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 It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]

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Devlin Monthawk
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Jeu 6 Mar - 22:01

En vérité, et aussi bizarre que ça puisse paraître, Devlin n’était nullement effrayée ou même dérangée par l’idée de se trouver dans la machinerie d’un minuscule bateau, grouillant pourtant de zombies quelques instants plus tôt, à devoir chercher de l’essence dans le noir complet. Au contraire, elle trouvait ça relativement apaisant, bercée par la houle, sans avoir à craindre qu’un walker ne surgisse de nulle part parce qu’en général, ils avaient la délicatesse de s’annoncer par le biais de grognement et autres bruits gutturaux dans le même style. Ou en tout cas, elle trouva ça apaisant jusqu’à ce qu’elle se mette à redouter qu’un coup de vent – ou même autre chose, ce n’était pas les possibilités qui manquaient – ne referme la trappe sur eux, un peu comme la plaque d’égout sur cette pauvre chinoise, attaquée par son voisin lors d’un jour pluvieux. Merde, l’un d’entre eux aurait peut-être dû rester du côté de la trappe pour s’assurer que ça n’arrive pas. Et ce quelqu’un ne pouvait être qu’elle puisqu’Ezio s’occupait de l’essence et que Nessy était encore un peu trop sous le choc pour faire le guet. Cela dit, il n’était pas trop tard pour qu’elle fasse quelque chose de sensé, un peu et elle faisait déjà volte-face quand son ex-mari lui parla du bateau de Bailey, et donc, par extension, du bateau de Nessy, étant probablement leur seul héritier. Puis c’était stupide de toute façon, c’était elle qui tenait l’allumette.

Ca, il n’y avait pas à dire, ils étaient so in sync qu’un duo de pseudo-télépathes pouvait retourner se coucher. Bien sûr, malin comme il l’était, Ezio n’avait pas pu ne pas penser à voyager par la mer plutôt que de choisir la voie terrestre. Ca semblait tellement plus simple que toutes les autres options qu’ils avaient envisagées jusque-là. Moins dangereux, moins fréquenté, ils n’auraient qu’à faire comme les pirates, un retour à Terre tous les trois mois pour se réapprovisionner avant de repartir au large. Puis leurs horizons s’ouvriraient, ils pourraient aller vérifier si c’était partout pareil dans le monde ou non. Qui sait, il existait peut-être un endroit épargné, il ne fallait pas perdre espoir. En revanche, ils étaient confrontés à un problème de taille : il fallait bien que quelqu’un fasse voguer cet engin. Quelle idée de ne pas avoir passé son permis bateau, sérieusement, Devlin regrettait maintenant, même si l’occasion ne s’était jamais présentée et qu’elle n’y avait jamais pensé jusqu’ici.

    « Hum ben avec des rames je pourrais mais je doute que ce soit suffisant pour un bateau tel que celui-là haha. Sinon, j’apprends vite ! Ca peut le faire, j’en suis sûre. Oh pardon, je vais m’éloigner un peu avec l’allumette. »


Il ne manquerait plus qu’elle l’enflamme au sens littéral du terme sans le faire exprès, tiens. Par ailleurs, ce n’était pas bien malin de jouer avec le feu à proximité d’essence. Elle recula donc tout en tâchant d’éclairer le plus possible tandis que le gosse les collait toujours, en continuant à blablater mais il avait baissé d’un ton, bien.
Puis ils purent enfin remonter mais Devlin ne voyait vraiment pas ce qu’il y avait de réjouissant à ça. D’autant qu’ils eurent l’agréable surprise de voir tous les zombies qu’ils avaient fait passer par-dessus flotter comme des bouchons de champagne. On ne peut pas dire que c’était un beau spectacle à voir et elle profita du fait que Nessy se trouvait devant elle pour lui cacher cette vision d’horreur tout en le guidant. Il ne le dit pas clairement mais il avait l’air soulagé et c’était déjà ça.

Et il eut aussi l’air content de retrouver la voiture. Non parce que bon, elle n’était peut-être pas garée juste devant mais ce n’était pas bien compliqué de la retrouver non plus. Mais sa bonne mémoire devait aider aussi, c’était certain. Bref, cette fois encore, elle insista pour qu’ils fassent attention à ne rien renverser sur ses affaires parce que c’est sûr que de l’essence, ce n’était pas vraiment mieux que de l’huile de moteur.
Devlin hésita un instant sur la direction à prendre mais elle n’avait pas le choix, il fallait qu’elle repasse d’abord à la planque d’Ezio. Et avant ça, elle avait mis le chauffage à fond, évidemment. C’est qu’elle n’y prêtait même plus attention mais Nessy et elle n’avaient pas arrêté de claquer des dents depuis leur dernière petite baignade improvisée.

Au bout d’un moment, elle freina sans raison apparente jusqu’à l’arrêt complet. Elle venait de décider que c’était le moment. Peut-être bien que c’était parce qu’elle l’avait échappé belle, que c’était leur cas un peu à tous ou bien était-ce encore une de ses réactions typiques. Comme la fois où elle avait décidé qu’ils allaient divorcer. Ce qui voulait dire que ça pouvait être une bonne idée comme ça pouvait en être une mauvaise. Elle ne savait pas et elle n’avait pas envie d’y réfléchir.

    « On devrait lui dire maintenant. »


Et comme elle savait pertinemment que si elle laissait le temps à Ezio de dire quoi que ce soit, ils trouveraient encore le moyen de reporter ça à plus tard et que ça ne les arrangeait pas, elle se tourna dommage que ça ne soit qu’une Corvette et pas l’avion de Barbie et avec son tact habituel :

    « Eh Nessy ! Il faut qu’on te dise un truc. Tu sais, Engharad et Bailey, en fait, n’étaient pas tes vrais parents. Ils te l’ont pas dit ? »


Quelle belle entrée en matière. Mais d’un autre côté, Devlin ne voyait pas comment aborder le sujet autrement. Puis elle avait l’image du sparadrap qu’on arrache d’un coup sec pour que ce soit moins douloureux. En revanche, elle évita de regarder son ex-mari. Ce n’était sans doute pas comme ça qu’il s’y serait pris ? Mais elle fixait Nessy, ça oui et même s’il l’avait tout d’abord regardée d’un air un peu suspicieux, il finit néanmoins par se décontracter.

