas des marches. La voix de Donnie résonne en moi tel un écho — « Tu détruis tout ce que tu touches… » — et je vois mes bras se dresser devant moi — « Tout ce que tu touches… » — et mes paumes se tendre vers les omoplates de Téo — « Tu détruis tout ce que tu touches, Johnathan… »
« Non ! »
Mes bras passent autour des épaules de Téo sans les toucher et mes mains se posent sur les siennes pour lui faire doucement abaisser son arme. Je reste ainsi immobile, presque aveuglé par la blancheur du monde qui a repris forme sous mes yeux, avant de glisser mes mains sur les épaules de Téo, mes doigts s’y crispant légèrement.
« Non… répète-je dans un souffle. Baby girl, laisse-le… C’est ma faute. »
Je lève les yeux, cherchant ceux de Darren.
« C’est ma faute. »
Je déglutis, et, m’écartant de Téo, je fléchis lentement les genoux afin de récupérer mon Beretta que je replace dans mon holster sous ma veste, puis je me redresse, sans quitter Darren du regard.
« On s’en va. »
Je pose à nouveau une main sur l’épaule de Téo, la dépasse afin de me tenir une fois encore entre elle et Darren et, d’un signe de tête, lui signifie de ranger elle-aussi son arme.
« T’entendras plus parler de nous, assuré-je à Darren avec cette fois plus de fermeté dans la voix. On s’en va, tu t’en vas. On n’existe plus. C’est fini. »





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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Dim 23 Mar - 20:32

Ça commence à me gonfler. Sérieusement. Lui, elle. Le père et sa gamine. Les deux misérables séparés par l'épidémie et se retrouvant enfin après maintes souffrances...Abominable! Comment on peut être à ce point fleur bleue? Comment ce grand dégueulasse de prêtre pour s'émouvoir devant cette petite garce et sa grande gueule? D'un autre côté, si ça les rend heureux, pourquoi pas? On sera débarrassé d'un poids mort c'est tout, et par là je parle de la gamine. Non parce que franchement à part manger et faire chier, je n’ai pas trop comprit à quoi elle servait. Alors du coup, bon débarras! J'aurai qu'à dire au reste du groupe qu'elle est partie, qu'elle s'est fait renversé par une voiture ou dévorer, ou carrément qu'elle a retrouvé son pôpa dans une scène gerbante de larme. Ça n'intéressera personne d'une manière ou d'une autre. Les gens s'en fichent bien. Tout comme moi. Et si je ne suis pas encore partie à mille lieux de là c'est uniquement par souci de vengeance. Et encore, je commence à la regretter de ne pas être partie plus tôt. D'autant que Boucle d'Or ne semble pas apprécier mes menaces, à son encontre et à celle de son paternel. Bien fait! Je ne les disais pas pour être sympa non plus. Cela dit, je me refroidis un peu en la voyant prendre les devants et pointer son arme sur moi. Il n'en faut pas plus pour que je relève aussitôt mon arbalète devant mon nez, prêt à l'épingler dans le décor au moindre faut geste. Si elle s'imagine que je vais me laisser canarder comme un amateur. On n'apprend pas, à un vieux chasseur, à chasser. Encore moins quand on a quinze ans ou seize ou...Elle a quel âge au fait cette demeurée? Oh et puis je m'en branle! Une gamine ça reste une gamine, peu importe l'âge qu'elle a.

Elle m'apostrophe de but en blanc, me demandant si je savais qu'il était en vie. Ouais, non, peut-être, qui sait...Je plisse le nez d'un air mécontent, ne la gratifiant pas du bonheur de lui offrir une réponse, d'autant plus que celle-ci me semble assez évidente. Bien sûr que je le savais et ça n'aurait pas été un mensonge si, quelques minutes plus tôt, elle s'était retenu de me bondir sur le dos alors que j'étais à deux doigts de l'étrangler pour de bon. Elle ouvre à nouveau sa petite gueule et je me vois déjà lui refiler une flèche en pleine poire, faut dire que pour le coup c'est horriblement tentant. Au moins ça la ferait taire. Je n'aurais d'ailleurs pas vraiment de scrupule à le faire, si ce n'était pas du prêtre juste à côté qui m'a clairement menacé de ne pas toucher à sa fille. J'imagine que lui mettre une flèche ça s'inclue dans l'avertissement de ce que je ne dois pas faire. Et j'imagine que si je le fais, il ne me laissera pas quitter cette route avec l'absolution. Autant je suis tenté par mes mauvais instincts, autant celui de rester en vie ne semble pas vouloir lâcher prise. Et puis est-ce que tout ça sert vraiment à quelque chose au final? Ou je suis juste en train de perdre mon temps à me faire chier avec ces deux imbéciles. «J't'ai dit qu'il était mort ouais! Et au final t'as tellement confiance en ton abrutit d'père, qu'tu m'as cru sans poser de question! C'est peut-être vous l'problème!» Je n'ajouterai pas que je lui ai mentit avec de bonnes intentions, parce que ce n'était pas le cas, je me suis contenté d'embarquer dans cette histoire parce que j'en voulais à John et que ça me semblait une bonne façon de l'atteindre, en le privant de revoir sa gamine. Cela dit, qu'on ne me lance pas toutes les pierres non plus, je l'ai fait avec dans un mauvais but certes, mais le résultat n'était pas entièrement mauvais au final. «Et puis d'toute façon, t'aurais fini par crever à vadrouiller pour l'trouver, t'étais aussi bien de rester au manoir et d'croire qu'il était mort!» Tout en disant, je jette un prudent regard en direction de l'autre guignol, ne relâchant pas la prise sur mon arbalète, parce qu'à deux contre un, faut pas se permettre trop d'imprudence. Sauf que bon, ce dernier ne semble pas réagir. Peut-être qu'il en marre aussi, ou peut-être qu'il est juste con, ce qui ne m'étonnerait pas non plus.

