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 Not a honeymoon → Ezio

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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Not a honeymoon → Ezio   Lun 17 Aoû - 22:31

14h49 arrivée à Mindelo, une des villes les plus peuplées du Cap-Vert, selon la brochure qu’on leur avait remise dans l’avion. Techniquement, ce n’était pas leur lune de miel mais ça y ressemblait drôlement. S’ils avaient décidé de se faire une véritable lune de miel, c’est sûrement un endroit de ce genre qu’ils auraient choisi. Devlin n’arrivait pas à croire – pas plus qu’une bonne moitié de son entourage - qu’elle était mariée depuis un peu moins d’un mois. A l’école, elle n’avait jamais été l’une des plus populaires alors oui, c’était surprenant qu’à l’âge de vingt-trois ans seulement, elle soit l’une des premières à se caser. Puis pas avec n’importe qui, toutes ses copines avaient été vertes de jalousie en voyant Ezio. Grand au point de pouvoir la mettre sur son épaule et de se balader avec sans que ça le dérange, bronzé et musclé, il y en avait plein qui se demandaient ce qu’il avait bien pu lui trouver à elle, la rouquine de service. D’autant qu’Ezio avait beau ressembler à une gravure de mode, elle n’était pas tout de suite tombée sous son charme, il fallait voir la façon dont il l’avait abordée aussi, ça faisait un peu psychopathe sur les bords tout de même.

Bref, ce n’était pas une lune de miel, donc mais bien une convention et il fallait qu’ils se rendent dans un certain hôtel. Plan de la ville à la main, les yeux de Devlin passaient sans cesse du morceau de papier à son alliance. Ça faisait presque un mois quand même, il faudrait bien qu’elle s’y fasse un jour. Et le plus tôt serait le mieux car elle manqua se faire renverser en revenant vers le taxi qui était supposé les conduire à leur hôtel mais qui ne connaissait manifestement pas assez les lieux pour savoir où il se trouvait. Son premier réflexe fut de lancer un « hey connard ! » en gaélique en chauffard qui n’en avait de toute évidence rien à cirer puisqu’il poursuivi son chemin comme si de rien n’était avant de remonter dans le taxi pour montrer au gars où on lui avait dit que ça se trouvait. C’était fabuleux, c’était à elle, qui ne pétait pas un mot de portugais qui avait dû demander leur chemin pour le chauffeur. Ils auraient tout aussi bien fait de louer une voiture en sortant de l’aéroport, puisqu’ils pouvaient se le permettre. Mais bon, c’était trop tard pour regretter et Devlin préféra s’abîmer non pas dans la contemplation du paysage – c’était joli, certes, mais à part des petites maisons ultra-colorées et des bateaux tout le long de la côte, hein – mais plutôt de son mari. Son mari, ça faisait bizarre mais elle s’y ferait plus vite qu’elle ne l’aurait cru.

Ce n’est qu’au bout d’une demi-heure de route qu’ils arrivèrent enfin à destination, après avoir traversé toute l’île, probablement. Mais l’endroit en valait la peine, le genre d’hôtel que l’on ne voit que dans les documentaires sur les îles du Pacifique. Et du coup on se demanderait bien pour quelle raison on en retrouvait un sur une île de l’Atlantique mais hey, c’était sans doute pour appâter le client ! Et ça marchait puisque c’était là que se déroulait leur fameuse convention. Il faut croire qu’arnaquer des gens, ça faisait gagner des tonnes de fric à tout le monde. Parce que oui, les arnaqueurs se réunissent de temps en temps pour s’échanger des conseils, monter de grosses arnaques en groupe ou juste pour se payer la tête de leurs pigeons et c’était précisément de ça qu’il s’agissait et non pas d’une convention de fans de Star Wars. Bon en revanche, l’hôtel était très éloigné du centre-ville parce qu’il avait sa plage privée et même que certaines suites étaient sur pilotis, ça tombait bien, c’était ce qu’ils avaient réservés.

Même pas besoin de sortir les bagages du coffre, un mec habillé comme le liftier de la tour de la terreur à Disneyland s’en chargea pour eux tandis qu’une fille apparemment du coin leur passait un collier de fleurs autour du cou. Puis à la réception, on ne fit pas que leur remettre une clef mais le liftier de tout à l’heure leur fit visiter leur suite qui était en effet sur pilotis, avec terrasse menant à l’eau turquoise – tout ça c’était plus grand que l’appartement dans lequel elle vivait avant d’emménager avec Ezio – avant de leur demander de rejoindre le bâtiment central pour allez savoir quelle activité. Mais minute papillon, Devlin voulait d’abord enfiler un maillot de bain parce que si elle ne s’y mettait pas tout de suite, elle reviendrait de là tout aussi blafarde qu’elle l’était en partant et ça, il n’en était pas question. Pas question non plus de revenir cramée des pieds à la tête alors ça serait écran total mais avec formule permettant de bronzer un peu aussi. D’ailleurs, elle remarqua bien vite qu’elle n’était pas la seule à avoir eu envie de se la jouer vacancière puisqu’une fois qu’ils furent revenus dans le hall d’entrée, elle vit que tout le monde avait passé chemises hawaïennes, tongues, paréos et tout ce qui s’ensuit. Elle ne dénotait donc pas le moins du monde. Quelques-uns avaient même commencé très fort et se promenaient avec des cocktails avec de petites ombrelles colorées à la main. Devlin en voulait un aussi ! Mais ça ne serait pas pour tout de suite car elle avait également remarqué que tous les regards féminins de l’assistance avaient convergés vers son mari. Son mari, il fallait qu’elle réagisse, et vite. Aussi ne perdit-elle pas une seconde pour se rapprocher, elle qui n’était pourtant pas une grande fan des démonstrations d’affection en public, avec Ezio c’était différent. Principalement parce que la plupart de ses relations précédentes avaient été foireuses et avec des mecs craignos qu’elle n’avait pas trop envie d’enlacer devant tout le monde. Ah tiens, en parlant de mec craignos, il y en avait justement un qui se dirigeait droit sur eux, un grand sourire aux lèvres. Un ex à elle, justement. Oui bon, ça ne l’étonnait pas outre-mesure de le voir là, lui aussi aimait bien se faire du blé sur les dos des autres, c’était même comme ça qu’ils s’étaient rencontrés, mais quand même, elle aurait bien aimé disparaître dans un trou de souris, là, tout de suite.

    « Quoi qu’il te dise, il faut pas le croire. »


Oui ben c’est-à-dire qu’on se dirigeait rarement vers une ex et son nouveau mari – pas qu’il y ait un ancien mais bon – avec un sourire machiavélique pour ne pas cracher son venin, ça serait rêver.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mer 19 Aoû - 21:35

Voyage en première classe, oui madame. Et même pas besoin de gruger. Enfin, si, juste un peu. Il avait suffi que Devlin et lui parlent à voix assez haute pour se faire entendre de leur voisine, dans la file d’attente pour embarquer dans l’avion, de leur tout nouveau mariage, pour ladite voisine s’extasie. Awwww, de jeunes mariés ! Son mari les avait félicités. Les gens derrière eux aussi. Et puis devant eux. Et puis Ezio avait lancé innocemment, sur le ton de la blague, qu’il aurait bien voulu une place en classe affaires, comme dans les séries télés américaines. Là-dessus, tous les gens autour d’eux avaient fait pression sur l’hôtesse de l’air, qui leur avait trouvé des places en première. C’était trop facile. À peine un échauffement pour ce qui les attendait au Cap-Vert, leur destination. Ezio y serait allé pour n’importe quelle raison. Pour lui, c’était une escapade au paradis : des îles, des plages, du soleil, de la chaleur, et sa femme avec lui. Sa femme. Oui, oui, sa femme. Il n’avait pas de plus grand plaisir à l’appeler ainsi tout haut, « ma femme, ma femme », tellement c’était incroyable. Quand il lui avait adressé la parole la première fois, il n’aurait jamais cru se retrouver là avec elle si peu de temps après. Tout avait été très vite, mais tout s’était passé à l’image de leurs personnalités respectives. Ils étaient comme ça, des fonceurs, ils profitaient de la vie, vivaient dans l’instant. Ce qui expliquait leurs alliances, et ce qui expliquait aussi leur présence ici.

Sa femme – sa femme ! – faillit se faire rouler dessus à peine sortie de l’aéroport, et il se laissa quelques secondes pour calmer son cœur. Il avait dans l’idée qu’il allait devoir s’habituer à ça, entre autres nombreuses choses – mais pas son don, ça, il l’avait accepté en une fraction de seconde. Il l’avait déjà vue se vautrer plusieurs fois, faire des cascades incroyables en voulant attraper un truc haut placé dans la cuisine, dévaler l’escalier de leur appartement sur les fesses, etc. Il s’amusa de sa réaction à l’encontre du chauffeur de taxi. Petite, mais pas du genre à se laisser faire. Ce n’était pas lui qui allait l’en empêcher. Ils traversèrent donc l’île principale jusqu’à trouver leur hôtel, qui ressemblait exactement à ce qu’en disait le site Internet. Ce qui était un comble, vu qu’ils étaient là pour une convention d’arnaqueurs. La blague aurait été qu’ils se fassent tous avoir en arrivant, en tombant sur un taudis. Mais non : plage privée, bar, restaurant, spa et suites privatives sur la plage, dans des bungalows perchés sur la plage, à moitié dans l’eau turquoise. Il était évident qu’il leur fallait un de ces bungalows. Ils réussirent à se changer avant de se faire entraîner de nouveau vers le hall principal et Ezio se délesta avec plaisir de ses habits britannique anti-pluie et anti-froid, pour un bermuda long et un débardeur d’un blanc immaculé. Aaaaaaaah, chaleur sur sa peau, soleil sur sa peau ! Il se trouvait bien pâle, mais comme il était naturellement bronzé, les autres n’auraient pas été d’accord avec lui. Un bras passé autour des épaules de sa femme, il suivit le mouvement vers le hall, jaugeant déjà les présents du regard. Mieux valait dès le départ se faire une idée d’à qui ils avaient affaire.

Il sentit sa femme se serrer contre lui et sans y penser, se pencha pour l’embrasser. Tout ça était devenu tout à fait naturel. Il ne faisait nullement attention aux autres femmes, ou plutôt si, il les regardait, sauf qu’il ne voyait pas des femmes, mais des adversaires, ou des partenaires de crime, c’est tout. Il se redressa en entendant Devlin lui parler et regarda un type approcher. Vu sa tête satisfaite, il avait une bonne raison de se pointer. Comme Ezio ne le connaissait pas, il se douta que c’était une connaissance de Devlin. Et pas un ami. Il se planta devant eux, son cocktail à la main.

« Salut, Devlin. Je savais bien que je te manquais, pour que tu me suives jusqu’au bout du monde. »

Ezio le regarda un moment, puis regarda sa femme, puis regarda de nouveau le type, qui faisait semblant de l’ignorer.

« Hey, salut, on se connait pas encore, je suis Ezio ! »

Il tendit la main au type, qui le regarda enfin et sembla se rendre compte que la taille d’Ezio avait beaucoup augmenté à mesure que lui s’était rapproché de Devlin. Étant donné qu’il avait voulu faire le malin devant tout le monde, il n’eut pas d’autre choix que de lui serrer la main. Ezio lui sourit et la lui broya en retour, sans même transpirer. Comme l’autre faisait son possible pour rester immobile, Ezio le détailla rapidement du regard. Il portait son portefeuille dans la poche arrière de son short de bain. Escroc de pacotille. Il lâcha enfin la main du mec pour repasser son bras autour de sa femme, et se pencha sur elle :

« Vas-y, dis-moi qui c’est avant qu’il ne me donne sa version de type bafoué. »

L’autre prit l’air insulté, mais ça tombait bien, c’était l’idée.
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Sam 22 Aoû - 22:12

C’est souvent dans ces moments-là que les petits trucs les plus insignifiants prennent de l’importance, comme la vue qu’ils avaient sur la plage depuis le hall de l’hôtel. Si cet imbécile n’avait pas décidé de se pointer, elle n’y aurait probablement pas fait attention avant plusieurs cocktails mais là pour le coup, Devlin appréhendait un brin la rencontre entre un ex à elle et son mari, quoi de plus normal. D’autant qu’elle savait d’avance qu’il ne venait pas pour chanter ses louanges, dire à Ezio ô combien elle était une petite amie formidable. Il n’en savait rien, ils devaient être sortis ensemble quelque chose comme deux fois à tout casser. La première phrase qu’il sortit était tellement pathétique qu’elle se demanda un moment si son mari avait déjà lancé des trucs dans ce goût-là à ses ex. Elle espérait bien que non en tout cas parce que ça en disait long sur la personne. Bref, la jeune femme se retint de lever au ciel. En temps normal, elle se serait bien fichue qu’il y ait du monde autour qui regarde et ne se serait pas gênée pour lui dire ses quatre vérités de façon agressive parce que c’était un peu comme ça qu’elle fonctionnait, mais après même pas un mois de mariage, Devlin essayait toujours de faire bonne impression à Ezio. Certes, ça ne marchait pas toujours et ils avaient déjà eu leur première engueulade à propos d’une broutille mais elle essayait quand même.

Au moment où son mari serra la main de cet avorton, il lui sembla bien entendre des os craquer mais elle ne l’aurait pas juré. Voilà, comme ça les présentations étaient faites, du moins d’un côté, pour l’autre, il faudrait bien qu’elle intervienne, qu’elle le veuille ou non. Puis c’était pile le bon moment pour rajouter son grain de sel étant donné que son ex venait de se faire ridiculiser devant tout le monde.

    « Ça c’est Carlton, on a bossé ensemble pendant un temps, on est sortis ensemble deux ou trois fois et il croit que je l’ai volé avant de filer à l’anglaise. »


Autant annoncer directement la couleur, hein, parce qu’elle voyait bien que Carlton faisait le cake pour le moment mais il ne se priverait pas et l’accuserait une fois encore devant tout le monde. Ils avaient travaillé ensemble un été où Devlin voulait se faire de l’argent de poche facile et qu’elle avait décidé de postuler dans un parc d’attractions. On lui avait tout de suite refilé le rôle de la diseuse de bonne aventure avec perruque, maquillage, créoles surdimensionnées et accent bulgare – ou d’Europe de l’est tout du moins – tandis que Carlton lui avait l’honneur de devenir mascotte du « parc », un parc totalement bidon en réalité, c’était même un scandale de faire payer l’entrée. Effectivement, elle s’était tirée au beau milieu de la nuit parce qu’elle était plus sortie avec lui par ennui que par réelle envie, mais elle ne l’avait pas volée, elle avait juste récupéré ses pourboires à elle, ce qui lui revenait en somme. Peut-être bien que ce type était tellement déçu de se réveiller tout seul et en plus d’avoir perdu une partie de son salaire qu’il avait décidé de tout lui remettre sur le dos. Ou elle ne savait pas trop quoi, elle n’avait jamais vraiment essayé de s’expliquer son comportement. D’ailleurs, son résumé ne sembla pas lui plaire du tout.

