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 don't drink or even drive → Ezio

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Mar 23 Sep - 20:04

Sans hésitation, sans se démonter, Daneel lui indique par où le type était passé et Ezio apprécia grandement le geste. Ce n'était pas grand-chose mais c'était beaucoup plus que ce que la plupart des autres clients auraient fait à sa place. Tant qu'ils pouvaient le faire sous le couvert de l'anonymat, les gens n'hésitaient jamais à pointer du doigt, ah ça non. La délation, c'était le sport préféré de l'être humain. En revanche, dès qu'il fallait le faire à visage découvert, il n'y avait plus personne, et pour une raison stupides : la trouille. Combien de fois Ezio s'était retrouvé à demander à des passants par où était passé le criminel qu'il pourchassait, et combien de fois les gens avaient fait semblant de ne pas savoir de peur de subir des représailles... Il pouvait comprendre la peur, mais ne comprenait pas qu'elle puisse paralyser à ce point. C'était bien à cause de la peur que tournaient la plupart des dictatures de ce monde, ou que les témoins se taisaient à la barre, ou que les victimes ne portaient pas plainte, et au final, les coupables se baladaient, libres et victorieux, au milieu des moutons terrifiés. Il remercia Daneel d'un signe de la main en se disant qu'elle ferait décidément une bonne associée. peut-être bien que s'il revenait la voir dans quelques années... Mais non, non, dans quelques années elle aurait une vie, quelle qu'elle soit, et lui, il en était sûr, aurait changé de carrière, promis à un grand avenir qu'il était.

Il trouva le troisième type dans les cuisines, cherchant une sortie des yeux, ce qui était drôle parce qu'elle était juste sous ses yeux : la porte qu'utilisaient le cuistot pour jeter ses ordures dans le conteneur, dans l'arrière-rue. Une fois qu'il l'eut jeté dedans, Ezio retourna dans la salle commune et revint s'asseoir devant Daneel pour inhaler tranquillement ses milkshakes tel un aspirateur silencieux - sauf à la fin, mais un vrai milkshake se buvait ainsi, en faisant un bruit dégueulasse de plomberie bouchée. La serveuse se pointa à un moment pour lui faire un numéro qu'elle devait servir une fois par soir, sauf les soirs où aucun étranger ne se pointait. Pauvre fille, elle devrait vraiment s'emmerder, dans ce trou à rats. Il prit son numéro et la gratifia d'un sourire de présentateur télé. Il ne comptait pas aller la voir cette nuit, non, il comptait dormir, non sans avoir piqué un de ses snacks à Daneel, mais on savait jamais, s'il avait encore besoin d'aide, ou d'un renseignement, autant ne pas tout de suite se la mettre à dos. Il serait loin d'ici quand elle comprendrait qu'il n'était pas intéressé. Ce qui en soi n'avait rien d'un drame ou d'une insulte, qui plus est, mais les gens se vexaient toujours quand ils se jetaient sur vous et se prenaient une fin de non-recevoir. Ezio ne comprenait pas trop ça. Il lui était souvent arrivé de tenter sa chance avec des filles au collège et au lycée et même plus tard, posant directement la question tout de suite au lieu de perdre du temps, et il lui était tout aussi souvent arrivé de se prendre un râteau, bon eh bien quoi, et alors ? On ne peut pas plaire à tout le monde, et c'est tant mieux, vu que tout le monde ne lui plaisait pas non plus.

Ezio finit consciencieusement frites, pizzas, milkshakes et même ce que Daneel avait laissé dans son assiette, puis ils sortirent, non sans tomber sur les trois supporters de tout à l'heure, qui maintenant, unis dans la lose, étaient devenus les meilleurs amis du monde et tentaient de voir la deuxième mi-temps à travers la vitre du diner. Ezio leur fit coucou de loin parce qu'il avait été bien élevé, et récolta des regards mauvais mais quelques peu apeurés. Tout ça parce qu'il était grand et costaud. Quelle injustice, quelle discrimination ! Les gens pensaient toujours qu'il était une bête bonne à taper sur n'importe qui. Ce qui était vrai. Mais pas que. Devant le motel, Daneel lui proposa de lui servir de réveil.

« Okay, ça marche, t'auras qu'à taper quelques coups à ma porte, ça suffira. J'ai le sommeil léger. »

Et il dormait avec une arme sous son oreiller, aussi. La main posée dessus, même, des fois. Yiha. Il se demandait bien pourquoi Daneel se levait tôt d'habitude mais préféra ne pas faire remonter de mauvais souvenirs dès maintenant, vu que c'était probablement pour traire une vache ou travailler dès l'aube dans un champ. Ils entrèrent chacun dans leur chambre mais Ezio ne mit pas longtemps à cogner à la porte communicante pour aller mendier quelques paquets de bouffe à Daneel et lui montrer plus en détails comment fonctionnait la douche. Il lui répéta aussi de bien verrouiller sa porte, puis lui montra comment marchaient les chaînes télés et enfin, lui souhaita bonne nuit.

« Si tu veux demain, je te laisserai conduire. C'est une automatique, ça s'apprend en deux minutes. »

Optimiste, peut-être, le bonhomme, mais soit. Il était de bonne humeur, il avait passé une bonne soirée et vu comme Daneel avait été fascinée par sa voiture, il se disait que ça lui ferait plaisir. Et trop tard pour revenir sur ses paroles, quand bien même la nuit lui portait conseil.
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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Jeu 25 Sep - 14:34

Pour sa première nuit en dehors de sa communauté, Daneel avait relativement bien dormi, elle qui s’inquiétait des bruits étrangers susceptibles de perturber son sommeil mais même. La veille, elle avait rapidement pris sa douche, puisqu’Ezio avait pris la peine de lui montrer vite fait comment ça fonctionnait puis elle s’était tout simplement endormie devant la télé et lorsqu’elle s’était réveillée, aux alentours de quatre heures trente, il n’y avait plus que de la neige à l’écran. Après avoir déjeuné de barres chocolatées et de sodas – elle prenait déjà de bonnes habitudes – et s’être préparée, elle réveilla son voisin tout comme il lui avait dit : en frappant quelques coups à sa porte. C’est qu’elle n’avait pas oublié la proposition qu’il lui avait faite la veille et qu’elle avait hâte de s’y mettre, même si elle savait pertinemment que la traque passait en premier et que ça ne serait donc pas pour tout de suite. Si le chasseur de primes n’avait pas oublié, cela va de soi, et dans le cas contraire, elle attendrait le bon moment pour le lui rappeler. Après quoi, ils purent se mettre en route. Enfin, après que le jeune homme ait pris lui aussi son petit déjeuner. Quel dommage de ne pas pouvoir se faire un vrai petit déjeuner à base de pancakes mais pas sûr que le diner de la veille soit déjà ouvert et puis, n’avaient-ils déjà pas trop traîné ? Qu’à cela ne tienne, il lui restait encore pas mal de trucs à grignoter.

Puis ils s’aperçurent vite que ce jour-ci était bien plus chanceux que la veille puisque, non seulement ils avaient enfin une vraie direction à faire au lieu de tourner bêtement en rond mais en plus, ils trouvèrent sur leur route d’autres témoins qui corroborèrent les dires de la serveuse blonde. Ou du moins ça y ressemblait car Daneel remarqua vite que leurs témoignages n’étaient jamais très clairs et qu’il fallait faire le tri dans ce qui était dit et ça, c’était le boulot d’Ezio. Et c’était mieux comme ça parce que la jeune Amish était tentée de croire tout ce qu’ils disaient. Mais tentée, seulement. Tout ça pour dire qu’ils avançaient bien, dans la bonne direction et qu’ils étaient à deux doigts de mettre la main sur Dyeon, quelle que soit l’issue de cette chasse à l’homme, alors ils pouvaient bien se faire un mini-break pour qu’il lui apprenne à conduire la voiture, non ? Il avait dit que ça ne serait pas long parce que c’était une automatique. Une automatique, ça lui passait complètement au-dessus de la tête, mais tant mieux si c’était si facile que ça, hein, elle n’allait tout de même pas s’en plaindre ! Puis a priori, cette fois elle ne pourrait rien casser. Si ce 4x4 imposant résistait bien à un géant du gabarit d’Ezio, alors elle lui résisterait tout pareil. Sans donc sans la moindre appréhension qu’elle se tourna vers le Texan.