    « Je sais bien qu’ils m’ont adopté. Mais ça n’empêche que ce sont mes vrais parents. »


Oui. Oui, oui, bien sûr. Bon ben ils pouvaient toujours en rester là étant donné que Devlin ne voyait pas quoi répondre à ça.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Ven 7 Mar - 18:12

Sérieusement, cette histoire de bateau, c'était un peu frustrant. Ils avaient vraiment le parfait moyen de voyager et même de vivre en sécurité dans ce nouveau monde, sauf que ni Devlin ni lui ne savaient le faire fonctionner. C'est là que si Nessy avait été plus vieux il serait intervenu pour dire que lui, il savait, que Bailey lui avait appris à manœuvrer le bateau, tout ça, et alors ils auraient pu sérieusement se mettre à réfléchir à cette idée et qui sait, entamer une super nouvelle vie. Mais Nessy avait huit ans et savait à la limite faire du vélo, mais pas du bateau, et on ne pouvait pas vraiment lui en demander plus. C'est donc avec une certaine déception qu'Ezio repoussa fermement cette idée et toutes les idées qui en avaient découlé naturellement dans son esprit, puis qu'il n'était pas question qu'ils tentent leur chance au hasard en se disant qu'en poussant trois boutons, ils sauraient bien faire voguer la bête. Si c'était pour mourir noyé, non merci. Ezio n'avait pas d'affinités particulières avec la mer, il préférait largement la terre ferme, solide et fertile tant qu'à faire, et en plus s'ils se noyaient comme des idiots au large de l'Irlande, alors quoi ? Ils des zombies sous l'eau et seraient condamnés à flotter en grognant et en crevant de faim dans l'immensité glaciale, super, merci. N'empêche que ça restait une solution. Une solution extrême, certes. Donc, à ranger dans un coin et à oublier momentanément, jusqu'à ce qu'une situation extrême se présente à eux. Jusqu'à ce que peut-être, il n'y ait plus aucun endroit sur terre où ils pourraient vivre dans une relative sécurité. Et alors, oui, peut-être qu'ils pourraient en reparler. Mais pour le moment, ils en resteraient à voyager par la terre, en corvette, donc, d'où leur petit siphonnage, et ils l'avaient bien mérité, cette essence, bordel. Une fois qu'Ezio eut fini de remplir le bidon, il le reboucha férocement histoire de ne pas perdre le précieux liquide en cas de lâchage intempestif de bidon - il se faisait confiance pour ne pas se vautrer comme pouvait le faire son ex femme, mais si des zombies leur sautaient sur le crin dès qu'ils remettaient un pied dehors, il lâchait tout pour dégainer son fusil.

Mais à l'extérieur, le silence, et les cadavres. Franchement, Ezio ne voyait pas comment ils pourraient vivre à l'avenir une journée plus sordide que cela. Mais en même temps c'était toujours possible, toujours, alors il ne verbalisa pas tout haut sa pensée, ça n'aurait fait que précipiter l'inévitable, ces moments encore pires qu'ils ne manqueraient pas de vivre, tellement horribles qu'ils ne pouvaient même pas l'imaginer pour le moment et qui leur feraient dire que wouah, à côté, ce jour où était sur le bateau, c'était rien du tout. Ils retournèrent à la voiture dans un silence oppressant, de sorte qu'Ezio regrettait presque les couinements de Nessy, qui semblait se calmer peu à peu, cornaqué par Devlin. Dans la voiture, celle-ci mit le chauffage à fond, et il espéra que ça arrivait à temps pour leur éviter une pneumonie à tous les deux. Mieux valait ça qu'une certaine grippe qui sévissait actuellement, mais n'empêche, ils allaient partir très bientôt et autant que Devlin au moins ait la forme. Nessy, ils ne lui demanderaient que de s'asseoir sur la banquette arrière, alors il pouvait tomber malade, à la limite, quoiqu'une pneumonie, pour un gosse, c'était pas un peu dangereux ? Uh oh, mieux valait ne pas s'aventurer sur ce terrain-là, le terrain "tout ce qui dans ce monde - hormis les zombies - comporte de totalement inoffensif en apparence mais qui est susceptible d'avoir la peau d'un enfant". Ils roulaient donc, et Ezio songeait qu'ils y étaient, qu'ils avaient tout ce qu'il leur fallait pour partir, et qu'il n'avait plus qu'à se décider. Demain, après-demain, peu importait. Ils y étaient.

Et puis tout d'un coup Devlin se gara sur le bas côté et annonça qu'il était temps de lui dire. Le temps qu'il fasse le lien, elle s'était déjà tournée vers Nessy, et le temps qu'il réfléchisse fébrilement à tout un tas de mauvaises raisons pour repousser ce moment, elle le lui avait dit. Enfin, elle lui avait révélé une partie du problème, à savoir qu'il avait été adopté. Nouvelle à laquelle le gosse parut froidement insensible, pour le coup. Il savait déjà. Oh. Bon ben ça leur facilitait les choses, non ? Quoique non. Il semblait à Ezio qu'apprendre qu'on a été adopté, ça n'était pas facile, mais pas non plus traumatisant. En revanche voir débarquer ses parents biologiques clamant sa propriété alors qu'ils l'avaient abandonné, à la base, ça, ça avait de quoi déclencher des crises. Et puis en fait Nessy avait ajouté un petit truc assez dérangeant : ils étaient ses "vrais" parents quand même. Ah. Voilà qui les coinçait un peu pour ne pas dire beaucoup. Mais en même temps, ils avaient franchi un genre de cap, là, et ils s'apprêtaient à l'emmener dans un voyage très probablement sans retour, alors ils lui devaient la vérité. Enfin, "devoir" était un bien grand mot, disons juste que ça aurait été sympa de leur part de tout lui déballer maintenant. Puisqu'ils allaient commencer une nouvelle vie. Il se tourna à son tour vers Nessy.