    « Je ne crois pas, t’es partie avec mon fric et tu devrais faire gaffe, mec, parce qu’elle fera pareil avec toi ! »


A l’en croire, ce type était riche comme Crésus et elle lui avait volé les trois quarts de sa fortune alors que si c’était le cas, il n’aurait jamais bossé dans un parc d’attractions, enfin… n’empêche que c’était exactement la réaction à laquelle elle s’attendait et cette fois, elle ne put s’empêcher de rouler des yeux et de lui agiter son annulaire sous le nez. N’avait-il pas encore remarqué que ce n’était pas la même chose et qu’Ezio et elle étaient mariés ? De toute évidence non et il n’avait pas l’air de comprendre non plus pourquoi elle faisait ça. Bon tant pis, Devlin préféra laisser tomber et chercha des yeux un serveur avec un plateau rempli de verres à cocktail entre les mains. Et ça tombait bien puisqu’il y en avait justement un qui passait derrière Carlton. La rouquine fit donc le tour, s’empara d’un verre, allait un prendre un pour son mari – peu importe ce qu’il y avait dedans de toute façon, non ? – quand elle remarqua le portefeuille de l’autre idiot qui dépassait de son short de bain. C’était peut-être l’occasion de se venger, histoire qu’il se plaigne pour une bonne raison. N’étant pas une pickpocket née, elle dut faire attention et profita du fait qu’Ezio et lui étaient maintenant en grande conversation pour parvenir à son but. Sous les regards d’une bonne partie de l’assistance qui ne la balança cependant pas car il n’y avait pas de code d’honneur entre arnaqueurs, apparemment. Après quoi, elle fit de grands signes à son mari pour lui signaler qu’il était de prendre leurs distances avec ce gars.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mer 26 Aoû - 21:11

Est-ce qu’Ezio était jaloux ? Non, pas vraiment. Il ne se sentait absolument pas menacé par cette crevette et avait une totale confiance en sa femme, quand bien même ce type l’avait connue avant lui, faisant de lui le nouveau venu dans la vie de Devlin. Donc non, pas jaloux, mais il n’était pas content non plus, voilà. Évidemment, il n’allait pas se voiler la face en pensant que sa femme n’avait absolument aucun ex qui marchait sur cette planète. C’était dans l’ordre des choses, c’était comme ça, et ça ne comptait pas, ça ne comptait plus. Mais ça restait pénible de voir ce type se pointer, surtout qu’à sa place, Ezio se serait fait discret, lui. C’était la politesse élémentaire, de ne pas aller emmerder son ex, surtout quand elle se pointait au bras d’un homme. Non, ce type était juste venu la faire chier, et le faire chier lui par extension. Il écrabouilla donc les phalanges de Carlton sans trop culpabiliser, et tant pis s’il passait en mode homme de cro-magnon. Il fallait toujours trouver l’équilibre entre se comporter comme un gorille taliban et défendre l’honneur de sa femme, et puis des fois, tant pis s’il passait pour un misogyne, ça lui faisait juste trop plaisir de faire passer ce con pour ce qu’il était : un con, donc. Et cela dit, la brève mais percutante explication de Devlin quant à l’identité du bonhomme arracha un rire bref à Ezio, qui serra un peu plus sa femme dans ses bras en s’exclamant :

« Excellent ! Ça c’est ma femme ! »

Que ce soit vrai ou pas, il s’en fichait. Tant mieux si elle lui avait piqué son fric, et si elle ne l’avait pas fait, amen. De toute façon, Ezio se fichait bien de ce que Carlton avait à lui dire sur elle. Non seulement c’était le discours typique du débile qui s’était fait plaquer et qui n’était pas assez mature pour ne pas en faire tout un flan, mais en plus, tout ce que Devlin avait pu faire dans son passé, si ça l’intéressait, n’influerait en rien la vision qu’il avait d’elle, il en était sûr. N’empêche, il avait hâte d’apprendre à la connaître encore plus. Oui okay, il la connaissait déjà beaucoup. Mais ils s’étaient mariés tellement vite qu’ils avaient encore pas mal de trucs à se dire, tous les deux, forcément. Tant qu’ils évitaient le sujet des ex… Il laissa Carlton beugler devant tout le monde, complètement inconscient que dans l’histoire, c’était lui qui était en train de se ridiculiser. Il écouta gravement le type, avec d’autant plus d’attention que Devlin venait de le planter là pour faire le tour du bonhomme, direction les cocktails, sauf qu’elle avait entrepris de voler son portefeuille au mec. Ezio posa la main sur l’épaule de Carlton comme l’aurait fait un frère – et c’était un tour classique, attirer l’attention, par un contact physique notamment, de quelqu’un, pour mieux lui piquer un truc en même temps.

« Bon écoute, pauvre petite chose. Elle n’a pas besoin de me piquer quoi que ce soit, je lui donne tout ce que j’ai si elle le veut. T’étonnes pas qu’elle t’ait largué, espèce de radin. »

Tu parles d’un escroc, chouiner pour une histoire pareille… Une fois que Devlin brandit triomphalement le portefeuille de Carlton dans son dos, Ezio passa carrément un bras autour des épaules du type, en mode poker face totale, et s’éloigna avec lui de quelques pas, lui forçant la main. Il se pencha sur lui et souffla :

« Et maintenant, tu t’en vas. Je ne veux même pas que tu apparaisses de loin dans notre champ de vision pour tout le temps du séjour. Tu te déguises, tu te rends invisible, tu te démerdes comme tu veux, mais si je te revois même dans le fond coin d’une photo de groupe, je te découpe. Et je t’emmène à Aruba le mois prochain à la convention des tueurs en série où je donne une conférence, pour me servir de toi comme powerpoint. Okay ? »

Carlton répondit « okay » comme s’il avait du mal à croire ce qu’il entendait et Ezio le planta là pour aller retrouver Devlin et les cocktails, ses deux trucs préférés dans la vie, à peu de choses prés. Il l’enlaça brièvement avant de se marrer.

« Si ça peut te rassurer, et pour qu’on soit à égalité, je suis sorti le temps d’une soirée avec une guide touristique schizophrène qui se prenait pour Jackie Kennedy et a essayé de me convaincre de me laisser pousser les cheveux pour me faire un brushing. »

Bon okay, ce n’était peut-être pas rassurant. Mais il ne voulait pas que sa femme pense être solitaire dans le monde des ex décérébrés.

« Alors, il est bien rempli ce portefeuille ? J’espère qu’il y a aussi son passeport, qu’on aille le foutre au feu. »

Hey, au moins comme ça, Carlton ne l’accuserait plus sans raison.
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Ven 28 Aoû - 21:58

Ainsi Carlton fut-il remis à la place qui était la sienne. C’était assez déroutant de le voir lâcher l’affaire aussi facilement mais après tout, Devlin avait rapidement appris qui son mari était doté d’un pouvoir de persuasion hors du commun. Sa carrure d’armoire à glace y était sûrement pour quelque chose mais elle avait du mal à se mettre à leur place. Pour elle, il tenait plus d’un nounours géant que du titan pouvant vous broyer les os d’une simple pression mais c’était sans doute parce qu’elle était sa femme et qu’il avait, en général, plus envie de la câliner que de la détruire à coups de poing. Et de toute façon, elle n’allait pas s’en plaindre. Oui certes, c’était chouette de voir deux types se fritter un peu à son sujet, ça ne lui était pas souvent arrivé, voire même jamais en fait, mais Carlton était pénible et elle n’était pas mécontente de le voir partir. Sans son portefeuille, qui plus est ! Voilà, la prochaine fois que l’accuserait de l’avoir volé, ça serait à juste titre. Avant d’en vérifier le contenu, la rouquine accueillit son mari comme il se devait et sirota son cocktail parce qu’elle l’avait bien mérité. Même mieux, ils l’avaient bien mérité puisqu’ils formaient une équipe maintenant et une qui fonctionnait super bien de surcroît.

Ça ne l’étonna guère, mais toute cette histoire fit marrer Ezio. Evidemment qu’il n’allait pas croire la mise en garde de ce vieil aigri parce qu’elle était sa femme et pas juste une fille avec qui il était sorti deux fois avant de se faire larguer, là était toute la différence. Et d’ailleurs, il semblerait que son mari ait eu lui aussi son lot d’ex bien lourdes dont une guide touristique qui se prenait pour Jackie Kennedy. Encore, ça n’aurait été que ça mais en plus, elle avait insisté pour qu’Ezio se laisse pousser les cheveux pour se faire des brushings dans une parodie de JFK, très probablement et cette seule idée la fit tellement rire qu’elle en oublia carrément de vérifier si Carlton avait du cash sur lui. Maintenant qu’elle était bien plus riche qu’elle ne l’avait jamais été, c’était plus par principe qu’elle avait fait ça et non pas pour l’argent. Cela étant, ce n’était pas pour ça qu’elle cracherait sur de la monnaie non plus. Bref, Devlin ouvrit ledit portefeuille tout en commentant :

    « Tu sais ce qu’on devrait faire ? Les faire rencontrer tous les deux ! Je pense qu’ils s’adoreraient tous les deux. Ou bien qu’ils se détesteraient et s’entre-tueraient mais qu’est-ce que ça peut faire ? »


Résultat des courses : plein de billets aux couleurs très locales mais autant dire que Devlin n’avait aucune idée de la valeur réelle que ça pouvait avoir, quelques cartes de crédit dont ils n’auraient aucun usage, des photos et ahhh le passeport ! Elle sortit les escudos qu’elle montra à son mari et dissimula dans un endroit où personne d’autre que lui ne pourrait aller les chercher, le passeport et abandonna le portefeuille à l’emplacement exact où elle se trouvait cinq secondes plus tôt avant de se diriger vers un grand aquarium empli de poissons tropicaux de toutes les couleurs. A défaut de trouver un feu ou même d’en faire un dans cet hôtel, voilà qui serait tout aussi efficace, pensa-t-elle en y balançant l’objet du délit. Dommage qu’il ne soit pas empli de piranhas, ça aurait été sûrement plus efficace encore. Mais bon, il fallait bien faire avec les moyens du bord. Ensuite elle se tourna vers Ezio et lui adressa un sourire radieux. Bon eh bien voilà, ils avaient fait acte de présence, est-ce qu’ils pouvaient aller nager avec des raies manta – les dauphins c’est bien trop surfait, d’abord ! -, faire du shopping dans les boutiques les plus luxueuses du centre-ville et ce genre de trucs, hein ?

D’accord, Devlin savait pertinemment qu’ils n’étaient pas en vacances mais quand même, ça serait vraiment trop bête de ne pas en profiter ! Malheureusement, ça ne serait pas pour tout de suite car on demanda à tout le monde de se réunir dans la salle de conférence B23 et – qui l’eut cru – il y avait tellement de monde que l’effet de masse ne permettait pas d’y échapper. La rouquine se fit emporter comme par un raz-de-marée et eut tout juste le temps de se cramponner à son cocktail et d’agripper le bras d’Ezio avant d’atterrir bien malgré elle dans la salle de conférence B23. Rien qu’à voir toutes ces chaises bien alignées, cette mini-scène où trônait un micro et ce buffet où il n’y avait que des trucs qui ne lui faisaient absolument pas envie, elle sentait déjà que ça allait être extrêmement long et chiant. Mais tant pis, s’il fallait passer par-là pour pouvoir s’éclater ensuite… Elle se laissa mollement choir sur une chaise du fond, il n’était pas question qu’elle soit au premier rang non plus, elle n’y avait jamais été même à l’époque du lycée et on ne changeait pas les bonnes vieilles habitudes si facilement. Puis elle jeta un coup d’œil autour d’elle et remarqua qu’il n’y avait pas que des humains dans cette salle, il y avait aussi des esprits ce qui était bizarre car c’était les premiers qu’elle croisait dans cet hôtel, si bien qu’elle avait fini par croire que l’hôtel était trop neuf pour avoir ses propres revenants. Comme à son habitude, Devlin évita soigneusement de croiser leur regard sinon ils viendraient inévitablement l’embêter elle, tout ça parce qu’elle était la seule à les voir, pfft. Enfin, au pire, si cette conférence tirait vraiment en longueur, elle pourrait toujours prétendre qu’ils la rendaient malade pour s’éclipser avec Ezio, ni vus ni connus.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mer 2 Sep - 19:18

Faire se rencontrer leurs ex respectifs, mais quelle bonne idée ! Visiblement, ils se méritaient l’un l’autre, c’était sûr, et sa folle schizophrène ferait des tresses à Carlton pendant que Carlton mythonnerait la folle sur la vie qu’il n’avait pas. À la limite, s’ils s’entretuaient, ce serait un moindre mal, parce qu’il y avait pire : ils pouvaient très bien s’adorer et se mettre à se reproduire, et ce ne serait vraiment pas un cadeau à faire à l’humanité tout entière. Ezio n’était pas sûr d’assumer ce genre de cataclysme, après, il ne voulait pas être responsable de la création du futur antéchrist de la connerie humaine. De toute façon, il avait bon espoir de ne jamais revoir cette ex dingue qui était toujours aux États-Unis, aux dernières nouvelles, alors que lui était bien à l’abri sur son île – celle-ci, présentement, et en Irlande la plupart du temps. Et il avait également bon espoir de ne jamais revoir Carlton si ce dernier prenait sa menace au sérieux – Ezio comptait bien là-dessus. Quoiqu’il en soit, le portefeuille du débile était bien joufflu, plein de billets et de cartes de toutes sortes et le passeport, comme espéré. Il vit disparaître les billets dans le décolleté de sa femme avec intérêt, se jurant de s’acheter une merdouille made in China dans une boutique souvenirs tout à l’heure rien que pour aller y pêcher l’argent. Il n’irait pas repêcher le passeport que Devlin venait de balancer dans l’aquarium le plus proche, en tout cas. Dommage, ils auraient pu s’en servir pour faire de faux papiers, on en avait toujours besoin, mais le passeport lui-même était probablement une contrefaçon, de toute façon, et les contrefaçons de contrefaçons, c’était trop cheap pour eux. Il regarda sa femme avec attendrissement tellement elle semblait s’amuser à pourrir la vie de l’autre neuneu, et il était toujours content quand sa femme était contente.

Et puis ce fut la fin de la récréation, parce que oui, cette convention d’escrocs, c’était vraiment du sérieux, et ils étaient tous attendus en salle de conférence. Ezio fendit la foule tel Moïse, Devlin à son bras qui se faisait pousser comme par une houle humaine. Ils se posèrent dans le fond comme les deux pires cancres de la salle, et de toute façon s’ils voulaient se tirer discrètement tout à l’heure, c’étaient les places idéales. Alors que la salle se remplissait, il observa les autres participants, croyant bien reconnaître quelques visages familiers par-ci par-là. Et dire que moins d’un an auparavant, il était en quelques sortes de l’autre côté de cette barrière qui délimitait plus ou moins nettement le crime de la loi… Même si aujourd’hui il se retrouvait coincée dans cette salle et s’apprêtait à subir une série de conférences sur allez savoir quoi par allez savoir qui, il ne regrettait aucunement ses choix, et de toute façon, ce n’était pas vraiment un choix qu’il avait eu, entre l’exil ou la prison. Il se renversa en arrière sur sa chaise, passa un bras sur le dossier de celle de Devlin et croisa les jambes, une cheville sur le genou, en une pose décontractée. Les portes de la salle se fermèrent et il se demanda si les proprios de cet hôtel de luxe savaient quel genre de convention ils accueillaient.

« J’espère qu’au moins le buffet sera à la hauteur… »

Crabe, champagne, petits-fours, homards et tout le tralala, il comptait bien là-dessus. Un type monta sur scène à ce moment-là et alla se coller au micro derrière le pupitre. Il y eut un frémissement dans la salle, signe qu’il s’agissait là quelqu’un de connu dans leur milieu, mais Ezio n’avait aucune idée de qui c’était. Il n’était pas de la partie depuis si longtemps que ça, et puis en plus, en bon Américain qu’il était, il n’avait jamais accordé la moindre attention aux personnalités autres que de sa nationalité, quel que soit leur domaine de compétences. Des quelques bribes qu’il capta de ses voisins, le mec était un télé-évangéliste brésilien. Ah ! C’est sûr que c’était le bon filon, ça, le meilleur moyen de pomper leur fric à des millions d’imbéciles via la télé et Internet, deux réseaux faciles à maîtriser et qui touchait la majorité de la population. Ça manquait de subtilité, mais c’était efficace. Une femme distribuait le programme des conférences et Ezio, quand il eut le sien en mains, y repéra des interventions telles que « Les pauvres, cibles faciles mais peu lucratives ? », « Les bienfaits d’un sugar-daddy » ou encore « Évoluer dans les cercles politiques comme Picsou dans sa piscine de pièces d’or ». He ! Tout ça avait l’air tellement chiant qu’il n’était même pas sûr de survivre au discours d’introduction. Apparemment, il y avait aussi un grand jeu-concours organisé et il se demanda s’ils allaient devoir tenter de s’escroquer les uns les autres, ou bien subir une course façon Pékin Express dans toute l’île pour gagner un pactole, avec des épreuves et tout, ou encore si les organisateurs allaient simplement donner leur position à Interpol pour une grande chasse à l’homme façon Attrape-moi si tu peux.

Les lumières baissèrent, les choses sérieuses allaient commencer. Mais pour Ezio, lumières basses + places du fond ne signifiaient qu’une seule chose : une superbe opportunité pour câliner sa femme, comme au cinéma. Il se pencha sur elle pour l’embrasser dans le cou et souffla à son oreille :

« Tu vois quelque chose qui te tente ou bien on se fait la malle tout de suite ?

