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 Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio

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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Jeu 30 Avr - 18:48

Ils formaient une bonne équipe, finalement. Les débuts avaient été difficiles, mais c’était du temps (quelques heures auparavant à peine) où Ezio était un peu bourré et où il pensait que Darryl n’était qu’une mioche comme les autres. Depuis, il avait eu le temps de dessaouler et aussi de constater qu’il n’y avait rien d’ordinaire chez cette fille. Même lui à son âge n’en aurait pas fait tant, mais il faut dire qu’à dix ans, il était plutôt du genre contemplatif. Quoiqu’il en soit, elle accepta de se faire véhiculer, et en échange elle prit la lampe pour éclairer devant lui. Et aussi, pour lui donner quelques directions, vu que lui traçait tout droit à toute allure sans plus s’occuper de ce qu’il y avait à ses pieds ou autour de lui. On s’en foutait des serpents, des racines, des vieux psychopathes et du reste, non, tout ça ce n’était rien comparé à la perspective d’arriver après l’appel du matin à la colo, parce qu’alors, ils passeraient le reste de la journée, et probablement de la semaine, enfermés dans une sale à faire des exos de maths. Et autant la colo c’était chiant, autant ça serait carrément insupportable de la passer à faire des exos de maths. Tout en avançant à petite foulée régulière, il secoua la tête.

« Non, je suis fils unique, je crois pas que mes parents aient eu envie de retenter l’expérience après moi. Du coup, ça me manque pas, mais j’aurais pas été contre l’idée d’avoir des frères. Mais plus jeunes que moi, que je puisse les mater, tout de même. Tu dois en baver avec eux, non ? Si t’étais ma sœur, je t’en ferai baver. »

Un peu comme maintenant, quoi, ce mélange d’amusement, de mauvaises idées, de conneries à faire mais aussi d’instinct protecteur, tout ça lui paraissait bel et bon, mais si c’était lui qui était à sa place et elle à la sienne, ça le ferait grandement chier. Non, pas de frères et sœurs s’il n’était pas l’aîné, et maintenant de toute façon, si un jour il en avait, cette condition serait forcément remplie. Et puis bien sûr, avoir des frères et sœurs ça voulait dire subir des injustices, aussi, comme Darryl forcée d’aller en colo et pas ses frères, apparemment. Ezio aussi avait été forcé d’y aller, mais au moins, il n’avait pas vu sa fratrie rester tranquillement le cul sur le canapé devant la télé pendant que lui se faisait attacher à l’arrière du pick-up de son père chargé de le larguer devant le bus de la colo comme un déchet à la décharge.

En attendant, ils étaient arrivés à l’airboat, Ezio ne savait pas trop comment, il n’avait même pas fait attention aux directions qu’indiquaient Darryl. L’important, c’était que le bateau était bel et bien là, le moteur ronronnant toujours. Ils sautèrent à bord comme des pros et s’apprêtaient à partir quand soudain, le drame. C’était limite si des projecteurs ne leur étaient pas braqués dessus comme s’ils étaient deux clandestins mexicains en train d’essayer de passer la frontière, non mais oh, fallait pas exagérer, non plus ! C’était un ado, comme lui, qui leur fit signe de monter à bord de son airboat, qu’il maitrisait mieux que la gamine, certes. Il leur expliqua ce qui les attendait, et globalement, Ezio n’était pas trop d’accord. Une fois à bord, et alors que l’autre filait sur le bras de mer comme s’il savait exactement où il allait – ce qui était probablement le cas, cela dit –, il réfléchit à comment se tirer de ce mauvais pas. Il pouvait taper sur le type comme il l’avait fait pour le vieux, mais il ne voyait pas trop en quoi ça les avancerait. Il avait vu leurs visages et saurait les décrire à la police, alors à moins de jeter son corps à la mer une fois qu’il l’aurait assommé, ça n’était pas un bon plan.

« On sait qu’on n’a fait un truc pas correct, mais on essayait d’aller voir l’amoureux des serpents et y a pas d’autres moyens que l’airboat pour ça… »

L’ado se tourna vers eux, surpris.

« Vous connaissez grand-père John-Bob ? »

Ah ben ça, oui, enfin c’était surtout le poing d’Ezio qui connaissait le visage de John-Bob, mais pas besoin d’entrer dans les détails. Il désigna Darryl du menton.

« On habite à Seattle mais on vient tous les étés dans le camping tout près d’ici avec nos parents et on a l’habitude d’aller lui rendre visite, et ma sœur Johanna a trouvé un crâne de serpent et on s’est dit que ça lui plairait mais nos parents voulaient pas nous amener le voir parce qu’ils le prennent pour un fou alors on n’a pas eu d’autre choix que de venir ici la nuit. »

Regard innocent qui ne marchait jamais parce que les gens étaient trop focalisés sur sa carrure, mais peu importait, cette fois il était accompagné de la créature la plus innocente en apparence qui soit en la personne de Darryl. L’ado fit la grimace.

« C’est vrai qu’il est dingue, cela dit, moi j’aime pas aller le voir, vous êtes bizarres de vous coller ce vieux. Vous devriez plutôt profiter de vos vacances… Vous êtes vraiment frère et sœur ? »

Ezio prit un air offensé.

« Notre mère et black et notre père est irlandais, ça vous te pose un problème ? »

Il n’avait pas prononcé le mot « racisme » mais c’était là qu’il voulait en venir, parce qu’en général, les gens étaient gênés et voulaient changer de conversation. L’ado marmonna dans sa barbe, l’air d’hésiter à croire à son histoire malgré tout. Ezio baissa les yeux sur Darryl. L’inconvénient de l’impro, c’était qu’il fallait enchaîner, après, il n’y avait pas de retour en arrière possible.
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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Ven 1 Mai - 16:46

Ainsi, il n’avait pas de frères et encore moins de sœurs et d’après ce qu’elle comprit, il n’en voulait certainement. De sœurs, parce que les frères, ça ne l’aurait pas gêné. Et pourquoi donc ? Les sœurs étaient moins bien que les frères à ses yeux ? Il semblerait que oui et elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle aurait préféré avoir des sœurs plus jeunes, si elle avait pu. Exactement pour la même raison, pour pouvoir les mater, mais allez donc mater vos frères lorsqu’ils ont deux et trois ans de plus que vous. Encore plus quand ils sont comme ses frères à elle. En un sens, on pouvait dire qu’ils lui en faisaient baver, oui, mais peut-être pas autant qu’elle ne leur en faisait voir de toutes les couleurs ? Parce qu’elle était la plus jeune et la seule fille de la famille, tout le monde était bien forcé de lui passer une bonne partie de ses caprices, faisant d’elle une petite princesse par la même occasion. Ses frères se bagarraient avec elle comme si elle avait été l’un des leurs mais leur père venait toujours y mettre un terme, prétextant qu’elle n’était pas faite du même bois qu’eux et qu’il fallait être un peu plus délicat. En résumé, elle avait droit à quelque traitement de faveur et elle savait pertinemment quelle carte jouer pour qu’on lui donne raison.

    « Peut-être mais autant que ce que je leur en fais voir, je suppose. »


Autant qu’Ezio ne se fasse pas d’illusions, si un jour il avait des frères ou des sœurs – ce qui pouvait encore arriver, hein, ce n’était pas parce qu’il avait seize ans qu’il devait obligatoirement faire une croix dessus -, il y avait peu de chance qu’ils se laissent dresser sans broncher. Mais bien sûr, c’était compliqué de le faire comprendre à un enfant unique, ça. Et de toute façon, ils étaient arrivés à l’airboat, ce qui était un miracle car Darryl l’avait surtout guidé afin qu’il ne tombe pas sur un nid de serpent comme elle et pas vraiment parce qu’elle reconnaissait l’endroit et qu’elle pouvait leur éviter de tourner en rond. Miracle ou pas, elle était trop contente d’entrevoir le bout du tunnel. Certes, tout n’était pas encore réglé mais c’était mieux que rien, tout de même ! Du moins c’est ce qu’elle pensait avant de se faire prendre sur le fait par un des employés de la ferme aux alligators qui n’était autre qu’un ado. Une chance pour eux, on se serre les coudes entre non-adultes, non ?