    « Hier t’as dit que tu m’apprendrais à conduire, tu te rappelles ? Ça tient toujours ? »


Elle aurait pu argumenter tant et plus, comme quoi ils avaient finalement prit de l’avance, étaient quasiment sur le point de se quitter et ainsi de suite, tout comme elle l’avait fait la veille pour qu’il l’emmène, et sans doute qu’à l’usure, ça aurait très bien marché mais elle tenait à ce qu’il garde un bon souvenir d’elle. Qu’elle soit l’ado Amish qui l’avait un jour été d’un grand secours plutôt que l’ado chiante qui ne comprenait rien à rien et qui, de surcroît, insistait toujours très lourdement. Et puis ça serait bête de ne pas profiter du fait qu’ils venaient de sortir d’une petite ville et se trouvaient, à nouveau, sur une route de campagne peu fréquentée. Oui parce que bon, elle ne savait peut-être pas ce qu’était une automatique, mais elle savait que, dans un premier temps, ça serait nettement mieux de n’avoir personne en face pour apprendre à conduire. Bien qu’il n’en serait pas toujours ainsi et que, dans cette optique-là, mieux valait directement se lancer sur une route ultra-fréquentée comme une autoroute à quatre bandes en mode yolo de dingues. Encore que, là non plus, personne ne viendrait d’en face, en fait.

Enfin bref, la jeune fille attendit sagement l’approbation d’Ezio, puis qu’il se gare sur le bas-côté pour se glisser enfin derrière le volant. Tout lui sembla soudain énorme, à commencer par ledit volant. C’était marrant, quand c’était Ezio qui le manipulait, il avait l’air petit, enfin, proportionnel à sa taille mais maintenant que c’était elle qui était à sa place, il lui semblait devoir écarter les bras pour qu’ils soient bien positionnés. Ce qui n’était sûrement qu’une illusion puisque – et même si elle n’en savait rien – les volants étaient tous de taille standard, non ? Bon, il ne lui restait plus qu’à bien se concentrer. Daneel se laissait facilement distraire quand elle en avait l’occasion et que ça ne portait préjudice à personne, même que c’était principalement pour cette raison qu’elle se faisait le plus engueuler lorsqu’il était question de travailler dans les champs, un coup de faux est si vite arrivé, mais dans ce cas précis, ce n’était tout simplement pas permis parce qu’il y a une énorme différence entre se prendre un coup de faux et se vider dans son sang dans un coin sans déranger personne et crasher un 4x4 monstrueux dans un fossé avec deux morts dans l’histoire. Et même pas parce qu’ils auraient été trop fast ni trop furious mais juste parce que ce truc devait bien peser trois tonnes au bas mot. Bon d’accord, peut-être qu’Ezio s’en sortirait, lui, les muscles contre l’acier. Soit, pour cette très bonne raison, elle attendait ses instructions sans vouloir précipiter les choses, et d’ailleurs, et cela même en ayant un peu observé comment il s’y prenait pour la faire rouler, sa voiture, elle ne savait pas trop quelle serait la prochaine étape.

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Ven 26 Sep - 17:33

Une journée ordinaire dans la vie d’un chasseur de primes. Levé tôt – mais pas plus tôt que Daneel, elle n’avait pas menti quand elle lui avait dit qu’elle se réveillait aux aurores –, douche, petit dèj pris à la va-vite pour son plus grand malheur, et en voiture. Il était finalement plutôt reconnaissant à la jeune fille d’avoir acheté toutes ces merdouilles la veille, n’empêche, sinon il aurait fallu qu’ils s’arrêtent au premier McDo du coin, les pizzas et le reste de la veille étant déjà loin dans son souvenir. Ezio prit donc le volant et ils sortirent enfin de cette ville de cauchemar qui ressemblait vraiment trop à un décor de film d’horreur façon redneck. Le genre de ville où les touristes s’arrêtaient pour prendre de l’essence et n’en repartaient jamais, découpés en morceaux par des habitants appartenant à un culte sataniste/étant en vérité des aliens/étant tous dans une secte/étant tous morts, rayez la mention inutile s’il y en avait une. Ezio s’arrêta de temps en temps pour interroger des gens qu’ils croisaient sur la route et dans l’ensemble, ils allaient dans la bonne direction. Le dernier type qui accepta de s’arrêter pour le renseigner lui avoua qu’il avait bien vu un type décharné à l’air malade, mais qu’il n’était pas du tout sur un cheval, il roulait en camionnette utilitaire pourrie. Ezio se demanda brièvement à qui Dyeon l’avait volé et à quel prix, mais bon, ça n’était pas vraiment son affaire, et d’autre part, c’était une bonne nouvelle : au volant d’une voiture, Dyeon n’avait d’autre choix que de suivre les routes et ne pourrait pas s’enfoncer dans la nature.

Et puis, au bout d’une heure de trajet, Daneel finit par lui rappeler sa proposition de la veille. Bien sûr qu’il s’en souvenait, et oui, ça tenait toujours, il n’avait rien contre le fait d’apprendre à conduire à Daneel vu que ça n’était pas bien compliqué. Il conduisait la voiture de son père bien avant ses seize ans, cela dit, il atteignait déjà les pédales et le volant alors même qu’il n’était qu’un enfant, ça aidait, aussi. Il se gara donc sur le bas côté de cette route ultra droite et laissa la place à Daneel, s’asseyant côté passager. Là pour le coup elle avait vraiment l’air d’une gosse, dans le ratio sa taille/masse du 4x4. Il lui montra comment avancer son siège et régler les rétros, puis abaissa un peu le volant. Heureusement qu’elle était grande, quand même. Elle atteignait elle aussi sans peine les pédales et sa tête dépassait du volant et c’était tout ce qu’on demandait à un conducteur de voiture.

« Alors, la pédale de droite, c’est pour accélérer, pour faire avancer la voiture, si tu veux. Celle de gauche, c’est pour freiner. Que ce soit l’une ou l’autre, n’appuie pas dessus comme une brute, il faut que ce soit progressif. Tu n’as pas besoin de ta jambe gauche, au fait. »

Si elle avait été habituée à conduire une voiture à vitesses façon européennes, il lui aurait conseillé de s’asseoir sur sa jambe ou un truc comme ça parce qu’il était toujours tentant de vouloir embrayer – et sur une automatique, ça donnait un résultat intéressant, à savoir qu’on freiner brutalement dans les pires moments. Il avait mis le tout-terrain en mode parking et bougea le levier pour la repasser en mode drive. Elle se mit aussitôt à avancer toute seule, à l’allure d’un escargot neurasthénique. Ezio tint le volant avec elle, lui montrant comment placer ses mains, à dix heures dix.

« Tu vois, t’as même pas besoin d’accélérer pour avancer, mais bon à cette allure il nous faudrait une heure pour faire vingt mètres. Tiens bien le volant à deux mains, et pas de gestes brusques, tu vas voir tu vas vite sentir la voiture tourner. Et quand tu te sens prête, appuie tout doucement sur la pédale de droite, l’accélérateur. »

Et donc, en voiture Simone. Vu qu’il s’agissait d’aller tout droit et qu’il n’y avait pas de vitesses à passer, pas besoin de faire cinquante trucs en même temps, le plus compliqué était donc de garder la voiture en mains et surtout de gérer la vitesse. Ezio se rappelait très bien de la toute première fois qu’il avait pris le volant de la voiture de son père. Il avait laissé tellement de gomme sur le béton que l’allée s’en souvenait encore. Pas facile de ne pas appuyer sur la pédale comme une brute. Ni d’aller tout droit, aussi idiot que ça en ait l’air. Mais c’était juste une question d’habitude et il n’y avait pas assez de monde sur cette route pour qu’un 4x4 qui zigzague dessus les dérange. A moins qu’un scénario à la Souviens-toi l’été dernier ne se présente.
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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Sam 27 Sep - 15:14

Il n’y avait pas de raison pour ça et c’était justement dans ces cas-là qu’on faisait des bêtises mais Daneel était nerveuse. Qu’est-ce que ce serait si cette voiture n’était pas une automatique, hein ? Droite, accélérer, gauche, freiner, ne pas forcer dessus et ne pas se servir de sa jambe gauche. En théorie, c’était très simple, à moins de confondre sa droite et sa gauche, ce qui lui arrivait parfois mais bon, là elle était concentrée alors ça ne devrait pas arriver. N’empêche qu’elle aurait bien voulu qu’on lui marque ça sur un petit morceau de papier, avec des indications claires et précises pour la droite et la gauche, donc, et qu’on le colle sur le pare-brise. Mais non, non ! Elle refusait de passer pour l’une de ces tarés de consanguins qu’elle avait quitté la veille, à peine, ça devait entrer dans sa tête et ne plus en sortir. Bref, Ezio la fit alors passer à la pratique et la jeune fille, déjà toute raide, crispa ses mains sur le volant tandis que le 4x4 avançait. Il fallut bien qu’elle les décrispe pour les placer correctement, mais ça ne dura qu’un quart de seconde et elle était toujours aussi tendue malgré la vitesse à laquelle ils se déplaçaient et le ton apaisant qu’employait Ezio.