Mais il avait à peine fini de parler – non sans en plus s’attirer des « chhhhhut ! » et des regards mauvais des bizuts de la rangée devant la leur – qu’une lumière façon projecteur fut allumée dans la salle. Ah. Donc en fait, ça allait être interactif, ils allaient choisir des gens dans la salle pour monter sur scène et faire des trucs ? Ezio commençait à ne pas aimer la tournure que ça prenait. Peut-être qu’ils avaient encore le temps de se casser pour aller profiter de la bouffe et de la plage avant qu’un drame n’arrive.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mar 15 Sep - 20:59

Tu parles que le buffet serait à la hauteur, elle voyait ça d’ici : crevettes pas fraîches, hors d’œuvres tout raplapla, mousseux – peut-être champagne, on ne sait jamais – tiède. Okay, peut-être bien qu’elle exagérait un brin, mais quand bien même tout serait frais au point de ne pas les empoisonner puisqu’on parlait d’un hôtel de luxe tout à fait respectable et qui avait tout intérêt à ce que ses clients reviennent de temps à autres, elle ne trouverait quand même rien à sa convenance. C’est qu’elle était difficile et qu’il n’était pas question pour elle d’avaler n’importe quoi sous prétexte que ça se mangeait. Cela étant dit, la rouquine savait également qu’elle ne pensait là qu’à titre personnel et que son mari n’avait pas les mêmes exigences qu’elle, loin de là. Ce fut la raison pour laquelle elle ne commenta pas et souhaita de tout cœur qu’il serait effectivement à la hauteur, ne serait-ce que pour Ezio. Pour ce qui était du reste, Devlin sentait venir de longues heures interminables de conférence où tout le monde végéterait, excepté les pauvres ploucs qui se trouvaient devant eux et qui avaient l’air particulièrement intéressés. Allons bon, tous des lèches-botte ! Pour sa part, elle ne feindrait pas l’intérêt car ça lui rappelait bien trop certains cours. Très tôt, elle avait décrété que, d’une façon ou d’une autre, vivrait de son don et que ça ne servait donc strictement à rien de se casser le cul à l’école. Eh bien là c’était un peu pareil, autant dire que ça ne faisait pas ressurgir que de bons souvenirs.

Fort heureusement, elle n’était pas seule dans cette galère et lorsque les lumières baissèrent, elle était toute prête à penser à autre chose en compagnie de son mari. Telle une midinette, Devlin gloussa un peu et s’entendit même répondre un truc ressemblant vaguement à « c’est toi qui me tentes le plus ! », bref, typique de la jeune mariée, forcément. Puis la traduction n’était pas bien compliquée : elle le suivrait où il voudrait. Du moins c’était l’idée jusqu’à ce qu’un spot s’allume comme dans un spectacle de magie et que ça commence à sentir le sapin. Bon eh bien plus que jamais, c’était le moment de filer. Elle voulut se lever et prendre discrètement la fuite, un de ses nombreux talents, mais cette fois, ça ne fonctionna pas. Mais alors pas du tout puisque le spot était en train de les éclairer, eux. Devlin se rassit aussitôt avec l’espoir fou mais bien présent de passer inaperçue quand le type qui blablatait depuis tout à l’heure sans qu’ils ne l’aient écouté une seule fois s’exclama :

    « Ah super, nous avons un volontaire ! »


La rouquine se crispa sur son siège, ce qui ne l’empêchait pas de se demander si la rime était faite exprès. Puis un volontaire pour quoi, d’ailleurs ? Elle n’aurait su le dire mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’était pas volontaire du tout, contrairement à une certaine Katniss. Mais en fait, le type avait parlé d’un volontaire et non d’une volontaire, ce qui signifiait qu’il parlait d’Ezio. Devlin n’en fut pas soulagée pour autant et s’agrippa désespérément à la main de son mari. En réalité, l’espèce de gourou sur scène avait enfin remarqué que la tête d’Ezio dépassait de la foule et sans doute avait-il cru qu’il s’était levé pour se porter volontaire. Et pendant ce temps-là, l’autre insistait lourdement dans son micro.

    « Montez sur scène, vous allez jouer la victime. »


Ce fut très tentant mais Devlin se retint de commenter « toute ta vie », réplique de Mercredi Addams et chercha rapidement des yeux le moyen d’échapper à ça. Il est vrai qu’Ezio pouvait clairement dire qu’il ne voulait pas participer à toute cette mascarade et pour le coup, elle était certaine que personne n’oserait le contredire et les laisserait partir sans broncher mais bon, tout de même, il aurait mieux valu jouer un peu le jeu. Bien sûr, elle pouvait toujours prétendre que les esprits qui vivaient là la dérangeaient au point de devoir quitter la salle sur le champ, c’était une autre alternative et ça valait la peine de la tenter mais à peine avait-elle fait mine d’être indisposée qu’on lui répondait :

    « Oh arrête ton cinoche, on sait tous très bien que tu vois que dalle pour une médium ! »


C’était généralement ce que les personnes trop incrédules pour croire à son don lui rétorquaient, en effet, aussi ne s’en offusqua-t-elle pas. De toute façon, elle avait trouvé un autre moyen pour sortir son mari de cette impasse. Profitant du fait qu’on ne lui prêtait plus la moindre attention, Devlin glissa lentement contre le mur, sans faire plus attention aux spectres qui n’avaient, heureusement pour elle, pas remarqué qu’elle pouvait leur taper la causette, elle se dirigea ensuite vers un boîtier rouge dont elle tira la poignée. Ce qui semblait être une alarme incendie lui creva presque les tympans. Non, ce n’était pas vraiment l’idée du siècle, elle en convenait. D’autant que le pauvre gourou qui n’avait rien fait de mal – pour ce qu’elle en savait en tout cas – voyait sa conférence ruinée juste parce qu’il s’en était pris à la mauvaise. La rouquine regretta encore un peu plus son geste quand dans l’eau se mit à tomber du plafond, semant la panique au sein de l’assistance, mais surtout flinguant son brushing. Très bien, pas la peine de se morfondre sur ses cheveux de toute façon à un moment ou à un autre, son brushing n’aurait plus été aussi chouette : vent, soleil, océan, galipettes, autant de trucs qui faisaient que vous ne pouviez techniquement pas avoir l’air de sortir de chez le coiffeur en permanence. Une fois qu’elle s’eut mis cela dans le crâne, elle put enfin tâcher de retrouver Ezio et ça ne devait pas être bien compliqué étant donné qu’il dépassait tous les autres d’une bonne tête et que c’était précisément pour cette raison qu’ils se retrouvaient dans cette situation.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Ven 18 Sep - 21:18

Ambiance studieuse dans la salle de conférence. Ezio n’aurait pas cru revoir un truc pareil, pas depuis l’école, où déjà il avait tendance à s’asseoir dans le fond, vu sa taille, et à se vautrer sur sa table sans rien noter, juste en écoutant les cours et en retenant ce qui l’intéressait. Comme il avait toujours réussi à avoir des notes suffisantes pour passer de classe en classe, les profs avaient fini par le laisser tranquille. Et devant lui, il y avait de nouveau la ribambelle de types dressés sur leurs chaises, à l’écoute, du genre à lever frénétiquement la main pour poser des questions ou à se retourner, sourcils froncés, en faisant « chhhhhht ! » exactement comme à présent alors qu’Ezio chuchotait des conneries à Devlin. Alors que merde, ils n’étaient plus à l’école, ils étaient adultes, ils étaient des escrocs, aussi, et puis il était jeune marié, lui, et à ce titre il avait le droit de dire autant de conneries qu’il voulait au creux de l’oreille de sa femme. Et même la câliner discrètement dans la pénombre du fond de la classe – enfin, de la salle. Mais il semblait que le destin était contre eux. Alors que Devlin semblait toute prête à dégager d’ici pour aller enfiler un bikini et le laisser lui étaler de la crème solaire sur le dos, le type sur l’estrade demanda soudain un volontaire. Et comme sa femme s’était levée au même moment, évidemment, c’est elle qu’il désigna. Du moins c’est ce qu’il crut, de sorte que même si ça l’embêtait, il était encore assez posé, jusqu’à ce qu’en fait, Devlin lui fit comprendre que c’était à lui que le type parlait.

Plaît-il, la victime ? Bon, il pouvait rester où il était en croisant les bras et en disant simplement « non », mais il en avait déjà sa claque des regards braqués sur lui, qui, il en était sûr, ne le quitteraient pas tant qu’il n’avait pas fait quelque chose, même si c’était monter sur la scène pour casser la gueule du bonhomme. Au moins, ce dernier ne changea pas d’avis quand Ezio se leva brutalement, un geste qui en général faisait reculer les gens – ou les faisait changer d’avis, donc. À peine se contenta-t-il de s’emparer de ses notes d’un geste nerveux. Ezio déposa un baiser sur les lèvres de sa femme et prit un air mélodramatique.

« Si je ne suis pas de retour dans une heure, enfuis-toi sans moi, ma femme, je veux que tu sois heureuse. »

Il avait l’intention, en serrant très fort la main du conférencier, sa technique préférée, de lui glisser à l’oreille de le renvoyer fissa sur sa chaise, mais il n’en eut pas l’occasion. Soudain, une sirène d’incendie retentit et les sprinklers se déclenchèrent. Ezio ne sut pas pourquoi, mais il comprit tout de suite que Devlin était derrière tout ça et lui adressa un high-five mental. Bien joué, chérie ! Comme tout le monde dans la salle était occupé à courir en rond les bras en l’air comme des poulets décapités et que le conférencier restait debout, ses feuilles à la main, le bec ouvert, Ezio décida que c’était l’heure d’y aller. Il connut ainsi une première dans sa vie de couple : chercher sa femme dans une foule compacte et agitée. C’est qu’elle n’était pas très grande, sa femme, et il espérait bien que personne ne l’avait bousculée pour lui marcher dessus. De là où il était, malgré son point de vue, il na repéra pas, jusqu’à ce qu’une chevelure rousse attire son attention. Il sauta dans la foule comme dans une piscine et fendit ladite foule comme Moïse ouvrant la Mer Rouge.

Finalement, il la repéra coincée entre deux types et l’enlaça aussitôt d’un bras, repoussant tout le monde autour d’eux de l’autre. Il se sentait comme un super héros, encore un peu et il allait se mettre à chanter du Tina Turner.

« Allez, cette fois on se casse pour de bon ! »

Et autant dire qu’il n’eut aucune pitié pour quiconque se trouvait entre eux et la porte. Ils finirent par sortir et se retrouver dans le hall, où les employés de l’hôtel avaient abandonné en plein milieu le montage du buffet pour tenter de calmer la foule, vu que l’alarme incendie n’avait pas retenti que dans la salle, mais dans tout l’établissement. C’était donc le bordel, et heureusement que le système d’alarme n’avait pas craché de la peinture indélébile sur la main de Devlin ou un truc comme ça pour qu’elle puisse être facilement identifiable comme la coupable. Ils étaient certes tous des escrocs, mais ça ne voulait pas dire qu’il voulait la voir aller en prison. Il repéra malgré tout un plat de petits-fours non identifiés et s’empara au passage d’une poignée qu’il fourra dans sa bouche. Direction les vacances ! Ils verraient pour les autres conférences et diverses activités de la semaine. Il baissa les yeux sur Devlin.

« Merci pour le sauvetage, c’est un classique, mais toujours efficace. Et j’en profite pour te dire que le tee-shirt mouillé te va très bien. »

Qui avait dit que plus une femme était dévêtue et moins elle était sexy ? Pas lui, c’est sûr. Derrière eux, les clients de l’hôtel sortaient du bâtiment un par un. Il allait en passer, du temps, avant que tout revienne à la normale. Ezio s’imagina deux secondes y retourner par une porte arrière et aller de chambre en chambre faire son job d’escroc, mais tout de même, ça manquait de classe. C’était probablement plus le style de Carlton.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mer 23 Sep - 19:19

Le truc avec les gens, c’est qu’ils sont un peu cons. C’est comme ça depuis la nuit des temps mais ça surprenait toujours un peu Devlin lorsqu’elle voyait que trois gouttes d’eau parvenaient à foutre le bordel à ce point. D’accord, sa réaction à elle non plus n’était pas des plus raisonnables mais une fois qu’elle s’était reprise et qu’elle ne paniquait plus au sujet de ses cheveux, alors ça roulait. Mais de toute évidence, chez les autres ça ne fonctionnaient pas de la même manière et malgré sa rapidité légendaire, parfois elle se retrouvait prise au piège comme c’était le cas en ce moment même. C’était le risque à courir quand on ne dépassait pas la taille enfant mais c’était aussi pour ça qu’elle avait épousé Ezio. D’ailleurs, ne venait-il pas de courir à son secours ? Mais oui ! Il n’avait qu’à tendre le bras et la foule s’écartait sur leur passage. Pas exactement, disons qu’il fallut tout de même jouer un peu des coudes et que du point de vue de ces personnes qui se massaient la porte d’entrée, ça devait ressembler aux autos tamponneuses, mais c’était le cadet de ses soucis, franchement. Surtout une fois qu’ils furent dehors. Ah la liberté !

Une fois qu’ils furent libres, la première chose à laquelle son mari furent les petits fours mais c’était ça aussi la liberté, pouvoir se goinfrer de trucs gratuits pendant que personne ne regardait. Et si quelqu’un regardait, il pouvait tout aussi bien aller se faire voir. Prochaine étape : se tirer vite fait avant que quelqu’un d’autre ne leur mette le grappin dessus direction une autre conférence. Sauf que Devlin avait oublié un petit détail et c’est Ezio qui le lui rappela en parlant de t-shirt mouillé. Toutefois, elle prit quand même le temps de sourire jusqu’aux oreilles en entendant ça. Ce qui ne signifiait pas non plus qu’elle allait se lancer dans des concours, il ne manquerait plus que ça. D’autant que son mari serait probablement le seul spectateur enthousiaste. Soit parce qu’il n’y aurait pas d’autres intéressés, soit parce qu’il leur aurait cassé la gueule. Ou peut-être pas mais ça rassurait toujours de se le dire.

    « Ça te va bien à toi aussi mais justement, on devrait pas aller se changer avant de s’enfuir ? »


Parce que sinon, ça revenait quand même un peu à participer à un concours, hein. Mais bon, la question était stupide : ils se trouvaient dans un pays qui ne connaissait que les chaleurs tropicales et la mousson et puis la rouquine se connaissait malheureusement trop bien, elle savait pertinemment que s’ils repassaient au bungalow pour se changer, alors elle voudrait absolument se recoiffer et autant dire que ça ne prenait pas que dix minutes. Devlin finit donc par hausser les épaules.

    « Oh non, laisse tomber, on y va ! »


Et c’était génial, mais où ? Ils n’avaient pas pris la peine d’établir un plan, du moins elle ne l’avait pas fait de son côté et puisqu’elle ne connaissait strictement à cette île… cela dit, il y avait bien un endroit qui l’attirait plus que d’autres – en dehors de leur chambre, c’est évident – et c’était la plage. Ben oui, en bonne irlandaise qu’elle était, elle ne connaissait que mers verdâtres et plages de galets et soyons honnêtes, ça, ce ne sont pas de vraies plages. Ça tombait bien, elle avait justement un flacon de crème solaire dans son sac ! Sans prendre la peine de lui faire part de ses plans, Devlin s’empara de la main de son mari et courut vers l’entrée de l’hôtel toujours dans le but de ne pas se faire mettre le grappin à nouveau dessus, puis elle sauta dans le premier taxi qu’elle trouva et annonça fièrement :

    « A la plage ! »


Puis elle ajouta à l’adresse de son mari :

    « Une fois là-bas, on trouvera sûrement quelqu’un qui nous dira ce qu’il y a bien à faire par ici, tu crois pas ? »


Mais oui, c’était bien assez touristique pour ça. Et il est vrai qu’ils avaient directement accès à l’océan depuis leur bungalow mais ce n’était décidément pas pareil. Et puis elle préférait garder cette option pour les bains de minuit qu’elle avait déjà prévu de faire plus tard. Le chauffeur hocha imperceptiblement la même dans le rétro comme pour répondre à sa question et Devlin se promit intérieurement de ne pas faire confiance à n’importe qui. Eh oh, ce n’était pas au vieux singe qu’on apprenait à faire la grimace et l’idée même de se faire arnaquer, pour eux, était risible. Non, non, ils ne seraient certainement pas ce genre de pigeons qui se fait arrêter à l’aéroport, fouille au corps incluse – rien que cette idée lui donnait froid dans le dos – pour se retrouver avec des grammes de trucs qu’ils n’avaient pas achetés.