La gamine fut rapidement détrompée en entendant ce qui était prévu au programme dès qu’ils auraient mis pied à terre. Tous ces projets ne lui plaisaient guère et elle était un peu à court d’idées pour régler le problème. Ils pouvaient s’enfuir le plus rapidement possible avant même que le boutonneux ait éteint le moteur, ou encore elle pouvait lui donner un faux numéro, au moment où il faudrait appeler leurs parents. Aussi bizarre que ça puisse paraître, Darryl connaissait le numéro de la morgue de Bâton Rouge par cœur et elle était convaincue qu’ils ne répondraient pas à cette heure. S’il y avait quelqu’un parce que dans le fond, une fois que les corps se trouvaient dans les frigos, il n’y avait rien qui presse. Mais en ce qui le concernait, Ezio préférait y aller cash : oui c’était moche ce qu’ils avaient fait mais ils avaient une bonne raison pour ça, aller rendre visite au vieux fou fanatique des serpents. Ca les rendait tous mignons, d’un coup. Il ne faudrait pas qu’ils aillent questionner le gars, qui devait toujours être dans les vapes, il démentirait et n’hésiterait probablement pas à les dénoncer, puisqu’ils l’avaient agressé.

Cependant, la suite de la conversation laissa présager que ce type n’irait jamais lui demander si c’était la stricte vérité, puisqu’il en avait manifestement peur, une très bonne chose pour eux. Et ainsi, elle apprit qu’ils étaient frère et sœur et qu’ils venaient de Seattle, qui plus est. Ça en revanche, c’était un peu moins marrant parce que tout ce qu’elle connaissait de cette ville était ce qu’elle en avait vu dans Nuits Blanches à Seattle, c’est-à-dire quasi rien, il fallait même plutôt cette ville pour aller à New York et plus précisément à l’Empire State Building. Autant dire qu’ils seraient dans la mouise si jamais on lui posait des questions sur sa prétendue ville natale. Mais pas de panique, ce n’était certainement pas la première fois qu’elle mentait et la seule question qu’on pourrait éventuellement lui poser c’était « ah ouais ? Et c’est chouette comme ville ? ». Darryl, qui s’était assise entre-temps, se tourna vers les garçons pour hocher la tête d’un air tout ce qu’il y a de plus innocent à chaque fois qu’Ezio ouvrait la bouche. C’était marrant de voir avec quelle facilité ils étaient passés de demi-frère et sœur à moitié hawaïens à frère et sœur de Seattle venu camper avec leurs parents black et irlandais.

A cette espèce d’accusation, l’autre ado ne put que lever la main en signe d’apaisement. Non, ça ne lui posait pas de problème, tant mieux pour eux, le mélange des cultures, tout ça. S’il ne doutait plus qu’ils soient bien liés par le sang, il avait d’autres questions à poser.

    « Okay, et pourquoi t’as plus de t-shirt, toi ? On peut pas se balader sans vêtements en dehors de la plage. »


Qu’est-ce que c’était que ce boy-scout ? Il commençait à être sérieusement gonflant avec tous ses règlements. Toutefois, Darryl se composa une expression ne laissant rien paraître de son agacement et vint se poster à côté de lui.

    « J’suis tombée dans un nid de serpents, il faisait trop sombre. Alors Carter a pas eu le choix, il a fallu qu’il leur lance un truc pour qu’ils me laissent tranquille. »


Puis elle se tortilla, mains derrière le dos, geste savamment étudié pour paraître encore plus innocente et papillonna de ses grands yeux sous le nez de l’employé.

    « Si tu appelles nos parents, ils vont sûrement nous punir jusqu’en décembre. Fin décembre, on n’aura même pas de cadeaux de Noël, tu imagines ? Le camping n’est pas loin, on peut rentrer à pieds et puis personne n’est mort et l’airboat qu’on a emprunté n’est même pas abîmé… »


Petite voix suppliante à l’appui. Il allait bien finir par céder puisqu’elle venait de sortir le grand jeu et que personne ne pouvait résister, techniquement. L’ado eut l’air embarrassé mais sembla aussi y réfléchir longuement avant de finir par soupirer et hausser les épaules. Qui ne dit mot consent alors logiquement, ils étaient libres à partir du moment où ils débarquaient.

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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Sam 2 Mai - 21:04

Décidément, ce mec était un peu trop attaché à ses fonctions. Il avait quoi, quinze ans ? Et pourtant il était là à se la jouer adulte, aux manettes de son airboat, et à leur poser des questions comme s’ils déjà dans une salle d’interrogatoire du commissariat le plus proche… Ça se voyait qu’il voulait leur faire la leçon, sur n’importe quoi, et du coup il essayait de les coincer avec ses questions à la con. Heureusement, Ezio avait l’habitude de mentir à ses parents, et quand on pouvait mentir droit dans les yeux sans ciller à ses parents, on pouvait mentir à n’importe qui. Et puis en plus de ça, l’autre n’avait aucune bonne raison de ne pas les croire quand ils étalaient leur fausse vie, et Darryl enchaînait avec tout autant de naturel que lui, bref, tout était réuni pour que leurs bobards passent comme des lettres à la poste. Dans trois heures grand max, ils seraient de retour dans leur petit bungalow et attendrait sagement que les monos épuisés viennent les réveiller pour prendre un solide petit déj. Et franchement, de la bouffe en grande quantité, c’était tout ce que demandait Ezio. Entre sa cuite et la nuit passée à crapahuter dans la nature, son corps réclamait des protéines à grands cris. En attendant, l’autre venait de pointer d’une question soupçonneuse le fait qu’il se baladait torse nu.

Ezio hocha gravement la tête pour appuyer les paroles de Darryl, puis lui posa une main sur l’épaule pour la tapoter – il n’avait pas de sœur, donc, alors il ne savait pas trop quelles étaient les marques d’affection entre frère et sœur, mais ça passerait forcément aux yeux de l’autre neuneu. Franchement, qui pourrait douter des paroles de ce petit être à moitié irlandais aussi chétif qu’un leprechaun ? L’autre n’aurait pas eu de cœur de ne pas la croire, et de ne pas accepter qu’elle soit totalement traumatisée par cette expérience, et encore moins de ne pas les laisser tranquille après cette affreuse histoire de nid de serpents. En plus, il aimait bien son prénom, Carter, comme Vince Carter des Tar Heels, qui allait bientôt être drafté en NBA, il en était sûr, parce qu’on ne comparait pas un joueur de basket étudiant à Michael Jordan sans le drafter tout de suite après. Ou bien comme Carla Carter, mais bon, il valait mieux ne pas s’attarder là-dessus. Bref, il était temps d’en rajouter une couche, ce que fit joyeusement Darryl, à tel point que même Ezio lui aurait donné son argent de poche, à ce moment-là. Impossible que l’autre reste insensible.

« T’en fais pas Johanna je dirai à papa que c’est moi qui t’ai obligé à venir, comme ça il ne sortira la batte de base-ball que pour moi. »

Oups, too much ? L’ado secoua la tête avec l’air maintenant de vouloir se débarrasser d’eux le plus rapidement possible. Ah, ça lui convenait très bien aussi, et de fait, l’autre finit par garer son truc le long du ponton qu’ils avaient abandonné derrière eux, Darryl et lui, en empruntant l’autre airboat. L’ado commença à se demander tout haut comme il allait faire pour aller chercher l’autre véhicule et que peut-être, il aurait dû profiter de leur présence pour ça parce que maintenant tout seul il n’avait pas vraiment de solution, mais à ce stade, Ezio et Darryl était déjà loin. Fallait pas non plus que l’autre se ravise et leur demande leur aide, hein. Ils refirent tout le chemin inverse jusqu’à la clôture, puis jusqu’à la route, et sur la route, eh bien, il n’y avait personne, parce qu’à cette heure, quand même, c’était rare que les gens se balade sur une nationale paumée de Floride. Ezio recula sur le bas-côté de la route.