Si on lui avait posé la question, Daneel aurait dit que c’était un très bon rythme pour une première, qu’il n’y avait pas besoin d’aller plus vite, pourquoi toujours se presser ? Mais le fait est que personne ne lui demandait son avis, et que, connaissant le chasseur de primes comme elle le connaissait – c’est-à-dire peu -, il ne devait pas trop apprécier cette lenteur. Bon très bien, elle allait appuyer sur la pédale d’accélérateur de la jambe droite et surtout sans trop forcer dessus. Tout doux, ce qui était vachement plus compliqué que ce qu’il n’y paraissait. Le 4x4 prit un peu de vitesse mais pas beaucoup et quand elle sentit la voiture tourner, elle fit de son mieux pour rétablir sa trajectoire en tournant le volant. Un peu trop fort, même, parce que ce n’est pas comme dans les jeux vidéo que l’on voit à la salle d’arcades, pas besoin de le tourner aussi fort. Bon, eh bien ce ne serait pas demain la vieille qu’elle deviendrait une conductrice hors pair, vu comment le 4x4 zigzaguait en ce moment même mais c’était un début. Et bien sûr, il fallut que, pile à ce moment-là, un pauvre mec se ramène derrière et klaxonne parce qu’elle roulait au milieu de la route et qu’il ne pouvait pas dépasser.

Elle aurait bien voulu dire que la première chose à laquelle elle avait pensé était de baisser la fenêtre pour lui hurler d’aller se faire voir mais elle était trop surprise pour ça, elle ne l’avait pas vu venir ! Et c’était normal, étant donné qu’elle regardait la route devant elle et non pas dans le rétroviseur. Ça faisait quand même beaucoup de choses auxquelles faire attention. Bref, l’Amish au volant commençait tout doucement à s’habituer et le laissa passer, puis elle se permit même d’accélérer un peu plus et ils roulaient à présent à une vitesse, si pas phénoménale, acceptable, tout du moins. Et ça lui plaisait beaucoup.

    « Je m’en sors bien ou pas ? »


Daneel aurait pu dire « je m’en sors bien, tu trouves pas ? » mais ça aurait été un peu présomptueux de sa part tout de même, d’autant qu’elle roulait comme une petite vieille n’y voyant pas très clair. Autant juste poser la question d’un air détaché comme si elle demandait l’avis d’un expert. Et d’ailleurs, c’est très précisément ce qu’était Ezio à ses yeux parce qu’il roulait depuis quoi ? Près de neuf ans. Peut-être tous les jours, qui plus est, donc oui, ça faisait de lui un expert en la matière, rien de moins. Ça, c’était le genre de questions qu’elle aurait dû éviter de se poser puisque ça lui faisait perdre un peu de sa concentration et arriva ce qui devait arriver arriva : elle roula sur quelque chose ou quelqu’un, elle n’aurait su le dire parce qu’elle était auparavant plongée dans ses réflexions et non pas parce qu’ils allaient trop vite, ça aurait été trop beau, mais en tout cas, elle venait de rouler sur un truc et, dans la panique, voulut freiner mais s’emmêla les pinceaux – évidemment -, appuya sur l’accélérateur en se rendant compte de son erreur et c’est donc ainsi qu’on pousse de toutes ses forces sur les freins. Accessoirement, c’est aussi comme ça qu’on vole dans le pare-brise. Mince alors, tout allait si vite ! Daneel inspirait profondément pour se calmer et n’osait pas regarder dans le rétro pour voir quelle avait été sa victime. N’était-ce pas dans ces cas-là qu’il se trouvait toujours quelqu’un pour vous conseiller de ne pas regarder en arrière et de foncer sans perdre une seconde ?
Elle jeta un coup d’œil au jeune homme en songeant que ce ne serait pas lui qui lui dirait ça, en tout cas et décida de descendre de voiture, après l’avoir remise sur parking parce que ça, elle n’avait aucun mal à l’intégrer, et d’aller voir par elle-même de quoi il retournait.

    « Oh put… ah c’est bon, c’est qu’une botte ! On a écrasé une botte ! »


Peut-être bien que Dieu existait réellement après tout, puisqu’elle n’avait tué personne et qu’elle était grandement soulagée. Pas même un hérisson ou une biche, ce qui n’était pas du tout pareil, et elle aurait dû le sentir passer autrement que ça, si ça avait été une biche. Ce n’était qu’une chaussure, l’une de ces chaussures que les gens balançaient par la fenêtre de la voiture tandis qu’ils roulaient, chose qu’ils faisaient souvent, allez savoir pour quelle foutue raison. Du moins ça, c’était l’option facile. Peut-être que cette botte appartenait en réalité à un pêcheur tué par un crochet et gisant un peu plus loin dans le fossé mais la jeune fille ne pousserait pas le vice jusqu’à aller vérifier, hein. La théorie de la botte cruellement abandonnée sur le bord de la route lui suffisait amplement.

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Dim 28 Sep - 15:10

Ezio dut se retenir de se marrer quand un pécore du Maine arriva derrière eux et klaxonna pour que Daneel se range et le laisse passer. La tête de la jeune fille disait tout. Il n’y avait pas à dire, cent pour cent des conducteurs étaient les mêmes, une fois derrière un volant, on perdait toute civilité. Le plus inoffensif des hommes pouvait se transformer en enflure, souhaiter la mort de quelqu’un et ne s’exprimer qu’avec des injures, eh oui, c’était ça, l’effet voiture. On devenait territorial, primitif et sans pitié, sans compter qu’on se découvrait une toute nouvelle fierté mal placée, et pour commencer, se faire doubler parce qu’on n’avançait pas assez vite pour le type qui nous suit, c’est dur pour l’ego. Daneel ne dit rien cependant, même si elle devait en avoir vachement envie, et réussit même à se coller à la droite de la route pour que l’autre fasse passer sa poubelle et disparaisse à l’horizon. Ezio décolla sa main du frein à main, qu’il avait tenu jusque-là juste au cas où Daneel aurait eu le pied un peu trop lourd, mais elle devait commencer à prendre le truc, maintenant. Il hocha la tête avec un sourire. Tout ça l’amusait beaucoup plus que ça n’aurait dû, allez savoir pourquoi.

« Mais oui, tu t’en sors bien. Dans pas longtemps, je pourrais presque t’apprendre à faire des virages au frein à main. »

Oui enfin, quand même pas, elle avait encore du chemin à faire avant de faire des dérapages et du drift. D’autant qu’à peine avait-il fini sa phrase qu’ils roulèrent clairement sur quelque chose, et compte-tenu des amortisseurs de compétition du tout-terrain, ce devait être un gros « quelque chose », parce qu’Ezio ne sentait même pas les dos d’âne quand il roulait dessus avec le 4x4. S’ensuivit une manœuvre d’urgence des plus déplaisantes, où Daneel accéléra brutalement puis freina, et heureusement qu’ils étaient attachés tous les deux, comme quoi c’était classe de rouler sans ceinture, mais c’était rien d’autre que ça. Elle se gara sur le côté d’elle-même et mit la voiture en mode parking, et Ezio tira le frein à main pour plus de sécurité avant de sauter à terre pour rejoindre la jeune Amish, qui prétendait qu’ils venaient de rouler sur une botte. Le jeune homme se gratta le menton, l’autre main passée dans la boucle de son holster. Il ne savait pas trop comment lui dire, mais ce n’était pas possible qu’ils n’aient assassiné qu’une simple botte. Ils avaient forcément roulé sur un truc plus gros, peut-être le propriétaire de la botte, qui s’était éjecté dans le fossé ou quelque chose comme ça. Vu l’état de la botte, c’était peut-être un clodo, même. Bon, il ne souhaitait pas non plus à Daneel de trucider un vieux clodo dès sa première de conduite, mais enfin…

Il s’approcha du bord de la route et jeta un coup d’œil dans le fossé. Ah. Il y avait un corps, dans ce fossé. La bonne nouvelle, c’était que Daneel n’avait pas vraiment tué en vrai le type enfoui dans les herbes hautes, vu qu’il était recouvert de sang du menton à la taille et qu’il avait été clairement et très salement égorgé. Il avait été probablement posé sur le bas côté de la route sans aucune des précautions d’usage. En gros, on avait pas vraiment essayé de dissimuler le corps, pressé qu’on était de lui prendre sa voiture et de se barrer. Et avec sa conduite chaotique, Daneel avait plus ou moins roulé sur un bout du monsieur et l’avait envoyé valdinguer dans le fossé. Ezio laissa échapper un grognement et se tourna vers Daneel.