« Et tes vrais parents... enfin, tes parents biologiques... tu y as déjà pensé ? »

Il les regarda comme s'ils étaient idiots ou quelque chose comme ça, sans que ça veuille véritablement dire qu'il les prenait pour des idiots. Il devait surtout se demander de quel droit est-ce qu'ils lui parlaient de ça, eux, les deux inconnus. Enfin plus tant que ça inconnus, cela dit. C'est peut-être pour ça qu'il parut y réfléchir sérieusement. Maintenant, la réponse qu'Ezio rêvait d'entendre c'était que oui oui, et même qu'il avait trouvé les coordonnées de Devlin dans les papiers de son père et qu'il avait fait des recherches sur le net et qu'il savait bien que c'étaient eux ses parents biologiques et que c'était cool. Du coup, voilà, ce serait fini, terminé, tout serait dit - enfin presque tout parce qu'il y aurait encore de longues discussion sur pourquoi l'abandon, et pourquoi la récupération, etc. Et la réponse qu'il redoutait d'entendre, c'était qu'il détestait ses parents biologiques abandonneurs de bébé et ne voulait pas en entendre parler. Mais entre ces deux extrêmes, évidemment, il y avait de la place, et Nessy semblait se placer là. Il faut dire que la question était complexe, tout n'était pas tout blanc ou tout noir. D'où sa réponse à côté de la plaque qui ne répondait pas à la question :

« Je ne sais pas. Ils sont sûrement morts, de toute façon. »

Oui, ou bien à l'autre bout du monde, ou inconscients de son existence depuis huit ans quoiqu'il en soit, etc, donc effectivement la question ne se posait pas vraiment pour lui.

« Maman m'a dit que la femme était gentille. Mes parents étaient géniaux alors c'est sûrement vrai. Ils m'ont abandonnés à des parents géniaux. »

Ezio se tourna vers Devlin. C'était déprimant et en même temps il devait se retenir de sourire, là, tout de suite. Les nerfs, sûrement. Mais Nessy grommelait quelques vérités plutôt positives et il n'avait pas l'air plus que ça fermé à la discussion. Évidemment, c'était peut-être plus facile pour lui puisqu'il pensait vraiment que de toute façon la question de ses parents biologiques ne se posait pas dans sa vie. Et peut-être que ils lui annonceraient que si si, il fallait qu'il se la pose pour de vrai parce qu'ils étaient juste là, alors ça deviendrait réel d'un coup pour lui et il chanterait une toute autre chanson. Au moins ses parents adoptifs n'avaient pas cassé du sucre sur le dos de Devlin - ni sur le sien, le père absent du paysage qui finalement, sur le papier, avait non seulement abandonné son enfant, mais aussi sa femme, sa femme enceinte, même, d'une certaine façon.

« Tu sais qu'on va partir loin d'ici et qu'on ne reviendra pas. Ça te va n'est-ce pas, de rester avec nous ? On pourrait t'adopter ! »

Dit sur le ton de la blague évidemment, parce qu'il ne fallait pas non plus compliquer encore plus les choses, hein, et faire de l'enfant abandonné puis récupéré un enfant adopté, par ses vrais parents qui plus est. Mais Nessy dodelina de la tête, l'air pas totalement contre. Il voulait rester avec eux, dit-il. Comme ça, cash. Bien bien. Le pire, c'était que quand ils lui diraient la vérité, ça ne serait pas la fin de quelque chose mais le début de tout un tas d'autres problèmes et combats. Alors oui, peut-être que plus tôt ils s'y prenaient et plus de temps ils se laissaient pour gérer les conséquences ensuite.
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Dim 9 Mar - 12:27


Enfin de compte, Devlin n’était pas sûre que ça la dérange beaucoup que Nessy considère Engharad et Bailey comme ses vrais parents. Après tout, c’était ce qu’ils étaient. Ils s’en étaient occupé comme si c’était le cas jusqu’à il y a quelques mois à peine alors oui, ils auraient toujours une place toute particulière dans son cœur, quoi de plus normal ? Puis l’essentiel, c’était surtout qu’il les aime bien, voilà déjà un bon début et ça semblait être le cas. Elle ne se prétendait pas mère, comme ça, du jour au lendemain alors qu’elle avait fait de son mieux pour oublier qu’elle en était effectivement durant les huit dernières années. En revanche, elle comprenait bien qu’Ezio soit un peu déçu, ça se voyait à sa tête. Il n’avait abandonné personne, lui. Pas Nessy en tout cas et elle avait le sentiment qu’il s’y attaché en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il était un bien meilleur père qu’elle ne serait jamais une bonne mère mais ça lui convenait très bien. L’unique petit problème, c’était que le gamin pensait ses parents biologiques morts, ce qui traduisait bien qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi avant ça et ils ne pouvaient décemment pas lui en vouloir pour ça.

Là où elle ne fut pas surprise, c’est en apprenant que ses parents adoptifs lui avaient déjà parlé d’elle, d’une façon détournée, bien sûr, totalement mais anonyme mais en bien, néanmoins et ça la fit franchement sourire, bien que ça soit un tout petit peu déplacé. Soit, Ezio jugea alors bon de blaguer sur le fait qu’ils pourraient l’adopter. Encore heureux que leur fils ne le prit pas au sérieux parce que ça pouvait mener à des années de thérapie, ça, et allez chercher un bon psy par les temps qui courent. Déjà que c’était compliqué avant ça…Il ne le prit pas au sérieux, certes, mais Nessy lâcha alors quelque chose de totalement encourageant, à savoir qu’il voulait rester avec eux. Oui, tu penses, il devait se sentir en sécurité avec eux – avec son père en tout cas -, bien plus qu’il ne l’avait jamais été avec ces dégénérés sectaires qui lui avaient appris des trucs bizarres et avaient peut-être bien essayé de l’endoctriner, allez savoir, c’était bien leur façon de faire à ces gens-là. Donc ils voulaient rester avec eux, et ce malgré tout ce qu’Aonghas avait pu lui dire pour l’en dissuader. C’était bien, il avait du caractère ce petit, il tenait ça de ses parents.