Le long du voyage, qui fut court étant donné qu’il y avait une plage publique tout à côté de leur hôtel, ils auraient même pu y aller à pied mais ce n'était pas grave puisqu'ils étaient riches, Devlin câlina son mari sans prêter attention aux coups d’œil répétés du chauffeur parce qu’il n’avait qu’à regarder la route, hein, espèce de sale petit voyeur. Et une fois sur place, elle put remarquer qu’elle ne s’était pas trompée, l’endroit grouillait de kékés aux cheveux gominés, portant des lunettes de soleil qui se ne cessait d’interpeller les touristes pour leur vendre telle ou telle merde.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Jeu 24 Sep - 19:52

Se changer, et se priver du magnifique spectacle de sa femme si bien mise en valeur par son tee-shirt mouillé ? Il allait protester quand finalement, Devlin décida que ce n'était pas la peine, et à la même seconde, Ezio songea qu'en fait, elle n'avait pas tort : il appréciait de contempler sa femme, en cette seconde, en revanche il n'appréciait pas du tout l'idée que le reste du monde pouvait aussi la contempler. Mais c'était trop tard pour revenir en arrière. Et ses craintes se calmèrent quand ils furent effectivement hors de l'hôtel, après ce mini-remake de la scène du naufrage du Titanic, tous trempés et en train de courir dans tous les sens en se piétinant sans pitié, avec sa femme et lui dans le rôle de Rose et Jack. Parce que dehors, il faisait bien quarante degré, le soleil était sec, le sable était blanc, la plage turquoise et tout le monde se baladait en maillot de bain. Soit. Pas besoin de paniquer, donc. Et pour rejoindre cette fameuse plage de sable blanc et d'eau turquoise, ils sautèrent dans un taxi, à qui Devlin demanda simplement "la plage", ce dont le chauffeur ne se formalisa pas. Il devait avoir l'habitude et c'était probablement un des mots d'anglais qu'il maîtrisait le plus - avec boîte de nuit, commissariat de police, prostituées et boutiques de souvenirs. Enfin, ou pas, vu qu'il semblait fortement écouter leur conversation tout en conduisant en silence. Pas du tout creepy, donc, le monsieur. Ezio avait déjà prévu de ne pas lui laisser de pourboire, et tant pis si tous les chauffeurs de l'île se passait le mot sur deux salauds de touristes américains - pour eux tous les touristes parlant anglais devaient forcément être américains non ? - qui se la jouaient radins. Il se détendit dans le taxi, prenant la main de sa femme, celle où brillait le caillou qu'il lui avait passé au doigt peu de temps auparavant au terme d'une cérémonie de mariage sportive.

« Moi je sais déjà ce que je vais faire d'intéressant, ma chérie. »

Le tout accompagné d'un sourire pervers. A l'avant, le chauffeur laissa échapper un petit rire en hochant la tête, comme s'il avait compris et était d'accord avec lui, comme si Ezio venait de lâcher une blague bien grasse rien qu'à son intention. Est-ce que c'était prudent de rembarrer un chauffeur de taxi alors même qu'il était en train de conduire ? Il croisa le regard du type, qui lui lança un regard entendu. Okay. Il ne fut pas mécontent de descendre du taxi et quand il se pencha pour le payer, le type lui lança dans un anglais approximatif :

« Vous allez à la playa desnudo ! Bien pour vous ! »

Ezio comprit très bien ce qu'il voulait dire et se redressa pour laisser s'en aller cet être étrange et quelque peu pervers avant de rejoindre sa femme qui observait la page, bel et bien touristique, celle-là, et donc tout public.

« Il nous a conseillés une plage nudiste, si ça te branche. »

Il se doutait bien que non. Ou alors, il allait apprendre un truc super intéressant sur sa femme. La plage était comme toutes les plages à touristes du monde ; sable blanc et eau turquoise comme sur les photos, mais avec un élément en plus que les brochures ne montraient jamais : les gens. Beaucoup de gens. Et les pires catégories de l'espèce humaine : les familles nombreuses, les vendeurs de plage et les lanceurs de frisbee/dragueurs/je te lance le frisbee sur les fesses pour venir te parler. Pour cette dernière catégorie, Ezio ne s'inquiétait pas trop, ces gamins étaient moins stupides qu'ils en avaient l'air et choisissaient des cibles qui n'étaient pas accompagnées d'un homme trop imposant. En revanche contre les braillements de gamins et les hippies vendeurs de chichis huileux et de massages à deux balles, ce serait plus compliqué.

« Peut-être bien que c'était pas une si mauvaise idée que ça, la plage nudiste... »

C'était censé être plus calme, non ? Puis il repéra une avancée rocheuse plus loin du genre à faire s'échouer les bateaux d'antan, et à proximité de laquelle il semblait y avoir moins de monde, mère un peu plus agitée oblige. Il prit Devlin par la main et se mit en marche, longeant la mer d'assez près pour que les vagues viennent leur rafraîchir les mollets pendant leur balade. Ça aurait presque été romantique s'il ne fallait pas éviter un projectile ou un gosse toutes les dix secondes.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Sam 26 Sep - 21:03

Inutile de préciser qu’une eau aussi claire, on n’en voit au large de l’Irlande et c’était bien la raison pour laquelle elle était à ce point captivée. C’est-à-dire qu’elle ne provenait pas d’une famille aisée et que ses seuls voyages avaient été ceux qu’elle avait fait avec l’école alors bon. Cependant, elle eut tôt fait de revenir sur terre quand Ezio lui fit part de la recommandation de leur chauffeur. Il y avait vraiment quelque chose de pas net chez se type ! Ils n’avaient tout de même pas des têtes de nudistes. Enfin bref, pour toute réponse à la proposition, elle se contenta de lever les yeux au ciel. Bien sûr, elle aurait pu jouer le jeu et faire comme si ça la branchait de visiter une plage de nudistes mais il y avait des trucs avec lesquels elle ne rigolait pas et ça en faisait partie. A ce point-là, ce n’était même pas une question de pudeur – ce qui ne signifiait pas non plus qu’elle était du genre exhibitionniste, mais autant ça lui plaisait carrément de voir Ezio en tenue d’Adam – Devlin préférait se voir comme une femme dotée d’une âme d’artiste plutôt que comme une perverse à ce sujet car son mari était clairement mieux taillé que le David de Michel-Ange et ça, c’est de l’Art ! -, autant la perspective de voir des vieux fans d’une rockstar locale sans un vêtement la répugnait au plus haut point.

Tout ça pour dire que son expression se passait de commentaire et qu’ils pouvaient donc profiter de la plage. Enfin, autant que ça serait possible étant donné qu’on ne pouvait pas faire un pas sans tomber sur des gamins braillards ou des vendeurs qui ne cessaient de hurler qu’ils vendaient telle ou telle saloperie pour cinq dollars seulement. Elle ne comprit jamais vraiment ce qui leur faisait penser qu’ils étaient tous les deux américains car Ezio ne donnait pas vraiment l’air de venir du Texas et il était clairement écrit sur son front qu’elle était irlandaise. C’est vrai quoi, elle était rousse, un cliché ambulant. Devlin était à la recherche d’un morceau de plage pas trop pollué quand son mari formula tout haut ce qu’elle était en train de penser plus bas et qu’elle ne l’avouerait jamais. Ah le pouvoir des enfants et des vendeurs. Soit, Ezio avait manifestement repéré un endroit où ils pourraient s’installer puisqu’il lui fit longer la plage jusqu’à une étendue rocheuse. Ce qui ne fut pas des plus simples à cause de tous ces gens qui venaient malgré tout les importuner. Heureusement, l’endroit où ils se trouvaient à présent était moins fréquenté. Chouette ! Devlin n’en demandait pas plus.

D’un mouvement rapide, la rouquine ôta son t-shirt histoire de laisser un peu sa peau blafarde profiter des rayons du soleil – et puis c’était bien la peine d’avoir acheté ce bikini, sinon – puis entreprit de grimper sur les roches. C’est que les vagues qui lui avaient léchés les mollets jusque-là ne lui suffisaient pas, or il était difficile de se baigner à cet endroit-là. Mais qu’est-ce que ça serait cool de pouvoir aller s’asseoir là-bas tout au bout. Devlin tendit aussitôt la main à son mari pour l’inviter à la rejoindre. Et ça ne serait pas plus mal car elle avait quand même assez tendance à se planter un peu partout et là ça glissait, les rochers étaient très pointus et même Lara Croft aurait facilement pu s’empaler. Et pourtant, ça ne se passa pas ainsi, non, elle aurait sans doute préféré. Au lieu de ça, à peine quelques minutes plus tard, elle se mit à gémir sous l’effet de la douleur sans plus avancer. Non, elle ne s’était pas mise à hurler parce que ce n’était pas son genre de faire en public, à moins qu’on ne lui arrache un bras, éventuellement, mais en revanche, elle se mit presque aussitôt à maudire toutes les méduses. Oui, comme Monica. Parce que oui, entre ces jolis rochers se cachaient des petites méduses qui n’attendaient que de sauter sur de pauvres innocents comme elle.

Enfin bref, toujours en proie à la douleur, Devlin releva les yeux sur son mari avant de secouer résolument la tête.

    « Oui c’est une méduse mais non, je ne te laisserai pas faire ce qu’on préconise dans un cas pareil. »


Et pas la peine d’insister, hein, c’était non. Dire que d’habitude, elle se baladait toujours avec un trousse de soins – pas si petite que ça – dans son sac à main mais que cette fois-là, elle avait trouvé plus judicieux de la laisser à l’hôtel. C’était très con maintenant qu’elle pensait, et qu’elle se retrouvait dans cette situation délicate, mais un voyage au Cap-Vert avec son mari, ça ne pouvait être qu’idyllique. Voilà qui lui apprendrait. Dans tous les cas, il fallait bien qu’elle trouve un moyen pour atténuer la douleur et peut-être bien que tous les gens qui se trouvaient sur cette plage serait utiles d’une façon ou d’une autre, en fait. Partant de ça, Devlin se suspendit au bras de son mari pour qu’il s’abaisse et qu’elle puisse lui glisser à l’oreille :

    « Tu veux pas aller demander à ces gens s’ils veulent pas aider, honey ? »


Ce à quoi elle pensait c’était un antidouleur, de l’ammoniaque ou encore un remède de sorcier maison contre ce genre d’attaques, savait-on jamais. Sinon, ça voulait dire passage à l’hôpital, non ? Or c’était vraiment nul puisqu’ils venaient tout juste d’arriver. Puis parlons-en de leurs hôpitaux, sans vouloir avoir des préjugés, c’était pas le genre dispensaire non-stérilisé avec du sable partout par terre ?

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Lun 28 Sep - 21:11

Des enfants. Lui vivant, jamais il n’en aurait – c’était la philosophie actuelle que suivait Ezio, comme une religion, presque. Il n’en avait jamais voulu, depuis toujours, et ses parents l’avaient toujours encouragé à ne pas se forcer, aussi, avec la gueule du couple qui en a tellement bavé pour élever un môme qu’il n’aurait pas souhaité ce cauchemar à leur pire ennemi. D’autres lui disaient que le jour où il trouverait la bonne, il changerait d’avis, mais pour le moment, depuis qu’il avait trouvé Devlin, il avait juste envie de passer du temps avec elle, et avec elle seule. L’idée d’avoir en permanence un gosse dans les pattes ne l’enchantait pas du tout. Ne plus pouvoir passer des heures à la serrer contre lui sur le canapé ou dans leur lit, ne plus pouvoir tout simplement avoir une conversation avec elle ou la regarder en silence sans être interrompu, ne plus être aussi la seule personne pour elle, tout ça ne l’attirait pas des masses. Et puis en plus, il suffisait de regarder les chiards des autres pour être définitivement vacciné. Il se disait dans le petit monde des parents que « quand c’étaient les vôtres, c’était pas pareil », mais Ezio y croyait moyennement. Il voyait mal comment il serait plus patient à l’égard des siens si les siens faisaient exactement ce que faisaient ceux des autres actuellement, là, tout de suite, sur cette plage, à savoir courir en hurlant, lui marcher sur les pieds et le pointer du doigt en hurlant que « HEY LE MONSIEUR IL A PAS DE CHEVEUX ». Il prit quelques minutes de rêverie pour lui, s’imaginant leur shootant dedans comme dans des ballons du rugby pour tirer un drop. Une vraie sucrerie intellectuelle.

Mais ensuite, ils se dirigèrent vers un coin plus tranquille, et sa femme ôta son tee-shirt, lui offrant une nouvelle raison de rêvasser, et à des choses beaucoup plus agréables que faire exploser des mômes à coup de pieds comme des pinatas. Ezio l’imita, coinçant son tee-shirt blanc dans la ceinture de son short de bains, avant de suivre Devlin qui avait entreprit de grimper les rochers. La suivre, oui, et de près. Pas seulement pour lui mater les fesses, qu’elle avait fort jolies, mais aussi pour une raison beaucoup plus terre à terre et beaucoup plus de vie et de mort aussi. Les rochers étaient assez acérés et battus par la mousse des vagues, avec de vraies flaques d’eau de mer de ci de là, bref, autant de façon pour elle de se prendre une gamelle, chose qu’elle faisait souvent, il avait eu le temps de le remarquer puis de s’y faire malgré la nouveauté de leur mariage. Habitué, mais ça ne l’empêchait pas d’avoir le cœur qui battait à cent à l’heure quand elle partait à la renverse. Il tentait donc de l’aider du mieux qu’il pouvait et tant pis s’il devait poser ses mains un peu partout sur elle, ou plutôt tant mieux, en fait. Tout allait donc bien, jusqu’à ce qu’elle se fige et se tourne vers lui, l’air de souffrir, même s’il ne comprenait pas pourquoi. Avant de comprendre soudainement – et de comprendre aussi à quoi elle faisait allusion, parce qu’ils avaient passé de très longues soirées devant ses DVD de Friends. Il la souleva par la taille et la posa assise sur un rocher plat.

« Ne bouge pas de là, je reviens tout de suite, chérie. »

Porteur de sa mission, il sauta de rocher en rocher jusqu’aux touristes les plus proches, qui se faisaient griller au soleil au pied du petit monticule pierreux. Ils avaient trois gosses, rien que ça, tous en âge de faire chier le monde de différentes façons – en pleurant, en hurlant et pire, en ouvrant leur gueule. Mais tant pis, il en allait du bien de sa femme.

« Excusez-moi, est-ce que vous auriez de quoi soigner les piqûres de méduse ? »

Ce à quoi le plus vieux des gosses, en âge de parler, donc, hurla que le monsieur était chauve. La mère l’envoya jouer ailleurs et se redressa pour le regarder par-dessus ses lunettes. Avant de lui demander s’il était américain. S’il était en vacances. S’il aimait le pays. S’il comptait sortir ce soir. Bref, elle lui tapait la causette, à côté de son mari qui ronflait comme une outre à côté d’elle. Le gamin du milieu, pas encore capable de s’exprimer mais déjà mobile, vint lui taper sur le pied avec sa pelle en plastique, et quant au dernier, il était sur le dos, sur la serviette de bain, et hurlait, donc. Ezio allait fouiller lui-même l’énorme sac de la femme quand l’aîné revint soudain, en courant ET en hurlant. Il venait d’être piqué aussi, et Ezio fit tout son possible pour ne pas sourire devant ce cadeau du destin. Du coup la mère sortit une véritable trousse de secours, et de la trousse, un tube de crème. Parfait !

« Ah, vous utilisez cette marque… »

Il suffisait de prendre le ton et l’expression adéquates, c’était trop facile. La mère se figea aussitôt, imaginant soudain les divers scandales médicamenteux qu’elle avait ratés depuis le début de ses vacances à propos de crèmes anti-méduses qui refilaient l’autisme aux marmots. Deux minutes plus tard elle était partie en courant avec son monstre sous le bras, direction le poste de secours le plus proche, et Ezio était de retour auprès de Devlin, le tube de crème à la main et se sentant comme Batman. Il la laissa se soigner à sa guise avant de lui tourner le dos.

« Grimpe, je t’emmène en haut ! »

Un petit couple à côté d’eux les regardait faire, mais vu la carrure d’allumette du type, il doutait que leur rêve se réaliserait aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Dim 4 Oct - 20:31

Assise sur son rocher, Devlin agitait furieusement les mains tout en soufflant très fort, comme si ça allait atténuer la douleur. Et peut-être que ça serait le cas mais en attendant, elle devait avoir l’air un peu dingo pour tous les gens qui l’entouraient. Car il y en avait malgré tout. Il était plus probable qu’ils songent tout de suite qu’elle s’était fait mal d’une façon ou d’une autre mais ça ne lui avait pas traversé l’esprit. Elle se disait même que si c’était le cas, alors pourquoi aucun d’eux ne venait la voir pour lui demander si elle avait besoin d’aide plutôt que de la regarder comme si elle venait de se téléporter sur ce rocher ? Enfin soit, les gens étaient comme ça, il ne fallait pas se poser de questions. La seule qui lui importait en cet instant et dans quelle direction avait bien pu partir son mari. Oh, elle lui faisait confiance, il reviendrait et avec une solution qui plus est mais les secondes qui passaient lui semblaient être une éternité. Pourvu qu’il ne soit pas tombé sur des gens chiants comme on en croise partout, surtout dans les lieux touristiques. Elle n’avait plus qu’à prendre son mal en patience, c’était le cas de le dire.