Et quand il se décide enfin à se bouger, c'est pour dire à sa gamine d'arrêter et aller abaisser son arme qu'elle tient toujours pointé sur moi. Je le regarde faire, pas décidé pour autant à incliner mon arbalète à mon tour. Si ça ne se trouve ce n'est qu'une ruse, il est assez fourbe pour ça. « C’est ma faute. » À bonne heure! Évidemment que c'est de ta faute, débile! « On s’en va. » Bon débarras! Cela dit j'ai quand même envie d'attendre qu'ils se retournent tous les deux pour leur foutre à chacun une flèche dans le cul, mais ce serait un vicieux, même de ma part. « T’entendras plus parler de nous. On s’en va, tu t’en vas. On n’existe plus. C’est fini. ». J'hésite encore un instant puis finit par détendre mon bras, relâchant la gâchette de mon arme. «Ça vaudrait mieux pour toi, parce qu'la prochaine fois, c'sera la dernière!» Pas de pardon. Je suis trop rancunier. Je le laisse partir, je les laisse partir, parce que je ne veux pas mourir et que tuer un ou l'autre, ce serait la fin pour moi. Je survie, mais je n'arrête pas de les détester pour autant. Enfin, de le détester, parce qu'honnêtement la petite je n'ai rien contre elle, ce ne serait qu'un dommage collatéral. Et final, je crois qu’il est grand temps que je me casse d’ici. De toute façon je me les gèle, je suis mouillé pour avoir roulé dans la neige et j’ai mal partout. Autant tirer ma révérence.
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Mer 2 Avr - 19:32



Darren, John & Téo
Jamais elle n’avait haï quelqu’un autant qu’elle haïssait Darren en cet instant. Elle aurait été prête à le tuer pour ce qu’il lui avait fait, ce qui leur avait fait. Elle avait pleuré John, elle avait souffert comme jamais. Elle s’était fermée aux autres, refusant de s’attacher de peur de revivre une telle perte. Il était là pourtant. Là et bien vivant. C’était insupportable. Elle avait mal, terriblement mal, et tout ceci était la faute de cet homme. Elle revoyait dans son esprit tout le temps qu’elle avait passé au manoir Skyfall, parce qu’elle n’avait pas d’autre choix, ou pensait ne pas en avoir. Elle avait tout fait pour survivre, même dans les moments, plutôt nombreux, où elle ne voyait plus vraiment de raison de le faire. Et pendant tout ce temps, il avait toujours su. Il l’avait regardée, lui avait parlée parfois, sachant pertinemment que John était vivant, qu’elle croyait en un mensonge qui lui avait tout pris. Elle l’avait méprisé durant de nombreux mois, avait évité sa présence, l’avait détesté même, mais n’aurait cependant pas imaginé qu’il puisse aller jusque là. Elle tenait le revolver, le visait, réellement prête à tirer. Il n’exprimait pas le moindre regret, ce qui ne la surprenait pas au fond, mais ne l’en blessa pas moins, de même que ses paroles visant évidemment à la toucher davantage. Comment aurait-elle pu croire que John était encore en vie alors que tous les membres du groupe s’étaient attachés à lui dire qu’il avait péri et qu’elle ne le reverrait jamais ? Elle l’avait lâché, s’était éloigné de lui pour se rapprocher de Darren qu’elle menaçait désormais.

« Connard ! Tu savais parfaitement ce que tu faisais ! Comment t’as fait pour convaincre les autres de mentir aussi ? » cria-t-elle, laissant échapper sa colère.

Une balle dans la tête, un cadavre abandonné dans la neige immaculée. C’était tout ce qu’il méritait. S’il ne lui avait pas menti, elle aurait pu repartir à la recherche de John et l’aurait peut-être retrouvé bien avant. Rien de tout ceci ne serait arrivé. Ils n’auraient pas été séparés pendant tout ce temps. Tout ça par la faute d’un homme. Et pourquoi ? Elle ne le saurait peut-être jamais, mais tel qu’elle connaissait John et étant donné la scène à laquelle elle avait assisté un peu plus tôt, il y avait certainement plus que de l’animosité entre ces deux hommes. Peut-être que Darren avait raison. Peut-être qu’elle aurait péri en le recherchant. Mais elle n’avait aucune envie de l’admettre, pas plus qu’elle n’était prête à faire taire sa colère. Sans compter qu’elle n’avalait pas un instant le fait qu’il ait réellement pu se préoccuper de sa sécurité. Il l’avait toujours considérée comme un élément encombrant et inutile du groupe.

« Tu n’avais pas le droit ! » hurla-t-elle, brandissant son arme de plus belle.

Inconsciente de ce qui déchirait son père d’adoption, elle tressaillit en sentant ses bras contourner ses épaules pour se poser sur la main qui tenait l’arme. En l’entendant lui dire que c’était de sa faute, elle leva vers lui ses yeux emplis de l’arme, surprise et bouleversée. L’entendre l’appeler de nouveau « baby girl », le voir près d’elle lui faisait autant de mal que de bien. Il la dépassa se tenant désormais devant elle et elle baissa son arme, résignée. Elle jeta un regard en direction de Darren, un homme qu’elle espérait ne plus jamais recroiser de son existence. Lui aussi rangea son arme, et elle tourna les talons. Mais au dernier moment, elle ne put résister. Elle se retourna, fonça vers lui, et profita de l’effet de surprise pour le frapper violemment au visage avec la crosse de son revolver et le regarda avec mépris.