Pas mal satisfaite, Devlin reprit la route. Jetant de temps en temps des coups d’œil dans le rétroviseur. Il vaudrait peut-être mieux qu’ils aillent jusqu’au bout de la confession maintenant, histoire d’en être quitte une bonne fois pour toutes. Mais c’était toujours le même problème : comment formuler ça pour que personne ne finisse traumatisé ? Bien évidemment, elle se doutait que des tas de questions seraient posées suite à cette grande révélation, mais tant qu’ils étaient sur leur lancée, non ? Et surtout, tant que Nessy était assez petit pour ne pas trop leur en vouloir. Ah quelle chance qu’il l’ait récupéré avant l’adolescence.


    « Allons Nessy, tu crois vraiment qu’ils sont morts ? Des gens qui ont fait un petit gars aussi fort que toi ? »


Devlin avait bien consciente de glisser sur une pente très savonneuse, là mais elle ne voyait pas de meilleure façon de s’y prendre. Une fois de plus, il prit le temps de la réflexion, un peu comme si ça lui demandait un effort surhumain. De toute évidence, il n’avait pas envie d’y réfléchir. Pas qu’il leur en voulait ou quoi que ce soit mais dans sa tête, ils n’existaient pas vraiment, un peu comme lui n’existait pas vraiment dans la leur non plus avant qu’ils le rencontrent. Cela dit, c’était sans doute mieux comme ça, il aurait pu les détester parce qu’ils l’avaient abandonné, et là, ils auraient vraiment été dans la merde. Mais ce genre de haine ne voyait peut-être pas le jour avant l’adolescence. Tant mieux. Il finit par hausser les épaules.


    « Peut-être que non mais pourquoi mes parents seraient morts et pas eux ? »


Eh oui, quelle question. Elle se doutait bien que ça ne serait pas des plus faciles mais là, ça devenait carrément compliqué et le fait est qu’elle n’avait pas de réponse à ce genre de questions. Pourquoi ? Ben parce que c’était comme ça, Ezio et elle étaient peut-être plus forts et plus malins mais quelque chose lui disait que ce n’était pas ce que Nessy voulait entendre. Alors elle aussi haussa les épaules pour toute réponse. Oh ils avaient fait la moitié du chemin, ils pouvaient bien se permettre d’attendre encore un peu pour le reste.
Sur le chemin du retour, ils croisèrent quelques zombies de plus, que Devlin écrabouilla ses regrets, sauf pour la carlingue de la Corvette, évidemment, mais elle s’y faisait petit à petit, et la seule autre personne – à moins qu’il y en ait d’autres à son insu, bien sûr – possédant une voiture dans le coin : la bonne sœur. Elle leur fit signe lorsqu’ils se croisèrent sur la route. Elle était drôlement flippante celle-là, heureusement qu’elle n’était pas monté en voiture avec la première fois qu’elle l’avait rencontrée, elle ne serait peut-être plus là pour y penser à présent.

Ils arrivèrent à la planque d’Ezio dans le silence, elle avait bien songé à allumer la radio pour le combler mais finalement, elle ne préférait pas entendre l’autre fou, le roi des ondes. C’était ça qui leur manquait maintenant qu’ils avaient l’essence et tout ce qu’il fallait pour la voiture, il leur manquait les CDs. Devlin était sûre de ne pas en trouver au manoir, ou alors ça serait certainement de la musique classique et elle préférait s’en passer, mais peut-être en chemin. S’ils ne décidaient pas sur un coup de tête de mettre les voiles le lendemain.
En attendant, le jour commençait à décliner.


    « Tu veux qu’on reste ici pour la nuit, Nessy ? »


Il avait l’air enthousiaste à cette idée. Elle lui lança alors le paquet de fruits secs qu’elle avait récupéré dans le bateau en lui disant de partager avec Ezio mais il s’avéra qu’il était allergique à tous ces trucs alors il n’y toucherait pas. Oh bon, c’était chouette de l’apprendre comme ça et pas après qu’il en ait avalées quelques-uns et qu’il se retrouve à suffoquer alors qu’ils ne sauraient pas quoi faire pour lui venir en aide.

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Mar 11 Mar - 21:11

Toute cette histoire prenait des allures de caméra cachée un peu morbide, à savoir que Nessy parlait de leur mort à eux, là, alors qu'ils étaient là, bien vivants et dans la même voiture que lui, même. C'était là peut-être que Devlin et Ezio auraient dû dévoiler le pot-aux-roses, gueuler "surpriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiise !" et tout ça, mais évidemment ça n'avait rien d'une caméra cachée, c'était juste la simple et triste vérité. Bon, il ne pouvait pas lui en vouloir de penser ça. D'abord, par les temps qui couraient, si on n'avait pas la personne dont on parlait juste sous les yeux, il y avait effectivement de fortes chances qu'elle soit morte quelque part. Surtout que dans le cas de Nessy, ses parents biologiques, il ne les connaissait pas, ne savait pas où ils vivaient ni d'où ils venaient et ils pouvaient aussi bien être à l'autre bout de la planète en train de traîner des pieds les bras ballants et la bouche ouverte à la recherche d'un survivant à bouffer. Il avait raison de penser comme ça parce que c'était effectivement la théorie la plus probable. Beaucoup plus que la réalité, paradoxalement, qui était qu'Ezio et Devlin s'étaient retrouvés, ce qui en soi était déjà exceptionnel, qu'ils s'étaient remis ensemble, qu'ils avaient retrouvé leur fils, en plus, et qu'ils se l'étaient réappropriés. Ouais, Ezio pouvait comprendre que ce ne soit pas la première chose qui soit naturellement venue à l'esprit du gamin. Mais bon quand même, ils n'étaient pas morts, merde. Ça le démangeait de le lui dire et s'il n'y avait pas eu d'autres implications que ça, il l'aurait fait dans la seconde - sauf qu'il y avait plus que ça évidemment et qu'une vérité en entraînerait une autre, etc. Oh, ils pouvaient toujours lui dire que ses parents biologiques étaient bien vivants et qu'ils le savaient parce qu'ils étaient amis avec. Mais ça ferait un mensonge de plus, et même, un mensonge recyclé vu qu'ils avaient prétendu être des amis des parents adoptifs de Nessy aussi. Alors à force, s'il n'était pas trop stupide, et Ezio espérait bien que non, Nessy allait se poser la question de qui ils étaient vraiment pour être potes avec ses quatre parents.