Une chance pour elle qu’Ezio arriva quelques minutes plus tard et elle fut tellement contente de le voir qu’elle lui aurait bien sauté au cou si ça ne l’avait pas autant fait souffrir. Après ça, elle pourrait définitivement le qualifier de héros puisqu’il ne revenait pas les mains vides mais bien avec un tube de crème. Quoi que ce soit ça ferait l’affaire. La rouquine n’alla pas jusqu’à lui arracher le tube des mains car en dépit de tout ça, elle restait tout de même civilisée. Cela dit, elle ne fit pas vraiment attention aux bruits qu’elle laissa échapper en se massant le mollet, ce qui lui valut d’autres regards un peu scandalisés auxquels elle ne prêta pas attention une fois de plus. De toute façon ils ne restaient pas puisque son mari lui proposa galamment de monter sur son dos. Ce n’était pas son genre de refuser ce genre de propositions, aussi grimpa-t-elle sans se faire prier. Au passage elle plaqua un baiser retentissant sur la joue d’Ezio en s’exclamant :

    « L’air est toujours plus pur là-haut, t’as bien de la chance d’être si grand. »


Devlin parlait en toute connaissance de cause étant donné qu’elle était minuscule et qu’elle avait toujours trouvé que ça n’avait que des désavantages. Même qu’au tout début de leur relation, elle s’était sérieusement demandé comment ils allaient faire pour s’embrasser mais il s’était avéré que ça ne serait jamais un vrai problème.
Profitant de la légère brise maritime et surtout du fait qu’elle n’avait pas besoin de faire attention à chacun de ses pas pour ne pas se blesser, elle pouvait maintenant admirer le paysage comme il se devait. Force était de constater que ça ne ressemblait que vaguement aux autres endroits paradisiaques qu’on vous montrait dans les films et selon elle, il fallait rejeter toute la faute sur l’océan Atlantique.

    « Alors raconte, qu’est-ce que t’as dû faire pour avoir ce tube ? T’es tombé sur quoi ? »


Elle était toujours curieuse à ce sujet car elle avait pu constater, rien qu’au cours de ce mois de mariage qu’Ezio avait un véritable don pour convaincre les gens. Et pas qu’à cause de sa carrure aussi impressionnante que persuasive. Elle l’écouta parler, ce qu’elle pouvait faire durant des heures car elle ne se lassait jamais de sa voix, jusqu’à ce qu’ils passent devant un vendeur ambulant. Pas un qui vendait des montres en plaqué-or ou bien du parfum bon marché, non, ceux-là n’avaient pas osé s’aventurer aussi loin, semblait-il, mais bien en vendeur de glaces ! Enfin, c’est à ça que ça ressemblait de loin mais quand son mari se fut suffisamment approché, elle remarqua que ce n’était que de la glace pilée avec du sirop dessus et ça, c’était franchement de l’arnaque. Mais bon, faute de mieux… puis il fallait voir le bon côté des choses, ils ne risquaient pas de choper la tourista avec ça. Parce que oui, ça faisait partie des pires craintes de Devlin concernant ce voyage. C’est aussi pour cette raison qu’elle avait emporté avec elle tous les remèdes qu’elle avait pu trouver, plus certains faits maison car elle s’était mise en tête que quand c’est naturel, c’est mieux. Pour ce qu’ils valaient, après, elle n’en savait encore trop rien puisqu’elle n’avait pas encore eu tellement l’occasion de les tester. Se doutant qu’il serait tout sauf pratique de tenir sa glace pilée devant le nez d’Ezio tandis qu’elle serait toujours bien installée sur son dos, elle consentit à descendre et sautilla jusqu’au vendeur, faisant réapparaître un des billets de son ex tout en réalisant seulement maintenant qu’il vaudrait sans doute mieux qu’elle les mette ailleurs avant de se jeter bêtement à l’eau avec.

    « Tu veux quoi ? C’est Carlton qui offre ! »


Vous ne vous doutez même pas à quel point ça pouvait être jouissif pour elle de sortir une phrase comme celle-là. D’autant que ce pingre ne lui avait jamais offert quoi que ce soit, un vrai bonheur !

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mar 6 Oct - 18:23

C'était bien vrai qu'il avait de la chance d'être grand, et pour commencer, les mecs petits démarraient souvent mal dans la vie. Sans parler de leur propension à devenir des tyrans ou des fascistes, bien évidemment. Cela dit, tout le monde ne lui faisait pas ce genre de compliment, loin s’en faut, c’était bien pour ça aussi que sa jeune et jolie femme l’avait conquis dès les premières minutes. Pas de regard effaré, alors même qu’elle ne culminait pas très haut elle-même, pas de moue effrayée, encore moins jalouse, et pas de « oh, t’es grand, tu fais du basket ? », bref, il n’avait jamais eu l’impression de déranger par sa seule et massive présence à ses côtés. Et il fallait bien mettre à profit ce que la nature lui avait donné, de sorte qu’il escalada les rochers, laissant Devlin s’accrocher à lui, et sentant à peine sa présence. Sautant sur une roche un peu plus plate que les autres, il passa les mains sous les fesses de sa femme - pour la stabiliser, bien évidemment. Et rien d’autre. Bien évidemment. Il laissa échapper un rire en réponse à sa question en imaginant présentement le sale mioche en train de hurler à l’infirmerie. Le karma, comme on dit…

« Ce fut un véritable parcours du combattant, tu n’imagines pas. Au final, j’ai dû aller jusqu’en enfer demander cette crème au diable lui-même. En échange de quoi, je lui ai promis notre premier enfant. Mais ça vaudra le coup, comme marché, j’en suis sûr. »

Comme dans ce conte de fées dont il ne se souvenait jamais, principalement parce que le principal protagoniste avait un nom à rallonge imprononçable et dont il ne faisait pas l’effort de se souvenir. Et puis au détour d’un rocher, un vendeur de glaces apparut. Pas vraiment le petit camion rose un peu creepy qui passait dans les rues de son enfance dans la banlieue de Houston avec les trois mêmes notes de musique fausses qui tournaient en boucle dans le haut-parleur, non. Plutôt un stand posé là bien en vue et pile là où il faut pour que les gens, après avoir bien marché au soleil, se jettent dessus. Comme il sentit sa femme gigoter dans son dos, il la laissa descendre et la suivit jusqu’au vendeur de glaces. Enfin, de glace pilée, pour être exact. Même prix, mais plus grosse marge pour lui, de toute évidence. Ezio se rapprocha tandis que Devlin lui proposait de payer avec le fric de Carlton. Il eut le réflexe de regarder tout autour d’eux, comme si le simple fait de dire son nom allait le faire apparaître, comme n’importe quel personnage fantasmagorique des films d’horreur des années quatre-vingt-dix.

« T’as pas tort, faut blanchir cet argent tant qu’on le peut. »

Voler un billet, acheter un truc avec et récupérer la monnaie légalement, voilà ce que c’était, blanchir du fric, et c’était exactement ce qu’ils allaient faire, tiens, jusqu’à ce que tous les billets de Carlton aient disparu dans les tiroirs-caisses de toutes les boutiques de souvenirs chinois de la station balnéaire. Ezio demanda double-dose au vendeur, parfum Coca-Cola s’il vous plaît monsieur, et récupéra sa glace pilée dans un cône en plastique avec une cuiller en plastique aussi plantée dedans, de la taille d’un jouet de dinette. Une fois que Devlin fut servie, il l’attira à l’écart pour s’asseoir le temps de déguster leur glace pilée, et en profita pour sortir son téléphone portable.

« Première photo de ce qui se rapproche le plus d’une lune de miel ! »

Les souvenirs, c’était important, particulièrement parce qu’on ne savait jamais ce que l’avenir leur réservait. Une fois qu’il eut pris la photo, il ramena son téléphone devant lui pour observer le chef-d’œuvre. Et chef-d’œuvre, c’était bien le mot. Ils avaient tous les deux l’air de mannequins – vu qu’ils étaient canons, déjà – avec leurs lunettes de soleil, leur glace pilée, les cheveux de Devlin dans le vent, bref, un premier plan parfait. Et en arrière plan, un mec les avait photobombés sans faire exprès : on distinguait sa silhouette derrière eux, une main dans le short pour se sortir le fût du cul ou allez savoir quoi. Magnifique.

« Ah ! Traite-moi de parano mais je trouve qu’on dirait Carlton ! »

Il se retourna, dans le doute, mais le type avait disparu. Bien, ils n’allaient pas laisser ce genre de nuage obscurcir leurs vacances, n’est-ce pas ? Enfin, leur convention professionnelle, ils étaient là pour bosser, bien sûr, oui oui. De toute façon, compte tenu de l’endroit où ils étaient, combien de violeur, d’assassins et de barons de la drogue de tous les horizons allaient-ils prendre en photo sans le vouloir ? C’était, après tout, le paradis des criminels en fuite, ici. D’ailleurs n’étaient-ils pas tous invités le soir-même, eux, les escrocs en convention, dans la demeure luxueuse et probablement payée avec l’argent de trafics divers de celui qui se prétendait gouverneur de l’île ? Ezio avait même amené son seul smoking pour l’occasion.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Dim 11 Oct - 15:02

Bon, eh bien elle ne saurait peut-être jamais ce qu’il s’était réellement passé mais cette version lui plaisait bien. Pas plus qu’Ezio elle ne désirait avoir d’enfants. Ça n’avait jamais fait partie de ses plans parce que clairement, les gamins ça vous gâchent la vie. Il lui suffisait de voir certains de ses amis, comment leur vie avait changé du tout au tout à l’arrivée des mômes et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne les tentait pas, ni l’un ni l’autre, ils en avaient déjà discuté. Alors la perspective de devoir donner le premier enfant – et le seul car s’ils avaient un jour un enfant, ça voudrait dire que c’est un accident, et un accident de ce genre, ça ne se reproduit pas deux fois – au seigneur maléfique lui plaisait beaucoup. Elle lui susurra donc un « t’as bien fait » à l’oreille avant de se ruer sur le vendeur ambulant. Autant que possible étant donné qu’elle ne pouvait gambader comme elle le souhaitait, encore. Cette glace pilée était peut-être la plus grosse escroquerie de toute cette île, mais ce n’était pas grave puisque ce n’était pas leur argent qu’ils dépensaient mais bien celui de Carlton. Qui devait probablement s’être rendu compte qu’on lui avait larciné son portefeuille à l’heure qu’il était.

Vint alors le moment de la photo. En effet, quoi de mieux pour fêter ça que d’immortaliser le moment. Puis elle ne le faisait pas exprès, mais Devlin ressortait toujours bien sur les photos. Son mari aussi, évidemment, mais il n’était pas que photogénique, il était incroyablement beau tout le temps, même au réveil, alors hein, pourquoi s’en priver. Bref, une fois que cela fut fait, Ezio lui annonça qu’il y avait un intrus sur la photo et que, selon lui, il ressemblait étrangement à Carlton. Pour être honnête, la rouquine n’était pas du tout surprise et c’est à peine si elle chercha à voir la photo pour s’en assurer. Dans le fond, c’était tout à fait le genre du Carlton qu’elle connaissait. Comme dit précédemment, ce pauvre type avait dû s’apercevoir de la disparition de son portefeuille, comme à son habitude, il aurait accusé Devlin. A juste titre cette fois. Dès lors, tout était envisageable mais elle n’était pas inquiète. D’ailleurs, elle le signala d’un haussement d’épaules.

    « Je sais pas ce que tu lui as dit tout à l’heure mais c’est une vraie petite teigne, ce mec. Ça m’étonnerait même pas qu’il soit en train de nous épier pour essayer de récupérer son fric. »


Ce qu’il ne parviendrait bien sûr pas à faire parce qu’Ezio aurait tôt fait de le démolir. Et Carlton n’était peut-être pas suffisamment bête pour ne pas s’en rendre compte. Mais soit, elle refusait de se laisser gâcher ses vacances par un sombre crétin tel que ce gars et puisqu’elle avait fini sa glace pilée – il faut dire qu’il faisait chaud au Cap-Vert et que la glace, ça fond au soleil, il ne restait plus qu’à la boire -, elle planifia leur prochaine activité en s’exclamant :

    « Je veux aller nager avec les raies manta ! »


Cette obsession ne sortait pas de nulle part, non, elle avait lu qu’on pouvait faire ça dans la brochure qu’on leur avait remise dans l’avion. Le truc, c’était qu’il fallait savoir où est-ce que ça se faisait et qu’ils ne pouvaient pas longer la côte en espérant tomber sur le bon endroit avec de la chance. Bien que ça ne serait pas déplaisant, mais ça pouvait leur prendre des heures, or c’était tout de suite qu’elle avait envie de faire ça. N’ayant pas peur du ridicule, Devlin alla se planter devant le vendeur de glaces et essaya de converser en portugais, ce qui était très approximatif, étant donné qu’elle n’avait jamais pris de cours.

    « Nous vouloir nager avec raies manta… poissons tout plats… obrigado ? »


Voilà, son portugais se résumait en fait à ce seul mot et elle ne l’avait même pas employé correctement. Bon, après elle pouvait aussi s’écrier « mas que nada » ou « lambada » mais pas sûr que ça aide. Heureusement, le petit vendeur lui adressa un sourire éclatant et répondit dans un anglais parfait, sans le moindre accent :

    « C’est de l’autre côté de l’île, là où il y a moins de touristes mais ce n’est pas difficile de s’y rendre. »


A mieux y regarder, il est vrai que ce môme n’était pas très bronzé. C’était peut-être un étudiant en échange ou ce genre de trucs, allez savoir. Devlin ne lui poserait pas la question en tout cas, elle estimait s’être suffisamment ridiculisée comme ça pour la journée. D’autant qu’elle s’y était prise exactement de la même façon lorsqu’elle avait passé commande un peu plus tôt. Bref, elle remercia et revint vers son mari. Il y avait très peu de chance pour qu’il n’ait pas tout entendu mais elle lui fit tout de même un petit résumé.

    « Faut qu’on aille de l’autre côté de l’île, il semblerait, y a moins de touristes. »


Et c’était logique au fond, les raies manta étaient probablement des poissons craintifs qui ne se mêlaient pas à la populace. Elle en aurait fait de même à leur place.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Lun 12 Oct - 19:53

Être pingre à ce point, ça dépassait Ezio. Imaginer que Carlton les suivait en dépit de ce qu’il lui avait gentiment intimé tout à l’heure à l’hôtel – à savoir, en gros, ne plus les approcher et devenir invisible – aussi, d’ailleurs, mais quant à cette histoire d’argent, c’était tout simplement outrageant. Il fallait se montrer beau joueur, non ? Il avait joué, il avait perdu, et comme on disait dans leur petit monde, bien mal acquis profite d’autant plus. Ou quelque chose dans le genre. Devlin et lui avait mis la main sur le fric de cet imbécile, la moindre des choses venant de lui aurait été de les laisser tranquille, d’avouer sa défaite et de les laisser dépenser ses dollars sans compter. Mais non, visiblement, il était mauvais perdant, c’était un comble, ça ne se faisait pas, c’était impoli. Bon eh bien tant pis, si Carlton passait dans son champ de vision, Ezio lui mettrait la main dessus et passerait au plan B. Il avait tenté d’être civique et pacifique, mais apparemment l’ex envahissant ne parlait pas ce langage, qu’à cela ne tienne. Ezio ne voyait aucun inconvénient à lui répéter les choses – à coups de poing dans la gueule. Il n’allait pas se laisser pourrir la journée par cette mauvaise nouvelle, et il ne voulait pas non plus que sa femme en prenne ombrage. Ils étaient là en séminaire en vacances, ils se devaient d’être studieux d’en profiter.

Heureusement, Devlin avait une idée pour changer de sujet : nager avec des raies manta. Un souhait qu’Ezio entendait pour la première fois venant d’elle, comme quoi il était loin de tout connaître d’elle. En soi, il n’avait rien contre cette idée, à la limite lui ce qu’il voulait c’était nager avec elle, et s’il devait la partager avec des poissons ou quelle que soit la dénomination de ces bestioles, ça lui convenait. Restait à savoir où trouver des raies manta. Sa femme s’empressa d’aller demander au vendeur de glace et Ezio resta à distance, mais pas trop non plus – il se sentait épié, depuis l’épisode photobombing de peut-être ou peut-être pas Carlton. Après avoir sérieusement interrogé le vendeur de glaces – de toute façon Devlin parlait mieux le portugais que lui, ce qui fait que pour l’aider il se contenta de vaguement mimer la raie manta dans le fond pour l’encourager mentalement – elle obtint une réponse claire et nette du type, qui en fait ne beuglait en portugais que pour faire couleur locale auprès des touristes. Il parlait mieux l’anglais que des tas d’Anglais qu’Ezio avait croisé dans sa vie.

De l’autre côté de l’île, donc. Soit. L’information capitale là-dedans c’était qu’il y aurait moins de touristes, donc, statistiquement moins de gamins braillards, de vendeurs de chouchous, etc. Cette idée l’enchantait littéralement.