« Ca c’est pour m’avoir menti. »

Elle en avait eu besoin. C’était ce qu’il méritait, pour la manière dont il l’avait traitée, la peine qu’il lui avait infligée et le fait qu’il ne s’en soucie pas davantage que s’il lui avait menti sur un sujet totalement anodin. Il avait de la chance, car elle avait été réellement prête à le tuer. S’il recroisait son chemin, elle n’était pas certaine de pouvoir se contenir. Sa vue lui était devenue insupportable. Elle le méprisait lui, autant que tous les autres, tous ceux qui avaient su la vérité et la lui avait cachée, sans le moindre scrupule. Car elle ne doutait pas qu’ils étaient au courant. Elle ne savait que trop bien l’opinion qu’ils avaient de John, tous. Personne ne le lui avait jamais caché, au plus grand dégoût de la jeune fille. Elle vit l’image de Spencer dans son esprit et se demanda un instant si lui savait. Une pensée qu’elle se força à chasser rapidement. Aucune raison que ce soit le cas, il était arrivé bien après et ne l’avait sans doute jamais rencontré.
Elle baissa son bras et se retourna vers John, le regarda. Elle n’avait pas cessé de verser des larmes, sans les provoquer, sans vraiment s’en préoccuper. Puis, d’un coup, elle se précipita vers lui et se jeta à son coup, l’enserrant dans ses bras. Elle se remit à pleurer de plus belle, enfouissant son visage dans le creux de son cou. Elle s’accrochait à lui comme si sa vie en dépendait.

« Me laisse plus jamais... » murmura-t-elle entre deux sanglots.

C’était bel et bien lui. Sa voix, son manteau, son odeur, tout ce qu’elle croyait avoir définitivement perdu était là. Elle l’avait retrouvé.
 
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Mar 8 Avr - 19:35




Mes poings se serrent, mes lèvres se pincent. Je plisse les yeux en fixant durement Darren puis hoche lentement la tête :
« La prochaine fois, ce sera la dernière… » grincé-je en faisant écho à ses paroles.
L’idée de le laisser repartir libre et bien vivant dans la nature alors que cette promesse de vengeance est là, bien palpable entre nous, ne me réjouit absolument pas. Je sais le refuge de Darren non loin du bateau — pensée d’ailleurs atroce de me dire que Téo était là, à seulement quelques kilomètres, pendant tout ce temps — et je connais assez bien Téo pour savoir qu’il est tout simplement impensable d’espérer qu’elle puisse rester enfermée bien longtemps. Elle s’aventurera dehors, avec ou sans moi, et mon sang se glace à l’idée qu’elle puisse à nouveau croiser le chemin de Darren. Oh, la haine de ce dernier a beau être dirigée vers ma personne, après le mensonge qu’il a servi à Téo je ne pense pas me tromper en devinant qu’il serait capable de s’en prendre à elle uniquement pour m’atteindre. Je devrais l’abattre sur place, éradiquer une bonne fois pour toute cette menace, mais je ne puis me résoudre à sceller mes retrouvailles avec Téo dans le sang, pas après ce que je viens de vivre. Je crois d’ailleurs, l’espace d’un battement de cils, deviner le sombre sourire de Donnie sur mes paupières et je sens un frisson remonter le long de mon échine. Ce court instant de distraction suffit pourtant à me clouer sur place assez longtemps pour que Téo me dépasse et le temps que j’enregistre l’information, que mes bras se lèvent pour tenter de la retenir, et que ma bouche s’ouvre pour lancer un « non ! », elle s’est déjà jetée sur Darren dont la mâchoire craque sinistrement sous le coup de crosse que Téo lui assène. Je franchis d’un bond la distance qui me sépare d’eux et attrape Téo par les bras, la tirant vers moi afin de l’écarter de Darren.
« Arrête ! Téo, arrête ! » ordonné-je.
Ma voix est rauque, tendue par l’inquiétude, mais peut-être aussi par une once de colère qui monte en moi sans que je ne puisse la contrôler. Une colère non pas envers Téo, même si son geste, contre tout ce que j’ai pu lui apprendre, a été irréfléchi et l’a mise en position de danger ; ni particulièrement envers Darren dont l’animosité n’est à ce stade même plus à justifier. Non, cette colère est pour moi car en cet instant, je doute d’être capable de protéger celle que je considère comme ma fille, de la protéger de moi, de lui. Alors, quand elle se retourne et se jette dans mes bras, je reste momentanément immobile, revoyant l’image de Téo en haut de cet escalier et mes paumes se lever vers son dos.
« Tu détruis tout ce que tu touches, Johnathan… »
Je déglutis tandis que mes mains se mettent à trembler.
« Me laisse plus jamais... » sanglote Téo.
Mes lèvres se tordent, mes paupières s’écrasent sur mes yeux brûlants et enfin, mes bras se lèvent pour enlacer Téo contre moi.
« Plus jamais… balbutié-je dans un souffle. Je…
— Vas-y, Johnathan. Vas-y, dis-le, que je rigole ! »
Ma mâchoire se crispe et mon étreinte se resserre autour des épaules de Téo. Je prends une profonde inspiration puis dépose un baiser sur son front.
« Je te le promets, baby girl. »
Le ricanement de Donnie résonne sinistrement à mes oreilles.
« C’est ce qu’on verra Johnathan, c’est ce qu’on verra. »
Je sens mes entrailles se nouer et m’écarte brusquement de Téo en me prenant la tête entre les mains. Mais qu’il se taise grands dieux, qu’il se taise !
« T’inquiète, j’en ai marre de toute façon, je vais dormir. Mais attend-toi à avoir très vite de mes nouvelles, Johnathan. »
J’attends encore quelques secondes, craignant d’entendre à nouveau sa voix, de voir la réalité se déformer encore une fois sous mes yeux, mais rien. Je relève enfin mon regard vers Téo et, essayant vainement de sourire, la rassure :
« C’est rien. Juste un vertige. »
Je reporte alors mon attention sur Darren, mes doigts se resserrant sur mon arme mais sans la lever.
« Je crois qu’on a fait le tour de la question… Alors, bon vent. »
Peut-être devrais-je ajouter quelque chose, un vague merci, pour avoir offert un abri à Téo, même au prix du mensonge dans lequel elle a vécu pendant si longtemps… Je ne peux d’ailleurs taire la fugace pensée qu’elle aurait peut-être été plus en sécurité si elle n’avait jamais découvert la vérité, si j’étais resté définitivement rayé de sa vie. Je secoue la tête : non, non, une fois nous deux à l’abri sur le bateau, tout ira bien…
Oh bon sang, le bateau. Sophie, Anna… La révélation de l’existence de Téo et de mes intentions de la retrouver ont déjà foutu un beau bordel et creusé un fossé entre Anna et moi et maintenant, qu’arrivera-t-il quand Téo apprendra la nouvelle ? Car il faudra bien que je lui expose la situation, et ce avant que nous ne soyons rentrés… Mais pas maintenant, non, pas maintenant.
Je pose une main sur l’épaule de Téo.
« Viens, on y va. »