Finalement, en réponse à la question tout à fait légitime de Devlin, Nessy souleva un problème absurde et totalement de son âge, forcément : ça serait vachement injuste que ses parents biologiques dont il n'avait rien à faire ait survécu et pas ses parents adoptifs qu'il aimait. Ezio avait la réponse, lui. Ils avaient survécu, Devlin et lui, parce qu'ils étaient faits pour ça. Leur vie avant l'épidémie de zombie était déjà faite de survie, de débrouille, parfois de danger, de peu de conscience et d'hésitation et de beaucoup d'égocentrisme. C'était la recette de la survie. Alors que des gens comme Engharad et Bailey, sûrement foncièrement gentils, qui n'avaient jamais été dans le besoin, du genre à s'arrêter pour aider les autres au bord de la route et dont le combat le plus violent avait dû être contre les taupes au fond du jardin, eh bien, soit ils s'adaptaient à grande vitesse, soit ils mouraient. Et comme ils étaient morts, eh ben, leur choix avait été fait. Mais là, ça devenait un peu cruel pour le gosse, comme leçon de vie. Ezio adopta la même stratégie que son ex femme, à savoir le silence pesant. Ouaip. Comme prévu, ça n'allait pas être simple. Et puis à force, Nessy allait devenir dépressif, aussi. Et il n'y avait pas besoin de ça dans le coin, actuellement. Il se concentra sur la route, cillant à peine quand Devlin dégagea quelques walkers de on chemin sans même ralentir, les fauchant comme les blés et les envoyant rebondir contre le capot et le pare-brise. Heureusement qu'ils étaient tout pourrissants. Non, vraiment, s'il pouvait installer un pare-buffle façon monster truck à l'avant... C'est là qu'une voiture arriva en face et Ezio se crispa sur son fusil, mais au volant se trouvait une bonne sœur, qui leur fit coucou d'un geste machinal, comme un biker saluant un frère biker ou un truc comme ça. Il se demanda s'il avait rêvé. C'était peut-être l'équivalent écossais de la légende urbaine de la dame blanche. Ou alors, lui aussi voyait les morts, ça y était.

« Je l'avais jamais vue dans le coin celle-là. C'est peut-être à cause d'elle qu'on se tape radio catho sur la bande fm... »

Y avait des gens, comme ça, qui avaient de drôles de priorités. Sûrement que si une bonne sœur avait réussi à réparer un émetteur à ondes courtes, son premier réflexe aurait été de diffuser des conneries chrétiennes à n'en plus finir de la journée au lieu d'en faire quelque chose d'utile, comme un bulletin météo, rassembler des survivants ou donner des infos sur le nombre et la direction des hordes zombies pour la matinée. En plus, déjà qu'avant il ne comprenait pas qu'on puisse croire en dieu, maintenant il comprenait encore moins, vu l'apocalypse qu'ils se payaient tous sans distinction. Autant cette vieille cachait des fusils sous ses robes, hein, enfin en tout cas, le facteur religieux n'était absolument pas un critère de jugement pour Ezio - à part qu'il trouvait ça stupide - et il se méfiait des bonnes sœurs autant que des gens normaux.

Ils arrivèrent "chez lui" et toujours aucun signe de Cecil. Eeio commençait à se dire que Jésus était mort. Le seul hommage qu'il pouvait lui rendre était de récupérer ses maigres affaires et lui souhaiter une bonne réincarnation, mais dommage qu'il soit allé se faire tuer avec son Desert Eagle sur lui. Les munitions étaient chères et Cecil les gardait toujours avec lui, de sorte qu'Ezio ne pourrait pas les récupérer. Sale con. Rapiat jusque dans la mort. Il lui manquerait, quand même. Enfin pour ce soir il y aurait du monde dans la maison puisque la proposition de Devlin de rester ici cette nuit sembla plaire au gosse. Il supposa que Devlin pouvait bien faire le mur pour une nuit, personne ne s'en inquiéterait là-bas au château. C'est là que pour fêter leur grande réunion de famille ils auraient pu faire péter le champagne et les petits-fours, mais ils devraient se contenter du peu qu'ils avaient. Voire moins, puisqu'en l'occurrence, Nessy ne pouvait pas faire festin de ce merveilleux paquet de fruits secs que Devlin lui proposait. Ah ben oui tiens, ça serait bien qu'il leur fasse un briefing de ce genre d'infos histoire qu'il ne leur claque pas entre les doigts pour avoir avalé un truc en apparence inoffensif. Quoique c'était l'avantage que Nessy ait huit ans et pas deux, il était déjà assez grand pour se gérer tout le seul, il venait d'en donner la preuve.

« Hey Nessy, il y a des bidons d'eau dans la salle de bains si tu veux faire un brin de toilette ! »

Il reçut en réponse la grimace universelle de tous les gamins de son âge qui de tout temps trouvaient l'idée de se laver totalement dégoûtante. Eh ben voyons ! C'est vrai qu'en tant que parents ils étaient censés faire ça aussi, faire les méchants et le forcer à aller se laver mais, okay, plus tard, une autre fois, enfin en ce qui le concernait, peut-être que Devlin voudrait que leur fils se couche propre ce soir. Ezio récupéra quelques bûchettes et les fourra dans le poêle avant de l'allumer. Un filet de fumet qui sortait de la cheminée, la nuit et dans le brouillard, ça n'était pas bien dangereux pour eux. Lui-même alla directement dehors dans le jardin pour se nettoyer à la source d'eau glaciale comme un homme des cavernes avant de revenir et de verrouiller la porte. Il aurait bien pareil avec les fenêtres mais certaines étaient pétées et jusqu'à présent il n'avait jamais ressenti le besoin d'y faire quoi que ce soit, vu qu'il vivait ici tout seul, ou avec Cecil à la limite, et que l'un comme l'autre se foutaient des courants d'air. La grosse tache de sang dans l'entrée était encore bien visible, mais oh, bon, ça pouvait passer pour une grosse tache de sauce, non ? Avec tout ça, il y avait aussi quelques armes planquées ici et là. Bref, la planque était totalement bébé-friendly, mais Nessy n'avait pas l'air de s'en plaindre pour le moment, et Ezio estimait qu'il était assez malin pour ne pas se tirer un coup de carabine dans les gencives en jouant avec.