« Bon, la bonne nouvelle, c’est que t’as roulé sur personne de vivant… Mais y a un type dans ce fossé, et il est très très mort. Attends là deux secondes… »

Il ne savait pas trop ce qu’il était censurer ou pas et puis bon il n’était pas son père alors il l’avait prévenue pour le corps, elle était libre de venir voir ou pas. Il enjamba le fossé et se pencha au-dessus du macchabée pour tenter d’en savoir plus. Le bonhomme était dans une position impossible, déjà tout raide, une jambe complètement disloquée – probablement à cause du passage du 4x4 dessus et un deuxième sourire sous le menton, là où une lame s’y était enfoncée. Et Ezio commençait à avoir une petite idée de l’identité du voleur. Parce que bon, quelles chances y avait-il pour deux criminels patentés aient emprunté cette route le même jour au même moment, hein ? A moins que le Maine ne soit vraiment un réservoir à psychopathes. Ezio rejoignit la route et alla récupérer son téléphone satellite pour appeler la police et faire une déclaration anonyme, puis fit signe à Daneel.

« Allons-y avant que les uniformes arrivent. Je reprends le volant, si tu veux bien. Si c’est Dyeon qui a tué ce pauvre gars pour lui piquer sa poubelle roulante, ça doit bien faire plusieurs heures qu’il est passé. »

Il se remit derrière le volant, régla tout ce qu’il y avait à régler et démarra en laissant de la gomme sur le bitume. C’était cool de voir enfin de ses yeux une piste pour traquer Dyeon – enfin, pas cool pour sa victime, mais bref. Peu importait la voiture que ce toxico avait volé, Ezio était sûr qu’il irait plus vite. Avec de la chance, ils le rattraperaient avant la prochaine ville, ce qui lui faciliterait la vie. Il jeta un coup d’œil en coin à Daneel à côté de lui.

« Ça va, t’es pas trop choquée ? Ce mec était déjà mort, mais je comprendrais que ça te fasse cauchemarder pour les nuits à venir. »

Il voulait bien croire qu’elle égorgeait des moutons et tout ça, mais un bonhomme mort, c’était pas la même chose qu’un mouton mort. Quoiqu’après tout, il n’avait aucune idée de comment les amishs dealaient avec leurs malades, blessés et morts, vu qu’ils n’avaient pas d’hôpitaux, ni de morgues. Et des cimetières ? Aucune idée.
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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Lun 29 Sep - 15:51

Ezio ne semblait pas la croire quand elle clamait avoir roulé sur une botte et rien de plus. Du moins, c’est ce qu’elle en déduisit en le voyant s’approcher du fossé, d’un air perplexe, elle sur ses talons. Mais pas trop non plus, si elle venait effectivement d’écraser un vieux pêcheur – parce que qui d’autre porte des bottes telles que celles-ci ? – comme on écrase un chien dans une ruelle, Daneel n’était pas sûre de vouloir voir de ses yeux le résultat. Aussi resta-t-elle sagement en retrait quand il le lui demanda, pour sa propre santé mentale, croisant les doigts de toutes ses forces pour que ce ne soit pas elle qui ait mis fin aux souffrances d’un pauvre vieillard allongé sur la route. Déjà, on pouvait clairement se demander ce qu’il foutait allongé sur la route, aussi peu fréquentée soit-elle. Si on poussait le raisonnement vraiment loin, on pouvait bien se dire que c’était fait exprès, qu’il avait des tendances suicidaires, peut-être lui avait-on diagnostiqué un cancer ou une maladie du cœur ou l’Alzheimer ou Dieu sait quoi encore, et du coup, il n’attendait que ça, que quelqu’un lui passe dessus avec un 4x4, un semi-remorque ou autre chose de radical dans ce goût-là. Dans ce cas-là, c’est une bonne action qu’elle aurait accompli. Ce qui ne changeait rien au fait qu’elle ne voulait toujours pas voir à quoi ça se ressemblait, même si entre-temps, elle était parvenue à se convaincre que ça ne pouvait pas être plus moche qu’un mec au torse défoncé par la roue d’une carriole.

Le verdict tomba et Daneel fut soulagée d’apprendre qu’elle n’avait écrasé personne de vivant. D’accord, alors c’était quoi ? Un mannequin ? Quelqu’un déjà mort ? Et comment pouvait-on le savoir, d’abord ? Ça, ça l’intriguait plus que ça n’aurait dû et elle s’approcha précautionneusement de la scène de crime tout en restant à bonne distance, tout de même, juste de quoi avoir un visuel, en somme. On aurait dit qu’un échappé d’un musée de cire gisait dans ce fossé. Une statue de cire décorée d’une plaie béante au niveau du cou et de peinture rouge pour le sang. Sauf que c’était du vrai sang et que ce type n’avait probablement pas le teint aussi cireux il y a quelques minutes de ça seulement. Bon eh bien ce n’était pas la pire chose qu’elle ait vue de sa vie mais pas la meilleure non plus et elle afficha une moue passablement dégoûtée sans même s’en rendre compte. Le chasseur de primes sortit de là et alla chercher son téléphone, après quoi il passa un coup de fil à ce qui devait être la police. Il ne dit pas son nom mais la jeune fille pensait qu’on avait dû le reconnaître, il avait une voix tout à fait singulière, après tout, et l’idée que les flics du coin ne le connaissaient peut-être pas ne lui effleura même pas l’esprit. Dans son esprit, c’était pour eux qu’il bossait, donc tous devaient forcément le connaître.

Elle fut donc d’autant plus surprise de l’entendre dire qu’il valait mieux mettre les voiles avant que les policiers n’arrivent mais elle n’avait pas la moindre objection à mettre, pas plus qu’elle n’en avait au sujet de qui conduirait et c’est en silence qu’elle regagna le côté passager. Et ils repartirent en trombe sans un regard en arrière pour la statue de cire. Daneel remarqua soudain qu’elle avait l’impression bizarre d’être vidée de toute son énergie, peut-être que ça avait eu un impact un peu plus important sur elle que ce qu’elle voulait bien admettre mais elle s’en remettrait et elle commença par appuyer son front contre la vitre tout en regardant le paysage défiler à une vitesse bien plus affolante que celle de tout à l’heure. Il fallait voir les choses du bon côté, c’était une très bonne chose qu’elle se soit sortie de sa communauté et comme elle n’avait pas l’intention de devenir chasseuse de primes, elle n’aurait sans doute plus l’occasion de voir des cadavres, bien qu’on ne sait jamais, hein, mais oui, c’était une très bonne chose.
Ezio la sortit de ces pensées fort réjouissantes en lui demandant si ça allait. Oui bien sûr, comme quelqu’un qui vient de rouler sur un mec mort, quoi. Et qui, s’il n’était pas tout à fait raide mort avant que ça n’arrive, venait de l’achever d’un coup de roue dans la tête. Enfin, sur la jambe à en juger par l’angle étrange qu’elle formait.

    « Ça ira, je pense, j’ai vu pire. Puis j’ai pas trop regardé en détails. »


Et elle s’en féliciterait tous les jours pour le reste de sa vie. Puis elle se décida enfin à tourner la tête vers le jeune homme, bien décidée à tourner la page. En partant de la dégaine du cadavre, ils pouvaient peut-être déterminer quel type de voiture il conduisait et alors, ça serait sûrement plus facile de mettre la main sur Dyeon, non ? C’était probablement une idée de gamine tout ce qu’il y a de plus stupide mais ça ne coûtait rien d’essayer et ça lui donnerait la sensation d’être un peu plus utile à la cause.

    « On peut pas déduire quel genre de voiture ce mec conduisait ? Comme ça, dès qu’on en voit une correspond, on a plus qu’à vérifier si c’est Dyeon qui la conduit. Moi je pense que ce gars ne devait pas être bien riche, vu sa tenue, et qu’il devait conduire une poubelle ambulante. Si la voiture est proportionnelle à la taille de son propriétaire, alors c’est peut-être un pickup… ou peut-être pas, je sais pas comment vous fonctionnez. »


Elle entendait par-là qu’elle ne savait pas comment fonctionnaient les hommes en général, puisqu’elle n’en était pas un et que les Amish sont peut-être tout aussi différents sur ce point que sur le reste. Les hommes Amish voulaient toujours les plus gros bœufs pour prouver qu’ils pouvaient abattre plus de travail que les autres en un temps donné mais elle espérait bien que les hommes anglais étaient moins primitifs que ça, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Même si, dans ce cas précis, ça leur servirait bien de pouvoir se fier aux stéréotypes.