« Vaut mieux pas que je me montre, les gens s’arrêteront jamais pour me prendre moi, alors que toi, on sait jamais, si on tombe sur le marchand de glaces de service… »

Tout lui irait en fait, tant que ce n’était pas carrément les flics qui s’arrêtaient pour leur offrir un tour gratuit. Et donc, le temps passa. Et passa. Et passa.

« Bon… On pourrait marcher, j’imagine, s’éloigner des lieux du crime… On n’a que ça à faire, de toute façon. »

Et puis peut-être qu’ils feraient pitié à d’éventuels touristes de passage. Vu qu’ils formaient un duo pas très catholique, à eux deux, sans parler de lui qui se baladait à moitié à poil et pas sur les plages, donc, comme le leur avait fait remarquer le boutonneux.
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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Dim 3 Mai - 17:05

De toute évidence, Ezio aimait bien sortir cette histoire de batte de baseball à quoi voulait l’entendre, mais Darryl craignait que ça ne passe pas, cette fois. Selon elle, c’était un peu trop mais il faut se soutenir quand on est dans la même galère et elle s’efforça d’avoir l’air traumatisé de la gamine souvent battue. A coups de batte, donc et pas de ceinturon ou de bottin ou même de n’importe quoi qui soit moins agressif qu’une batte. Cela dit, ça passa sans trop de soucis et le pauvre ado qui avait eu le malheur de tomber sur eux avait l’air tout près à se débarrasser d’eux si c’était pour ne plus jamais en entendre parler. Evidemment, parce que c’était bien entendu ce qu’il fallait faire avec des gosses battus, quelle espèce d’irresponsable ! Mais la gamine ravala vite fait ses reproches alors qu’ils arrivaient enfin. Et elle ne s’inquiéta pas le moins du monde de comment il allait faire pour récupérer l’autre airboat, il ne travaillait certainement pas tout seul dans cette ferme, alors il n’avait qu’à attendre qu’un de ses collègues arrive pour lui demander un de coup de pouce. De toute façon, Ezio l’avait déjà entraînée bien loin et plutôt que de sortir par la grande porte, ils prirent exactement le même chemin que celui qu’ils avaient pris en venant. Un peu comme s’ils n’étaient jamais venus.

C’est ainsi qu’ils se trouvèrent de nouveau sur la route, Darryl approuvant le plan d’un signe de tête. Quelle chance ça serait de tomber sur un marchand de glaces ! Il faisait toujours tellement chaud dans cet Etat qu’elle avait bien envie d’une glace. Et puis le glacier serait peut-être assez aimable pour la laisser actionner le bouton qui permettait de faire sortir de la musique du haut-parleur ! Un rêve qui se réaliserait. Cependant, il n’y avait pas plus l’ombre d’une camionnette de glaces à l’horizon que celle de n’importe quelle voiture ou même camion à l’horizon. Darryl était pourtant sûre qu’il s’agissait d’une route fréquentée et d’accord, le soleil se levait tout juste mais elle aurait cru que les gens d’ici se levaient plus tôt que les autres pour ne pas bosser en pleine chaleur. Il faut croire qu’elle se faisait des illusions. Force était de constater qu’il n’y avait pas un chat en vue et à moins d’y aller à pied, il n’y avait pas d’autre solution car ils ne pouvaient tout de même pas revenir sur leurs pas pour demander à l’autre face de calculatrice s’il ne voulait pas les emmener jusqu’à leur colo sous prétexte qu’ils devaient rendre visite à leur petit frère, le malheureux. Elle attendit qu’Ezio sorte de son fossé pour sautiller à ses côtés, pas fatiguée du tout.

    « C’était cool, on s’est bien amusés, pas vrai ? On devrait refaire ça ! Pas tout de suite, sinon ça serait louche mais peut-être à la fin de l’été. Ou alors on pourrait aller visiter autre chose ! Aller du côté de Miami, par exemple ou même aller jusqu’à Orlando et faire le tour de Disney World by night. »


Tant qu’à faire, ce n’était pas une mauvaise idée de vouloir profiter du fait qu’ils soient en Floride. Et non, Darryl n’avait même pas été refroidie par sa rencontre avec les serpents, elle était prête à remettre ça. Dès demain, même, si seulement ils avaient pu.
Ils devaient avoir parcouru quelques dizaines de mètres quand une voiture, qui n’allait pas dans le bon sens, se profila au loin. Elle poussa instinctivement Ezio sur le côté et se posta tout au bord de la route. Une fois de plus, ce n’était pas une voiture ordinaire mais encore un mini-van. Quelle chance il y avait-il pour que ce soit l’homme de tout à l’heure ? Il ne posait pas trop de questions et c’était justement ce qu’il leur fallait. Mais non, maintenant que le véhicule approchait, elle pouvait voir qu’il n’était pas de la même couleur et surtout, ce n’était pas un homme qui était à son bord mais une femme. Une bonne sœur, avec le voile et tout l’attirail. N’étant pas croyante – ou en tout cas ce n’était pas la même religion -, la gamine hésita un moment à lever le pouce, d’autant qu’elle n’allait pas dans la bonne direction, mais elle songea aussitôt que le camp n’était pas tout près et que ces gens étaient supposés faire tout ce qui était en leur pouvoir pour aider leur prochain et elle s’exécuta.

    « Je crois que tu peux sortir de ta planque. Ça serait vraiment pas sympa de sa part de ne pas s’arrêter juste parce que t’es là. »


Ou pas, elle se faisait probablement autant d’illusions au sujet des religieux qu’au sujet des travailleurs dans ce pays mais elle avait tout le temps de s’en rendre compte. Et comme de juste, le mini-van s’arrêta. Ça l’impressionnait pas mal d’avoir à monter là-dedans, si la bonne sœur acceptait car ils lui feraient inévitablement faire un détour et peut-être qu’elle n’avait pas le temps, investie d’une quelconque mission mais elle prit son courage à deux mains et lui posa la question. La religieuse eut l’air un peu embêtée mais elle ne pouvait décemment pas laisser deux enfants – enfin un et demi – sur le bord de la route à pas d’heure, aussi accepta-t-elle d’un hochement de tête. Pas très causante la sœur.

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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Mar 5 Mai - 11:12

Ezio se sentait comme dans Mad Max, tout seul avec la gamine, abandonné sur une route déserte, peut-être bien le dernier représentant masculin de son espèce, pour ce qu’ils en savaient, vu que tout était tellement désert et silencieux qu’on aurait dit que plus personne ne respirait dans le coin à des centaines de kilomètres à la ronde. Enfin, lui et le boutonneux de l’airboat, mais il ne se classait pas dans la même catégorie que ce type. Et donc, il marchait sur une route vide aux côtés d’une petite créature qui pétait le feu, visiblement – un genre de répétition de ce qui l’attendait dans le futur, même s’il ne le savait pas encore. Darryl était ravie de son escapade, quoi qu’il en soit, et proposait déjà de recommencer, et Ezio n’était pas contre pour la simple et bonne raison qu’ils avaient encore trois semaines à tirer dans l’enfer des colonies de vacances et qu’ils ne survivraient probablement pas sans un peu d’action. Il hocha la tête à toutes les propositions de Darryl, réfléchissant déjà à quelles occasions ils pourraient se faire la malle discrètement.