« Je crois que je peux officiellement déclarer Cecil mort, alors on peut aller se servir dans ce qu'il a laissé... »

Wow, quand même. Ezio était sûr qu'il était mort parce que même si Cecil avait voulu juste partir pour de bon, il le lui aurait dit ou fait comprendre d'une façon ou d'une autre. Non vraiment, zéro signe de lui en quelques jours, c'était un peu le signal dont ils avaient convenu. Ça faisait très longtemps qu'Ezio n'avait pas perdu un compagnon de route, voire un ami, en fait. Et il n'allait pas perdre une semaine à espérer que peut-être il était vivant. Et il aurait voulu que son pote Ezio récupère ses affaires - et s'il n'aurait pas voulu, eh ben, c'était pareil. Il alla jusqu'à la chambre qu'utilisait Jésus, récupéra tout ce que sa planque à bouffe contenait et ramena tout dans le salon : paquets de chips, deux boîtes de conserve dont le papier avait été arraché, de sorte que c'était un peu la surprise, niveau contenu, un putain de pot de confiture entamée - du sucre et des produits chimiques, ça se conservait plutôt bien, même si Ezio pouvait totalement visualiser Cecil se lécher les doigts avant de les plonger là-dedans. Une image qu'il garderait pour lui. Il retournerait fouiller la chambre plus tard. Avec une bouteille d'eau et les fruits secs dédaignés par Nessy, ça faisait presque un repas de fête. Sauf si les boîtes de conserve contenaient un truc du genre ratatouille ou tout autre légume mortel. Ezio n'aimait pas trop ça. Et il avait dans l'idée que Nessy était comme lui. Rah, les McDo lui manquaient tant !

« Bon... On pourrait partir demain, t'en penses quoi, Dev ? T'as encore besoin de passer au manoir ? »

« On va où ? » tacla Nessy aussitôt, pas du tout déconcentré par les chips qu'il aspirait une par une avec la régularité d'un métronome.

« Au nord. On doit s'éloigner de ce coin, on avisera une fois plus au nord. Ça te va ? »

Nessy haussa les épaules.

« C'était ce qu'on devait faire de toute façon avec les autres. »

Oh, génial. Alors ça voulait dire que la secte qui avait tenté de lobotomiser Nessy - et de les enrôler eux aussi, d'ailleurs - comptait aussi voyager vers le nord. Avec leur chance, ils se retomberaient dessus à tous les coups. Comme quoi c'était jamais positif de laisser derrière soi un business pas terminé.


Dernière édition par Ezio DoCapria le Sam 15 Mar - 16:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Ven 14 Mar - 1:42

La discussion était close pour le moment mais l’affaire non classée, donc, et Nessy ne voulut même pas savoir pourquoi ils lui parlaient de ça, tout à coup. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que c’est l’âge de l’insouciance. Les jerrycans et la boîte restèrent sagement dans le coffre alors que tout le monde s’apprêtait à s’installer pour passer la nuit dans la maison aux courants d’air d’Ezio. Ca ne serait pas la première fois qu’elle délogeait de toute façon, Devlin avait donc bon espoir que personne ne s’en soucie outre mesure, puis comme elle ne pouvait pas tout emporter de ce qui se trouvait dans sa chambre de toute façon…bref, Nessy avait l’air content d’être là mais un peu intimidé aussi, allez savoir pourquoi. Probablement parce qu’il ne connaissait pas l’endroit et qu’il n’osait pas trop s’y aventurer tout seul. La première fois qu’elle l’avait ramené au manoir, il avait fait exactement la même chose, il l’avait suivie partout comme son ombre le temps de s’habituer au lieu ainsi qu’à ses habitants. Peut-être qu’une visite s’imposait ? A bien y réfléchir, elle ne se rappelait pas avoir jamais visité toute la maison. Ezio ayant un colocataire, elle pensait qu’il devait avoir ses pièces ou peu importe comment ils se débrouillaient tous les deux, elle ne se serait pas permis d’aller fouiner dans les quartiers d’un inconnu.

Pas de visite guidée, donc, et Devlin fut soulagée de voir Nessy passer sur la jolie tâche qu’un type – personne ne savait qui et personne ne saurait probablement jamais – avait fait en se vidant de son sang sur le sol sans y prêter attention. Du moins pour l’instant. Elle se contenta de lui montrer où se trouvait la salle de bains, étant donné que ça, elle pouvait le faire, quand Ezio lui proposa d’aller faire un brin de toilette. Le gosse grimaça avant de tourner la tête vers elle qui lui fit comprendre d’un seul regard qu’il n’avait pas le choix. C’était sans doute le seul point sur lequel elle était intransigeante mais elle n’y pouvait rien. Nessy se dirigea vers la salle de bains en traînant des pieds, elle regarda son ex-mari allumer le feu et moins de dix minutes plus tard, le môme ressortait déjà. Eh ben c’était un rapide celui-là, mais elle ne poussa pas le vice jusqu’à l’examiner sous toutes les coutures pour s’assurer qu’il avait bien frotté et alla se rafraîchir elle aussi.