« Tu vas pouvoir marcher jusque là-bas ? »

Il n’avait rien contre la porter pendant tout ce temps mais il se disait aussi qu’elle finirait par se lasser. Et puis la perspective de nager avec des raies manta supplantait la douleur, apparemment. Avec de la chance, ces bestioles chassaient les méduses et ils seraient tranquilles. Bon, comment faire pour traverser l’île, alors ? En taxi, encore ? Ezio avisa, en contrebas des rochers, une petite digue où mouillaient des bateaux de plaisance de toutes les tailles. Nul doute qu’un des pilotes en quête de touristes à balader accepterait de les conduire dans un coin à raies manta en leur faisant faire le tour de l’île au passage.

« Allons-y ! Autant utiliser tout le fric de Carlton avant qu’il ne débarque pour de vrai. »

Il se mit en devoir de descendre les rochers, tenant sa femme par la main pour l’aider dans les zones difficiles – inutile de dire qu’il s’attendait à tout moment à ce qu’elle fasse une culbute. Ne restait ensuite qu’une petite bande de plage à parcourir jusqu’à la digue. Où le choix d’un pilote s’avèrerait facile et difficile en même temps. Ils étaient beaucoup, ils voulaient tous les emmener, ils pratiquaient tous les meilleurs prix et avaient tous plus ou moins des têtes de serial killer, mais bon, ça à la limite, ce n’était pas vraiment leur faute. Ezio ne comprenait pas la moitié de leur charabia mi-portugais, mi-anglais. Bon eh bien, s’ils ne pouvaient pas trancher sur le choix du pilote, autant choisir le bateau. Il fit face aux différents esquifs. Pas de yachts de luxe, en tout cas, c’était sûr, mais des bateaux qui avait vécu. C’était comme un jeu télévisé, en fait, choisir un bateau à l’aveugle et récupérer le pilote qui allait avec. Il se tourna vers Devlin.

« Il y en a un qui te fait plus rêver que les autres ? »

Bon, eh bien c’était aussi pour cela qu’il l’avait épousée, pour profiter de son don pour la prise de décision, lui qui globalement avait peu d’avis sur peu de choses.
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Lun 19 Oct - 17:05

Si elle pourrait marcher jusque-là, c’était sous-estimer son obstination. Devlin voulait aller nager avec les raies manta, elle irait nager avec ces choses coûte que coûte. Et tant pis si ça signifiait souffrir tout le long du trajet. Ce qui ne serait pas le cas puisque cette crème était du genre assez efficace. Elle regarda donc son mari avec un petit air malicieux et hocha vivement la tête. C’est donc ainsi qu’ils se mirent en route mais pas pour la route comme n’importe qui aurait eu coutume de le faire, mais par la voie maritime. Tellement plus original que de prendre un simple taxi. Le hic, c’est qu’il fallait descendre jusqu’à la digue où étaient amarrés des tas de bateaux. Bon, la rouquine n’était pas si empotée que ça non plus, elle pouvait le faire et sans s’ouvrir l’arcade sourcilière qui plus est, mais il y avait toujours ce risque. Cette menace qui planait invariablement au-dessus de sa tête. C’était là que la chance insolente d’Ezio était bien pratique car il arrivait que Devlin en profite. Comme ce fut le cas cette fois-là. Elle ne se coupa, ne se prit les pieds dans rien et ne dérapa même pas. De sorte que c’est saine et sauve qu’elle arriva sur la digue et sans s’être ridiculisée qui plus est.

Et une fois sur la digue, elle eut l’impression de se faire agresser verbalement de tous les côtés, un peu comme au marché. C’est bien pour ça qu’elle n’y allait jamais. Enfin bref, elle se colla un peu plus à son mari quand l’un de ces mecs se pencha sur elle pour lui hurler à l’oreille « grimpe, mon p’tit » avec un accent à couper au couteau. Terrifiant. Donc elle ne choisirait déjà pas celui-là. On aurait pu croire que, venant d’une côtière d’Irlande, Devlin s’y connaîtrait un peu en matière de bateaux, mais pas du tout, ça ne l’avait vraiment jamais intéressée. Et puis ça ne lui servait à rien de toute façon. Alors quand son mari lui demanda si l’une de ces coquilles de noix l’interpellait plus que les autres, elle haussa les épaules. Non, aucun de ces vieux bateaux ne lui faisait de l’œil. Ah si seulement il y avait eu un yacht, elle n’aurait pas eu besoin de se poser autant de questions. Si bien que pour finir, elle picota et choisit au hasard un bateau quelconque, avec à son bord une espèce de vieux loup de mer couvert de tatouages et fumant la pipe. Plus cliché, tu meurs.

    « Va pour celui-là… »


Pas plus convaincue que ça, non, mais ils n’allaient pas y passer la journée, ils étaient censés aller nager avec les raies, là ! Une fois à bord, le « capitaine » tâcha bien de les arnaquer. Et ça, ça se comprenait dans toutes les langues une fois qu’on était dans le milieu. Avec un aplomb de dingue, il leur demanda quasiment la totalité de ce qu’elle avait piqué à Carlton juste pour les conduire là où ils le voulaient et même pas pour faire le tour de l’île. Ce qui n’allait pas du tout et Devlin s’empressa de mettre les points sur les I :

    « Ecoutez monsieur, on n’est peut-être des touristes mais on n’est pas des pigeons. Y en a des dizaines des comme vous là dehors. Enfin, plus loin. Et je parie qu’ils seront ravis de vous faire de la concurrence. »


Non parce que franchement, ils n’étaient pas en train de lui demander de les conduire en Atlantide, ce mec ne risquait pas sa vie en mer pour les emmener de l’autre côté de l’île, tout de même alors il fallait arrêter de déconner. L’homme campa encore sur ses positions quelques instants, jusqu’à ce qu’il voit Devlin tourner les talons, prête à descendre. Ça marcha si bien qu’il leur fit un super prix. Sans doute toujours un peu au-dessus de ce qu’il aurait dû leur coûter pour une petite balade de ce genre mais ils ne pouvaient pas trop en demander non plus, il fallait bien que le mec se fasse un bénéfice, il ne vivait peut-être que de ça.

Il n’y avait pas à dire, l’île sur laquelle ils séjournaient était vraiment magnifique, avec sa verdure, ses plages plus claires et l’eau turquoise qui les bordait et Devlin aurait eu tout le loisir de s’en rendre compte si seulement elle n’avait pas eu le mal de mer et n’avait pas passé tout le voyage accoudée au bastingage, souhaitant mourir. Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’elle montait sur un bateau et ça ne lui avait jamais fait ça. Puis l’eau était calme. Ça venait peut-être du fait qu’elle n’avait rien avalé depuis bien longtemps ou alors ça venait de l’embarcation. Ou pas, elle n’y connaissait rien de toute façon. Toujours est-il qu’elle fut plus que ravie de retrouver la terre ferme. Et à peine eu-t-elle posé le pied par terre que ça allait déjà mieux. Elle put donc courir vers l’endroit, signalé par une pancarte jaune représentant une raie manta géante. Dans l’eau se trouvaient déjà deux ou trois autres couples de touristes et ceux-ci étaient en train de se faire câliner par ces adorables petites bestioles. A en voir leurs têtes, ça n’avait pas l’air des plus agréables mais ça ne dissuada en rien la rouquine qui avait hâte de se jeter à l’eau à son tour.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Jeu 22 Oct - 21:50

Excellent choix de sa femme, qui entre dix bateaux pourris, jeta son dévolu sur un bateau pourri. Le capitaine les regarda approcher d’un œil tranquille, probablement très habitué aux touristes et réfléchissant déjà à combien il allait tenter de leur extorquer selon leur apparence, leurs fringues et l’air plus ou moins sur d’eux qu’ils arboraient sur leur visage. En la matière, cependant, il ne savait pas à qui il avait affaire. On n’apprenait pas à des escrocs à faire la grimace, ou plutôt, on n’escroquait pas si facilement des professionnels du secteur comme eux. Ils étaient d’autant plus professionnels qu’ils avaient été conviés à ce séminaire à l’autre bout de la planète, tout de même, c’était pas rien. Ils montèrent donc sur la coquille de noix et le capitaine, qui avait enfilé son look spécial touristes comme de juste, entra directement dans le vif du sujet en parlant argent. Grossière erreur ! Ne jamais entamer la conversation par ça. Surtout avec une activité dépendant essentiellement des touristes, qui payaient pour tout et n’importe quoi. Non, il fallait attendre, se mettre les clients dans la poche, leur prodiguer le service qu’ils étaient venus chercher – en l’occurrence dans leur cas leur faire faire le tour de l’île – et alors seulement, demander son dû, en gonflant les prix. Les gens n’étaient pas dupes, mais parce qu’ils avaient déjà obtenu ce pour quoi ils étaient censés payer, il leur était beaucoup plus difficile de râler ou pire, de refuser de payer. Alors que là, Devlin et lui auraient pu tout aussi bien lui dire adieu et sauter de nouveau sur le ponton à la recherche d’un matelot plus conciliant.

L’autre solution était, bien évidemment, était de dire clairement à ce vieux trou du cul qu’ils n’étaient pas des crétins, ce dont se chargea sa femme avec clarté et efficacité. Le type finit par baisser son prix, ce qui restait encore trop, mais de toute façon ils n’allaient pas payer avec leur argent perso, ce qui en fait rendait la chose encore plus belle, quand on y réfléchissait, merci Carlton ! Ezio comptait bien profiter de cette petite balade au frais de l’ex pénible. Ils s’en allèrent donc, à un rythme plus que mou du genou, heureusement que l’île n’était pas gigantesque. C’était raté pour le cliché de carte postale selon lequel le mari et la femme profitaient de la balade en bateau les cheveux dans le vent et le sourire colgate, parce que Devlin eut tout de suite le mal de mer, et Ezio passa donc tout le voyage à lui caresser le dos et à attendre le moment où elle allait vomir dans les vagues avant de refuser de lui parler pendant les trente prochains jours tellement elle serait gênée. C’est qu’il commençait à en savoir, des choses, sur elle. Heureusement, la crise fut évitée et ils arrivèrent à l’endroit où on pouvait nager avec les raies manta sans encombre, et délestés de quelques dollars, aussi.

Ces bestioles étaient énormes, il n’y avait pas à dire, mais à voir les quelques personnes qui pataugeaient en cette seconde au milieu d’elles, elles n’avaient rien de dangereux. Elles étaient plutôt câlines, même. Bon eh bien, il n’y avait plus qu’à ! Le point d’eau où nageaient les raies manta étaient délimitées par des plots flottants, il suffisait simplement de rentrer dans la mer et s’amuser. Ezio ôta son tee-shirt, non sans avoir au préalable creusé un petit trou dans le sable pour y fourrer son portable et ses papiers. Il reboucha son œuvre, laissa tomber son tee-shirt par-dessus et se retourna vers sa femme en s’étirant – exprès, oui.

« Allez, à poil ma chérie, on y va ! »

Enfin, pas complètement à poil non plus, évidemment. De toute façon, ils n’étaient pas là pour faire des cochonneries mais pour nager dans une eau turquoise et transparente au milieu des raies manta. Une fois qu’elle fut prête à y aller, il la prit par la main et ils entrèrent dans l’eau ensemble. En ce qui concernait Ezio, c’était la première fois qu’il vivait cette expérience. La mer, il connaissait, surtout parce qu’il avait passé plusieurs étés en Floride, contraint et forcé d’abord, puis de sa propre initiative, pour retrouver des amis. En revanche, les bestioles, c’était une première. Il regrettait de ne pas avoir d’appareil photo waterproof comme les autres couples de touristes, qui étaient visiblement des touristes de compétition parce qu’ils avaient pensé à ça, eux. Ezio aurait toujours pu leur demander de les prendre en photo et de la lui envoyer par mail, mais ça aurait nécessité qu’il donne son adresse mail, et ça, non, non merci. Il se contenterait de ses souvenirs. Et puis sous l’eau, dans cette eau si claire, il pouvait mater les jambes et les fesses de Devlin, plus que les raies manta, même, qui l’intéressaient un petit moins sur son échelle de valeur personnelle. Il espérait que pour sa part, elle réalisait un de ses rêves, comme ça ce voyage ne serait pas totalement une vaste blague. A un moment, il passa à côté d’une des touristes, qui poussa un cri avant de se tourner vers lui.

« Vous m’avez touché les fesses ! »

Ezio arrondit les yeux. D’abord, vu que la bonne femme devait frôler les cinquante ans et les douze kilos toute mouillée, elle avait vraiment une sacrée opinion d’elle-même pour croire qu’il irait lui toucher les fesses.

« Je vous jure que non. C’est probablement une raie manta qui passait par là, la coquine. »

La femme lui jeta un regard outré, mais moins que celui qu’elle jeta à son mari, qui faisait très fort semblant de ne pas remarquer l’altercation. Ezio rejoignit Devlin en ricanant.

« De quoi elle se plaint, elle devrait être contente qu’une de ces bestioles lui ait tripoté le popotin, franchement, elle a l’air d’en avoir besoin… Tu t’amuses, chérie ? »

Il glissa une main sur sa taille, sous l’eau, parce qu’il pouvait, et cette fois c’était bien lui qui la pelotait.
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mar 27 Oct - 18:03

Ce qu’il était malin son mari à ensabler ses affaires non-waterproof ! Pour sa part, Devlin était en train de se demander où est-ce qu’elle pourrait bien trouver un sac en plastique, c’est dire… et pourtant, des deux c’était probablement elle qui était la plus susceptible d’avoir des habitudes de plage mais en même temps, c’était difficile d’ensabler quoi que ce soit sur une plage de galets. Bref, plutôt que de se compliquer la vie, elle imita Ezio avant de suspendre son geste pour le mater. Ah dire que tout ça c’était elle. Officiellement, c’était même marqué sur un papier. Pas en ces termes, évidemment, mais à peu de choses près, c’était ce que ça sous-entendait. Bon, eh bien il ne lui restait plus qu’à ôter son short et à se jeter à l’eau. Ce qu’ils firent ensemble et c’était beau ! Carlton aurait pu se rendre utile et les filmer avec le téléphone d’Ezio, tiens, plutôt que de les faire chier. Mouais non, il serait encore capable de se tirer avec, mauvais plan. La température de l’eau était tout ce qu’il y a de plus agréable et ça contrastait nettement avec la mer irlandaise que connaissait la rouquine. Non vraiment, il fallait être suicidaire pour avoir envie de se baigner en Irlande, l’eau était toujours glaciale, même quand le soleil l’avait chauffée toute la journée. Ce qui n’arrivait pas si souvent que ça non plus, il fallait bien l’admettre.

Bien vite, Devlin se désintéressa de tout le reste pour ne se focaliser que sur les raies manta. Alors, comment fallait-il faire pour qu’elles les approchent ? Tenir de la nourriture en main pour les appâter ? Elle espérait bien que non parce que ces bestioles ne se nourrissaient probablement pas d’une quelconque plante aquatique mais sûrement d’une sorte de poissons tout frétillants avec sa chance… c’est à peu près à ce moment-là qu’une femme s’écria au viol. Enfin, à l’attouchement, plutôt. Elle se retourna et se marra en voyant que son mari était impliqué dans l’histoire. Il fallait que cette dame se fasse à l’idée qu’elle n’était plus aussi jeune qu’autrefois et qu’un truc pareil ne se passerait plus jamais que dans ses rêves. Méchant mais réaliste, à sa place, elle ne se ferait pas d’illusions, elle. Ezio revint alors vers elle, tout aussi amusé, visiblement et lui demanda si c’était la grande éclate. Ben, c’est-à-dire qu’elle barbotait pour l’instant, alors que ce qu’elle voulait vraiment, c’était approcher ces créatures marines.

    « Ouais mais je voudrais bien faire ça ! » dit-elle en montrant du doigt des gens qui se faisaient littéralement recouvrir par une raie manta.


Ce qui était assez délirant parce qu’eux non plus n’avaient pas l’air d’apprécier le câlin et ils n’étaient pas les seuls. Mais Devlin s’en fichait bien de l’avis des autres, elle tenait absolument à se faire sa propre idée. Avec toute la difficulté que l’on éprouve à se déplacer dans l’eau, elle s’approcha d’une fille qui avait l’air de superviser tout ça. Celle-ci lui remit une poignée de ce qui ressemblait à des petites graines mais ne devait pas en être. Le genre de truc qu’on trouve dans des distributeurs au bord des lacs pour nourrir les poissons, quoi. Et c’était nettement mieux que des poissons, frétillants ou non, même. C’était bien mais la fille ne lui donna pas d’instructions, alors elle ne savait pas trop comment ça marchait. Est-ce qu’elle devait les lâcher dans l’eau ou au contraire les tenir au sec ? Elle releva les yeux vers Ezio, dans l’espoir que lui sache comment ça se passe mais ce n’était pas le cas. En même temps, c’était sa première fois à lui aussi.