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Mar 30 Sep - 19:52

Aaaah, le monde extérieur, ses hamburgers, ses distributeurs de malbouffe, ses télés et bien sûr, ces paysans morts sur le côté de la route. Ezio espérait vraiment que Daneel continuait à apprécier la balade. Ça semblait être le cas, cependant. Ou du moins, elle n’était penchée par-dessus la vitre, en train de vomir, et Ezio ne lui en demandait pas plus. Ça donnait encore une fois une idée de l’enfer qu’elle avait dû vivre au quotidien chez cette secte de tarés barbus. Une gamine en béton armée, donc. D’autant plus qu’elle enchaînait déjà comme une pro, probablement aussi pour changer de sujet. Ça lui convenait, ce n’était pas forcément le genre de conversation qu’il appréciait, les macchabées, et puis le boulot, c’était le boulot, et autant se concentrer dessus. Dyeon n’était plus très loin et autant lui mettre la main dessus avant qu’il ne s’en prenne à une petite vieille pour lui piquer son fauteuil roulant à moteur. Il écouta sa réflexion en hochant la tête. Mh-mh, tout à fait, bien joué, et d’ailleurs, il comptait en fait un peu sur elle aussi pour ce genre de chose.

« Ouaip, t’as raison. Il avait l’air d’être un travailleur à la journée, bottes usées, fringues usées, une paire de gants à la ceinture, peut-être un employé de ferme ou d’usine, il n’y a que ça dans le coin, non ? Je penche aussi pour le pick-up, la voiture du bosseur sans le sou lambda, le genre de caisse qu’on a croisé cent fois ici déjà, ce qui ne nous arrange pas vraiment. »

Mais ce qui les arrangeait plus c’était l’état probable de ladite voiture, compte tenu de l’apparence du mort. Le type n’avait pas beaucoup d’argent, c’était clair, la vie devait être dure – enfin, c’était toujours mieux que d’être mort, mais bon. Ezio imaginait une tire qui tenait à peine de bout et qui n’était pas faire pour prendre l’autoroute, le réservoir d’essence à peine rempli, juste de quoi faire l’aller-retour quotidien. En gros, le toxico n’irait pas vite et pas loin. Il aurait gagné à trucider le propriétaire d’une voiture de sport ou d’un hummer, mais ça ne courait pas les rues du Maine, ce genre de conducteurs.

Ils roulèrent ainsi une bonne demi-heure, en croisant des voitures de temps en temps, mais aucune qui ne corresponde à ce qu’ils cherchaient. Puis au loin, Ezio repéra une masse sur le bord de la route. En s’approchant, il distingua la forme d’un pick-up. Eh ben tiens. Planté tout seul sur le bas côté, la portière passager ouverte. Le chasseur de primes ralentit, rangea sa voiture derrière le pick-up. Pourri, comme prévu. Oh, allez, ça faisait trop de coïncidences… Ezio regarda la forêt qui bordait la route et dans laquelle l’idiot avait dû s’enfoncer. Il était vraiment désespéré. Sûrement effrayé aussi de ne pas avoir pu atteindre la prochaine ville. Bon eh bien, ils approchaient du but. Enfin, d’un premier but. Une fois qu’Ezio l’aurait attrapé, il allait devoir conduire Dyeon jusqu’à la ville digne de ce nom la plus proche – c’est-à-dire une ville assez grande pour avoir autre chose que deux shérifs ventrus en guise de représentants de l’ordre. Un trajet qui s’annonçait d’ores et déjà comme génial… Il n’était pas sûr qu’il ait prévenu Daneel à ce sujet, d’ailleurs. Peut-être bien qu’elle préfèrerait faire du stop, du coup. Enfin, encore fallait-il déjà attraper l’idiot du village. Ezio sauta à terre et alla posa la main sur le capot du pick-up.

« Encore tiède. Il ne doit pas être loin. Génial, j’adore traquer un débile dans la forêt… »

Ironie, bien entendu. Le Texas n’était particulièrement connu pour ses vertes forêts. Il n’avait aucun souci à traquer un criminels via son téléphone, sa carte bleue ou grâce aux témoins qu’ils croisaient, mais ici il n’y avait rien de tout ça. Bon eh bien, c’était en faisant qu’on apprenait. Il se tourna vers Daneel et hésita un moment. Elle était probablement plus familière des marches en forêt mais tout de même, elle n’était pas un trappeur du grand nord. Et Dyeon était dangereux, et très probablement armé, depuis le début – avec quoi, ça restait encore obscur. Une lame, Ezio pariait là-dessus. Il aurait été bien incapable de faire un tir correct avec un flingue et de toute façon, ça n’était pas son truc, à ce petit drogué.

« Si je te demande de m’attendre dans la voiture, tu le feras ? »

Il préférait encore qu’elle soit honnête tout de suite plutôt qu’elle se laisse sagement enfermer dans la voiture avant d’en sortir pour s’aventurer à sa suite toute seule. Il ne pouvait quand même pas décemment la menotter au volant, n’est-ce pas ? Non, ça serait pas correct.
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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Mer 1 Oct - 14:53

Ça l’ennuyait un peu de le reconnaître, mais c’était vrai, dans le coin il n’y avait que des usines et des fermes. Etant donné qu’ils approchaient peu à peu de la côte, son idée de pêcheur n’était probablement pas totalement infondée non plus mais il lui manquait le chapeau et le ciré, à ce type. Bref, qu’il soit fermier ou qu’il bosse à l’usine, le pick-up faisant office de relique était certainement la voiture qu’ils recherchaient et c’est vrai qu’ils étaient légion par ici mais Daneel ne perdait pas espoir pour autant, convaincue qu’elle était que c’était là la bonne procédure à suivre. A chaque fois qu’un pick-up pointait le bout de son nez, elle ressentait une montée d’adrénaline et autant dire que ça arrivait de temps en temps. Cela dit, ils n’étaient jamais assez amochés pour correspondre à ce qu’ils cherchaient. Et c’était très bien, soit dit en passant, ça lui permettait d’éviter de penser à la scène morbide de tout à l’heure qu’elle avait déjà pratiquement oubliée. Pratiquement car il lui arrivait encore de se demander si d’autres cadavres jalonneraient leur route, mais ce ne fut pas le cas, fort heureusement. En revanche, au bout d’une demi-heure environ, ils finirent par miraculeusement tomber sur un véhicule ressemblant à l’idée qu’ils s’en faisaient dans leur tête, telle une baleine échouée sur le bord de la route.

Tout concordait et si c’était bien Dyeon qui avait négligemment abandonné le pick-up, alors il avait dû s’enfoncer dans la forêt qui se trouvait en bordure de route, soit juste devant eux, à présent. Ce n’était pas un peu crétin comme façon de faire, ça ? Non parce que bon, il aurait pu aller tellement plus vite avec un véhicule, aussi déglingué soit-il. Maintenant il devait fuir à pied dans une forêt qu’il ne connaissait sûrement pas plus qu’Ezio. Ni qu’elle, soit dit en passant. Il y a plein de gens qui viennent chasser dans les forêts du Maine justement parce qu’elles sont immenses et qu’il y a du gibier à profusion. Alors c’était vraiment stupide de la part de ce gars, voilà ce qu’elle en pensait. Mais d’un autre côté, si le chasseur de primes avait raison et qu’il se trouvait actuellement dans un sale état, il ne pourrait pas aller très loin sur un terrain accidenté et ce, même s’il avait abandonné le pick-up là il y a des heures de cela. Ce qui ne semblait pas être le cas, puisqu’Ezio venait de descendre de voiture pour vérifier. La jeune fille ne savait trop comment mais, une fois de plus, elle lui faisait confiance à ce sujet. Daneel s’accorda quelques secondes pour réfléchir à la question du géant. Elle avait dit qu’il ferait tout ce qu’il lui demandait s’il acceptait de la prendre avec lui et elle n’avait pas menti jusque-là mais c’était peut-être le moment de le faire. En effet, comme il venait de le dire, les forêts ce n’était pas son truc et à elle non plus, au demeurant, mais elle s’y connaissait un tout petit peu, quand même, et avait prouvé qu’elle avait le sens de l’orientation. En clair, encore une fois elle était persuadée de pouvoir être utile.

    « Je crois pas, non. On irait plus vite à deux et puis au moins, je serais sûre que tu n’iras pas te perdre. »


Et elle disait ça avec le plus grand sérieux. C’était lui qui avait veillé sur elle, en quelque sorte, jusque-là mais à présent c’était à son tour d’intervenir. Puis bon, Daneel n’était pas stupide, elle avait bien compris qu’une fois qu’il aurait enfin mis la main sur le toxico, elle devrait dégager, alors ça serait bien bête de passer ces dernières minutes de tranquillité toute seule dans la voiture pour ensuite se lancer sans filet dans le grand monde. Alors oui, elle préférait l’accompagner et sans perdre plus de temps à tergiverser à ce propos, sinon Dyeon n’en finirait pas de prendre de l’avance.