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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Sam 10 Mai - 19:26



Darren, John & Téo
A la simple vue de Darren, elle se sentait envahie d’une colère, d’une haine même qu’il lui semblait ne jamais avoir éprouvée auparavant. Ce qu’il avait fait, jamais rien ne pourrait le racheter. Jamais elle ne pourrait pardonner. D’accord, peut-être que, d’une certaine manière, ne pas savoir l’avait maintenue dans une certaine sécurité durant un temps. Car si elle avait eu le moindre minuscule petit espoir auquel se rapprocher, nul doute qu’elle s’y serait accrochée et serait repartie à sa recherche, sans pourtant savoir où le retrouver. Mais c’aurait dû être sa décision. Elle n’était plus une enfant, et surtout, elle connaissait suffisamment cet homme pour savoir qu’il ne lui avait certainement pas menti pour la protéger. Elle ignorait ce qu’il s’était passé entre eux, mais visiblement il avait voulu le lui faire payer en passant par elle. Elle avait pleuré John, elle avait souffert le martyr, elle s’était coupée des autres pour ne plus revivre une telle chose, jamais. Découvrir que tout était faux lui laissait un intense sentiment d’amertume, mêlé au bonheur de le revoir, d’être dans ses bras. Depuis la mort de ses parents, malgré les hauts et les bas qu’ils avaient traversés, il avait été son unique famille et rien n’aurait pu changer ça.
Oui, le mépris qu’elle avait toujours éprouvé pour Darren s’était changé en une haine véritable. Si John n’avait pas été là pour arrêter son geste, il est probable qu’elle aurait pu aller beaucoup plus loin. Le frapper lui avait fait un bien fou et à ce stade, elle se moquait bien des représailles. Elle avait les larmes aux yeux, des larmes de rage aussi bien que d’émotion. D’un cou, elle s’était jetée à son cou. Il lui avait tant manqué ! Ce contact seul prouvait qu’elle n’inventait rien, qu’il était bel et bien là. Il lui promettait qu’il ne la laisserait plus jamais. C’était tout ce qu’elle avait besoin d’entendre.

« T’as intérêt à tenir ta promesse vieux croulant. » murmura-t-elle à moitié en sanglotant.

Elle ne prêtait plus attention à Darren. Pourtant, ils auraient eu de quoi craindre sa fureur après ce qu’elle venait de lui faire. Après tout, il avait clairement indiqué qu’elle n’avait plus intérêt à revenir. Elle s’en moquait, sur le moment du moins. Elle était trop occupée par ce qu’il venait de se passer. Les émotions se bousculaient dans sa tête et elle ne pouvait les refouler ou les dissimuler comme elle le faisait habituellement. Trop préoccupée par ce qu’il venait de se passer, par cette avalanche d’émotions qui l’avait envahie, elle ne s’était pas immédiatement rendue compte que quelque chose n’allait pas. Mais lorsqu’il s’écarta d’elle. Son visage afficha soudainement une expression beaucoup plus préoccupée.

« John, qu’est-ce qui se passe ? »

Il avait baissé la tête et soudainement pris sa tête entre ses mains. C’était plutôt inquiétant comme attitude et Téo était loin d’être rassurée. Il avait beau tenter de la tranquilliser en affirmant que c’était seulement un vertige, elle avait du mal à le croire. Quelque chose clochait chez lui, elle en avait l’intuition, sans pouvoir deviner le moins du monde de quoi il s’agissait. Elle décida néanmoins de ne pas insister davantage, du moins pas pour le moment. Il ne dirait rien, elle le savait. Et puis, elle-même devait se remettre de ses émotions. Darren les laissa entre eux, retournant au manoir. Elle éprouva un pincement au coeur. Cet endroit avait été sa maison durant un an. Elle ne l’avait jamais vraiment aimé, et pourtant savoir qu’elle ne pourrait plus jamais y entrer était étrange et lui faisait même un peu de peine. Mais c’était terminé. Une période de sa vie qui s’achevait, définitivement. Elle sentit sa main se poser sur son épaule et leva les yeux vers lui.