« Il va y avoir la course d’orientation dans quelques jours, y a toujours des gamins qui se perdent toute la journée, ça pourra être une bonne porte de sortie et en plus on n’aurait pas à se justifier s’ils nous retrouvent à cinquante bornes du point d’arrivée. Sinon y a toujours le classique coup du mal au ventre… Ça permet de rester derrière avec la vieille infirmière pendant que tout le monde se casse, et fausser compagnie à cette tombe ne pose jamais aucun souci. »

Sinon, il y avait les solutions un peu plus hardcore, du genre foutre le feu aux toilettes pour occuper le personnel toute la journée ou venir se faire ramasser par un anonyme payé vingt dollars et un faux mot des parents parce que « son grand-père est mort, il doit rentrer » mais bon là ensuite, impossible de revenir, la vraie vie de bohème, alors celle-là, Ezio ne l’avait encore jamais tenté. Bon, il aurait tout le temps de réfléchir à tout ça plus tard, potentiellement quand ils se seraient fait coller et assignés à résidence tout à l’heure en débarquant à la bourre au petit déjeuner. Ce cela dit était en soi un bon moyen de se séparer du gros des troupes, sauf qu’en colle, il y avait un mono pour les surveiller, ce qui était toujours plus pénible pour s’en débarrasser. En attendant, une voiture se pointait, à contre-sens. Enfin, un minivan, encore. Darryl le poussa sur le bas-côté et il se dissimula tant qu’il put, avant finalement de revenir aux côtés de la gamine vu que celle-ci le lui demandait. Elle avait l’air un peu déçue et il comprit pourquoi en voyant le véhicule et sa conductrice. Ah. Alors évidement, par charité, probablement, elle accepta de les emmener jusqu’au camping, ce qui était sympa de sa part.

Ils se retrouvèrent assis dans un environnement encore plus hostiles que tout à l’heure – la femme avait accroché des crucifix et des petits portraits de la Vierge sur les parois de son minivan, tout de même. Ezio ne versait pas trop dans les bondieuseries, ça le rendait nerveux. Là tout de suite, il avait l’impression d’être observé et d’être jugé – et condamné, aussi, tout à la fois, c’était bien pour ça qu’il n’aimait pas la religion. La bonne sœur conduisait en silence et ne leur posait aucune question, ce qui était un peu louche. Peut-être que c’était pas une vraie bonne sœur et qu’elle était en route pour braquer une banque, incognito. Comme le van rebondissait sur un chaos de la route, un des crucifix sursauta puis une des vis tomba et le Christ en croix se retrouva à l’envers. Ezio étouffa un ricanement et la sœur se retourna avant de hausser les épaules.

« Ça arrive tout le temps. Surtout en présence de petits délinquants. J’ai toujours dit que ces colonies de vacances gagneraient à aller à la messe le dimanche. »

Oui, okay, mais non. Ah, quoi que… Dans l’absolu, ça serait une autre occasion de pouvoir se barrer. Mais il préférait autant ne pas engager la conversation avec cette dingue, donc il hocha gravement la tête sans rien dire avant de se pencher vers Darryl.

« Si la Vierge se met à pleurer du sang, on saute en marche. Sinon on va se retrouver à Amityville. »

A l’avant, la sœur se retourna à moitié soudain et l’aspergea avec de l’eau en spray comme s’il était un moustique, avant de se tourner de nouveau vers la route d’un air satisfait. Ezio était sûr qu’elle venait de l’exorciser avec de l’eau bénite. Dommage, ça ne fonctionnerait pas. Les adolescents de sexe masculins étaient les meilleurs représentants du mal sur Terre, après tout.
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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Mer 6 Mai - 18:04

Maintenant qu’Ezio lui citait toutes les façons de se tirer discrètement du camp, au lieu d’attendre bêtement la nuit pour faire le mur, il remontait en flèche dans son estime. De simple adolescent se démarquant un peu des autres parce que nettement plus cool, il passait à potentiel partner in crimes et selon la gamine, on ne pouvait pas faire mieux. Elle le regardait donc d’un œil nouveau, tout en marchant sur l’asphalte et surtout écoutant très attentivement toutes les propositions qui lui étaient faites. Ça en faisait des occasions de se barrer pour partir à l’aventure et Darryl avait hâte d’y être. Autant planifier leur prochaine évasion plutôt que de déprimer en songeant qu’il fallait impérativement rentrer et sans trop traîner sous peine de se voir mis en colle ou pire, en isolation. Enfin pas sûr que ça soit pire mais maintenant qu’elle s’était fait un pote, il ne fallait pas compter qu’elle le laisse tranquille durant les trois semaines qu’il leur restait. Ils se plaindraient de cette vie de bagnards ensemble, feraient du canoë ou du vélo ensemble, fabriqueront des abris pour oiseaux ensemble et ainsi de suite, tout sauf dormir évidemment parce qu’on ne leur accorderait pas de dérogation spéciale et puis bon, il ne fallait pas pousser non plus, elle n’était pas devenue sociable à ce point. Bien sûr, elle ne pouvait pas penser être pénible pour qui que ce soit puisqu’elle était la fille de Greg Stokes, tout le monde l’adorait et voulait forcément passer du temps en sa compagnie.

Ils auraient tout le temps d’en rediscuter plus tard car un autre mini-van approchait avec à son bord une servante de Dieu, comme on les appelait parfois dans certains films. Ce n’était pas que ça l’enchantait tellement de monter là-dedans mais il n’y avait pas tellement d’autres véhicules dans lesquels monter et puis, s’il s’agissait bien d’une vraie sœur, alors ils seraient en sécurité. Pour une obscure raison, on se méfiait toujours moins d’une pâle copie de Sister Act que des prêtres et autres exorcistes. Une fois dedans, Darryl se dit que tout bien considéré, elle préférait encore le van du surfeur qui les avait pris à l’allée que celui-ci et pour cause, il y avait des petites photos de leur idoles un peu partout et leurs yeux paraissaient suivre tous vos faits et gestes. C’était tout sauf accueillant. A peu près autant que les chants religieux émanant de l’autoradio pour résonner dans l’habitacle, semblant se répondre l’un l’autre. Quelle ambiance ! Et il en fut ainsi jusqu’à ce que le crucifix se retourne subitement. A elle ça ne lui ni chaud du froid mais elle porta aussitôt son regard sur la nonne qui elle, devait y voir la présence du malin, non ? Mais non, elle ne sembla pas s’en formaliser et, selon ses dires, ça arrivait même tout le temps en présence de délinquants. La gamine eut soudain très envie de lui répliquer « délinquante toi-même » parce que dans son dico perso, un délinquant ce n’était rien de moins que Ted Bundy mais elle se força au silence. Alors qu’elle n’en pensait pas moins, elle pouvait se les garder ses messes à la con, ils ne priaient pas tous les mêmes Dieux, enfin !

A la remarque d’Ezio, elle ne put se retenir de pouffer de rire. C’est sûr qu’il ne fallait surtout pas qu’ils se retrouvent à Amityville. Même s’ils n’étaient pas amérindiens, il y avait peu de chance pour qu’ils en sortent indemnes alors non merci. C’est alors que la bonne sœur aspergea l’adolescent à coups d’eau bénite. Alors ça c’était inédit ! D’autant qu’elle n’y avait pas droit pour sa part mais il est vrai qu’elle était plus jeune et sans doute plus influençable, du moins c’est ce que tout le monde semblait croire et ça lui convenait très bien, en règle générale. Quoi qu’il en soit, elle eut du mal à réprimer un fou-rire en voyant sa tête et pivota sur son siège pour mieux lui demander :

    « Alors, tu te sens différent ? »


A l’avant, la sœur affichait un petit sourire, apparemment très fière d’elle-même et ils parcoururent ainsi encore quelques kilomètres avant qu’un obstacle ne survienne au beau milieu de la route. Darryl crut d’abord à une panthère évadée d’elle ne savait où et ça serait dramatique de l’écraser puisqu’elle était quasiment en voie d’extinction, puis à un cerf mais à mesure qu’ils approchaient, ses jeunes yeux voyaient très nettement une silhouette humaine se profiler à l’horizon. Mais la conductrice ne le voyait apparemment pas, elle. La faute au lever du jour ou à ses culs de bouteille, allez savoir. Toujours est-il que la gamine fut obligée de se faufiler à l’avant pour la forcer à donner un grand coup de volant afin d’éviter l’obstacle qui n’était pas décidé à bouger. La nonne eut la présence d’esprit d’appuyer sur les freins mais ils dérapèrent néanmoins sur une courte distance, une chance que le mini-van ne fasse pas de tonneau. Ou ne se soit pas jeté de lui-même dans le fossé. Par réflexe, Darryl s’extirpa du véhicule, ne songeant même pas qu’il pourrait s’agir d’un fou furieux armé d’une tronçonneuse et tomba presque nez à nez avec John-Bob. Le retour du John-Bob !