Elle était en train d’appliquer toutes les crèmes et lotions qu’elle pouvait transporter dans son sac à dos quand Ezio revint du dehors. Et lorsqu’il revint, il déclara qu’il pensait que Cecil était mort. Il est vrai qu’elle ne l’avait jamais croisé, ce Cecil, et qu’elle n’avait même jamais vu la moindre trace de son passage, si ce n’est qu’ils avaient piqué à une ou deux reprises dans sa planque – et c’était tant mieux car Devlin n’avait vraiment aucune envie de voir les slips d’un inconnu traîner n’importe où, merci bien – alors peut-être bien qu’il était mort, oui, ça n’aurait rien d’étonnant. Bien sûr, elle ne pouvait pas lâcher ça comme ça. Elle ne le connaissait pas, elle, alors évidemment, ça ne lui faisait pas grand-chose de le savoir mort ou vivant mais il en allait différemment pour son ex-mari qui avait tout de même vécu avec ce gars.

    « T’es sûr ? Il va peut-être revenir demain. »


Et quand il verrait qu’ils s’étaient tirés en se servant allègrement dans sa réserve, il ne serait pas content. Pas du tout.

    « C’est qui Cecil ? Et pourquoi tu vis avec lui plutôt qu’avec Devlin ? »


Ce genre de questions ne pouvait venir que de Nessy. D’abord parce qu’ils n’étaient que trois et ensuite parce qu’il n’y en avait pas deux comme lui pour mettre les pieds dans le plat. Au moins lui avait eu le bon sens de ne pas demander s’il s’agissait d’une fille ou non. Soit, elle balaya la question du revers de la main et expliqua juste qu’Ezio avait un colocataire et que, comme il venait de le dire, il était peut-être mort, alors ce n’était pas vraiment le moment de poser des questions. Et de toute façon, Ezio avait déjà commencé son exploration de la planque de son défunt colocataire.
Puis ça en valait peut-être la peine en fin de compte, puisqu’il avait manifestement trouvé des chips et même de la confiture. Wow, il n’y avait aucun risque que l’un d’eux tombe malade à cause de ça ? Elle ne s’y était jamais risquée mais si elle voyait que ça ne posait aucun souci, alors peut-être changerait-elle d’avis.

Ils s’assirent par terre étant donné qu’il n’y avait pas plus de meubles que la dernière fois et Devlin croqua quelques amandes et autres noisettes qu’elle partagea d’abord avec son ex-mari tandis que Nessy gobait ses chips. Ah quel repas en famille !

    « Oui on peut partir demain mais oui, il faut aussi que je retourne au manoir chercher d’autres trucs avant. »


C’est-à-dire qu’elle n’avait que des sous-vêtements dans son carton qui se trouvait toujours dans le coffre. Alors certes, ça pouvait être chouette de se balader comme ça dans la rue, il n’y aurait certainement pas grand monde pour s’en offusquer mais ce n’était pas vraiment la saison et elle n’avait pas envie de choper une double bronchopneumonie à cause de ça. Après, elle pouvait toujours en trouver sur d’autres personnes, à l’état de cadavre, juste avant la transformation en zombie et même si elle l’avait fait tout un temps, ça lui répugnait quand même un peu. Sauf pour les accessoires, là c’était différent.

Le gamin leur apprit aussi que les autres avaient l’intention de se diriger vers le nord déjà du temps où ils pouvaient le compter parmi leurs rangs et ça ne la surprit guère. Après tout, ils avaient quantité de dossiers pour le moins louches dans leur espèce de base secrète, là-bas. Même que c’est précisément ça qui leur avait mis la puce à l’oreille. Puis s’ils y allaient à l’instinct, peut-être bien qu’ils ne les recroiseraient plus jamais. Du moins, c’est ce que Devlin espérait. Elle jeta un coup d’œil à Ezio avant de hausser les épaules. Oh de toute façon c’était vaste, le nord, comme direction et il devait forcément y avoir d’autres gens là-bas, tout le monde n’avait pas convergé vers Fort William, impossible.

    « T’as pas de lits non plus ? Au manoir y en a ! »


Oui eh bien ce n’était franchement pas plus mal qu’il n’y ait pas de meubles de cette bicoque vu que Nessy se baladait partout la nuit, ça lui éviterait de se cogner ou ce genre de trucs. Ca la fit sourire de penser qu’ils n’avaient peut-être jamais dû se relever la nuit pour donner le biberon à Nessy ou pour le changer mais qu’ils connaissaient – ou allaient connaître, dans le cas d’Ezio – d’autres turbulences nocturnes. Comme quoi, ils n’avaient pas pu tout éviter non plus.

✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤ ✤

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MessageSujet: Re: It's like eating dinner in a moving golf cart every night [Devlin]   Sam 15 Mar - 17:01

Ezio aurait bien dit un truc cool pour justifier sa certitude que l'ami Cecil était mort, du genre "un mec sent ces choses-là" ou bien "c'était mon pote, il serait jamais parti sans me le dire" mais la vérité c'était que non, Ezio ne pouvait pas être à cent pour cent certain que Jésus bouffait les pissenlits par la racine. Ils avaient mis en place leur fameux système et s'étaient toujours débrouillés pour s'y tenir, ne serait-ce justement que pour éviter ce genre de situation gênante, ou l'un aurait pu croire l'autre mort alors que ça n'était pas le cas. Et ils s'y étaient toujours tenus, aussi contraignants que ce soit. Alors oui, Cecil pouvait être quelque part, avec les deux jambes cassées, ou dans le coma, bref, dans l'incapacité de revenir ici lui prouver qu'il avait tort. Enfin si c'était ça, s'il avait les deux jambes cassées ou s'il était dans le coma, ça revenait à être mort, de nos jours. Et s'il s'était barré en décidant que leur duo devait prendre fin, ça convenait aussi à Ezio, et ça revenait au même en ce qui concernait les affaires de Cecil et le fait qu'ils se soient servis dedans. Et si enfin il avait complètement tort et que Cecil revenait, soit eux seraient partis et il ne pourrait pas le leur faire payer, soit ils seraient toujours là et Ezio pourrait tout à fait lui faire comprendre la méprise et il n'y aurait pas mort d'homme. Peut-être qu'il se disait tout ça pour se donner bonne conscience de bouffer les réserves de son pote dont le corps ne devait même pas avoir eu le temps de refroidir quelque part là-dehors, oui, peut-être, mais quoiqu'il en soit c'était très efficace car il ne culpabilisait pas du tout. Il était juste un peu malheureux d'avoir perdu un pote. Mais la durée de vie des potes dans ce monde était toujours dramatiquement peu élevée.