« Où est-ce qu’on va ? »

Elle se demanda ce qu’il était devenu depuis tout ce temps. Mais ils avaient tout le temps de se raconter ce qu’il s’était passé pour eux durant tout ce temps. Les choses allaient revenir à la normale. Ce serait eux seuls contre le reste du monde. Du moins le croyait-elle encore en cet instant...
C’est en commençant à marcher qu’elle eut soudainement une impression de manque. Puis, tout lui revint en mémoire. Son sac, ses affaires laissées au manoir, dont certaines auxquelles elle tenait vraiment. Elle avait tout laissé là bas. Evidemment, elle n’avait pas prévu que cette escapade s’avère définitive. Et puis... il y avait Spencer. Elle ne voulait pas l’avouer, mais l’idée qu’il la croit partie comme une voleuse, sans qu’elle ait même dit au revoir la gênait beaucoup plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Elle s’arrêta et posa sa main sur le bras de John afin d’attirer son attention.

« John... Je dois retourner au manoir. J’ai laissé toutes mes affaires là bas, je ne peux pas partir sans. »

Elle se doutait qu’il y allait y avoir une certaine résistance, mais elle était décidée à y retourner.

 
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Lun 26 Mai - 14:13




Elle s’inquiète, bien sûr qu’elle s’inquiète. Nous n’avons jamais été démonstratifs l’un envers l’autre, sauf aujourd’hui et ce jour où ma colère l’a faite fuir et où nous avons tous deux frôlé la mort ; ce jour dont je porte encore la cicatrice, ce jour où quelque chose de nouveau s’est installé entre nous, non pas une tension mais presque une communion, un sentiment qui n’avait besoin d’être formulé mais qui était et est toujours là, palpable, même après tant de temps passé loin l’un de l’autre. Je sais que malgré ma tentative de la rassurer, cela ne l’empêchera pas de se préoccuper de mon état, mais je sais aussi que face à mon silence, elle n’insistera pas.
C’est donc cette solution que je choisis, et je me contente d’un bref sourire l’assurant faussement que tout va bien avant de lui intimer le mouvement du départ et comme prévu, elle n’insiste pas ; mais quand elle me demande où nous nous rendons, mon sourire s’effondre. Déjà, c’est déjà le moment ? Je sens mon cœur s’accélérer et la chaleur me monter à la tête. Je ne sais ce qui m’effraie le plus : formuler la révélation en elle-même ou bien les images des possibles réactions de Téo que m’impose à toute vitesse mon imagination. Va-t-elle se fâcher, pleurer, m’incendier ? Ou peut-être que cela n’aura pas d’importance pour elle puisque tout ce qui compte, c’est que nous soyons tous deux en vie et enfin réunis… Peut-être encore devrais-je arrêter de rêver et faire face à la réalité, mais ce n’est finalement pas maintenant que j’en aurais l’occasion car tandis que je rumine ces pensées, Téo ajoute soudain :
« John… Je dois retourner au manoir. »
Mes yeux s’écarquillent avant de se plisser alors que mes poings se referment, et c’est sèchement que je réponds :
« Non. »
 
* * *
 
Tapis à l’orée de la forêt, j’observe le manoir dont les contours se découpent, nets comme taillés à la lame, dans la dure lumière hivernale. Un mouvement à une fenêtre ; mon cœur manque un battement et mes doigts se crispent sur mon arme à tel point que mes bras en tremblent. Je respire lentement, profondément, une fine vapeur s’échappant de mes lèvres et voilant momentanément ma vue. À peine deux heures auparavant, je n’aurais pas une seconde considéré l’idée de remettre les pieds ici. J’ai été catégorique : il était hors de question que Téo se mette en danger pour une bête question matérielle. Les effets se remplacent ; une vie, non. Il était tout simplement stupide si pas suicidaire de songer à ne serait-ce que s’approcher du manoir après la scène qui venait d’avoir lieu entre Darren, Téo et moi. Bien entendu, c’était sans compter sur le caractère plus trempé que jamais de ma disciple. S’est-elle révélée particulièrement convaincante ou bien est-ce moi qui ai fait preuve d’une inhabituelle faiblesse ? Quoiqu’il en soit, après qu’elle m’ait assuré avoir un allié au sein de son groupe, et le ton menaçant de sérieusement monter, j’ai cédé. C’est avec un sourire qu’elle a ouvert la marche, et c’est en silence que je l’ai suivie.
Je déglutis. Darren a-t-il déjà rejoint et prévenu ses camarades ? Et depuis combien de temps Téo est-elle là-dedans ? Cela me semble une éternité pourtant, à en croire la course du soleil, cela ne fait qu’une poignée de minutes. Les ombres des arbres sont à peine plus étirées sur l’épaisse couche de neige qui recouvre la plaine quand enfin, au coin du manoir, un rayon de soleil vient chatoyer sur une chevelure blonde. Un soupir m’échappe tandis que mes doigts se détendent sur mon arme, pour s’y resserrer aussitôt quand une silhouette apparaît dans le dos de Téo. Je m’apprête à bondir de ma cachette mais me fige soudain quand Téo se retourne vers le garçon pour lui offrir une étreinte. Je pince les lèvres et me fond à nouveau dans l’obscurité, un goût amer tapissant le fond de ma gorge alors que Téo se détache pour finalement se diriger vers moi. Plus elle s’approche, et plus mon regard se fait fuyant, trouvant prétexte à surveiller le moindre élément de mon environnement qui ne soit ni elle, ni ce type qui reste planté là, la fixant jusqu’à ce qu’elle me rejoigne et disparaisse elle-aussi dans l’épaisse ombre des pins qui nous entourent. Il me faut quelques secondes avant de planter durement mes yeux dans ceux de Téo. Mon sang bout, mes traits sont tendus et ma main toujours aussi crispée sur mon arme mais désormais, ce n’est plus d’anxiété. Et soudain je sais, je sais et je comprends ce que cela fera à Téo quand elle aura entendu ce que j’ai à lui dire. Alors, je ravale les amères questions qui me brûlent les lèvres et, d’un signe de tête, lui intime de me suivre.
Ce n’est que lorsqu’une fois rendus sur l’A82 à la sortie des bois et que suffisamment de distance se soit installée entre le manoir et nous que je fais subitement halte. Le dos tourné à Téo, je lève les yeux vers le ciel aux nuages bas et crémeux d’où papillonnent de légers flocons et soupire.
« Tu m’as demandé où nous allions. »
Je me retourne et, sans croiser le regard de Téo, désigne d’un bras tendu la route qui longe le cours d’eau menant à Fort William et au Loch Linnhe.
« Il y a un bateau amarré au port. Un ferry qui a été aménagé spécialement en prévision de ce qui allait arriver. C’est là que je suis installé. »
Je marque une pause, gardant les yeux rivés vers l’horizon.
« Il y a deux autres personnes : Sophie, la propriétaire du bateau et… Anna, qui aura bientôt douze ans. »
Je croise les bras et fais quelques pas, dépassant Téo.
« Sophie est… spéciale, mais elle a accepté que je reste avec elles et que je te ramène à bord quand je te retrouverais. Tu y seras plus en sécurité que nulle part ailleurs. »
Je prends une grande inspiration d’un souffle trémulant et enfin, me retourne vers Téo.
« Sophie et moi… on ne s’était jamais revus jusqu’ici mais on s’était déjà rencontrés, il y a longtemps. »
Je plante mon regard dans celui de Téo.
« Il y a douze ans. »