    « On y va ? »


La jeune Amish entra dans la forêt sans la moindre hésitation et estima que c’était dangereux pour elle d’être la seule à ne pas avoir d’arme, aussi s’arma-t-elle d’une bûche assez lourde. Ça ne ferait sans doute pas le poids à côté d’armes comme celles que possédaient le chasseur de primes, mais elle doutait que Dyeon ait ce genre de gadgets en sa possession. Et quand bien même ça serait le cas, une balle ne pouvait-elle pas venir se loger dans une bûche et ne pas faire plus de dégâts ? Puis ne jamais sous-estimer une bûche, ça peut franchement casser quelques dents.
Dès l’instant où elle avait mis le pied dans les bois, elle avait tâché de prendre ses repères. Un chêne, un orme, oh un érable, parfait ! Bon après, s’il n’y avait que ça dans cette forêt ça serait bien galère de s’y retrouver mais autant ne pas penser à ça. Puis pour ce qui était de vérifier si le fugitif n’était pas tranquillement tapi dans un buisson à attendre sagement qu’ils passent par-là pour les planter, elle faisait confiance à Ezio et son œil de lynx.

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Jeu 2 Oct - 18:06

Ezio ne pouvait pas prétendre connaître Daneel mais il ne fut pas surpris quand elle lui annonça que non, elle ne voulait pas rester à l'attendre dans la voiture et à tuer le temps en écoutant Radio Catho ou quelque chose comme ça. A sa décharge, elle lui avait répondu droit dans les yeux et d'un ton calme et assuré, et ce fut ça plus que le reste qui fit qu'Ezio décida de ne pas se battre. Si elle avait joué les ados hystériques en quête d'adrénaline et d'une bonne histoire à raconter plus tard, peut-être bien qu'il l'aurait menottée au volant, mais non, il était clair qu'elle n'était pas stupide. Il n'avait même pas besoin de lui refaire le briefing "reste prés de moi, fais tout ce que je te dis, si ça chauffe planque-toi et attends que ça passe" etc. Elle n'était pas suicidaire après tout, elle avait l'intention de vivre une nouvelle vie, après ça. Et même s'il était sûr qu'il ne perdrait pas parce qu'il avait une boussole sur lui, évidemment, il n'était pas non plus certain de retrouver la trace de Dyeon. Aller de n'importe à la voiture, il saurait faire. Retrouver quelqu'un en errant dans les bois, ça serait plus compliqué. Bon, eh bien, oui, ils y allaient. Il emboîta le pas à la jeune fille et la vie se saisir d'une grosse branche, ce qui, finalement, contre un type comme Dyeon, était peut-être la meilleure arbre possible. Elle aurait plus d'allonge que lui en cas d'attaque. Mais rien n'égalait une bonne vieille arme à feu, tout de même. Il fouilla dans son sac et en sortit son Smith & Wesson M&P à canon court. Enfin, ça n'était pas vraiment le sien, en vérité, tous les flics des États-Unis avaient été armés de S&W à un moment ou à un autre et c'était un ami à lui qui lui avait dégoté celui-là (en le "perdant" pendant une mission) - et qui s'était fait virer de l'école de police de New York pour ça. Mais bon, ce qui était donné était donné et Ezio s'était bien gardé d'aller rendre l'objet "disparu". Il fit signe à Daneel.

« Tu as déjà tiré avec ça ? C'est aussi simple que conduire une voiture, regarde : le barillet est plein, six coups, pas un de plus, et tu dois recharger à chaque fois, comme ça, c'est pas un automatique mais un vieux flingue des années dix. Tu peux garder le doigt sur la gâchette sans souci, il est pas sensible, et si tu dois tirer, fais-le à deux mains parce qu'il est un peu lourd et que le recul décolle légèrement les rétines, et laisse pas tes pouces entre le chien et la culasse sinon tu pourras leur dire adieu. »

Et sans pouces, c'était sûrement chiant, la vie. Il l'aimait bien, ce petit flingue, c'était pour ça qu'il aurait pu en parler des heures tout en lui montrant les quelques gestes élémentaires pour illustrer ses propos. Il était trop petit pour qu'il l'utilise, en vérité, mais convenait bien à quelqu'un du gabarit de Daneel. C'était un vieux modèle, mais de la qualité, et qui tirait malgré tout du calibre .38, de quoi stopper Dyeon peu importait l'endroit où elle le toucherait si elle y arrivait. Mais bon, évidemment, ça restait une dernière mesure. Elle avait sa branche, et lui-même comptait bien se charger de Dyeon de ses propres mains.

« C'est juste au cas où, d'accord ? Si on lui tombe dessus, c'est moi qui bosse, c'est mon job. C'est juste... au cas où. »

Au cas où, quoi. Bref. La forêt, dans le Maine, apparemment, et telle que la décrivait un certain auteur, avait l'air d'une entité propre, vivante. A savoir qu'elle était dense, glaciale, sombre et qu'Ezio ne pouvait pas faire un pas sans se prendre une branche dans la gueule, branche qui semblait animée de sa propre volonté. Ils n'avançaient cependant pas au hasard. Dyeon, après tout, était aussi texan et ignorant des balades dans les bois qu'Ezio, et en plus de ça il trainait sérieusement la patte. Le chasseur de primes n'était pas un Sioux mais il lui semblait bien quand même que ces arbustes dévastés et ces branches cassées témoignaient du passage brutal d'un être humain. Ou alors, c'était un sanglier ou un truc comme ça. Ah tiens, il n'y avait pas pensé, à ça.

« Dis, y a quoi dans vos forêts, des loups, des ours ? Des chasseurs ?? »

Ça serait bête de se faire plomber le cul par un collègue, tout de même. Il doutait que l’État du Maine ait fait de ses forêts une réserve naturelle et donc protégée. La faune locale ne devait donc pas être contrôlée et ça ne l'aurait pas étonné d'apprendre qu'il y avait des couguars ou des tigres à dents de sabre qui se baladaient entre les arbres. Pourquoi pas des elfes et des des sorcières, aussi ? Et donc il était là à se frayer un chemin dans la nature, pas très discrètement qui plus est, en détestant ça et sans se douter que ce genre de balade serait son destin dans un avenir proche. Il s'arrêtait régulièrement pour écouter le silence, ou plutôt le non-silence de la forêt, essayant d'entendre du mouvement autre que le leur, et parfois, se fiant aux indications ou à l'instinct de Daneel ou du sien pour se diriger. La bête se réveillait en lui. Non, franchement, ils étaient proches, il le sentait sans savoir comment.
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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Ven 3 Oct - 15:07

Ezio approuvait son initiative de s’armer d’une bûche. Ou en tout cas, il ne désapprouvait pas et c’était bien et c’était tout ce qui comptait. En revanche, il la pensait manifestement prête à se trimbaler une vraie arme, de celles qui tirent des trucs plutôt que de seulement s’abattre sur la face de gens qui le méritaient tout à fait. C’était un style. Daneel observa longuement l’objet sous toutes ses coutures tout en essayant d’en intégrer le fonctionnement sans pour autant l’essayer. Alors non, elle n’avait bien sûr jamais tiré avec ça auparavant, elle ne voyait pas du tout où et quand elle aurait eu l’occasion de le faire, les Amish ne se servant que de fusils et encore, c’était vraiment très, très, rare. Pas de tir à la carabine lors de fête foraine ni rien de tout ça, c’était la première fois qu’elle tenait une arme à feu et elle après que celle-ci n’était pas une automatique, contrairement au 4x4, donc. Elle se demanda un court instant si ça avait un rapport ou pas du tout avant de lâcher l’affaire pour se concentrer sur les explications du jeune homme. Six coups maximum, recharger à chaque fois, tenir à deux mains et ne pas laisser traîner ses pouces, roger that. Et oui, inutile de préciser qu’elle ne devait s’en servir qu’en cas d’extrême urgence. Elle ne tenait pas à lui voler la vedette, ça c’était certain.

La jeune fille hocha la tête, tenant une arme dans chaque main et ils se remirent en route. Ce n’était pas de la paranoïa, il y avait des craquements qui résonnaient de toute part. Mais ça s’expliquait par la présence d’une faune assez variée. Daneel n’avait jamais su nommer tous les animaux vivant dans la partie la plus boisée du Maine, tout simplement parce qu’elle était plus « citadine » que forestière, hein et qu’elle n’entrait dans la forêt que pour aller chercher des champignons quand c’était la saison, point final. Mais elle savait qu’il y en avait beaucoup et que c’était notamment pour ça que des gens faisaient le voyage pour venir joyeusement abattre de gentils petits animaux qui n’avaient rien demandé, pour leur part. Tout ça pour accrocher une saloperie de trophée au-dessus de leur cheminée ou pour manger de la biche, ça devrait tout simplement être interdit parce que ce n’était pas nécessaire à la survie d’un être humain. La preuve, elle s’en sortait très bien, étant végétarienne, hein. Alors c’était pour tout le monde pareil. Enfin bref, plus tard elle brandirait très certainement des pancartes en scandant des slogans lors d’une manifestation pour les droits des animaux ou ce genre de trucs, ça la branchait bien.