    « Ah vous voilà, sales garnements ! C’est vous qui avez volé mon crâne de naja, je le sais ! »


Ce vieux était limite surnaturel, comment avait-il su que c’était ici qu’il les trouverait ? Ils n’avaient jamais dit qu’ils étaient colons et qu’ils prendraient cette direction, or, on aurait dit qu’il les attendait. Dans tous les cas, Darryl était résolue à ne pas lui rendre son crâne, maintenant il était sien, alors elle secouait obstinément la tête. Peut-être était-ce le bon pour le Dieu de cette bonne sœur pour se manifester puisqu’elle attendait un miracle.

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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Ven 8 Mai - 12:02

Ezio hésitait entre gueuler bien fort et éclater de rire, après ce petit exorcisme express. Quoi que ça ressemblait moins à un exorcisme qu’à une tentative de lui faire fermer sa gueule, un peu comme ces gens qui chassent leur chat de la table en les aspergeant d’eau avec un aérosol, la terreur de ces bêtes-là, pour leur apprendre à ne pas recommencer. Mais à part ça, non, il ne se sentait pas vraiment différent, sa tête restait à sa place, il n’avait envie d’insulter la mère de personne et encore moins d’aller égorger père et mère dans leur sommeil. Raté, donc, il semblait qu’il n’était rien de plus que lui-même et que tout ce qui sortait de sa bouche en terme de connerie était bel et bien élaboré dans son petit cerveau. Il adressa un haussement d’épaules et un sourire à Darryl en guise de réponse avant d’ajouter :

« Non, pas vraiment, à part que j’ai un peu plus faim qu’il y a dix secondes. »

Mais il n’allait pas se risquer à fouiller le mini-van ou à demander de la bouffe à la vieille, elle serait capable de leur filer des hosties et du vin de messe au goûter et Ezio, s’il n’avait jamais mangé d’hostie – contrairement au vin de messe parce que c’était juste du vin –, était pratiquement sûr qu’il n’aimerait pas ça. Tout occupé qu’il était à rêver de bouffe, il ne vit pas que quelqu’un se tenait au milieu de la route comme un vieux fou ni que la sœur ne l’avait pas vu non plus, en fait il fallut que Darryl s’occupe elle-même de faire virer le mini-van sous peine de faire un préquel de Souviens-toi l’été dernier…. Et en fait, il apparaissait que c’était bel et bien un vieux fou qui s’agitait au milieu de la route, puisque c’était le vieux fou des Everglades ! La vache, ce vieux salaud n’était pas si fou que ça, en fait, et aussi, il savait très bien comment retrouver la terre ferme, et avec des raccourcis, en plus, visiblement. Cette fouine n’avait pas jugé utile de leur répondre tout à l’heure, du coup Ezio regrettait encore moins de lui avoir éclaté les gencives tout à l’heure, et d’ailleurs son pif en gardait un joli souvenir de toutes les couleurs.

Ezio sauta hors du van à la suite de Darryl, tout ça pour entendre John-Bob hurler qu’ils lui avaient volé un crâne de quelque chose, et après tout c’était peut-être vrai mais ça ne l’autorisait pas à se leur faire un coup pareil, encore moins à les menacer de quoi que ce soit.

« Oh ça va hein, y en a plein votre jardin, des serpents, et puis y avait pas votre nom écrit dessus. Vous allez faire quoi, nous tuer pour récupérer votre truc ? »

Folie que tout cela ! Ezio se tourna vers Darryl et marmonna qu’il comprenait à présent pourquoi le petit-fils de ce type refusait d’aller lui rendre visite. Ce à quoi le vieux s’agita encore plus, de même que sa tronçonneuse, parce que oui, au fait, il avait vraiment une tronçonneuse. Ezio se tourna vers le van à la recherche d’un pied de biche ou d’un pneu de secours ou n’importe quoi et vit que la vieille se tenait là, campée sur ses deux jambes, un gros crucifix à la main.

« Dieu te pardonne tes péchés, va en paix, mon fils ! »

Et elle lança le crucifix comme un ninja aurait lancé un shuriken, droit sur John-Bob qui se prit l’objet en bois en sacrément contondant pile entre les deux yeux. Il lâcha sa tronçonneuse et porta les mains à son front en chouinant.

« Putain je sais pas ce qu’on donne à bouffer au vieux, dans cet État, mais ils sont tous plus jetés les uns que les autres. »

La sœur se retourna vers lui d’un air sévère et Ezio leva les mains en guise de défense, juste au cas où elle aurait voulu tenter de l’exorciser encore, mais à coups de crucifix dans la gueule. En parlant de ça, John-Bob se remettait doucement et avait ramassé son arme. La vieille laissa échapper une prière en latin et repoussa les plis de sa robe pour en sortir un pied de biche. Ah ! C’est l’Amérique, baby !

« Prenez ma voiture et partez ! Je m’occupe de lui… »

Cela tournait à la blague. Mais Ezio n’allait pas se faire répéter une telle invitation deux fois. A moins que Darryl veuille rester pour assister au spectacle, ils avaient là l’occasion de se rentrer fissa et sans plus aucun souci, à part supporter des chants religieux jusqu’au bout de la nuit. Il sauta au volant et fit signe à la gamine, en mode « allez viens, monte ! », comme dans les films. Déjà, le vieux la chargeait, il avait visiblement senti que son crâne était dans sa poche à elle.
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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Sam 9 Mai - 17:42

Tandis qu’Ezio avouait le crime, Darryl continuait à secouer la tête et à faire comme si elle ne l’avait jamais vu. En parlant de ça, elle ne savait même pas que son nouvel ami l’avait vu chiper ledit crâne mais ça ne changeait rien à l’affaire, elle continuerait de nier les faits. Puis la gamine se mit à acquiescer aux dires de l’adolescent. Oui, ce vieux était complètement toqué et oui, elle comprenait elle aussi que ses petits-enfants ou même n’importe qui d’autre ne veuille pas lui rendre visite, d’abord parce que ce gars était un mythomane fini, il avait feint de ne pas savoir parler autrement qu’en espèce de klingon, alors qu’il venait de s’exprimer très clairement. Il avait également comme s’il n’était pas en mesure de leur indiquer le bon chemin à prendre pour retourner à la ferme alors qu’il se tenait là, devant leurs yeux, et on ne pouvait même pas dire qu’ils avaient traîné. Bref, tout ça pour dire que c’était un bel enfoiré et que s’il se comportait de la même façon avec sa propre famille, alors il méritait clairement sa solitude et ne méritait en revanche pas de revoir un jour son crâne de serpent. A moins qu’il ne décide de se servir de sa tronçonneuse qui, pour l’instant, faisait surtout office de décoration vrombissante, alors là, ça serait différent, évidemment.

Quoi qu’il en soit, la réflexion ne plut pas au vieux et alors, tout se passa très vite. Darryl dut se répéter à plusieurs reprises qu’elle n’avait pas rêvé cette scène pour en être bien sûr : la bonne sœur lança une réplique cinglante digne d’un thriller avant de lancer un crucifix plus gros que tous ceux qui se trouvaient dans le mini-van, à la tête du vieux schnoque qui en lâcha sa tronçonneuse. La gosse restait plantée là à observer la scène la bouche ouverte. Est-ce que les nonnes étaient entraînées pour remplacer les militaires le jour où ceux-ci seraient obsolètes dans cet Etat ? Ça ressemblait franchement à ça. Ou alors on en revenait à la théorie du début, à savoir que ce n’était pas une vraie sœur mais un agent de la CIA costumé comme au mardi gras. Tiens d’ailleurs, il faudrait qu’elle pense à en parler à Ezio s’il voulait venir dans son Etat à elle, là où il y a des alligators mais pas de vieux dingos en train de jouer à l’Exorciste vs Massacre à la tronçonneuse. Quoique le concept soit intéressant, il faudrait y penser.