Bref c'était la fiesta, le festin, on se serait cru à une soirée de Gatsby, à peu de choses près. Ezio décida que Devlin avait assez bien résumé l'affaire Cecil à Nessy, qui apparemment trouvait vraiment bizarre que deux personnes qui s'embrassaient à longueur de journée - ses yeux, du moins, parce qu'à ceux d'Ezio, Devlin et lui étaient plutôt dans la retenue, à ce niveau-là - ne vivent pas ensemble "comme papa et maman et tous les gens de la Terre qui se léchaient le museau" sûrement. Bon il avait une excuse, il avait huit ans, la puberté n'avait pas encore frappé ni les hormones, et en plus de ça, il n'y avait plus d'internet ni de télé. Ça voulait dire que niveau éducation sexuelle, Nessy allait prendre du retard, comme tous les gosses, et aussi, oh dear god, que Devlin et lui allaient devoir faire ce que les gens faisaient il y avait encore 60 ans, c'est à dire expliquer les trucs eux-mêmes au gosse. Ah c'est sûr que les films pornos et internet auraient été de bien meilleurs professeurs. Il finit par lui arracher le paquet de chips des mains, au sens littéral du terme, histoire que Devlin et lui puissent au moins en goûter une, quoi. Ezio était sympa sur pas mal de choses mais en ce qui concernait la nourriture, il se montrerait ferme. Puis il n'avait pas envie que son fils devienne un petit gros, même si les gros se faisaient rares désormais - c'étaient toujours eux qui couraient en queue de peloton en cas de fuite et qui se faisaient bouffer en premier, et maintenant que les gens crevaient la dalle vingt-quatre heures sur vingt-quatre et passaient plus de temps à fuir, courir, escalader et porter leurs affaires comme des forçats à travers les landes et les forêts, on pouvait dire que le nouveau mal du 21e siècle n'en était plus un.

« Okay, on repassera par le manoir demain alors. Enfin, ou toi toute seule, d'ailleurs, comme tu voudras. »

A ce stade de la conversation, il se demandait vaguement quelles affaires elle voulait encore récupérer, ce qui évidemment l'amena à repenser à ce fameux carton dans le coffre de la corvette, mais encore une fois il se retint de poser la question et croqua une chips à la place. Il voulait encore se laisser un peu de temps pour deviner, pour le sport. Il avait éliminé les possibilités bizarres du genre la tête coupée de son ex auquel elle tenait encore un peu quand même ou des mèches de cheveux des membres de sa famille aujourd'hui décédés. Il laissait de côté aussi les objets de la vie courantes vu qu'elle n'y aurait pas été attachée avec autant de force ni de mystère. Il avait pensé à des billets, des dizaines de liasses de billets, mais ça ne servait plus à rien maintenant, c'était totalement sentimental de garder de l'argent avec soi. Ezio songea qu'il pourrait toujours essayer de poser la question à Nessy, il avait peut-être vu ce qu'il y avait dans ce carton, les gosses entendaient et voyaient beaucoup plus que ce qu'on croyait parce qu'on avait tendance à oublier qu'ils étaient là comme les stagiaires, quoique Nessy là encore n'était pas vraiment comme ses semblables, il ne savait pas trop se faire oublier.

D'ailleurs il venait encore d'intervenir dans la conversation mais pour une fois c'était une info plutôt utile qu'il avait lâchée. Non, vraiment, c'était bon à savoir que cette bande armée en nombre indéterminée montait vers le nord en même temps qu'eux et probablement que des tas de zombies. Bon, le truc bien c'était que Nessy ne semblait pas particulièrement excité par cette perspective. Il aurait pu être tout content à l'idée que peut-être ils retrouveraient ses "anciens proprios" dans le nord, aurait pu vouloir revenir avec eux, tout ça, mais ça ne semblait lui faire ni chaud ni froid, sans non plus que ça le dégoûte, bref, en gros, il avait l'air de s'en ficher un peu - surtout qu'Ezio avait fini par lui rendre le sachet de chips et qu'il était très occupé à passer l'index contre les parois grasses et salées du paquet avant de le léchouiller. Il crevait de faim, en fait, cet enfant...

« Eh ben, si on les voit, on ira peut-être les saluer... »

A coups de fusil à pompe dans les joues, peut-être. Ezio doutait que les retrouvailles se passent bien. Pour ce qu'il en savait, le feu que Devlin et lui avait déclenché pour s'enfuir la dernière fois n'avait pas été maîtrisé, s'était répandu et avait tué quasi tout le monde, en fait. Nessy haussa les épaules, puis fit remarquer, alors qu'ils étaient occupés à ranger le dîner - en quatre secondes chrono -, qu'il n'y avait pas de lit.

« Oh, toutes mes excuses votre majesté, j'avais pas réalisé que j'avais le prince William sous mon toit ! »

Nessy lui renvoya un regard noir, peut-être parce qu'il était écossais, lui - enfin d'adoption - et qu'il n'aimait pas des masses les anglais et encore moins leur royauté. Ou alors il n'avait pas d'humour. Bon. De toute façon c'était vrai qu'il n'y avait pas de lits, en fait il y avait un matelas dans le grenier qu'Ezio et Cecil avaient trouvé le premier jour mais il était tellement taché, humide et pourri qu'ils n'y avaient même pas touché, juste au cas où il abritait des nids d'insectes ou de rats et aller savoir quoi. Alors que le parquet était si confortable. Surtout dans sa chambre - qui fermait à clé et avait une fenêtre en bon état, idéal pour arrêter les courants d'air et empêcher les somnambules de se barrer pendant la nuit. Et de fait, Nessy ne bougea pas jusqu'au petit matin, et du coup, ses parents aussi purent enfin profiter d'une vraie nuit.
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