C’était très clair qu’ils étaient sur la bonne voie, étant donné que la personne qui était passée avant eux avait quasiment tout détruit sur son passage. Et tout le monde sait très bien que même les animaux sont respectueux de leur environnement, il ne pouvait donc s’agir que d’une brute humaine. C’est alors qu’Ezio l’interrogea sur les habitants de ces bois, ce qui était légitime, même qu’elle s’attendait à ce qu’il le fasse plus tôt. Mieux valait connaître les ennemis auxquels l’on pourrait éventuellement avoir à se confronter, mais ça prouvait bien qu’il n’était pas coutumier des balades en forêt. Elle réfléchit un instant pour ne pas dire de bêtises.

    « Des loups et des ours, oui certainement, mais pas aussi près de la route, je pense qu’il faut vraiment s’enfoncer loin pour en croiser. Jeremiah Winston a dit un jour qu’il avait croisé un lynx mais j’en doute fortement. Et des chasseurs, oui, bien sûr. Par contre, je sais pas jusqu’à quand s’étend la saison de la chasse exactement. »


Il fallait prendre ça en compte aussi, évidemment, même si certains n’hésitaient pas à transgresser les règles de temps à autre, de vrais Van Pelt en herbe. Pour l’instant, il n’y avait pas de bruit suspect. Ou alors il y en avait plein et il fallait faire le tri entre ceux que des animaux auraient pu produire et les autres. C’était au choix, mais Daneel se fiait à ce qu’elle voyait plutôt qu’à ce qu’elle entendait, qui aurait pu être très trompeur. Ces branches cassées sans la moindre délicatesse indiquaient qu’un machin assez lourd était passé par-là. Et elle n’avait pas tort puisqu’ils finirent par tomber sur des empreintes, bien nettes, là où la terre se faisait plus boueuse. Ce n’était pas le moment de se faire repérer, aussi la jeune Amish attira-t-elle silencieusement l’attention du chasseur de primes sur les empreintes qu’il leur suffisait de suivre comme lors d’une chasse au trésor. Et puis enfin, ils le virent, s’abreuvant à un tout petit ruisseau comme si l’eau était potable… Cela dit, ça ne pouvait pas lui faire plus de mal que la drogue, supposait-elle. Elle prit alors conscience qu’il était effectivement très laid et qu’il avait finalement renoncé à cette fausse barbe.

Bien alors, quel était le plan, maintenant ? Ezio surgissait des fourrés tel un diable sortant de sa boîte pour lui sauter dessus, lui passer les menottes et lui citer ses droits, ou alors il restait tranquillement à l’abri, le temps de le viser ? Disposait-il de fléchettes anesthésiantes ? Si elle était chasseuse de primes, elle ne voudrait que ça pour travailler, ça avait l’air drôlement efficace. Ou sinon, il pouvait aussi divertir Dyeon le temps qu’elle se faufile derrière lui pour l’assommer ! Bon, après, il faudrait le transporter jusqu’au 4x4, mais bon, ça ne devrait pas trop poser de problèmes à une montagne comme Ezio.

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Lun 6 Oct - 0:05

Okay, bon, peut-être que la question de savoir quelles créatures mystiques et légendaires vivaient dans ces bois, il aurait dû la poser à Daneel avant de rentrer dans ces bois, justement, ça aurait été utile. Pour le coup il n’avait pas été pro, tellement pressé qu’il était de mettre la main sur Dyeon, et en plus, dans l’histoire, c’était surtout lui que ça désavantageait vu que Daneel avait l’air d’en savoir beaucoup plus que lui sur le sujet, ce qui était somme toute normal. Bien joué, le chasseur de primes. Des loups, donc, bon, pour ce qu’il en savait les loups ne s’attaquaient pas aux hommes, surtout pas dans ce genre d’endroit où ils devaient avoir largement de quoi ne pas crever de faim. Des ours, alors là ça avait l’air légèrement plus pénible à gérer, mais pas si près de la route, soit, c’était plutôt une bonne nouvelle. Et il décida de croire Daneel plutôt que Jeremiah sur l’histoire du lynx parce qu’il ne savait pas qui était ce type alors qu’il avait eu le temps de se familiariser avec la jeune fille, qui jusqu’à présent d’ailleurs avait été de bon conseil. En fait le plus chiant dans l’histoire c’étaient les chasseurs, surtout s’il s’agissait de débiles à la gâchette facile qui tirait dès qu’un branche craquait. C’était un coup à se prendre de plomb dans les joues et ça pouvait très vite devenir sanglant. Et puis aussi, un ours, à la limite, Ezio pouvait lui faire sauter le crâne avec son fusil, alors qu’un chasseur, tout de suite, c’était plus compliqué, juridiquement et tout, de lui faire sauter la cervelle.

Dans tout ça, Ezio avançait un peu à l’aveuglette si ce n’était en suivant les brindilles cassées, jusqu’à ce que Daneel attire son attention sans un mot sur des empreintes de pas. Grandes, indiscutablement celles d’un homme, qui en plus ne marchait pas d’un pas très assuré. Jackpot, donc. Et effectivement, le bonhomme était là, quelques dizaines de mètres plus loin, en train de laper l’eau marron d’une rivière comme une vache. Ce type était vraiment un cas. Et là, tout de suite, Ezio fut tenté de lui coller une balle dans le dos pour en finir, mais son petit côté matérialiste n’était pas d’accord. Un criminel mort, c’était la moitié de la prime en moins. Et ça, c’était grave. Et puis il appréciait l’idée que Dyeon soit jugé et condamné pour ce qu’il avait fait, aussi. Bon. Ezio sortit des fourrés, fusil pointé vers le toxico.

« Retourne-toi lentement et garde les mains loin de tes poches, copain. »

Il vit Dyeon sursauter et se retourner d’un coup en fourrant les mains dans ses poches. Putain, on pouvait plus compter sur personne, par les temps qui couraient. Comme prévu, parce que depuis le temps, Ezio le connaissait, le toxico dégaina un couteau à cran d’arrêt pourri. La seule chose qui aurait pu foutre la trouille à Ezio en voyant ce cure-dents c’était de choper une maladie plus que se faire planter si cette lame l’entaillait. La gueule de Dyeon valait le détour, aussi. Eh ouiiiii, coucouuuuuu ! Ses yeux étaient écarquillés au maximum, injectés de sang et son visage était comme fait de cire. En gros, il avait un peu la tête d’un serial killer psychopathe. Il n’allait clairement pas faire demi-tour et s’enfuir, ni se rendre. Ezio le voyait dans ses yeux fous, et Dyeon se jeta sur lui en braillant, son couteau levé bien haut. Le chasseur de primes fit tourner son fusil autour de son doigt et s’en empara de nouveau, crosse en avant, pour le cueillir d’un coup bien placé dans le front, et le toxico trébucha en avant, vers là où se tenait Daneel la dernière fois qu’Ezio l’avait vue trente secondes plus tôt.

« Allez, laisse tomber, Dyeon, t’es foutu, aggrave pas ton cas. »

Ouais, les négociations, c’était pas son truc. L’autre ne pouvait pas aggraver son cas, en vérité, et il le savait très bien. Il se releva, et il n’avait toujours pas lâché son couteau, faisant face à Ezio et tournant le dos aux fourrés et bordel, Ezio allait devoir le tuer, nom de Dieu ! Ça l’emmerdait vraiment.