La gamine serait là, fascinée par ce spectacle sans prêter vraiment attention à ce qu’il se disait si Ezio n’avait pas sauté dans le mini-van comme le lui avait dit la sœur et lui intimait de faire pareil. Et en fait, ce n’était pas tellement ça qui l’avait incitée à bouger mais plutôt ce vieux fou qui était en train de lui foncer dessus comme un taureau lors d’une corrida. Ça faisait peur mais pas autant que ce qu’il aurait fait ensuite pour récupérer son crâne. Darryl ne savait pas jusqu’où il serait à aller pour ça et ne voulait pas le savoir, aussi sauta-t-elle sur la banquette, tout à côté d’Ezio et lui referma-t-elle la portière au nez. Littéralement, son nez coloré s’écrasa lamentablement sur la vitre, y laissant une trace grasse. Alors que l’adolescent prenait la route, elle appuya au hasard sur les boutons de l’autoradio pour faire cesser les chants religieux. Que dire après ça franchement ? Elle n’allait pas s’excuser, ce gars avait des tas de crânes chez lui, un de plus ou un de moins, ça ne devait pas faire la différence, en toute logique. Puis, comme Ezio l’avait très justement fait remarquer, il avait aussi plein de serpents très vivants dans son « jardin » et donc la possibilité de le remplacer quand il le voulait.

    « Tous cinglés, ces gens. J’espère qu’on va pas tomber sur la police maintenant, il manquerait plus que ça. »


Pourtant c’était possible, la route était toujours déserte et elle était pratiquement convaincue que les flics n’étaient pas debout de si bonne heure, mais on n’était jamais à l’abri d’un contrôle, ou que ce soit, et elle était prête à parier qu’ils ne seraient pas très contents de constater qu’aucune des personnes dans ce mini-van n’était en âge de conduire. Leur avoir laissé le mini-van en leur disant de partir avec soulevait aussi d’autres questions, dont une, la plus importante qu’elle formula tout haut :

    « On va en faire quoi de cette caisse quand on sera arrivés ? On la laisse sur le bas-côté avec les clefs dans la boîte à gants pour que la sœur vienne la rechercher ? »


Elle ou n’importe qui d’autre, ils n’en sauraient rien de toute façon puisqu’ils feraient comme si de rien n’était. Sinon ils pouvaient peut-être la garder. C’était fou mais pas plus que la scène qui venait de se dérouler sous leurs yeux. Ils n’auraient qu’à la planquer en bordure de forêt et s’en servir pour leurs prochaines sorties. Ça serait drôlement plus pratique que d’avoir à faire du stop, c’était certain. Dans tous les cas, elle s’en remettait à Ezio. Quoi qu’il décide il y aurait toujours moyen de se tirer de ce trou sordide. Et peut-être que la prochaine fois, elle ne volerait. Pas que ça lui ait vraiment servi de leçon mais tout de même, c’était assez impressionnant.

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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Lun 11 Mai - 18:35

Ezio démarra si brutalement, pied littéralement au plancher, qu’il laissa sûrement trois centimètres de gomme sur le bitume, mais tant pis : ils avaient un vieux fou à la tronçonneuse collé à la vitre, comme un moustique. L’ado partit donc sur les chapeaux de roue, sans se retourner, sans se préoccuper de la vieille qui était probablement une ninja, en fait, et puis d’abord c’était elle qui leur avait dit de partir et il ne désobéissait pas aux adultes quand ça l’arrangeait, et encore moins à une messagère de Dieu, ça serait comme désobéir à Dieu lui-même et sa mère l’avait élevé mieux que ça quand ça l’arrangeait. Quoiqu’il en soit, en deux minutes ils étaient déjà loin, rebondissant joyeusement sur la banquette avant du mini-van aux suspensions douteuses, preuve que la bonne sœur avait fait de la route avec, n’empêche. Darryl malmena la radio jusqu’à ce qu’elle trouve le moyen de lui faire cracher du silence plutôt que des sermons chantés par dix castrats au fin fond d’une église. Parfait, le roadtrip était presque complet, il ne manquait que de la bouffe et quelques substances illicites, mais bon, il ne fallait pas non plus trop se plaindre : avec le véhicule, ils arriveraient largement à temps pour se glisser sagement dans leurs lits respectifs avant que leurs geôliers ne viennent les réveiller.

Réflexion intéressante néanmoins : il y avait encore la possibilité qu’ils tombent sur des flics. A cette heure de la journée, franchement, Ezio en doutait, les mecs ne se levaient pas à cinq heures du mat’ pour faire des contrôles routiers, sans même avoir bu leur café et bouffé leurs donuts, mais en fait, on n’était pas au Texas, ici, peut-être que les policiers de Floride étaient au taquet. Du genre jeunes, bronzés, blonds avec des raybans et des muscles – comme lui, quoi, sauf qu’il n’était pas blond. Alors que les flics de sa banlieue pourrie, qui n’avaient rien à voir avec Chuck Norris, étaient de gros lards qui restaient sagement le cul dans leur voiture pendant que des gangs se tiraient dessus dans la rue au milieu des gosses. C’était bien la seule chose qu’il admirait chez son père, d’ailleurs, le fait que lui n’était pas un gros lard et qu’il ne restait pas assis le cul sur ses mains à ne rien faire – mais il n’avait jamais rien demandé pour ses bons et loyaux services et se faisaient mépriser par tous ses collègues et ça en revanche, ça ne passait pas, pour Ezio. Bref, les flics… C’est sûr que si ça arrivait ils seraient dans la merde, sans permis ni papiers, et en plus allez leur expliquer que vous avez pris le volant à la demande d’une none parce qu’un vieux à la tronçonneuse voulait les tuer pour récupérer un crâne de serpent…

« Bon, ils nous arrêteront pas, j’ai l’air vieux et je suis assez basané pour passer pour un local, faudra juste que t’aies pas l’air d’une fille kidnappée. »

Et allez savoir ce que ça voulait dire, ne pas avoir l’air d’une fille kidnappée… Ezio ne savait pas, mais de toute façon, il ne voulait pas savoir. Il fallait compter sur la chance, et de la chance, il en avait, et de toute façon, il n’était pas du genre à se prendre la tête pour un truc qui n’était pas encore arrivé. Il haussa les épaules.

« Ouais, je suppose qu’on n’a pas le choix. On la laissera un peu avant qu’on arrive au camping. Tu veux pas fouiller un peu la boîte à gants et le reste, voir si on trouve pas un numéro de téléphone ou une adresse ou je sais pas quoi ? Au pire on passera un coup de fil anonyme aux flics pour qu’ils lui ramènent sa poubelle, comme ça. »

Combien de fois ils pourraient s’en servir avant que ça ne craigne trop ? Bon, eh bien tant qu’ils laissaient le mini-van bien planqué, ou même garé bien en évidence sur le parking du camping, après tout, pourquoi pas ? Mais ils auraient toujours cette possibilité de jouer les bons samaritains si ça commençait à sentir le roussi.