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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Dim 15 Juin - 14:56



Darren, John & Téo
Elle avait beau ne pas l’avoir revu depuis très longtemps, trop longtemps, elle put immédiatement sentir qu’il y avait quelque chose de réellement bizarre dans son comportement. Lorsqu’elle lui demanda où ils allaient, elle put également le sentir de nouveau. Elle avait l’étrange impression qu’il comptait lui annoncer quelque chose d’important, mais la soudaine certitude qu’elle devait retourner au manoir s’imposa à elle et elle ne put faire autrement que le lui dire, éclipsant le reste. Il y avait toutes ses affaires là bas, et dans les temps actuels la moindre possession matérielle était précieuse. Sans compter qu’elle aurait préféré mourir plutôt que voir Darren les récupérer, notamment son briquet. Après tout ce que ce salaud avait dit et fait, il n’aurait pas ça, non. Et elle devait avouer éprouver une certaine satisfaction à la perspective de s’introduire dans la bâtisse sous son nez, sans qu’il ne s’en rende compte. Du moins, si tout se passait bien.
Sauf que John ne l’entendait visiblement pas de cette oreille. Il la regardait même avec la dureté qu’il lui connaissait lorsqu’elle faisait quelque chose qu’il désapprouvait. Cependant, elle ne comptait pas se laisser faire si facilement. Elle tenait à y retourner, et pas seulement pour les raisons qu’elle lui avait données. Elle ne l’avouerait pas devant lui, mais partir sans dire au revoir à Spencer, sans même savoir si un jour elle le reverrait lui faisait réellement mal au coeur. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle ressentait ce genre de chose envers lui, c’était comme ça, c’est tout. Alors, elle se tourna vers John, un air de défi dans le regard, prête à livrer bataille.

Et elle avait finalement obtenu gain de cause. Ca n’avait pas été facile, mais il avait fini par comprendre qu’elle y retournerait de toute façon, avec ou sans son accord. Ils y étaient donc retournés. Elle ne savait que trop bien ce qu’il avait dû ressentir en la voyant disparaître, mais elle devait se concentrer sur son objectif. Elle savait très exactement comment faire pour parvenir au manoir, et surtout à Spencer : l’abri où il rangeait sa moto. Il était le seul, à sa connaissance, à l’utiliser et il venait régulièrement là pour bricoler sur sa moto. Prudente, elle vérifia que personne n’était aux alentours avant de se faufiler jusqu’à l’espèce de petite cabane où elle entra. Elle se cacha sous une bâche et attendit. Attendit. Une demi-heure, une heure, peut-être même davantage. Elle sentait ses membres s’ankyloser, mais elle n’avait pas le choix. Hors de question de l’abandonner, pas avant de l’avoir vu. Enfin, elle entendit la porte s’ouvrir. Une fois certaine que ce soit lui, elle n’hésita pas et le serra dans ses bras. Ca faisait beaucoup pour elle, si peu tactile habituellement, mais la journée était plutôt riche en émotions et il fallait croire que cela déteignait sur son humeur.