Autant essayer les deux techniques, du coup. Elle tint la poignée de graines au-dessus de l’eau, s’attendant peut-être à voir une raie sauter hors de l’océan pour la happer au vol, comme aurait pu le faire un dauphin, mais rien ne se passa. Alors elle les lâcha dans l’eau mais le résultat ne fut pas plus satisfaisant. Les raies manta nageaient désespérément loin d’eux. C’est une moue déçue qu’elle adressa à son mari, tout en geignant :

    « Ça marche pas, essaye, toi ! »


Puis elle fit claquer sa langue, comme lorsqu’on appelle un chien.

    « Petites raies, petites raiiiies ! »


Ce qui n’eut évidemment pas plus de succès. Bon, il valait sans doute mieux qu’elle lâche l’affaire, en espérant qu’Ezio les attirerait, lui. Pour peu que ça soit des filles, ça devrait fonctionner. La preuve, il se faisait même accuser de toucher des fesses quand ce n’était pas le cas. Non vraiment, Devlin était très confiante, d’autant que tout lui souriait, à son mari.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Jeu 29 Oct - 19:28

Okay, Ezio devait reconnaître que ça devait être une sensation vraiment bizarre de se faire recouvrir comme ça par une raie manta comme par une couverture, on devait même se sentir un peu à l'étroit, là-dessous. Ça réveillait quelques vieilles peurs claustrophobiques et ataviques et puis qui savait si pendant qu'elle vous caressait gentiment le dos, elle ne planifiait pas en même temps de violemment pour assassiner en vous étouffant ou en vous strangulant sans que vous ne puissiez rien faire d'autre que vous débattre ? Il lui semblait bien avoir vu un film qui parlait de ça, Raie mantasorus Rex VS Octomygale ou quelque chose dans ce goût-là. Mais soit, ce que sa femme désirait, il se faisait toujours un devoir et un plaisir de le lui obtenir, et puis aussi, et c'était bien pour ça aussi qu'il l'avait épousée, elle avait toujours des tas d'idées incroyables qui ne lui seraient pas venues, à lui. Qui avait l'occasion dans une vie de faire un truc pareil ? Lui, mais uniquement grâce à Devlin, s'il avait été là tout seul il se serait probablement contenté de se dorer la pilule au soleil sur un transat de l'hôtel, au bord de la piscine, en enchaînant les mojitos. C'était pas mal non plus mais ce n'était rien, en termes d'aventure, comparé à se laisser câliner par ces bestioles. Ou, pour le dire plus simplement, assez de chichis et profitons de l'instant !

Il emboîta donc le pas à Devlin, à un rythme d'astronaute marchant sur la lune. Évidemment, il ne fallut pas longtemps pour que sa femme atteigne la distance limite où elle avait pied, non loin d'une femme qui distribuait des poignée de bouffe pour raie manta - quoi que ce soit - d'un air blasé à tous les touristes qui passaient devant elle pour aller rejoindre les bestioles. Devlin s'essaya donc à l'affaire mais autant dire que les raies manta l'ignorèrent superbement, là-bas au loin, déjà bien occupée à frôler les gens qui les avaient rejointes. Il doutait que les appeler comme des chiens allait les faire venir, mais ça restait une tentative adorable de la part de sa femme. Qu'est-ce qu'elle était mignonne quand elle était vexée ! Enfin, vexée contre n'importe qui sauf lui, évidemment.

« Je pense qu'on est trop loin. Si ça avait été des pigeons, elles seraient venues, mais là il va falloir qu'on avance encore un peu. »

Ce qui tombait bien parce que lui pouvait encore parcourir une bonne dizaine de mètres avant de devoir à son tour lever haut le menton et sautiller dans l'eau pour éviter la submersion totale. Il enroula son bras autour de la taille nue de Devlin et se mit en devoir de s'approcher des raies manta.

« Je te tiens et toi tu les nourris, okay ? »

Aaaah, c'était de ça qu'il s'agissait, le mariage, former un fantastique duo complémentaire. De fait, les raies manta étaient juste là, à leur tourner autour, mais de loin, pas encore très passionnées par la présence de deux touristes de plus dans leur petit terrain de jeu. Mais il faut croire qu'elles ressemblaient un peu à des chiens finalement parce qu'une d'entre elles finit par leur arriver droit dessus, droit sur la main de Devlin, même, apparemment attirée par la mixture que ces pauvres bêtes se tapaient pour le dîner. De prés, Ezio ne les trouvait pas particulièrement plus jolie à regarder que de loin, mais ça restait quand même un spectacle fascinant, surtout que l'animal finit par d'enrouler autour d'eux comme pour quémander un peu plus de bouffe. Ezio tenait sa femme serrée contre lui et ne bougeait plus, et pensa très fort au reste du monde qui n'était pas en train de vivre cette expérience en cette même seconde. Tant pis pour le reste du monde !

« Hiiiiiii, un requin ! ! ! »

Ou comment briser la magie d'un moment. Une touriste s'agitait non loin, pointant on ne savait quoi du doigt, et elle était bien la seule à s'exciter. Alors que c'était très probablement rien qu'un petit con de gosse avec une nageoire en plastique en train de s'amuser à faire peur aux gens, un truc qu'il aurait tout à fait pu faire au même âge. Mais maintenant qu'il était adulte, il savait très bien comment dealer avec le « requin » si ce dernier s'approchait : un bon lancé de môme sur cinq ou six mètres devrait suffire à le faire fuir. L'important était qu'il ne fasse pas fuir les raies manta, vrai ou faux requin, vu qu'elles commençaient enfin à se regrouper autour d'eux, parce qu'à plusieurs, la fête est plus folle, c'est sûr.

« J'ai lu quelque part qu'en cas d'attaque de requin, il ne fallait surtout pas faire le mort mais au contraire lui taper dessus. »

Mais oui, c'était une info qui pouvait sauver une vie un jour, on savait jamais. Il fallait aussi éviter de ressembler à leurs proies, vu qu'en fait les requins étaient bigleux, mais bon, là ils étaient safe, il n'avait rien d'une baleine et sa femme encore moins.
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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Mar 3 Nov - 23:11

Ah oui, ça se saurait si ces créatures étaient de vulgaires pigeons, même des pigeons marins. Mais son mari avait raison, comme souvent. Enfin, pas aussi souvent qu’elle évidemment, mais c’était comme ça, ils étaient extrêmement malins tous les deux. Oui donc, il fallait qu’ils se rapprochent, comme l’avait dit Ezio et c’est avec un plaisir non dissimulé que Devlin se laissa piloter. Ils formaient décidément un binôme du feu de Dieu, puisque là où elle aurait bu la tasse, son mari avait encore de la marge et pas qu’un peu. Accrochée à Ezio comme un petit singe, elle hocha donc la tête, tout à fait d’accord avec son plan. C’est alors que le miracle se produisit : les raies manta leur tournaient enfin autour et la rouquine put même en nourrir une qui le même petit tour que ses comparses faisaient aux autres touristes. Inutile de le préciser mais Devlin était aux anges, c’était probablement l’un des plus beaux jours de sa vie après celui où elle avait eu la bonne idée de s’unir à son mari, évidemment. Au point qu’elle aurait même souhaité réitérer l’exploit, mais comme le dit le proverbe, toutes les bonnes choses ont une fin et une voix s’éleva un peu plus loin, prévenant tout le monde qu’il y avait soi-disant un requin dans l’eau.

Bon, peut-être qu’elle n’extrapolait pas, mais et alors ? La belle affaire, tant que personne ne saignait tout était safe, non ? A moins que ça ne concerne un autre animal, elle n’était plus sûre mais de toute façon, il n’était pas question qu’un requin ruine leur moment, ça non. Comme s’il avait lu dans ses pensées, Ezio expliqua encore qu’il avait lu qu’à l’approche d’une de ces bestioles, il fallait lui mettre un coup de poing plutôt que de faire la planche. Ce n’était pas qu’elle n’y croyait pas mais ça lui semblait tout de même un peu con comme technique, même pas sûr que le requin sente quoi que ce soit. Enfin, ça dépendait toujours de qui mettait le coup de poing, bien sûr, si c’était son mari, il y avait de grandes chances pour que, tout requin qu’il soit, il le sente passer mais Devlin n’était quand même pas certaine de vouloir tenter l’expérience. En fait, elle était plus partagée qu’elle ne voulait bien l’admettre. On pouvait dire ce que l’on voulait sur les requins dans les documentaires animaliers, il n’en restait pas moins que c’étaient des bêtes capables de vous déchiqueter en deux coups de mâchoires.

Ce qui finit par la décider fut une vague qui la submergea. Etant donné qu’elle était toujours collée à Ezio, elle ne fit que boire la tasse rapidement mais elle eut tout le loisir de voir ce qui se trouvait sous la surface et que personne d’autre n’était capable de voir en dehors d’elle : des fantômes. Entre les noyés et ceux qui se faisaient déchirer la tête par les hélices de bateaux, c’était tout sauf beau à voir et il y en avait plein. Les requins ? Haha c’était de la rigolade face à ça ! Par réflexe, Devlin avait resserré son emprise autour de son mari et s’était toute raidie. Et comment formuler tout cela ? Eh bien comme ça :

    « Honey, ne me juge pas, je sais bien que c’était mon idée mais je peux rester une seconde de plus dans cette eau. »


Ça pouvait passer pour un caprice, dit comme ça, mais ça n’en était pas vraiment un et bien qu’ils ne soient pas mariés depuis longtemps, Ezio la connaissait suffisamment pour le savoir. C’était comme de nager dans une mer de cadavre, si on voulait son avis, c’est cet océan qui méritait le nom d’océan mort et pas la mer morte. Encore que ça devait être pareil partout mais Devlin ne tenait certainement pas à le voir de ses propres yeux. C’était déjà une chance qu’elle n’ait pas passé au travers jusque-là, car elle l’aurait senti et c’était bien moins agréable que de se faire câliner par une raie manta toute douce. Du moins l’imaginait-elle puisqu’elle avait scrupuleusement fait attention à ce que ça ne se produise jamais. Quoi qu’il en soit, elle savait pertinemment que son mari n’était pas sensible à tous ces trucs et elle ne voulait surtout pas le priver d’un quelconque plaisir, si ça le branchait d’apprendre la vie à une bande de squales, mais en ce qui la concernait, elle eut tôt fait de rejoindre la côte à la nage. Le hic, c’est qu’elle n’avait jamais été une de ces « bimbos des plages », une de ces nanas qui se contentent de se faire bronzer sur la plage durant des heures et qui à trente ans ont l’air d’en avoir cinquante tellement les UV ont abîmé leur peau. Elle ne savait pas rester sans rien faire, surtout qu’elle n’avait même pas pris de quoi lire ou s’occuper, donc elle espérait bien qu’Ezio ne tarderait pas. Sans vouloir le commander. Enfin, un peu tout de même pour le coup, puisque même pas cinq minutes plus tard, elle lui faisait signe de revenir.

    « Bon ben on se rabat sur la ville, alors ? »


Comme une fleur. Mais bon, ce n’était pas leur lune de miel, d’accord, mais c’était tout comme et un couple de jeunes mariés n’est pas censé se séparer lors de leur lune de miel. C’est une sorte de tradition sans en être vraiment une. Puis avec un peu de chance, la ville serait encore plus intéressante que la plage, avec des repris de justice à tous les coins de rue et ainsi de suite. Et ils auraient encore bien d’autres occasions de dilapider le fric de Carlton.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Dim 8 Nov - 13:24

Il lui semblait bien avoir lu aussi que les requins n’avaient pas pour habitude d’attaquer les humains, sauf s’ils crevaient la dalle ou si l’humain en question ressemblait vaguement à leur bouffe habituelle, vu qu’ils n’y voyaient que dalle, et dans ce cas c’est sûr que s’agiter comme des demeurés comme étaient en train de le faire présentement les autres touristes n’étaient probablement pas la meilleure solution. Cela, quand il sentit Devlin se raidir contre lui et resserrer sa prise autour de son cou, il dut bien s’avouer qu’il crut pendant quelques secondes qu’elle aussi avait peur du fameux requin – qui au passage, vrai requin ou blague d’ado, voguait tranquillement un peu plus loin entouré des raies mantas. Du coup, quand elle lui annonça qu’elle voulait sortir de l’eau genre, absolument maintenant, il ne posa pas de question et revint vers le rivage, et ce fut à ce moment-là qu’il comprit de quoi il s’agissait. Il avait beau être habitué à ce genre d’épisode, ça n’était pas encore devenu un automatisme chez lui de penser aux fantômes en premier lieu, comme la cause ultra-naturelle du malaise de sa femme. Mais il commençait à reconnaître certains signes, comme le ton qu’elle employait ou la retenue qu’elle mettait dans ses mots, alors que lui ne pouvait qu’imaginer à quoi ça devait ressembler, des morts dans l’eau. C’était probablement répugnant. Et probablement aussi qu’il y en avait plein, et tendit qu’il fendait les flots tel Moïse avec sa femme dans ses bras – ou tel un acteur d’Alerte à Malibu, aussi – il songea que les noyés devaient paresseusement flotter tout autour d’eux, s’enroulant amoureusement autour des baigneurs comme les raies mantas tout à l’heure. Vraiment charmant.

Comme barboter tout seul comme un idiot là où il avait pied n’était pas vraiment super passionnant, il ne se fit pas prier quand Devlin l’appela depuis la plage pour lui proposer de retourner en ville. Après tout, ils avaient fait tout ce qu’ils avaient à faire ici, à savoir se mettre en maillot de bain pour se la péter – et autant dire qu’au milieu des touristes allemands velus et des touristes chinois rachitiques, sa femme et lui faisaient office de top models –, se baigner avec des raies mantas, faire un tour en bateau et se balader sur la plage, leur rôle ici était donc terminé. Et franchement, c’était une île de criminels, ici, alors la ville devait avoir de nombreux trésors à offrir ! Il retrouva donc sa petite cache, récupéra ses affaires, enfilant son tee-shirt directement sur son torse mouillé, de toute façon ça sècherait en cinq minutes vu la température.

« Je mangerais bien un morceau, il commence à faire faim ! »

Ben oui, c’était pas les trois crevettes qu’il avait croqué ce matin au buffet pendant la bousculade qui pouvaient lui caler l’estomac. Mais d’abord, il leur fallait un taxi pour rejoindre le centre-ville. Et c’était un très gros bordel au bord de la plage pour choper un taxi vu que tout le monde avait la même idée. Ezio finit par désigner un des nombreux locaux qui proposaient des modes de transport alternatifs, à savoir des tuk-tuk, des scooters, voire des espèces de mini-charrettes à deux places tirées par un vélo. Comme il n’était pas cruel au point de demander à un de ces gamins maigrichons de tirer sa grande carcasse d’Américain à vélo, il se dirigea vers un des gamins maigrichons proposant des scooters et autres mini-taxis et brandit un billet sous le nez d’un chauffeur de tuk-tuk.

« C’est possible d’avoir une version décapotable, par contre ? Parce que je rentre pas là-dedans, moi. »

Avec un peu de mime, le chauffeur eut l’air de comprendre, et comme rien n’était impossible quand il s’agissait de satisfaire le client, il déboulonna le toit en tôle déjà vaguement bricolé à l’arrache de son véhicule, et Ezio se tourna vers sa femme en se marrant.