« Et tant qu’à faire, si tu trouves de quoi manger… »

C’est que la cuite, ça lui donnait toujours faim. Il jeta un coup d’œil dans le rétroviseur et vit une masse sombre se profiler à l’horizon de la route toute droite. Bien bien. C’était tout à fait normal, ils étaient sur une route, et sur les routes, il y avait des véhicules, voitures et camions, et ici en Floride, mini-vans aussi. Pas de quoi s’affoler, s’imaginer que le vieux avait tué la vieille après un combat du troisième âge et allait maintenant leur jouer un remake de Duel à sa façon, tout ça pour récupérer Ezio ne savait plus quoi, hein. Il allait rouler pépère et laisser l’importun le dépasser tranquillement. Ou alors, il faisait la course ? Non, ça n’était pas la chose la plus intelligente à faire. Amusante, oui, mais pas intelligente.
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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Mar 12 Mai - 17:34

D’après Ezio, s’ils tombaient effectivement sur la police, elle n’aurait qu’à faire comme si elle n’était pas kidnappée et ça passerait crème. Darryl médita un moment ces paroles. Ne pas avoir l’air d’une fille kidnappée, ça avait du sens pour elle dans le style ne pas avoir l’air abattue ou effrayée, avoir l’air de s’amuser, ce qui avait été le cas jusqu’à il y a dix minutes, ce n’était tout de même pas sorcier. Et puis tant qu’elle ne sortait pas un bout de papier sur lequel serait griffonné « help » à toute vitesse, ça devrait bien se passer. Voilà ce que ça voulait dire selon, le pas avoir l’air d’une fille kidnappée et ça ne lui effleura pas l’esprit une seule seconde qu’un vrai gosse kidnappé ne se conduirait jamais de cette façon. A quoi bon s’en faire de toute façon ? Ce ne serait la marche à suivre que s’ils rencontraient effectivement la flicaille, et elle n’en voyait nulle part. Pour le moment en tout cas. La gamine ne fut pas mécontente de parvenir à éteindre ce satané autoradio. Habituellement, la musique était salvatrice pour elle, ça l’aidait à se calmer, à relativiser et ainsi de suite, mais il fallait que ça soit de la bonne musique et sûrement pas un truc dont les paroles devaient se trouver dans un livre des psaumes plutôt que dans un magazine pour ados.

Le soleil entamait lentement sa montée dans le ciel et elle observait le paysage défiler sous ses yeux, jetant de temps à autre un coup d’œil plus loin devant afin de repérer un quelconque barrage de poulets mais il n’y avait rien à signaler. Pendant ce temps-là, l’adolescent répondait à sa question. Ils laisseraient donc l’engin voyant sur le bas-côté et trouveraient le moyen de contacter la sœur pour qu’elle vienne le rechercher d’une façon ou d’une autre. Et le meilleur moyen de faire ça était encore de trouver un numéro de téléphone ou une adresse, pour la contacter. Darryl se pencha et ouvrit la boîte à gants pour fouiller dedans à la rechercher dans la moindre information susceptible de les aider. Encore des crucifix, peut-être bien qu’elle en vendait, des petites bouteilles remplies d’eau bénite, très certainement et, pile au moment où Ezio lui demandait de voir si elle ne trouvait pas de quoi manger, elle mit la main sur un paquet de M&M’s. Marrant, elle n’aurait pas cru qu’une bonne sœur puisse manger des sucreries elle aussi. Ce n’était pas prohibé si l’on suivait leur régime alimentaire ? Quoi qu’il en soit, ça tombait à pic et la gamine s’empressa d’ouvrir le petit paquet et d faire glisser les bonbons dans sa paume avant de le tendre à Ezio. Elle ne savait pas depuis quand ce paquet pouvait traîner là-dedans mais les bonbons avaient perdus de leurs couleurs.

Après en avoir croqué un, elle admit finalement qu’ils étaient toujours bon. En ce qui la concernait, elle n’avait pas remarqué la voiture qui les talonnait maintenant. Il faut dire qu’elle pensait voir les policiers arriver de loin à cause de leurs gyrophares et pas un seul moment elle ne pensa que le vieux John-Bob pouvait être à leur poursuite car elle n’avait pas vu de véhicule lors de l’altercation de tout à l’heure. Et puis surtout, il devait toujours être aux prises avec la nonne carrément badass en ce moment. La vieille semblait hargneuse, pas du tout du genre à lâcher l’affaire aussi facilement. Elle était peut-être même en train de lui mettre des coups de hanche artificielle, telle qu’ils la connaissaient. Cela dit, peut-être qu’il avait caché une vieille moto dans un fossé, il ne pouvait décemment pas s’être lancé à leur poursuite à pied, si ? Mais on parlait là d’un vieux fou imprévisible alors ça ne serait pas plus étonnant que ça.

Ces pensées furent rapidement chassées de son esprit – elles s’y étaient tout de même rapidement insinuées – à mesure qu’ils approchaient du camp. Aucune voiture ne les avait doublés jusque-là et ils touchaient au but. La gamine glissa sur la banquette pour se rapprocher d’Ezio et lui mettre un petit coup de coude, juste pour le lui signaler. Entre-temps, elle avait trouvé l’adresse de ce qui semblait être une église dans l’un des compartiments du mini-van et avait automatiquement fait le lien avec la sœur. Il fallait qu’ils laissent le véhicule avant d’arriver au camp, comme l’avait dit l’adolescent et ça lui semblait être l’emplacement idéal, à la lisière des bois. Dès qu’ils seraient rentrés et auraient fait semblant de se réveiller comme n’importe quel colon, ils pourraient passer un coup de fil à l’église, en espérant que la nonne soit déjà rentrée pour leur faire savoir où se trouvait sa caisse.
Mais c’était apparemment sans compter sur une autre intervention de John-Bob qui n’avait pas de vieille moto, non, mais plutôt un vieux pick-up et qui se rappela à leur bon souvenir, pile au moment où ils descendaient de voiture. Le temps que lui-même en descende, ils seraient en sécurité au camp, elle pouvait le voir de là où elle se trouvait.

    « Cours ! » hurla-t-elle en en faisant tout autant.


La gamine eut tout de même le temps de songer qu’elle n’avait vu trace de la sœur et elle espérait qu’il ne lui était rien arrivé de fâcheux, elle leur avait quand même prêté son mini-van sans même savoir si l’un d’eux savait conduire. Ils auraient très bien pu tout envoyer dans le décor, le mini-van et eux y comprit.

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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Mer 13 Mai - 19:50

La joie, quand Darryl trouva des M&M’s dans la boîte à gants ! Il était presque prêt à retrouver la foi rien que pour ça. Les petits bonbons avaient une sale gueule, mais le sucre, ça ne se périmait pas, et même si c’était périmé, peu lui importait, il avait un estomac en béton et pouvait manger n’importe quoi à n’importe quel stade de péremption ou presque. Il enfourna les M&M’s dans sa bouche, n’en faisant qu’une bouchée. Ce n’était pas grand-chose mais il ne fallait jamais cracher sur de la bouffe et toujours bouffer quand on en avait l’occasion parce qu’on ne pouvait pas savoir quand est-ce qu’on aurait l’occasion de bouffer la prochaine fois. Ce qui faisait beaucoup de « bouffer » dans la même phrase, mais c’était là l’idée maîtresse. Il aurait d’ailleurs bien aimé pouvoir profiter de son repas l’esprit tranquille plutôt que de relever sans cesse les yeux vers le rétro mal réglé pour vérifier la progression de leur poursuivant. Qui n’était probablement pas du tout un poursuivant, d’ailleurs, vu son allure, même s’il les rattrapait petit à petit. Bon, la route ne leur appartenait pas, après tout, n’importe qui avait le droit d’y rouler, c’était probablement encore une bande de surfeurs hippies en mini-van. Heureusement, ils n’étaient plus bien loin des bungalows.