Elle lui avait expliqué la situation et il l’avait aidée à entrer dans le manoir sans que Darren la voit. Pour la première fois depuis qu’elle avait décidé de sa petite expédition, elle avait éprouvé un sentiment de peur dans le creux de son estomac. Elle ignorait combien d’habitants de Skyfall étaient au courant de leur altercation et si Darren avait déjà ordonné qu’on lui tire dessus. Une fois ses affaires récupérées, il restait encore à sortir sans se faire remarquer, ce qu’elle n’aurait pu faire sans le jeune homme, qui lui permit de parvenir jusqu’à l’extérieur. Tout était fini. Elle allait quitter l’endroit où elle avait vécu pendant si longtemps, et surtout, elle allait quitter Spencer qu’elle ne reverrait peut-être jamais. A cette pensée, elle se sentit étonnamment triste. Elle qui s’était jurée de ne plus jamais s’attacher à personne après la soi-disant mort de son protecteur réalisa qu’elle avait échoué. Il n’y avait plus de temps à présent. Elle le serra dans ses bras en une étreinte qui lui parut douloureuse, avant de tourner les talons pour s’élancer jusqu’à l’endroit où était supposé se trouver John.

Elle remarqua le regard qu’il lui lança et l’ignora superbement. Il ne lui posa pas de question, à son plus grand soulagement. Elle n’avait aucune envie de parler de Spencer, pas pour le moment en tout cas, plus bouleversée qu’elle n’avait envie de l’admettre. Son sac sur le dos, elle marcha silencieusement derrière John, plongée dans ses pensées. Ce fut lui qui rompit le silence, d’une manière qui la surprit au départ. Il se retourna et la regarda, lui faisant sentir qu’il allait annoncer quelque chose. Elle leva les yeux, ne cherchant pas à masquer sa surprise. Il lui rappela sa question précédente.

« Oui, et alors ? » lui demanda-t-elle, incrédule.

Elle ne comprit pas, au début, où il voulait en venir. Il lui parla d’un bateau où vivaient une femme qu’il avait connue, Sophie et sa fille Anna. Vivre avec d’autres personnes ne l’enchantait pas, mais après le manoir, elle s’y ferait. Elle ne voyait pas pourquoi il en faisait toute une montagne. C’était comme si chaque mot lui était difficile, voire même douloureux à prononcer, alors même que les informations qu’ils contenaient ne semblaient pas si perturbantes.

Puis, il y eut ces dernières paroles. Et elle comprit tout ce que cela impliquait. Ses yeux s’écarquillèrent face à la surprise, mais seulement quelques instants. La seconde d’après son regard s’était profondément durci.

« Je vois que tu t’es recréé une parfaite petite famille. T’as pas perdu de temps. »

Son ton témoignait de son amertume et de sa rancoeur. Elle se sentait profondément trahie, et blessée. Il lui avait menti. Il avait juré n’avoir aucune famille. Et voilà qu’il se pointait avec une femme et une gosse de douze ans. Et elle qui l’avait pleuré en le croyant mort, s’était isolée, l’avait même considéré comme... comme son père. Elle se sentait particulièrement idiote maintenant. Après l’avoir fusillé du regard, elle passa devant lui et continua sa route, marchant d’un pas plus pressé.

« J’imagine que ça va être serré et que vous allez vouloir vous retrouver entre vous. Te fatigue pas à m’embarquer, je peux me débrouiller seule. J’ai très bien réussi jusqu’à maintenant. » lança-t-elle d’un ton qui se voulait glacial, mais dans lequel perçait toute sa colère.

 
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Johnathan Rayne
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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Lun 25 Aoû - 16:41




Voilà, la bombe est larguée et je n’ai plus qu’à attendre, attendre la réaction de Téo, comme un gamin venant d’admettre avoir triché à un contrôle et scrutant la colère naissante dans les yeux de sa mère en sachant que la sanction va tomber d’une seconde à l’autre. Cette lueur, dure et glaciale, ne tarde pas à percer dans le regard de Téo et pourtant, j’ai l’impression qu’il s’est avant cela écoulé de bien longues minutes durant lesquelles mon cerveau a eu tout le loisir de s’imaginer divers scénarios : les pleurs, les cris, les coups ; et puis la solitude, surtout, la pire de toutes, celle dans laquelle Téo pourrait parfaitement décider de me laisser après cette révélation, cette solitude que j’ai dû vivre pendant trop longtemps et que je ne pourrais me résoudre à subir encore une fois.
Enfin, elle me répond : le froid, la distance, l’ironie même, et si je n’avais pas été violemment baffé dans la gueule par ses propos, j’aurais peut-être pu entendre que son détachement sonne faux. Je reste interdit pendant quelques secondes avant d’émettre un ricanement amer : je secoue la tête, la penche vers le sol et me masse durement le crâne.
« Parfaite petite famille… » répète-je dans un souffle désabusé.
Une prépubère surdouée qui ne se fait pas prier pour me signifier qu’elle estime mon intellect égalant à peine celui d’un chimpanzé mais qui elle au moins considère que j’en ai un, au contraire de sa génitrice qui, non contente d’être une psychopathe cliniquement approuvée au désir latent de mettre fin à mes jours et dont l’instinct maternel avoisine le zéro absolu, ne voit en moi d’autre utilité que celle d’un pantin sexuel. Famille parfaite, mon cul.
Alors, quand Téo me dépasse et prononce la sentence que je craignais tant, celle que nos chemins se séparent ici et maintenant, je la rattrape, saisis fermement son bras et la force à se retourner vers moi ; alors, tandis que nos regards aussi durs et glacials l’un que l’autre se jaugent mutuellement, je suis prêt à tout lui balancer : ma capture, les révélations, la mort imminente, mon sauvetage in extremis grâce à la plaidoirie d’Anna puis les longues semaines de détention, à tourner tel un lion en cage en me désespérant de jamais pouvoir revoir Téo puis, enfin, la délivrance, la reprise de mes recherches, le désir contre vents et marées de la retrouver et de la ramener.
La ramener chez les fous.
Je baisse les yeux et déglutis ; ma prise sur son bras se fait plus douce, mais je ne la lâche pas.
« Téo… »
La suite vibre presque déjà sur mes lèvres : viens, baby girl, viens. On s’en va. Tous les deux, rien que toi et moi. On s’en fout, on s’en va. Tous les deux, comme avant.
Le cœur battant, je relève la tête et me glace en reconnaissant dans le regard de Téo la colère qui luit dans celui d’Anna à chaque évocation de ma quête. Une quête aujourd’hui terminée, pour laisser la place à une autre, bien plus tortueuse.
« Ne me laisse pas, implore-je enfin. Je t’ai cherchée pendant trop longtemps, je veux pas, je peux pas te voir partir. »
Ces mots, ils me sont comme étrangers, il me semble écouter quelqu’un d’autre les prononcer. Pourtant ils s’écoulent de mes lèvres sans que je ne puisse les arrêter. Ils me glacent comme ils me réchauffent. Ils font cogner mon cœur et se nouer mes entrailles mais à chaque syllabe, mes épaules s’allègent.
Pas même lorsque ma vie ne tenait qu’au bon vouloir de mon propre sang ne me suis-je senti si vulnérable.
Je serre les mains de Téo des miennes, tremblantes.
« Viens avec moi, baby girl. S’il-te-plaît. »