« Ma lady, votre carrosse… »

Il demanda au type de les amener au meilleur resto de la ville, et là encore, pas sûr qu’il se soit fait comprendre, mais enfin ils partirent dans les rues encombrées, cheveux au vent – enfin pour Devlin, du moins, pas pour lui – et slalomant entre les voitures de façon totalement kamikaze mais très efficace, il fallait bien reconnaître ça à leur chauffeur. Le moteur de son véhicule poussait régulièrement des râles d’agonie, mais il ne les lâcha pas, jusqu’à ce que le môme se gare devant le « meilleur resto de la ville » : une espèce d’échoppe roulante avec trois tabourets devant pour manger sur place et un type qui faisait cuir des trucs sur sa cuisine portable. Donc soit c’était vraiment le meilleur resto de la ville et il n’était pas sur les guides touristiques, soit leur chauffeur les avait amenés au boui-boui de son beau-frère ou un truc comme ça, façon solidarité autochtone. Bon eh bien, il fallait être un peu aventurier, dans la vie.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Jeu 26 Nov - 16:53

A moitié sèche, déjà, Devlin sauta dans ses fringues et acquiesça lorsqu’Ezio lui annonça qu’il avait faim et que ça serait leur prochaine étape avant de repartir à l’aventure mais direction la ville, cette fois. Résignée, elle se plaça dans la file de ces gens qui attendaient, pratiquement en train de se battre comme au premier jour des soldes pour avoir un taxi mais son mari avait une meilleure idée. Enfin, selon lui seulement cette fois, parce qu’elle n’était pas très « transports locaux ». Devlin avait beau avoir grandi dans un milieu assez pauvre, elle n’était jamais montée sur un scooter ou l’un de ces trucs non couverts. Et on comprenait pourquoi, l’Irlande devait à peu près être aussi humide que l’Angleterre et il n’y avait rien de mieux pour vous ruiner une coiffure que l’humidité. Puis bon, autrefois sa meilleure amie était la fille du président, alors c’était plus limousines que scooters, forcément. Mais bon, c’était toujours mieux que de passer la moitié de la journée à attendre de pouvoir monter dans un taxi, c’était certain. Aussi prit-elle place dans l’engin ajusté pour Ezio telle une lady avec la sensation d’être Sophie Ellis-Bextor dans le clip de Groovejet. C’était tout sauf classe mais elle pourrait s’y faire. Là-dessus, son mari demanda qu’on les mène prestement au meilleur resto de la ville.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur adolescent de chauffeur s’était bien foutu de lui, vu l’espèce de gargote devant laquelle il venait tout juste de les déposer. En premier lieu, la rouquine songea que ce n’était certainement pas le genre d’établissement qui subissait sans relâche les contrôles du service d’hygiène du pays. Oui, c’était son truc à elle, imaginer toutes les bactéries pouvant grouiller quelque part. Cela dit, elle eut beau regarder partout autour d’elle, elle ne vit rien de mieux et donc, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, s’assit sur l’un des tabourets où il n’y avait clairement pas foule. Avec de la chance, ils auraient des pizzas surgelées une bonne dizaine de fois à la carte. Mais c’était se bercer d’illusions que de croire en ça car sur leur carte, il n’y avait que des noms de plats en portugais qui ne lui disaient rien qui vaille. Cachupa, churrasco, garupa… et ainsi de suite, c’était très joli à lire mais elle était à peu près sûre de ne pas vouloir essayer, d’autant qu’elle avait vu le mec derrière ses fourneaux découper du requin – sans doute pas celui qui les accompagnait en mer tout à l’heure, encore heureux. Bref, l’aventure oui, mais pas trop non plus, c’était sa devise. Devlin releva des yeux malicieux vers Ezio.

    « On va sûrement choper la salmonellose, tu le sais ça ? »


Mais bon, après tout que serait un voyage sans sa tourista ou tout autre maladie semblable, hein ? Prenant son courage à deux mains, elle commanda un truc au hasard – de toute façon, elle allait faire comme d’habitude, c’est-à-dire qu’elle allait trier, garder ce qui lui plaisait et refiler le reste à son mari si ça le tentait et sinon tant pis pour le gaspillage de toute façon, elle n’avait pas la possibilité d’envoyer tout ça pour la poste aux petites éthiopiens, alors, hein - et de l’eau provenant soi-disant du Brésil. Ça en revanche, c’était classe. Même si en réalité elle provenait du robinet. Bref, traînant son tabouret dans la poussière pour se rapprocher d’Ezio, Devlin cherchait de l’autre main son tube de crème solaire. Le jour où on inventerait la crème solaire waterproof aussi, voilà qui faciliterait la vie de toutes les femmes. Ou bien alors ce qui serait chouette, ça serait qu’elle soit aussi bronzée que son mari et alors plus besoin de crème solaire du tout mais dans ce cas-là, c’est pour lui que ça serait triste. Sans rien dire, elle lui tendit le tube en se fichant bien de ce qui se faisait ou non à table puisque de toute façon, ils ne mangeaient pas en présence du gouverneur de l’île et l’odeur du monoï atténuerait sans doute un peu celle de la crasse.

Mais bien sûr, c’est à ce moment précis que déboulèrent tout un tas de clients. Ils étaient les seuls touristes apparemment et Devlin eut soudain le sentiment de faire tache dans le paysage, avec sa pâleur naturelle. Encore, Ezio pouvait plus ou moins se fondre dans la masse, sa peau fonçait à vue d’œil, à force de rester sous le soleil, mais elle… enfin soit. Là où ça devenait légèrement problématique, c’est qu’ils étaient littéralement en train de s’installer à leur table, étant donné qu’il n’y en avait pas trente-six. Puis ils étaient super bruyants, la rouquine ne s’entendait même plus penser, c’était un peu comme de retourner dans un réfectoire d’école primaire. S’ils avaient été moins nombreux, peut-être bien qu’elle se serait perchée sur son tabouret pour leur ordonner de la boucler mais là, c’était du suicide. Surtout si le Cap-Vert était, comme son mari le prétendait, un repère à criminels, il valait mieux que ce soit elle qui ferme sa bouche. Il ne lui restait plus qu’à se coller tout contre son mari, de façon à prendre le moins de place de possible ce qui n’était tout de même pas bien compliqué pour une personne de sa taille et à s’accouder en attendant qu’on les serve enfin, parce que merde, ils étaient arrivés avant tout le monde, alors même si c’était dégueu, il fallait qu’ils soient servis avant les autres.

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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Ven 4 Déc - 20:50

Devlin n’avait pas l’air très rassuré et Ezio pouvait comprendre son point de vue. Lui était capable de manger n’importe quoi n’importe où, du genre à bouffer les trucs périmés du frigo et les crevettes tièdes d’un buffet de bienvenue raté, tout ça, mais il savait bien que sa femme était très différente de lui, sur ce plan-là. Il faillit lui demander si elle voyait des morts dans le coin, morts de s’être vidés par tous les trous ou morts d’intoxication alimentaire, mais songea que finalement, ce n’était peut-être pas une bonne idée, savait-on jamais si rien que le fait de parler d’eux les attirait là, alors que pour le moment Devlin était tranquille. Et puis aussi, mieux valait ne pas parler d’esprits en public dans un pays étranger, parce qu’on ne savait pas non plus comment les habitants du Cap prenaient ces histoires – s’ils étaient d’accord ou bien s’ils étaient plus du genre à brûler des sorcières pour moins que ça. Bref, il gratifia sa femme d’un sourire rassurant et commanda deux ou trois plats au pif, laissant sa femme choisir ce qui lui semblait le moins létal, au moins d’un point de vue orthographique vu qu’ils n’avaient aucune idée de ce que signifiait ces noms de plat.

« Et c’est possible d’avoir des frites, aussi ? Fritas ? Fritos ? »

Le cuistot hocha la tête vivement mais Ezio était quasiment certain qu’il n’avait pas compris, ce dont il n’aurait pu le blâmer. En attendant que le festin arrive, Devlin lui tendit son tube de crème solaire. Mais avant qu’il ait pu poser une seule main sur la douce peau pâle de sa femme, une flopée de clients déboulèrent et prirent l’échoppe d’assaut, façon car touristique de japonais, sauf que c’étaient des locaux. Hey, c’était bon signe non, si les locaux mangeaient ici, c’est que ça devait être de la bonne bouffe et pas de la merde qu’on sert habituellement aux touristes dans les troquets à touristes. Mais ils étaient vraiment beaucoup, et très nombreux, aussi. Ils jetèrent tous sans exception un regard surpris à Devlin quand ils la virent, avant de détourner les yeux, mais on sentait bien qu’ils n’étaient pas habitués à voir des rouquines à la peau aussi blanche de si près, plutôt de loin sur la plage. Voyant qu’elle se faisait petit à petit repousser contre lui par les clients en train de s’entasser partout où il pouvait, Ezio se leva et lui laissa sa place, à extrémité du banc, puis il se la joua Moïse pour s’asseoir à côté d’elle, repoussant son nouveau voisin assez loin pour que lui et sa femme aient toute la place désirée. Après ça, il sentit bien que ça poussait de nouveau pour le faire se décaler, mais il resta assis bien droit comme une statue en faisant semblant de ne pas comprendre, et au final, plusieurs de ces morpions durent manger debout. Le cuistot leur amena leurs plats à ce moment-là et autant dire que si le nom n’aidait pas à identifier la nourriture, l’apparence non plus. Et Ezio ne voyait pas de frites. Soit.

« Laisse-moi goûter d’abord, attends voir… »

Non pas qu’il avait un palais très fin, au contraire, mais il savait au moins faire la différence entre de la viande et des légumes, par exemple, et il entreprit de désigner à sa femme les aliments safe – « ça c’est de la tomate… ça de la patate… ça du piment ! » –, se gardant pour lui les tentacules louches qui jaillissaient de leur bain de sauce brune et les morceaux « peut-être de viande, mais c’est pas sûr, et je sais pas de quel animal ». Au final, il n’aurait pas su dire si c’était bon ou mauvais vu qu’il mangeait ces trucs pour la première fois, mais l’important, c’était que ça lui cale l’estomac. Et ils trouveraient bien de quoi avaler une sucrerie en dessert en marchant dans la ville tout à l’heure, tout de même.

Autour d’eux, les regards continuaient de se lever furtivement vers eux, à croire qu’ils étaient tous en train de se mettre d’accord pour braquer les deux idiots de touristes qui avaient été assez bêtes pour s’aventurer dans cette gargote autochtone. Ou alors, ils mataient Devlin, ce qui était tout aussi possible, voire plus probable. Impossible de comprendre ce qu’ils bavassaient à toute allure, en tout cas. Il crut bien entendre « assassinato » une fois ou deux, ou encore « dinheiro », un mot qui voulait dire argent et qu’il connaissait parce qu’après tout il était venu ici pour ça, à la base, parler d’arnaque et d’argent, mais peut-être aussi que son esprit lui jouait des tours. Mais finalement, le type assis à côté de lui se tourna vers lui, avec la tête de celui qui a perdu à la courte-paille.

« Podemos tirar uma foto ? »

Franchement, à part « photo », Ezio ne comprit rien, mais il se douta qu’il détenait là l’idée maîtresse.

« Vous voulez quoi, un autographe ? »

Il avait répondu en se marrant à moitié, mais le type désigna Devlin du doigt, avant de désigner tous ses potes et lui-même. Et là, Ezio imagina la scène, tous ces grands imbéciles rangés comme pour une photo de classe, avec Devlin au milieu. Avec lui dans le rôle de troisième pédale du vélo, chargé de prendre le cliché. Il faillit en recracher ses tentacules, tellement c’était débile. Ça aurait été marrant si ça n’avait pas été aussi un peu pervers et inquiétant. Là-dessus le type ajouta : « Fantasmas ! » et Ezio crut bien qu’il faisait là une proposition carrément indécente, sauf que la gestuelle du bonhomme ne collait pas, et il finit par comprendre : aussi incroyable que ça puisse paraître, un ou plusieurs de ces types avaient reconnu Devlin, dont la réputation, apparemment, dépassait les frontières. Il faut dire que leurs clients les plus riches ne se gênaient pas pour leur faire de la pub, et qui sait si, malgré sa vigilance, une vidéo Youtube d’une des séances ne traînaient pas sur le net ? Il passa en mode garde du corps, puisqu’après tout, il était le manager de Devlin en plus d’être son mari, et secoua la tête et la main comme Terminator, et en plus il avait les lunettes qui allaient avec :

« No, no foto. »

Aaaah, mais, même en vacances, enfin en vacances auto-proclamées, on n’était pas tranquille, les groupies étaient partout.
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MessageSujet: Re: Not a honeymoon → Ezio   Ven 8 Jan - 23:48

Point de frites, donc. Devlin ne savait pas pourquoi elle s’était bercée d’illusions alors que les cap-verdiens ne devaient pas savoir ce que c’était que des frites, à moins d’aller au McDo. Elle n’essaya même pas de dissimuler sa déception mais ne voulait pas non plus saper l’ambiance, déjà que son mari était bien gentil de faire rempart de son corps, lui évitant ainsi de se faire écraser par les locaux. Et puis franchement, si Ezio n’était pas le plus adorable de tous les maris que la terre ait porté, franchement ! Elle pouvait même compter sur lui pour être son goûteur attitré, ça lui donnait un peu l’impression d’être Cléopâtre, chose qu’elle adorait. Parce qu’il était bien plus résistant qu’elle dans bien des domaines. Les yeux fermés, elle se fia à son jugement et fit donc le tri sans avoir besoin d’y aller à l’aveuglette. Tout allait pour le mieux, prise d’un élan d’affection, elle avait même posé la tête contre l’épaule d’Ezio lorsqu’elle remarqua enfin que tous les gens autour d’eux étaient en train de la défigurer. Et ça en revanche, elle n’aimait pas du tout, mais alors du tout. Habituellement, ça lui procurait un sentiment de supériorité mais là, elle avait juste l’impression d’être la risée de ce petit monde qui ne cessait de jacasser.

    « Mais ils veulent quoi, à la fin ?! C’est super désagréable ! » s’exclamait-elle dans son coin tandis que le type à côté d’Ezio s’adressait à lui.


La jeune femme tendit bien l’oreille mais ne comprit pas un traître mot, la faute à tout ce bourdonnement ininterrompu. Ce n’est que lorsque son mari évoqua les autographes qu’elle comprit plus ou moins. Ezio avait l’air de plaisanter mais pas les autres. Insensé, Devlin ne parvenait pas à comprendre qu’elle ait des fans au Cap-Vert. Un peu partout en Irlande passait encore, ils avaient sillonné la campagne irlandaise pour se donner en spectacle mais c’était bien la première fois qu’ils foutaient les pieds dans ce fichu pays… puis elle avait beau réfléchir, elle n’avait pas souvenance qu’on l’ait un jour filmée, elle était plutôt contre, une peur stupide. A moins qu’on l’ait fait à son insu. C’était possible, les caméras étant de plus en plus petites. C’était donc ainsi qu’on se faisait connaître au Cap-Vert… Bref, force était de constater qu’ils voulaient une photo de groupe avec elle au milieu. Bon, elle était un peu déçue que ce ne soit pas à cause de son physique éblouissant mais, si ce n’était que ça, c’était déjà pas mal.

Quoi qu’il en soit, Ezio refusa catégoriquement. Pour elle ne savait quelle raison, d’ailleurs. Peut-être que ça le dérangeait que sa femme se retrouve en photo sur les cheminées de tout un tas de cap-verdiens, si tant est qu’ils aient des cheminées dans ce pays où ils n’en avaient clairement pas besoin. Mais c’était dommage si tel était le cas, il y avait peut-être une occasion à saisir. La mini-rousse lui tapota le bras et lui fit signe de se pencher vers elle afin qu’elle puisse lui chuchoter au creux de l’oreille. Aucun de ces types n’avaient pas l’air de parler anglais, mais l’air ne fait pas la chanson comme on dit et il suffisait d’une personne.

    « Pourquoi non ? On peut la leur faire payer, cette photo. Façon tarif de groupe, tu vois le genre ? »


Si c’était pas une bonne idée, franchement ! C’aurait même été machiavélique si elle n’avait pas parlé d’un tarif de groupe, mais bon, il suffisait d’un coup d’œil pour se rendre compte qu’ils étaient loin d’être riches et bien qu’elle aimait prétendre n’avoir aucun scrupules, il fallait se rendre à l’évidence : elle préférait de loin plumer des riches cons que des pauvres gars qui ne parvenaient peut-être pas à joindre les deux bouts. Par contre, elle laisserait le soin à son mari de leur proposer une somme parce qu’elle n’avait pas trop idée de la valeur de l’argent chez elle, alors ici où ce n’était même pas la même monnaie… Soit, Devlin se leva, un grand sourire aux lèvres et leur fit signe à tous de se venir prendre place autour d’elle. Ce qu’ils firent sans se faire prier, visiblement ravis. Super bizarre, l’effet que ça faisait, ça lui rappelait ses photos de classe alors qu’elle pensait pourtant avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour enfouir au fond d’elle. Cela dit, elle était nettement plus photogénique qu’autrefois et ne serait pas celle qui avait une tête de demeurée sur la photo. Et donc elle se retrouva seule, petite femme blanche et rousse au beau milieu de tout plein de mecs basanés, comme si c’était elle qui jouait Charlie. Puis bien sûr, ça se poussait et se bagarrait derrière pour être au plus près d’elle. Ça, la jeune femme pouvait le tolérer, à la limite, ce qu’elle tolérait moins en revanche, c’est qu’on lui touche les fesses. Pur réflexe, sa main partit à la rencontre de la première joue qui se trouvait sur son chemin pile au moment où on prenait la photo.

    « Eh oh, pas touche ! »


Si ça se trouve, elle n’avait même pas visé la bonne personne mais la victime en question n’avait pas du tout la réaction escomptée. Au lieu d’être furax, elle paraissait carrément touchée par une grâce divine, Devlin n’avait encore vu ça qu’à un concert de Michael Jackson qui passait à la télé. C’était dingue, à tel point que lorsqu’elle rejoignit Ezio, elle lui glissa subtilement :

    « On devrait venir plus souvent ici, t’as vu ça ? Je suis une vraie star ! »


Non, loin d’elle l’idée de choper le melon pour si peu.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤

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