Comme convenu, ils s’arrêtèrent sur le bas-côté, abandonnant le véhicule à son destin. Darryl avait trouvé l’adresse de la vieille, ils pourraient donc signaler la présence du mini-van à qui de droit en temps voulu, c’est-à-dire quand ils le voudraient. C’est là que se produisit le plot twist du siècle : c’était bien John-Bob qui les avait suivis jusqu’ici, de façon totalement surnaturelle, mais à force, avec lui, ils auraient dû être habitués. Il avait tué la none, ou quoi ?? Décidément on ne pouvait pas compter sur les bonnes sœurs, c’était pas fiable, ces bêtes-là ! Et donc, il courut, tout comme le hurla la gamine avant de détaler à son tour. Le bruit du moteur se fit plus fort comme le vieux accélérait pour les rejoindre, avant de piler à son tour. En se retournant, Ezio vit qu’il venait de sauter au sol et s’était mis à leur courir après. Il avait une sale gueule, du genre à s’être fait tabasser, mais Ezio ne pouvait pas dire si c’était là son œuvre ou celle de la super vieille. Quoiqu’il en soit, ils étaient arrivés aux limites du camping, et l’ado ne pouvait pas croire que John-Bob tenait tellement à son foutu crâne de serpent qu’il oserait franchir la clôture. Il était en diamant, ce crâne, ou quoi ? Ou alors il y avait de la drogue dedans ? Ezio ne savait même pas de quoi il s’agissait et pourquoi le vieux en faisait tant, en vérité.

« Rendez-moi mon crâne ou je vous tue ! »

Ah bon, carrément ? Ezio se retourna à nouveau sans cesser de courir, pour lui faire signe de fermer sa gueule. Il allait réveiller tout le monde à hurler comme un porc, et des menaces de mort, en plus ! Une fois dans les limites du camping, il était clair que le vieux n’allait pas s’arrêter là, et Ezio entraîna Darryl derrière un des bungalows en songeant sérieusement à trucider John-Bob lui-même, avant que l’inverse n’arrive. Le vieux leur tomba dessus, mais au même moment, un mono aussi, et les deux se retrouvèrent nez à nez avec Darryl et Ezio au milieu.

« Non mais c’est quoi ce bordel, il se passe quoi, ici ? »

« Ces foutus gamins sont allés chez moi dans les Glades pour me voler mon crâne ! »

Ah ! Parfait. A voir la gueule du moniteur, Ezio sut qu’ils n’auraient même pas à se justifier d’être là, parce que John-Bob allait passer pour un taré psychopathe. Et même s’il avait quelque chose à redire, ils pouvaient toujours prétendre s’être levés plus tôt pour faire une quelconque corvée générale qui ferait plaisir au personnel, ou même accuser ledit personnel de ne pas les avoir assez surveiller, et ils préfèreraient passer l’éponge sur leur escapade plutôt que de devoir expliquer à leurs parents pourquoi leurs enfants avaient failli se faire tuer alors qu’ils étaient sous la responsabilité de la colo.

« Viens, laissons-les s’arranger… Tu lui as vraiment tiré un crâne de serpent, finalement ? »

Ils allaient peut-être bien s’en sortir avec les honneurs, qu’il songeait, tandis qu’ils s’éloignaient pas à pas de l’inextricable situation. En ce qui concernait Ezio, son prochain arrêt, c’était la cuisine.
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MessageSujet: Re: Is this where we all sing Kumbaya ? → Ezio   Jeu 14 Mai - 14:36

Plus elle courait et plus elle était persuadée que le vieux toqué n’allait pas s’arrêter pour les courser, il allait surtout les poursuivre en voiture et les écraserait comme on écrase un chien dans une ruelle. Enfin pas elle, la gamine défendait autant les chiens que les alligators. En parlant d’alligators, ils auraient mieux fait d’en emmener un avec eux, il lui aurait cassé la moelle épinière d’un coup de mâchoire et on en aurait plus parlé. En revanche, Darryl était pratiquement sûre qu’il n’en allait pas de même pour ce dingo, non seulement il n’aurait rien contre le fait d’écraser un chien mais il n’aurait probablement rien non plus contre l’idée d’aplatir deux gamins à l’aide de sa voiture, qui plus est. Mais elle se trompait et ce fut un soulagement. John-Bob sauta hors de son engin et leur emboîta le pas à une allure assez impressionnante compte tenu de son âge. Cependant, et c’était heureux, ils furent plus rapide que lui et atteignaient déjà le camp. C’est alors qu’il les menaça. De les tuer s’ils ne lui rendaient pas ce foutu crâne, rien que ça. C’était carrément déraisonnable et disproportionné. Deux mot qui lui étaient venus à l’esprit car elle en avait appris le sens il y a quelques semaines seulement. Toujours est-il que ces deux mots étaient en rapport avec la folie et on ne pouvait clairement pas dire que John-Bob soit très sain d’esprit. Une référence qui aurait sans doute plu à la bonne sœur, si elle était toujours en vie.

Ils pénétrèrent alors dans le camp et la gamine se retourna pour voir que le vieux était toujours sur leurs talons. Il n’avait pas l’air de vouloir lâcher l’affaire, ce n’était même plus une option envisageable, à ce stade, mais Darryl aimait à croire que cette fois, ils étaient vraiment en sécurité. Maintenant qu’ils étaient rentrés et que personne ne s’était rendu compte qu’avant cela ils étaient dehors, c’est à eux qu’on donnerait raison. Elle suivit Ezio sans mot dire, de toute façon quoi qu’elle dise, ça ne changerait rien à la situation. Ils se cachèrent derrière un bungalow, il n’y avait plus qu’à attendre qu’un moniteur ou même le directeur de la colo, ils avaient le droit de rêver, ne débarque pour les sauver de ce cinglé qui venait justement de les rattraper. Et ça ne tombait pas mal car un mono surgit d’on ne sait où au même moment et voulut savoir ce qu’il se passait ici. Interdiction de ramener des gens hors colo au camp, c’était dans le règlement. John-Bob sortit son histoire et une fois de plus, la gamine se contentait de secouer la tête alors que tout était vrai mais elle n’allait pas non plus l’admettre, jamais de la vie. Par contre, son regard tomba sur ses Converse couvertes de boue séchée, elle avait toujours son sac à dos à l’épaule et sa rencontre avec les serpents avait dû laisser des traces, elle aussi. Puis Ezio n’avait toujours pas t-shirt. En effet c’était louche et Darryl préférait ne pas penser à ce que le moniteur était sûrement en train de se figurer dans sa tête.

Elle préféra aussi leur fausser compagnie pour suivre l’adolescent avant qu’on ne les questionne un peu trop. Une fois qu’ils furent assez loin pour que les deux autres ne puissent plus les entendre, il lui demanda si elle avait vraiment piqué ce crâne ce qui la surprit quelque peu puisqu’elle était certaine qu’il le savait. Après quelques secondes d’hésitation, Darryl fouilla dans son sac pour en sortir son trésor. Elle avait beau la retourner entre ses mains, elle ne vraiment pas ce qu’il avait de particulier. Puis elle finit par le tendre à Ezio.

    « Ouais, c’était un bête souvenir. Et si j’avais su qu’il en ferait toute une histoire, j’en aurais pris un autre, il y en avait plein et ils se ressemblaient tous. »


Ensuite, la gamine suivit l’adolescent jusqu’à la cuisine puisque les quelques malheureux M&M’s qu’elle avait trouvé dans la boîte à gants du mini-van ne semblaient pas l’avoir rassasié alors qu’elle n’avait plus faim. Mais il était en possession de l’objet de toutes les convoitises alors elle ne pouvait tout de même pas lui dire qu’elle allait pioncer quelques minutes avant qu’on ne sonne le réveil et qu’il le lui rendrait lorsqu’ils se reverraient au petit déjeuner. Et puis est-ce que ça valait bien la peine d’aller se coucher ? Sans doute que non, il ne restait vraiment que quelques minutes avant l’appel. Elle pourrait dormir au cours d’une activité ennuyeuse comme il y en avait plein dans cette colo, comme la confection de bracelets idiots, par exemple. Ou sinon, elle pouvait aussi s’endormir à la table qui se trouvait dans la cuisine comme elle le fit à la minute où elle s’assit sur la chaise, en fait. Pourtant, elle avait eu l’intention de faire la conversation mais ce sont des choses qui ne se contrôlent pas.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤

there is a house in New Orleans they call the rising sun, it's been the ruin of many poor girls and god, i know i'm one
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