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MessageSujet: Re: You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)   Dim 7 Sep - 15:18



Darren, John & Téo
Elle aurait dû savoir. Elle aurait savoir que c’était bien trop beau pour être vrai. Retrouver John, le serrer dans ses bras, croire qu’enfin elle allait pouvoir quitter le Manoir pour reprendre la route avec lui. Elle songea au sacrifice qu’elle avait fait, au fait qu’elle avait quitté Spencer pour le suivre. Elle pensait qu’elle s’en remettrait facilement, mais en vérité, elle n’en était plus si certaine après avoir pris conscience qu’elle ne le reverrait probablement plus. A la peine causée par la séparation s’ajoutait maintenant la douleur de savoir qu’elle allait être en compétition avec une autre famille, une autre fille qui cette fois-ci serait sa fille de sang. Autant dire qu’elle ne tenait même pas la comparaison. Fidèle à elle-même, plutôt que de montrer ses failles, elle choisit de laisser éclater sa fierté et sa colère, de lui lancer un regard aussi dur que possible. Oui, elle était furieuse. Et blessée surtout. A quoi s’attendait-elle ? D’accord, peut-être qu’aujourd’hui il souhaitait la ramener avec lui. Mais ça ne durerait pas. Il l’abandonnerait un jour, trop occupé par sa nouvelle petite famille. Trop préoccupée par ses propres sentiments, elle ne parvint pas à percevoir l’amertume avec laquelle il parlait de Sophie et d’Anna.

« Ouais ta famille, j’imagine que je vais être de trop. » lança-t-elle avec froideur.

Perdre John une première fois avait été pire que tout. Le perdre une seconde fois... elle n’était même pas certaine d’y survivre. Surtout si c’était lui qui prenait l’initiative de la mettre dehors, de la chasser de sa vie. Etre seule, c’était sans doute la solution. La seule qui lui permettrait de ne plus souffrir de séparation. Alors, elle était prête à lui tourner le dos et à s’en aller. Pourquoi attendre alors que ça arriverait de toute façon ? Il avait refait sa vie de son côté, il l’avait sans doute même oubliée et retrouvée seulement par hasard. Il n’y avait pas de place pour elle sur ce bateau. Et elle ne pourrait pas retourner au manoir, pas après les menaces de Darren. Elle serait vraiment seule. Elle avait beau se savoir forte, cette perspective était angoissante. Pourtant, elle lui tourna tout de même le dos.

Mais il la rattrapa fermement et rapidement, si bien qu’elle n’eut pas le temps de réagir avant de se retrouver face à lui. Que lui voulait-il encore ? La retenir ? Ce serait inutile. Elle savait à quoi s’en tenir à présent. Pourquoi ne la laissait-il pas partir ? Elle aurait dû partir alors, de son propre chef, mais elle n’arrivait pas à se décider à faire un geste pour dégager son bras. Le regard qu’il lui lançait la meurtrissait encore plus, de même que la manière dont il prononçait son prénom. Comme avant. Elle s’efforçait cependant de conserver ce même regard glacial. De la glace qui fondit littéralement lorsqu’il s’adressa à elle, la suppliant de ne pas le laisser. Son expression changea, stupéfaite, déstabilisée. Jamais elle ne l’avait vu comme ça. Aussi... vulnérable. Ils avaient parfois eu quelques moments plus démonstratifs dans leur affection, mais jamais elle n’avait eu autant l’impression qu’il avait besoin d’elle qu’en cet instant. Il lui avait pris les mains et elle pouvait les sentir trembler dans les siennes.

« Okay. Okay. »

Son regard s’était attendri et elle ne put s’empêcher de sourire. Elle n’aimait pas le voir comme ça, mais sentir qu’il avait besoin d’elle, qu’il la voulait vraiment près d’elle... c’était mieux que tout. Elle serra brièvement les mains de son père d’adoption.

« Je viens. Je reste avec toi. Tu vas pas te mettre à chialer non plus, hein ? » Une boutade lui permettant de contenir sa propre émotion. Toujours son sourire en coin, elle lâcha les mains de John et le bouscula affectueusement, avant de reprendre la marche. Jusqu’au bateau. En espérant que les deux autres ne soient pas trop chiantes.

 
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You're real. You're alive. (ft. John, Darren & Téo)

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