« Zuis mort de t'te façon alors autant te buter aussi ! »

« Non mais t’es complètement jeté, ma parole, tu t’entends parler, mon pauvre ? Allez, laisse-toi embarquer, tu verras y a plus de meth en prison que dans tout l’État du Texas et du Nouveau-Mexique réunis, tu vas adorer ça. »

Il s’était enjôleur, et si ça c’était pas être diplomate, alors Ezio ne savait pas ce que c’était, et le pire c’est que c’était sûrement vrai. Dyeon prit quand même une seconde pour y réfléchir, également, et il y eut un moment de flottement entre eux, qu’Ezio aurait pu mettre à profit pour lui donner un nouveau coup de crosse, mais c’était trop tard, le moment était passé et l’autre s’était de nouveau mis en position de combat. Il allait le faire chier jusqu’au bout, apparemment.
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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Lun 6 Oct - 14:51

Daneel resta tapie dans les buissons tandis qu’Ezio se découvrait de la façon la plus théâtrale qui soit. C’était une décision prise à brûle-pourpoint, mais on ne savait jamais ce qui pouvait se passer, les choses pouvaient tourner mal et dans ce cas-là, elle interviendrait. D’autant que ce Dyeon ne semblait pas être au courant de sa présence, ou s’il le savait, il l’avait très probablement oublié ce qui était un avantage certain pour eux. La jeune fille chercha un meilleur point de vue et ça aussi, c’était une bonne chose, puisque peu de temps après, le drogué s’en approcha dangereusement, au point de la remarquer si elle était restée là. Heureusement pour eux, donc, il ne la vit pas et repris son échange de gentillesses avec le chasseur de primes. Pendant ce temps-là, Daneel devenait légèrement paranoïaque sur les bords et se disait que ces petits arbustes étaient drôlement fourbes à ressembler à des mecs de loin, comme ça. Ça n’en était pas et c’était un certain soulagement de savoir que Dyeon ne s’était pas fait des amis sur le chemin, des amis toxicomanes prêts à l’aider en échanger de drogue, allez savoir sous quelle forme, en plus. Elle était trop occupée à différencier les arbres de possibles mecs et aussi à écouter des bruits de pas qui n’existaient que dans sa tête pour écouter ce qui se disait et tout ce qu’elle capta fut qu’il y avait autant de drogue en prison qu’en dehors. Eh bien, c’était encourageant, ça.

Quoi qu’il en soit, les choses ne s’arrangeaient pas et Ezio mettait un temps fou à lui tirer dessus. C’était sûrement le bon moment pour elle d’intervenir mais elle tardait. C’était simple pourtant, le jeune homme lui avait bien montré comment se servir de son arme et elle était tout à fait certaine de pouvoir le faire, mais à mesure que le temps passait, des doutes s’insinuaient dans son esprit. Tant pis, arrivait un moment où il fallait arrêter de réfléchir pour agir et c’est précisément ce qu’elle fit, sortant des fourrés, pointant le flingue sur Dyeon, visant le cœur sans même sans rendre compte et tirant. Mais elle ne le tua pas, le recul était effectivement puissant et puis il ne s’agissait là que de son premier tir, c’est son bras gauche qu’elle atteignit, ce qui n’était déjà pas si mal puisque ça lui avait fait lâcher son couteau et qu’il pourrait continuer de marcher jusqu’à la voiture sans qu’ils n’aient besoin de le porter. Daneel se retint tout juste d’effectuer une petite danse de victoire mais ce n’était pas l’envie qui manquait.

La jeune Amish ignorait à quel point ça pouvait être douloureux, mais elle songeait que Dyeon était une véritable drama-queen et qu’il sur jouait à fond pour se rouler par terre comme un gosse à qui on interdit d’acheter un paquet de chips ou de bonbons. Il était même carrément en train de se rouler dans le ruisseau boueux auquel il s’abreuvait il n’y avait pas de ça dix minutes. A tous les coups, il allait dégueulasser la voiture d’Ezio et c’était problématique, selon elle. Soit, elle attendit patiemment que le géant lui passe les menottes, lui lise ses droits et ainsi de suite. En vérité, elle n’avait pas non plus la moindre idée de comment c’était censé se passer à ce stade. Est-ce qu’Ezio pouvait lui lire ses droits comme un agent assermenté ou ce genre de trucs ? D’ailleurs, était-il seulement assermenté ? Ensuite, elle rejoignit le chasseur de primes et lui tendit son arme. Non, elle ne lui brûlait pas les mains et elle ne tenait pas absolument à le lui rendre, au contraire, elle le trouvait même quelque peu rassurant, ce qui serait sûrement encore plus le cas une fois qu’elle saurait s’en servir correctement, mais c’était son arme et elle n’était pas une voleuse.

    « Tiens, j’aime autant te le rendre maintenant, j’ai jamais été très fan des adieux larmoyants alors c’est peut-être mieux qu’on se sépare maintenant. Je te dois beaucoup, alors on peut peut-être rester un contact ? S’envoyer des cartes de vœux, ce genre de trucs. Puis si je passe par le Texas, je passerai te dire bonjour ! »


Daneel préférait qu’ils se séparent tout de suite plutôt que d’attendre sur le bord de la route de les voir partir en agitant son mouchoir en guise d’adieux ou même de faire un bout de route avec eux jusqu’à la prochaine ville. D’abord parce que c’était moins émouvant et ensuite parce qu’il valait mieux qu’elle apprenne à se démerder toute seule le plus rapidement possible.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤

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MessageSujet: Re: don't drink or even drive → Ezio   Lun 6 Oct - 21:52

Ezio était bien content de faire face à Dyeon pour voir sa tête quand il comprit qu’on lui avait tiré dessus, puis qu’il comprit en prime que ça n’était pas Ezio. Eh bien il y avait des matins où ça valait le coup de se lever, juste pour assister à ce genre de spectacle. Mieux valait profiter de cet instant que de trop réfléchir au fait que Daneel venait de tirer dans leur direction à tous les deux, et donc dans la sienne, et qu’il aurait très bien pu se manger du petit calibre dans les côtes. Soit elle avait un don exceptionnel et avait fait un tir du feu de Dieu, soit c’était la chance du débutant, toujours est-il qu’elle ne tua personne et blessa pile celui qu’il fallait, et que demande le peuple, après ça ? Il la vit sortir des fourrés, le flingue à la main, et laissa échapper un sifflement en guise de félicitations, un brin admiratif. Voilà une affaire qui avait été rondement menée. A bien y réfléchir, Daneel aurait presque pu aller arrêter Dyeon sans lui. Surtout maintenant qu’elle savait conduire, tirer, se servir d’une douche, d’une télé, commander à bouffer et payer en liquide et rien qu’en liquide. C’était à peu près les seules de base à savoir sur comment mener sa barque dans ce beau pays.

Ezio releva Dyeon et lui passa des menottes aux poignets, les serrant exagérément fort, parce que. Pas besoin d’une quelconque autre formalité, les flics s’en chargeraient quand ils récupèreraient le paquet. A partir de cette seconde, Ezio s’était transformé en transporteur, mais oui, comme Jason. Ils l’escortèrent jusqu’à la voiture, trajet durant lequel il ne cessa de gémir, pleurer et les menacer, principalement de porter plainte contre violences policières, sauf que bon, Ezio n’était pas un flic et Daneel non plus et il y avait même de fortes chances pour que les empreintes de la jeune fille n’ait jamais été enregistrées dans les fichiers de la police donc personne n’irait la retrouver. Sinon quoi, Dyeon allait leur décrire « une jeune amish » ? C’était pas comme s’il y en avait des milliers dans la région… Ezio jeta Dyeon sur la banquette arrière en regrettant de ne pas avoir son pick-up parce que ce type ne méritait pas sa banquette en cuir, mais bon. Il allait lui dégueulasser la voiture de sang, aussi… Après l’avoir considéré quelques secondes d’un air dubitatif, Ezio consentit à lui faire en bandage sommaire avec trois bouts de tissus, juste histoire qu’il ne canne pas à l’arrière de son 4x4.

Daneel lui tendit son arme et prononça l’équivalent d’un discours d’adieu qui arracha un sourire à Ezio. Décidément, cette gamine qui n’en était pas une avait un caractère particulier. Il s’appuya sur sa voiture d’un bras, déclenchant un concert de cris étouffés de la part du toxico, qui força Ezio à cogner la vitre du poing en lui faisant les gros yeux.

« T’es sûre que tu veux pas que je te dépose à Bangor, alors ? Remarque, vu avec qui je voyage, maintenant, je te comprends. Garde-le, ce flingue, je te le donne. Il ne reste plus que cinq balles, souviens-toi. T’en auras peut-être besoin dès aujourd’hui, si tu fais du stop. »

Et oui, lui non plus n’allait pas larmoyer ou lui faire un câlin en lui promettant qu’il ne l’oublierait jamais. Quoiqu’il était plus que probable qu’il ne l’oublierait pas, même après des années.

« Merci pour ton aide, j'y serais probablement pas arrivé sans toi. Si tu changes d'avis un jour sur tes choix de carrière, j'espère que tu sauras me retrouver. J’ai pas de cartes de visite, hélas, ni vraiment de chez-moi. Mais si tu passes par Houston, et que tu rentres dans le quartier de Gulfton, tu pourras demander où je suis, tout le monde me connaît ! »

En bien comme en mal, d’ailleurs. Mais son père avait passé sa vie à sillonner les rues de cette banlieue du temps où il portait l’uniforme, et après lui, Ezio aussi avait fait des siennes. Il salua Daneel une dernière fois en se disant qu’il ne la reverrait sûrement jamais, et sauta au volant, direction sa terre natale avec l’autre attardé à l’arrière.
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